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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 15:00

Une petite comparaison qui ne s'impose pas mais qui m'est venue à l'esprit après avoir mangé aux deux établissements à quelques jours d'intervalle.

 

Racines, Passage des Panoramas, 75002 (Métro Richelieu Drouot ou Grands Boulevards), c'est un peu le porte-étendard de la "néo-bistronomie" circa 2007, copyright Pierre Jancou.

Au menu, une "cave à manger" où personne n'achète jamais de vin, des tables microscopiques et une déco typée auberge du Larzac, du produit servi presque brut -volaille nourrie au grain ou légumes oubliés qui sentent encore le fumier-, beaucoup de name-dropping, du vin naturel, du hipster velu et tatoué au service comme derrière les fourneaux.

Pierre Jancou est parti pour de nouvelles aventures, mais l'esprit est resté et la recette a fait école, en versions plus ou moins chics, d'Autour d'un Verre à Saturne (ex-chef et sommelier de Racines).

 

 

L'Ami Jean (pas loin de Constant land, à savoir la rue Saint-Dominique dans le 7ème, métro la Tour-Maubourg ou Pont de l'Alma): contrairement à ce que le site web laisse penser, c'est la version plus tradi de la bistronomie, qui date à peu près de la fin des années 90, dans la veine de la Régalade de Camdeborde ou de Doucet, ou les spin-offs de C. Constant. Stéphane Jégo est d'ailleurs un ancien de chez Cambdeborde.

Ambiance bistrot vaguement rétro, entre nappes à carreaux, carrelage et zinc "so French" à la Amélie Poulain. Cuisine de terroir comme chez Mémé, en plutôt mieux (sauf si Mémé est extrêmement douée*). On ne néglige pas le name-dropping non plus, surtout pour la charcuterie et les frometons. Niveau look, des cuistots comme des serveurs et de la clientèle, c'est un peu plus varié.

 

Dans les deux cas, niveaux tarifs, on est plus proche de la gastronomie étoilée que du bistrot, à savoir dans les 60-80 euros pour un repas complet avec des boissons.

 

 

En ce qui concerne Racines, vous trouverez un compte-rendu détaillé du repas chez Chrisos. Dans l'ensemble, c'était bon voire très bon même si la carte est bien courte (3 plats au choix), de la tourte de gibier en passant par le mouton doublon ou le chapon. La cuisson sur la peau du chapon rend celle-ci craquante, fine, et adhérant bien à la chair: je l'aurais mangée sans problèmes si j'avais choisi ce plat, alors que je ne suis pas fan de la peau de volaille. Les desserts sont un peu en retrait (j'ai mangé une meilleure version de l'ananas-coriandre-coco au Mirazur, mais le dessert au chocolat, bien que pas très subtil, se mange bien, même si la crème anglaise n'est pas à la hauteur).

Si l'entrée était un peu chiche, les plats sont plutôt copieux. Il faut aussi souligner que c'est assez gras, surtout en ce qui concerne les accompagnements (aubergine et légumes).

Le service n'est pas top, même si ce n'est pas rédhibitoire à ce stade: nous avons attendu un bon moment nos plats après l'entrée, voyant plusieurs tables arrivées après nous servies avant. Il semble y avoir un petit côté "VIP" toujours un peu agaçant quand on le remarque. Au dessert, entre le serveur qui ne se souvient pas des deux desserts du jour, "va chercher la carte" et ne revient jamais, et celui qui nous décrit le dessert de la veille, et l'impossibilité d'avoir le café avec le dessert, c'est un peu léger.

Quant à la clientèle, ça ne respire pas du tout le fun, malgré le côté "biocool" que se donne l'établissement. Certes, on est un midi en semaine, mais tout de même: pour les tablées de copains ripailleurs, on peut repasser.

Pour entrée plat dessert, il faut compter 50 euros. En se mettant en version "soir", avec du vin, un apéro, un café etc, on peut donc vite grimper à 80.

Franchement, je pense que c'est trop cher, et globalement, cela ne m'a pas laissé un souvenir impérissable.

