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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 15:42
Pendant la campagne il avait change (c'etait une de ses multiples phrases choc, souvenez-vous)

Depuis qu'il est president, il a aussi change (decomplexe a fond, yacht, rayban, rolex, SMS pendant qu'on parle au pape et main sur la croupe a Carla en voyage dans un pays musulman ou en visite a Nelson Mandela).

Et la il change encore, c'est le Monde qui l'annonce en une: http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/03/14/a-defaut-de-virage-politique-m-sarkozy-change-de-style_1022921_823448.html#ens_id=998385

Est-ce que ca valait vraiment le coup de prendre un mec qui change trois fois en un an? Parce que s'il continue a changer a ce rythme la, il va changer encore une bonne douzaine de fois pendant son mandat et du coup c'est la France qui risque de ne pas changer (remarque, il vaudrait peut-etre mieux qu'elle ne change pas plutot qu'elle change dans la direction qu'il souhaite...).


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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 21:08
Cecilia va se remarier. Cette information essentielle a ete annoncee sur le site de Versace, car, en effet, ils porteront cette marque pour la ceremonie. C'est quand meme beau l'Amour chez les rich and famous.

Je me demande si cela est valable egalement pour le string ou si je dois attendre avec febrilite un communique de Sloggi sur le sujet. De meme, Durex sponsorisera-t-il la nuit de noces?

Si je contacte Carrefour pour leur annoncer que je compte m'habiller en Tex a mon mariage, l'annonceront-ils sur leur site web? Me feront-ils un rabais?

Je n'avais pas vu aussi ridicule depuis un match de boxe ou l'un des combattants, en plus de se faire defoncer la gueule, avait tatoue sur le dos le nom d'un casino de Las Vegas.
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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 19:02
Les sites de notation anonyme pullulent actuellement sur la toile et viennent d'arriver en France. Bravo, ca nous manquait. Deja un site pour ces faineants de profs, un autre pour ces planques de toubibs. Et bien que la justice ait interdit la publication des noms (oui, le noteur etait anonyme, mais pas le note), ce n'est qu'un debut.

En effet, il est bien evident que nous sommes tous aptes a juger (et surtout a noter, parce que mettre une note c'est quand meme plus rigolo que d'emettre un jugement construit) l'efficacite et l'aptitude de qui que ce soit et ce pour tous les corps de metier.
Nous sommes tous capables de dire si notre medecin, notre garagiste, le chercheur du labo d'en face, le notaire, le prof, le facteur, le plombier, le president fait bien son boulot ou est parasite qui vit sur le dos des "bons francais".
Il faut tout evaluer, tout noter, donner son avis sur tout, car nous sommes tous omniscients et universellement legitimes dans nos jugements.

Allez, chers cons citoyens, preoccupez vous un peu plus de votre bonheur et un peu moins de ce que fabrique le voisin.
Depuis quelques semianes aux US, je vois la difference avec la mentalite americaine: ils sont sans doute plus "individualistes" que nous autres, mais l'un des avantages est justement la. Si le boulot semble fait, on vous foutra simplement la paix,  et personne ne medira parce que, il y a trois jours vous etes parti a 16h.

Ajout: le corollaire de tout ca, c'est qu'on a souvent tendance (le on est ici inclusif) a se voir plutot meilleur que les autres, a occulter ses propres faiblesses, ce qui evite de se remettre en question trop souvent (par exemple, si c'est Riton qui obtient le boulot, c'est plus facile de se dire que c'est parce qu'il connaissait Thierry et qu'il avait couché avec Monique, que tout simplement "ah ben c'etait lui le meilleur")

Ajout numéro deux: Ce que ces sites révelent de maniere plus générale, c'est la propension actuelle de la société a désigner des boucs émissaires comme cause a tous ses maux. C'est une activité qui j'imagine défoule, a defaut d'autre chose, et qui est en tout cas tres prisée, vue son utilisation intensive par le gouvernement actuel. Le bouc émissaire change tres souvent, mais généralement il est soit fonctionnaire (prof, cheminot, chercheur...), immigré, chomeur ou meme fumeur.  
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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 17:37
En mai 2008, ce ne sera pas seulement  mon anniversaire, mais aussi le 40eme de mai 68.
Comme la France  va a vau-l'eau et les francais a velo (vu qu'ils n'ont plus les moyens de se payer de l'essence et que de toute facon ils ne peuvent pas acheter de voiture), comme Naboleon est au plus bas dans les sondages et qu'il expose allegrement sa bonnasse en string et ses rolex pendant que Monsieur Bidochon  lutte  pour manger autre chose que des pates (surtout depuis qu'elles ont augmente de 50%), comme les notaires, les pharmaciens, les taxis, les chercheurs, les cheminots, les fonctionnaires, les vieux, les jeunes, les laics sont extremement mecontents, dans un esprit de communion nationale rarement atteint ces derniers temps, je  me demandais s'il allait se passer quelque chose d'interessant pendant ce mois de printemps (apres tout, il faut liquider l'heritage de Mai 68, c'est lui qui l'a dit).
Je n'ai rien trouve de special sur ce sujet en fouillant un peu sur la Toile, et bien sur le propre des "revolutions" est de ne pas etre trop planifie, mais si mes deux lecteurs et demi ont par hasard des informations (ou des rumeurs, ne chipotons pas) sur le sujet, qu'ils n'hesitent pas a me le faire savoir.
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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 23:10
Aujourd'hui, notre Distingue President a promis qu'il irait chercher Ingrid Bettencourt dans la jungle si c'etait une condition a sa liberation.
Outre le fait qu'il y ait surement des choses plus urgentes a faire pour un President (avec tout le respect que je dois a Ingrid Bettencourt,  et bien que  ca soit tres triste pour elle et ses enfants, sur le plan national, avouons qu'on s'en bat un peu... mais c'est ca la nouvelle politique, dite des chiens ecrases), je voulais rappeler que la derniere fois que le President a dit qu'il irait chercher quelque chose ("avec les dents s'il le faut"), c'etait, souvenons-nous, la croissance.
Et force est d'admettre que la croissance, elle est restee ou elle etait. En tout cas, on ne l'a pas vue par chez nous.
Bref, m'est avis que la mere Bettancourt, elle en a encore pour un moment a en baver.
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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 07:54
-la droite décomplexée:

D'un côté, les fonctionnaires, les gauchistes et autres assistés qui vivent sur notre dos. Les "intellectuels" gauche caviar bardés de diplômes et donneurs de leçons alors qu'ils ne connaissent rien de la vraie vie. Les arabes qui, en plus de manger le pain des bons français, volent nos porte-monnaies,  violent nos filles et égorgent nos enfants. De l'autre, ceux qui "travaillent plus pour gagner plus".


-l'extrême gauche:

D'un côté, les salauds de patrons et Sarkozy. Les Américains et les Juifs qui sont méchants parce que sans eux, les musulmans intégristes ils existeraient pas (de toute façon les musulmans intégristes ils sont gentils et ils ont raison). De l'autre, "la rue": les étudiants label de vivacité et d'anti-establishement depuis 1968 et les classes laborieuses représentées par des syndicats courageux, honnêtes et solidaires.
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12 novembre 2007 1 12 /11 /novembre /2007 14:45
Apparemment, l'opinion serait majoritairement contre la grêve des cheminots. Pour avoir entendu quelques uns de leurs arguments, celui qui revient assez souvent ressemble à ça "pourquoi qu'ils auraient des privilèges que nous on n'en a même pas?", ces privilèges étant bien sûr la cause première du déclin de la France.

Et là, une réflexion me vient, sans connotation politique (me semble-t-il).

Tout n'irait-il pas mieux si chacun s'occupait un peu plus de ses fesses au lieu d'aller fourrer son nez dans celles des autres? Je veux dire, plutôt que de s'aggraver nos ulcères en allant vérifier chaque jour que l'herbe est plus verte chez le voisin, ne ferions-nous pas mieux d'essayer d'apprécier la nôtre (d'herbe), en l'acceptant telle qu'elle est? Voire même éventuellement, en essayant de faire en sorte qu'elle soit plus belle?