 

Comme je le dis chez Chrisos, "ce qui a tendance à m'agacer dans ce genre d'endroits, c’est le côté surjoué « populo-rustique », cuisine simple « à l’ancienne », resto de potes, pour une addition qui peut, pour peu que l’on se lâche à peine, quasiment atteindre les trois chiffres (et ferait donc s’étrangler le « vrai » populo).

C’est sans doute un peu bête, mais à 80 euros l’addition, la table en bois de 20 cms de large, le radiateur dans le cul et les serviettes en gros tissu (au moins elles ne sont pas en papier), ça sonne faux, ça fait cheap.

J’imagine que ça plaît à une certaine clientèle qui apprécie de se croire en province ou à la cambrousse sans avoir à y aller, tout en gardant le standing financier du parisien qui a réussi.

"

 

Je m'aperçois que je ne suis pas tout à fait honnête ici, ou que je généralise un peu vite.

En effet, j'ai beaucoup aimé mon repas à l'Ami Jean, où les tables en bois sont si resserrées qu'elles se touchent, où le chef a le regard ténébreux et la barbe fournie, où la cuisine est d'inspiration populaire, et où j'ai claqué 85 euros.

Alors quid? Il y a selon moi plusieurs "détails" qui ont compté et expliquent la légère contradiction entre mes paroles et mon ressenti.

 

- Une vraie générosité: dans les assiettes certes, mais aussi dans le comportement général des serveurs, un peu pousse-à-la-conso certes, mais qui sont toujours là avec le petit mot chambreur qui fait plaisir, et n'hésitent pas à payer le coup (un digeo offert au comptoir pour qu'on libère la place pas loin de 2H30 après être arrivés, alors qu'on finissait notre verre. Digeo offert d'ailleurs plus cher que celui qu'on avait commandé).

Du coup, la clientèle est plus sympa, et une certaine convivialité s'installe avec vos voisins, dont il est difficile de dresser un portrait robot (couples du 7ème, tablées d'italiens ou d'australiens, pseudos Georges Clooney, foodies...).  

Le naturel, ça peut s'énoncer comme philosophie ou s'afficher sur les bouteilles, mais ça ne suffit pas pour en faire une réalité...

 

- Une cuisine quand même plus travaillée: pas de chapon cuit sur la peau avec des légumes racines ici, mais en cette saison, du gibier à la carte (oui, chez Racines, il y avait une tourte au gibier, mais bon).

Dos de sanglier, lièvre à la royale**, palombe, chevreuil, colvert etc. Dans les 40-45 euros le plat, ok... mais ça nécessite de la part du chef un vrai savoir-faire, du temps et de la sueur, et pour un amateur qui n'en mange pas souvent, c'est à tomber: je suis donc plus enclin à payer le prix fort sans regimber.

Avec un plateau de charcuterie dantesque à partager en entrée (30 euros pour 3-4 personnes facile, avec de la terrine de lapin, du jambon cru, et divers sauciflards et chorizos Ospital), un dessert pour deux ou trois (le riz au lait peut aussi se partager à 3-4 et ça ne leur pose pas de problèmes), on est autour de 60 euros le vin, soit dix de plus que chez Racines. Sachant qu'il y a aussi un menu à 42 euros et des menus dégustation (autour de 60 et 90 si ma mémoire est bonne). Donc, à peu de choses près, tout à fait la même gamme de prix, mais, à mon avis, quand même une classe de différence dans les cuisines.   

La carte des vins est assez fournie, moins branchée nature, et dans mon souvenir les coefficients n'étaient pas trop agressifs.

 

Bref, je suis sorti repu, ravi, et un peu pété aussi: je pense que je retournerai à l'Ami Jean pour tester les menus, ou en tout cas à la saison du gibier. Alors que, concernant Racines, j'ai des doutes, bien qu'il y ait, vous le voyez, à première vue, pas mal de similitudes.

Comme quoi ça tient à peu de choses.

 

Pour l'Ami Jean, si ça vous tente, pensez à réserver une bonne semaine à l'avance pour le soir (voire deux si vous voulez être sûr d'avoir une table à 20h). Pour Racines, un délai de quelques jours devrait suffire (le midi, ça a fonctionné du jour pour le lendemain).