Bon, ça me vaudra peut-être le prix Ana Gavalda du meilleur bon sentiment. Encore que. Parce que, finalement, je ne l'ai pas rencontrée souvent cette interprétation des maux de notre société, qu'on pourrait résumer audacieusement par "l'Enfer, c'est se mêler de la Vie des Autres".

PS: Notez la double référence dans l'aphorisme ci-dessus.
PPS: attention, l'herbe est ici utilisée comme métaphore, ce n'est pas un article sur le jardinage.
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5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 10:45

Bon, je ne vais pas faire ici un essai philosophique sur Diogène et l'école grecque. Je vais parler du cynisme moderne (ou tout au moins du sens moderne qu'on donne à ce mot), à savoir une immoralité consciente, assumée, voire fière d'elle-même.

Je me demande souvent si les célébrités sont cyniques ou complètement cons. Essayez, vous verrez, c'est amusant.

Par exemple, quand Matt Pokora se prend pour le "French Justin Timberlake", eh bien, j'ai des doutes. Bon, Timberlake ce n'est pas ma tasse de thé, mais c'est quand même autre chose (il suffit de regarder la moyenne d'âge du public). Un peu comme si on comparait Blanche Neige à Massacre à la Tronçonneuse. Comme, sans vouloir être offensant, quand j'entends parler M.P., je ne me sens pas transporté par sa faconde culturelle, j'ai tendance à penser (peut-être avec un brin d'élitisme) qu'il doit faire partie de la seconde catégorie.

Prenons maintenant un autre cas de figure. Notre (très, surtout depuis quelques jours) cher Président. Quand il déclare la larme à l'oeil qu'il veut être le "Président de tous les français", le "Président du pouvoir d'achat", puis qu'il annonce qu'il veut "se retirer au calme, quelques jours, pour habiter la fonction" et qu'il se barre trois jours sur un yacht à Malte, que faut-il penser? Idem, quand il annonce aux fainéants de syndicats que la réforme des retraites n'est pas négociable, que la France est en faillite, qu'il faut travailler plus pour gagner plus et qu'il s'augmente dans la foulée de 140% pour "plus de transparence dans le budget de l'Etat", je me doute. Ne se foutrait-il pas un peu de notre gueule, quand même? Car, quand on l'entend parler, quand on le voit mener sa barque, on ne peut pas soupçonner Naboléon d'être un crétin, qu'on l'aime ou pas. Il a certes un côté nouveau beauf', culte du pognon et rolex en berne, mais il sait sans doute parfaitement ce qu'il fait. Donc, j'en déduis qu'effectivement, il nous encule, bien franchement et avec le sourire (contrairement à ses prédécesseurs qui avaient au moins la décence de mettre un peu de vaseline et de faire ça en loucedé), qu'en plus on en redemande et que ça le fait rigoler. Après tout, il aurait peut-être tort de se priver.

A vous de jouer maintenant. Mais sachez que parfois, il est difficile de se faire une opinion aussi tranchée.

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24 mai 2007 4 24 /05 /mai /2007 08:49
Ouais, c'est comme ça que je suis moi. Sans concessions. Alors dans le rapport que j'ai du torcher, pardon, écrire après 3 ans de monitorats (pour les non-initiés, ça veut à peu près dire chargé de TDs -ou de TPs, ça augmente de 20% mon salaire, pour 64 heures d'enseignements à Jussieu), j'ai balancé.
Morceaux choisis.

J’ai eu l’opportunité, grâce à (ou à cause d’) un parcours de moniteur que je pourrais qualifier de « chaotique », d’effectuer un grand nombre d’enseignements, aussi divers que variés.