 

 

 

* Pour m'être frotté à quelques recettes du (très sympa) bouquin de Doucet, la Régalade entre amis: ce n'est pas extrêmement compliqué si on est un minimum à l'aise dans une cuisine. Par contre il faut avoir du temps (de préparation) devant soi. C'est souvent quand même plus subtil que le bon vieux ragoût "je mets tout dans la cocotte et je fais cuire 4 heures" (pour ce genre de recettes je recommande la Cuisine de Mapie). 

 

** première dégustation de ce plat mythique en ce qui me concerne. La vache, c'est du brutal. Quelle puissance. A refaire, mais pas plus d'une fois l'an, hein. 

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 11:52

Retour chez Pramil (rue du Vertbois, métro Arts et Métiers), où j'avais déjeuné rapidement il n'y a pas très longtemps, cette fois pour un gros dîner entre potes.

 

Après avoir subi quelques déconvenues au moment de réserver dans les deux-trois restos qui m'étaient venus à l'esprit spontanément, j'ai fini par me rappeler que la configuration de Pramil pouvait peut-être se prêter à l'existence d'une grande tablée.

En effet, la première salle est toute en longueur et difficilement aménageable, mais il y a derrière la cuisine une petite salle pouvant accueillir une douzaine de couverts.

 

Comme c'est à deux pas de mon boulot, j'y suis passé un soir avant le service pour savoir si l'option "privatisation" de la petite salle était envisageable. Je suis tombé sur M. Pramil himself, extrêmement sympathique, qui m'a confirmé que c'était possible. Après quelques tergiversations, je l'ai rappelé pour confirmer le lendemain, en gros deux semaines avant la date en question (un samedi soir).

 

Sur place, le jour J, la salle avait bien été privatisée, avec une disposition rectangulaire (4-2-4-2) bien plus propice aux discussions que les plus classiques tablées 6-6. A priori, 12 couverts est le maximum possible (peut-être 14 en se serrant beaucoup).

 

Ce fut une super soirée, grâce aux convives bien sûr, mais le restaurant a réussi un sans-fautes.

Service nickel, discret mais réactif, adaptable (les groupes, ce n'est pas toujours une sinécure), et pas coinços. M. Pramil, presque timidement, est venu s'assurer que tout se passait bien deux ou trois fois dans la soirée.

 

Menu à 30 euros d'un très bon rapport qualité-prix: c'est généreux, varié, et assez inventif sans dépayser totalement ceux qui aiment le classique.  

Dans les plats qui ressortent selon moi, il y a eu les St-Jacques avec cèpes, patates nouvelles et beaucoup de crème, la désossé de lapin aux artichauts poivrade et figues, ou le mille-feuilles aux marrons glacés.

Un bib gourmand bien mérité, pour autant que je puisse juger.

 

En se lâchant bien sur les vins (1 bouteille pour 2 plus des digestifs et des cafés - Pouilly Fumé, Irancy, Vacqueyras le Sang des Cailloux, Rivesaltes rouge...*), on est arrivé à 55 euros/tête pour 3 bonnes heures à table, et un volume sonore qui a considérablement augmenté au cours du repas.

 

Si je devais trouver un bémol, ce serait sur l'éclairage un peu trop tamisé à mon goût, et sur quelques desserts peut-être un poil en dessous des autres: autant dire pas grand chose.

 

 

Ce n'est pas forcément à Pramil que j'avais pensé en premier pour un resto de groupe car, contrairement à les Papilles, l'Ambassade d'Auvergne, la Cave de l'Os à moëlle (désormais Cave Schmidt) par exemple, il n'y a pas de comm' faite sur le côté "table d'hôtes" ou salle privatisable.

Mais c'est à retenir (et c'est aussi très bien pour y manger à 2 ou 4).

 

A noter: l'ouverture en janvier d'une boutique-cave à vins Pramil juste en face, pour acheter des objets arts de la table ou boire un verre en attendant une table. A terme peut-être, des tapas seront servis.

 

 

Et, cerise sur le gâteau, une addition sous le sceau de la Bête.

(à 12 convives, on ne peut y voir qu'un signe!).

 

Image1.jpg 

 

"In the night
the fires are burning bright
the ritual has begun
Satan's work is done
6-6-6 the Number of the Beast
"

 

Up the Irons!

 

 

 

 

* "se lâchant": en quantité. En qualité, on a tapé dans la fourchette "basse" de la carte (bouteilles entre 25 et 35 euros). En tout, il y a une cinquantaine de références, une petite dizaine sont dans cette fourchette, la majorité étant plutôt entre 40 et 60.

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 09:40

Priscilla et moi profitons de l'été indien fin septembre pour déjeuner au Pavillon de la Grande Cascade, au bois de Boulogne.

 

Situé près de la cascade du bois, gigantesque chute d'eau d'au moins 3 mètres, d'où son nom, l'endroit est un ancien pavillon de chasse de Napoléon III, transformé en restaurant chic en 1900.

Le restaurant, 1 étoile depuis quelques temps, est considéré par beaucoup comme un 2 étoiles en puissance. Le chef en est Frédéric Robert (chef exécutif de Senderens pendant presque 10 ans au Lucas Carton) depuis 2007.

La Grande Cascade présente les particularités, assez rares dans cette gamme d'établissements, d'être ouvert 7 jours sur 7, et de proposer un menu "du marché" (entrée, plat, dessert, eau, café, 2 verres de vins) pour 95 euros tous les jours midi et soir*.

 

C'est assez inaccessible pour les ploucs non motorisés dans notre genre: nous finissons donc par monter dans un taxi qui se paume (un certain nombre de voies sont fermées à la circulation dans le bois le dimanche), mais nous arrivons presqu'à l'heure, moyennant un petit bifton de 20.

 

A 12h45, il y a encore assez peu de monde, ça se remplira presqu'entièrement par la suite - soit, à vue de nez, une cinquantaine de couverts. Comme il fait beau et très doux, on ne peut pas manger à l'intérieur (qui a franchement de la gueule): toutes les tables sont installées en terrasse. Celle-ci est bien agencée, bucolique, malgré la vue sur le parking et la route qui n'est finalement pas si loin.

 

DSC02085

 

La clientèle est plus hétéroclite qu'on ne pourrait le supposer: quelques "jeunes couples" comme nous, quelques petits vieux en mode sortie du dimanche, des groupes très typés 16ème (vieux bourgeois tirés à 4 épingles - et vieilles bourgeoises tirés tout court- et bouches en cul de poule), mais aussi des groupes très typés touristes allemands (short polo, le genre à prendre du coca avec le menu dégustation), etc. Peut-être l'effet "dimanche midi"...

 

Nous optons pour le dit "menu du marché" en dépit des "recommandations" d'un serveur (voir plus bas).

La cuisine, dans le cadre de ce menu, s'avèrera assez bourgeoise, globalement classique dans ses accords comme dans ses présentations.

Quelques incartades vers un peu de modernité comme dans mon entrée, soit une version très esthétique et franchement délicieuse de l'immonde "avocat-crevettes" de nos cantines scolaires: des belles queues de gambas à la plancha, sur une purée d'avocat, avec une pèche blanche au sirop d'hibiscus, et des petites perles de citron vert; ou alors pendant le dessert, un tiramisu épuré dans lequel les différentes couches (biscuit, mascarpone, cacao) et saveurs ont été "dissociées".

Le calamar farci à la catalane me semble lui un peu mollasson, même si la crème au homard et le riz safrané "façon paëlla" sont excellents. 

Priscilla a eu elle droit à du plus "convenu", bien executé, bien présenté et à base d'excellents produits, mais sans réelle surprise: un ravioli géant aux cèpes et amandes, avec un bon jus de viande et une mousse d'ail, et une selle d'agneau très tendre avec des tomates provençales (et en cadeau bonus, une brick farcie à l'épaule d'agneau).

Les assiettes sont assez généreuses, mais on termine sans soucis, sans avoir l'impression d'être gavé.

 

Nous aurions aussi pu opter ce jour là pour des huîtres tiédiées, un foie gras mi-cuit en gelée de sangria qui avait l'air bien sympathique, du merlan argenté cuit à la vapeur dans les algues accompagné de courgettes (un plat pour Doc), ou un coeur de filet de boeuf au sautoir.