Pour avoir discuté avec un certain nombre de moniteurs au cours des diverses formations, ce parcours me semble assez atypique, la plupart restant cantonnée au même enseignement durant trois ans, souvent en L1 (1ère année de fac, NdMix). J’en tire à la fois des points positifs, et d’autres négatifs. Avoir à enseigner des matières très différentes et à des niveaux également différents m’a permis de « tester » ma « flexibilité », avec des résultats plus ou moins heureux :

- Dans le cas de mes enseignements de Thermodynamique, par exemple, cela m’a obligé à me replonger dans des cours qui m’avaient semblé assez « rébarbatifs » à l’époque de mes humanités (classes préparatoires et premières années d’école), m’a ouvert les yeux, grâce au recul scientifique que j’ai acquis avec le temps, sur certains points qui m’étaient toujours restés obscurs parce que je n’avais pas ressenti le besoin de les comprendre réellement (quand on est étudiant, valider l’examen suffit généralement au bonheur, mais ne signifie pas nécessairement qu’on a compris grand-chose), et m’a poussé à essayer d’enseigner de façon un peu plus agréable (appel au sens physique plus qu’aux grosses équations, à la façon dont la plupart des professeurs essaient d’enseigner à l’ESPCI) que ce que j’avais connu cette matière (sans grand succès, je le crains, cette matière n’ayant définitivement pas plus la côte aujourd’hui chez les étudiants qu’à l’époque où j’étais à leur place). Cela m’a également été profitable dans le cadre de la thèse, et m’a permis de mieux appréhender la lecture de certaines publications, voire l’analyse de certaines de mes expériences.

- Dans le cas de mes enseignements actuels, au contraire, je trouve dommageable d’avoir été prévenu de ma réorientation quelques semaines seulement avant le début des enseignements, me laissant peu de temps pour me remettre à niveau dans ces matières assez loin de mes préoccupations scientifiques, sachant de plus que je suis en fin de thèse et que la recherche me demande de plus en plus de temps pour boucler ce qui doit l’être dans les temps (sans parler de la recherche d’un post-doctorat qui n’est pas non plus une sinécure).

 

J’en viens maintenant à l’analyse de ma « collaboration » avec mes tuteurs et les équipes pédagogiques. Autant l’avouer franchement « collaboration » est un terme ici assez inapproprié. Etant donné que personne ne m’a jamais communiqué le moindre nom ni mis en rapport avec qui que ce soit (ni d’ailleurs expliqué en détails quel était le rôle d’un tuteur). Ainsi, mon tuteur pédagogique officiel, responsable de l'enseignement de Thermodynamique, l'a été tout simplement parce qu’elle est la première personne à qui j’ai eu affaire et que les services administratifs avaient besoin d’un nom sur le dossier.

Mes rapports avec cette personne, quoique cordiaux, ont été limités au strict minimum : communication des sujets et corrigés ainsi que des notes, explications des expériences de TPs, et c’est à peu près tout.

Puis j'ai changé d'enseignements, donc d'interlocuteurs privilégiés, mais les rapports sont restés les mêmes, minimaux. Ce n’est pas la une critique mais un simple constat.

Je vois à cela plusieurs raisons : le fait de changer d’enseignement tous les deux semestres n’a pas aidé. Le fait également de ne pas être doctorant sur le campus Jussieu est également un facteur limitant : la plupart des réunions pédagogiques se décidant le jour même ou la veille pour le lendemain, j’en ai raté un certain nombre car j’avais d’autres choses de prévues (par exemple, des expériences de thèse réservées depuis plusieurs semaines dans un planning ultra-serré) et je ne pouvais pas me libérer une demi-journée pour aller à Jussieu au pied levé.

Quoi qu’il en soit, partout où j’ai enseigné, les sujets étaient le fait des enseignants-chercheurs et on ne demandait pas trop leur avis aux moniteurs (ce que je peux comprendre, même si, il me semble, nous pouvons parfois avoir de bonnes idées et une vision de l’enseignement plus proche des élèves, ne serait-ce que temporellement parlant).