Il y a du choix donc: quelques plats reviennent visiblement souvent, avec quelques variantes pour adapter au marché du moment (le ravioli, par exemple), mais le menu est renouvelé régulièrement.

 

Un petit mot sur les pains maisons au top, notamment le toast aux cerises qui accompagne la fourme d'Ambert, et une brioche comme un croissant salé.

 

Dans les vins du menu, un Côtes du Rhône Château Saint-Roch pour commencer, puis un Gaillac domaine d'Escausses pour suivre (peut-être un poil musclé pour mon calamar). Deux vins plutôt passe-partout mais pas désagréables.

 

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Dans l'ensemble, une cuisine conforme à mes attentes: vu la situation géographique (frontières du 16ème, pas loin du Racing), la majorité de la clientèle aspire certainement à quelque chose de très BCBG, classique, voire sans surprise. On n'est pas ici dans le quartier pseudo-punk de NYC à faire mumuse avec un bagel givré ou un gnocchi de béarnaise. Et c'est très bien aussi.  

 

Le service m'a par contre surpris et un peu déçu. Attention, rien d'extrêmement grave, il n'y a pas eu d'énervement ou quoi que ce soit. Mais dans ce genre d'établissements, on s'attend à ce que se soit "flawless".

Or, il y avait un petit côté dilettante, désorganisé: peut-être, encore, l'effet "dimanche midi"... Et également une certaine tendance "pousse-à-la-conso" que je n'avais là aussi jamais vraiment vu dans cette catégorie de restaurants.

Quelques exemples:

- Une bonne dizaine de serveurs s'est occupé, à un moment ou à un autre, de notre table. Il y a donc eu des moments où les assiettes nous ont été retirées à peine la dernière bouchée avalée, d'autres où il ne s'est absolument rien passé pendant 20 minutes. Les verres de vin en "accord" étaient servis passablement décalés par rapport aux mets, etc.

- Le sommelier à qui nous avions demandé la carte des digestifs n'est jamais revenu: je pense qu'il y a eu une rotation de service à ce moment là. Il a fallu une bonne demi-heure pour qu'un nouveau sommelier nous remarque, perdus avec notre carte à la main, pour prendre commande: il faisait beau, nous étions bien et pas pressés, je n'ai pas spécialement cherché à me faire entendre non plus; mais on ne s'attend pas à devoir beugler ou agiter les mains frénétiquement pour être remarqué à la Grande Cascade.

- Un serveur ou chef de rang nous a expliqué au moment de la prise de commande que "le menu du marché, oui, c'est pas mal, mais à la carte ça sera autre chose, c'est sûr". A vrai dire, c'est trois fois plus cher à la carte, donc je m'en doute, mais la façon de présenter le menu du marché m'a semblé un peu cavalière.

- Le sommelier à qui je demande un verre pour accompagner mon tiramisu me fait goûter un verre de porto délicieux, avec des nuances de café qui se marient parfaitement au dessert. Banco, un chacun. Sur la note, je vois que le verre est à 25 euros, soit presqu'un tiers du prix du menu. Je trouve donc qu'il aurait pu me prévenir, ou s'adapter un peu plus au reste de la commande dans son choix. Jusqu'à présent, je n'avais vu ça que dans des établissements "qui se la jouent grande table": dans les vrais établissements de top niveau, le service sait s'adapter à (la bourse de) chaque client d'"instinct", c'est à dire sans avoir à lui faire avouer "non mais en fait là je me saigne déjà pour le menu, donc pas trop cher, le pinard, s'il vous plaît". Quand bien même, si un verre = 20% de l'addition globale, j'estime qu'il aurait été de bon ton de me demander mon avis (j'aurais d'ailleurs peut-être dit oui).

- Alors que nous avons consommé environ 50 euros de picole en sus chacun, on nous a facturé une demi bouteille d'eau "hors menu" à 8 euros (celui-ci prévoit 1 demi bouteille par personne, et après 3h à table dont une demi-heure pour attendre le digeo, on avait de nouveau un peu soif). Ok, mais comme diraient les commentateurs sportifs, c'est la lettre, pas vraiment l'esprit.