Je m’aperçois que je n’ai pas encore parlé des contacts avec les élèves, qui furent très enrichissants : peut-être est-ce parce que j’étais à leur place il y a à peine deux ou trois ans, mais certaines situations m’ont rappelé bien des souvenirs, et c’est une sensation intéressante d’être « de l’autre côté de la barrière ». On s’aperçoit que l’on était bien naïf et que le professeur est rarement dupe de l’élève (je repense à certaines excuses ou justifications…). J’ai également pu constater une très grande disparité des niveaux au sein des étudiants et un niveau moyen que j’ai trouvé relativement inquiétant. Je reprocherai aux enseignements universitaires (du moins ceux que j’ai effectués) d’être très orientés vers le calcul ou l’application « bête et méchante » de formules et pas assez sur la compréhension « avec les mains » de la physique des phénomènes (je l’ai déjà souligné plus haut). Autre problème, à mon sens : les élèves n’ont aucune idée des notions d’homogénéité ni d’ordres de grandeurs. Ne pourrait-il pas y avoir un module obligatoire en L1 pour leur faire comprendre ces notions (qui sont, me semble-t-il des bases même pour le travail de recherche : qui ne s’est jamais servi de notions d’homogénéité pour retrouver une formule oubliée ou pour s’assurer de sa validité)?

Il m’a semblé que Paris 6 était une machine sans doute trop importante et que du coup les échanges entre enseignants de différentes UE se faisaient peu voire pas du tout, surtout en ces temps où le programme change continûment. La réforme LMD (la réforme pour uniformiser l'enseignement universitaire avec le reste de l'UE et dont la mise en place est un peu "laborieuse", NdMix) n’a également pas simplifié les choses, en multipliant les enseignements possibles et en offrant aux élèves un choix innombrable sans que ceux-ci ne leur soient expliqués en détails: il me semble qu’une bonne idée (sans doute compliquée à mettre en place) serait de préciser, pour chaque cours, les cours que l’élève doit avoir validé les années précédentes pour suivre celui-ci. 

Le LMD a aussi crée des situations problématiques du fait de cette multiplication de cours et d’options pour les élèves : lorsque le nombre d’élèves inscrit est insuffisant, le cours n’ouvre pas. Cela, malheureusement, on ne le sait que très peu de temps avant le début du semestre, et il faut en conséquence modifier tous les services des enseignants qui étaient supposés enseigner dans cette matière. D’où des situations ubuesques, ou kafkaïennes, pour que chaque enseignant-chercheur accomplisse son quota de 192h. Autant dire que dans ces cas-là, dans l’urgence, le service de répartition ne s’occupe pas en priorité des moniteurs (c’est ce qui m’est arrivé en ce début de semestre : j’ai du passer un certain temps à me chercher des heures quelque part, alors que ce n’était clairement pas ma priorité du moment).

C’était donc une expérience captivante, comme toute première expérience, une découverte de l’enseignement supérieur et de l’enseignement tout court (premier face-à-face avec les élèves, maîtrise du stress, peur de la question qui va vous coincer, envie de faire passer un message…), et enfin une occasion de réfléchir sur le monde de l’Université et ses problèmes (que je connaissais peu, étant un produit des classes préparatoires et grandes écoles).

 

J’ai été déçu par les formations obligatoires de première année de monitorats, qui consistaient en une évaluation avec les autres moniteurs de notre capacité à construire et donner un TD. Je reproche à cette formation son caractère bancal : la formation se veut un reflet de la « réalité », mais le public constitué de moniteurs est par trop éloigné de cette « réalité » des élèves de L1 ou L2 et me donnait l’impression de voir une pièce de théâtre.

Ainsi, une formation qui était censée nous juger sur la forme (est-ce que nous nous exprimons bien devant un public, est-ce que nous sommes clairs, est-ce que notre polycopié est lisible…) virait trop souvent à une évaluation (que j’ai trouvée irritante autant qu’inutile) sur le fond. J’ai senti chez certains moniteurs (Danielle L., si un jour tu me lis, sache que dès le premier regard tu m'as semblé une grosse conne, et ça c'est confirmé à chaque fois que tu as ouvert la bouche. Bisous.) une attitude à la limite de l’agressivité (ou de la condescendance) qui consistait à vérifier (et juger) que le moniteur en situation connaissait par exemple parfaitement son cours de chimie organique deuxième année en lui posant les questions les plus pointues possibles. Certes, il est important de savoir ce que l’on raconte, mais la plupart d’entre nous, plus intéressé à ce moment là par apprendre des techniques de forme plutôt qu’à vérifier nos aptitudes sur le fond, n’avait pas « travaillé » son TD comme il l’aurait fait pour un TD réel. D’autres part, cette formation arrive un peu tard dans l’année puisque certains avaient déjà accomplis tout ou partie de leur service.

Cette formation est néanmoins très importante : je pense qu’il faudrait la rallonger et la rendre plus scolaire (peut-être quelque chose de ressemblant aux oraux de préparation à l’agrégation, car les agrégés ont souvent une aisance pour expliquer les concepts de base, même à brûle-pourpoint, que, en tout cas personnellement, je suis encore loin d’approcher) car c’est la seule qui nous « apprend » un peu à être des enseignants. Les formations Mane Gere, théâtre ou psychologie etc, peuvent donner des conseils précieux mais restent assez loin de la réalité.

J’ai été bien plus convaincu par la formation troisième année (préparation aux entretiens aux postes de maître de conférences ou chargé de recherche). Même si ce côté « théâtral » est toujours un peu présent, les informations sur les méthodes de recrutement et les démarches à accomplir sont relativement pointues et d’un grand intérêt (je fus surpris de voir qu’un nombre non négligeable de moniteurs, en dernière année de thèse, n’avaient absolument aucune idée de comment cela se passait, ni même des questions de salaire ou quoi que ce soit). D’autre part présenter rapidement (10 minutes) ses travaux de recherche ainsi que ses enseignements devant un public scientifique sans être spécialiste oblige à prendre du recul pour essayer d’expliquer intelligiblement sans pour autant trop vulgariser la problématique et les principaux résultats de son travail. Cette formation arrive au bon moment, à l’époque où l’on commence à avoir une idée globale de ce que notre thèse est, où les idées commencent à se mettre en place naturellement, et les oraliser (tout les doctorants n’ont pas la chance d’avoir fait des congrès et/ou des séminaires) peut à mon avis être d’une aide non négligeable pour la rédaction du manuscrit. C’est une formation qui gagnerait à être généralisée à tous les doctorants souhaitant passer les concours de la fonction publique, même ceux n’ayant pas eu la chance d’être moniteurs.


 

En conclusion, d’un point de vue personnel, la recherche est nettement ce que je préfère. J’apprécie également l’enseignement, mais, ayant le choix, le laboratoire et la paillasse seraient mes priorités. J’ai, à certains moments de mon doctorat, trouvé que la charge horaire demandée au moniteur était trop lourde, il y a certaines semaines où j’ai eu l’impression de ne pas pouvoir avancer dans mon doctorat, simplement parce que l’enseignement me prenait trop de temps.

Or, je sais que notre charge horaire correspond à seulement un tiers d’un service complet de maître de conférences. Je sais également qu’entre préparer un TP pour des L2 et un cours de M2, il y a un monde. J’ai pu constater, dans mon laboratoire et dans d’autres, que les jeunes maîtres de conférences peinaient vraiment à avancer leurs recherches pendant les deux ou trois premières années s’ils n’étaient pas bien encadrés ou au sein d’une équipe dynamique et organisée. Je crains de ne pas être le seul à faire ce constat (d’une charge horaire d’enseignement trop lourde pour les maîtres de conférences).

Mon interrogation personnelle est donc la suivante : vais-je présenter les concours de maître de conférence (je suis à peu près sûr de présenter les concours d’entrée au CNRS après un post-doctorat que je compte accomplir aux Etats-Unis) ?

 

Pour moi, l’enseignement est quelque chose que je peux faire sereinement et efficacement lorsqu’il est ponctuel car il représente pour moi plus un loisir agréable qu’un sacerdoce. Lorsqu’il représente plus de la moitié de mon temps, d’un plaisir cela devient une corvée, ce qui n’est bon ni pour les élèves, ni pour moi.