 

Atabula a récemment évoqué les "à-côtés" des menus déjeuners "produits d'appel" des grands restaurants, qui font monter en flèche une addition faussement légère (ce n'est heureusement pas le cas quand on est invité à la table du chef au Crillon). Ce n'est pas exactement la problématique ici: le menu comprend 2 verres de vin, le café, et l'eau, et si nous n'avions pas été en mode soiffards, nous n'aurions payé que le prix du menu. De plus, le vin proposé en apéritif était à 7 euros le verre: je ne connais pas la marge, mais ça n'est pas ça qui a modifié beaucoup l'addition. Je reproche plutôt un certain manque de discernement de l'équipe en salle, peut-être habituelle dans un "bar à tapas", mais, de mon expérience peu de mise dans un établissement "de luxe"...

 

Bon voila: il n'y a pas de quoi taper un esclandre, mais ça diminue un peu la qualité du souvenir et ça me fait dire que je ne suis pas sûr de vouloir y retourner pour tenter le menu dégustation.

Au retour, une petite marche digestive de 4kms dans le bois -partie plutôt familiale que tourisme sexuel- pour rejoindre le métro. Ca reste, je pense, un restaurant à dédier aux beaux jours.

En faisant attention, le "menu du marché" est une bonne affaire pour un moment de volupté un week-end ensoleillé.

 

 

* tarif actuel: au moment de notre repas, c'était encore 85 euros. Ca fait quand même une petite inflation...

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 13:40

Par petite table, je n'entends pas forcément quoi que ce soit de péjoratif, juste où manger entrée-plat-dessert pour moins de 30 euros, ce qui à Paris peut relever de la gageure.

 

Voici les plus récentes où je suis allé.

 

- Autour d'un verre: Paris 9, rue de Trévise, métro Grands Boulevards, pas loin des Folies Bergères. Le meilleur de la liste en terme de qualité d'assiette. Bien dans la mouvance, bons produits cuisinés simplement et vins naturels.

Ceviche (un plat qu'on voit de plus en plus aussi), salade de tomates de plusieurs variétés, pintade-purée ou côte de veau purée, ce genre de choses. 4-5 choix à chaque fois avec comme souvent des suppléments sur une bonne moitié des propositions... Cela dit, beaucoup de goûts dans toutes les assiettes, la pintade notamment est parfaitement cuite, bien ferme, servie avec un jus de cuisson excellent.

20 euros pour entrée plat, rajoutez 6 euros pour le dessert, plus quelconque (type fondant au chocolat un peu caoutchouc ou tarte au citron pas assez cuite).

A boire, plein de vins avec des noms bizarres à base de jeux de mots foireux entre 15 et 30 euros. On s'oriente vers un bon Brouilly G. Descombes au tarif pas scandaleux de 28 euros.  

 

A noter: il faut aimer ou tolérer une clientèle très hipster qui parle fort le franglais et vient claquer la bise au personnel. Il faut aussi avoir du temps devant soi, parce qu'à 3 dans une cuisine ouverte de 5m2 avec un gars en salle, les plats ne sortent pas à la vitesse de la lumière.

 

Déco insignifiante mais pour une fois pas trop cliché (il y a certes les grosses ardoises à trimballer dans un espace surpeuplé et les tonneaux dehors).

Service sympa même si débordé.

 

Plutôt une bonne pioche, dans un registre plus Fooding que ça tu meurs. A oublier pour un tête à tête romantique, mais à retenir pour une soirée entre potes, surtout s'ils font partie d'un groupe de rock alternatif, quand on passe plus de temps à discuter et à boire qu'à manger.

 

- Le Vertbois: dans le 3ème, pas loin de mon lieu de travail (métro Arts et Métiers). Petit resto dans une rue qui compte l'Ami Louis et Pramil, entre autres. Tenu par deux jeunes femmes, la formule du jour à 16 euros est pas mal, dommage qu'elle soit à choix unique (surtout quand à la carte c'est 25-30 euros, même le midi).