 




Voila. Et quand j'aurai le temps j'étayerai un peu mes dires en révélant les plus belles boulettes que j'ai vues en trois ans de TPs.
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9 mai 2007 3 09 /05 /mai /2007 05:56
Je ne souhaite pas parler ici d'un roman de Martin Amis (écrivain que j'ai découvert récemment et que je trouve génial, et je pèse mon mot, même si son roman "L'information" est plutôt pas le meilleur que j'ai lu).

Non.

Je souhaiterais aborder le thème de la surinformation actuelle.
Je m'explique.
Aujourd'hui, en trois clics sur le net, en quatre zappings judicieux parmi les 518 chaîne disponibles avec le moindre abonnement, ou encore en feuilletant négligemment l'un des trois quotidiens gratuits distribués à tous les coins de rue, il est possible d'obtenir des informations sur tout et n'omporte quoi, de la vie privée de nos politiques aux conséquences du réchauffement climatique chez les ours polaires en passant par la marque de chaussures préférée de la dernière pop-star.

Avantages: incommensurablement vaste, aisé et souvent suffisamment pointu.

Inconvénient: morcelé. Il est très difficile d'obtenir un point de vue global, une analyse en profondeur, une mise en commun pointue. Nous sommes saoûlés de chiffres, de comparatifs, de bribes éparses et plus ou moins inutiles, mais nous n'avons plus aucun recul sur tout ce que nous ingurgitons. Concurrencés par la toile, les media classiques (télévision, radio, quotidiens) sombrent eux aussi dans le trop plein d'informations, dans l'avalanche de faits-divers, dans l'énoncé laconique de brêves dépêches et accentuent le phénomène plutôt que d'essayer de s'en démarquer.
Cela, à mon sens, a deux néfastes conséquences: l'information étant à la portée de tous et l'analyse en voie de disparition, la majorité desprogiennes (cf La Démocratie, Pierre Desproges, Chroniques de la Haine Ordinaire - Fréderic Dard traduirait par Les Cons, je pense) sent de son devoir d'avoir un avis sur tout (cf H.G. Frankfurt, précédemment cité aussi), ce qui, après tout n'est pas bien grave, mais surtout, et ça l'est plus, que son avis est aussi pertinent que celui dont c'est le métier (selon le sujet dont il est question, sociologue, médecin, chercheur, politique etc). Or, j'affirme haut et fort que non, Kant n'est pas l'égal de Steevy, Mozart ne vaut pas Grégory Lemarchal, Victor Hugo n'écrit pas au même titre que Faïza Guène (cette pseudo-thèse afirmant que tout se vaut est apparue en partie grâce à la magie de la nouvelle éducation et son fameux précepte "l'élève est au centre de tout": l'élève n'a pas à ête intéressé par des programmes rébarbatifs abordant la richesse de la culture et de l'histoire française. Non. C'est le professeur qui doit parvenir à intéresser l'élève en abordant avec lui les sujets qui lui sont proches. Ainsi, l'étude des textes de Flaubert sera avantageusement remplacée par l'étude du dernier album de NTM. On aura également soin de placer les deux sur le même plan pour que l'élève ne risque pas, pauvre petite âme si fragile, d'être humilié. Merci la gauche). De même, les conseils médicaux de ma concierge ne valent pas ceux de mon médecin, les explications scientifiques de ma grand-mère ne valent pas celles de De Gennes et les analyses politiques de mon boucher ne sont pas aussi pertinentes que celles de Duhamel (là, ça devient plus subjectif).
Deuxième problème: le vulgum pecus, gavé de données informatives comme il peut l'être de McDo, est incapable de focaliser son attention sur un point de vue dépassant les treize lignes et demi, le lit donc en diagonale, l'ingurgite entre deux  sondages et trois comparatifs et n'en assimmile qu'une idée au mieux parcellaire, au pire aussi éloignée de la réalité de la pensée de son auteur que Bachelet peut l'être de Brel. D'où une simplification à outrance des réflexions d'autrui (surtout lorsqu'elles sont soupçonnables d'intelligence, j'entends par la construites, argumentées et tentant d'être objectives par delà les convictions profondes de l'auteur quelles qu'elles soient), causant cette fausse identité entre Kant et Steevy.
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