Ce jour là, ça tombait bien parce que le plat du jour était alléchant: ragoût de boeuf au curry, bien épicé à mon goût mais avec une viande un peu sèche, et une très bonne polenta. En dessert, je crois me souvenir d'un tiramisu au speculoos honorable. 

A la carte par contre, les prix s'envolent un peu, et ce n'est, a priori, pas là que j'irai en priorité un soir avec 40 euros en poche...

Cela dit, en été, le petit bout de trottoir aménagé dans une ruelle quasi-piétonne est attrayant.

 

- Chez Chartier: dans le même coin, Grands Boulevards. L'un des derniers "bouillons" (si je comprends bien, appellation qui désigne une brasserie, mais version plus populo) parisiens (http://www.restaurant-chartier.com/www/visit/).

Restaurant "mythique", dont la salle est classée monument historique.

La cuisine est profondément inintéressante, sans être exécrable. C'est du bon vieux Métro bain-marie comme dans une large part des troquets français, voila tout. Oeufs mayo, avocat-crevettes, andouillette ou steack-frites, confit de canard, mousse au marron etc: on le sait rien qu'en lisant la carte.

Entrées entre 2 et 4 euros, plats entre 8 et 12, desserts autour de 3, soit 15-20 euros pour un repas complet.

Le vin "du mois", un côtes-du-rhône à 12 euros, est largement plus buvable que ce qu'on rencontre habituellement au resto pour ce genre de prix.  

Les serveurs sont pince-sans-rire old school, plutôt sympas. Ultra-pros, chacun leur carré, chaque geste est pensé utile. Le petit folklore de l'addition calculée sur la nappe est sympa aussi.

La salle est vraiment superbe, la clientèle très hétéroclite bien que majoritairement touristique. Brouhaha, mais moins insupportable qu'à la Coupole.

 

DSC02137-chartier.jpg 

 

On venait de se faire une journée balade, ce dîner vers 19h a parfaitement terminé la journée "badauds".

Une heure plus tard, en ressortant, il y avait la queue pour rentrer: poireauter 30 minutes pour manger chez Chartier me semble un peu too much, mais si vous passez devant et que vous pouvez avoir une table immédiatement, c'est à faire une fois (il m'a fallu 10 ans...).

 

- Tentazioni: une petite épicerie fine italienne avec 15 couverts le long du mur et une cuisine de 2m2 au fond de la salle dans une rue en pente de Montmartre (métro Abesses, 75018).

Tenu par une famille sicilienne, l'accueil est sympa, les produits sont bons. En entrée, on sert et coupe à la demande des produits de l'épicerie: charcuterie, légumes marinés, fromages italiens, etc.

En plats, on trouve majoritairement des pâtes et diverses sauces, quelques ragoûts aussi. Les spaghetti n'étaient pas tout à fait assez al dente à mon goût, mais ils avaient une bonne texture, et le pesto à la roquette était très bon. Gnocchi pas mal, oeufs brouillés à l'huile de truffe parfumés.

Les assiettes de pâtes sont généreuses et font plaisir à voir.

Vins italiens pas chers (celui qu'on a pris, un Chianti, n'était pas super bon non plus)

Petite adresse de quartier, dommage que ce ne soit absolument pas le mien, et pas mal de gens qui viennent acheter à emporter. 

Entrées autour de 7-10 euros, plats entre 11 et 16, pas pris de desserts mais on doit arriver à 20-25 euros pour le combo, et des bouteilles ente 15 et 20.

 

- Mazeh: traiteur iranien avec la aussi quelques tables dans le 15ème, métro Charles Michel et Commerce, en face d'un autre resto iranien (la Cheminée) et de deux épiceries iraniennes dont j'ai déjà parlé.

Allure de kebab, entre le grill, les meubles réfrigérants, et les six tables en plastique avec nappes en papier. Il manque juste le néon dehors.

Quasiment le même menu que chez les collègues d'en face, mêmes prix aussi, et pas beaucoup de différences en terme de qualité. Du coup, le décor un peu miteux se remarque.

Cela dit, les brochettes sont plutôt bonnes, servies avec du riz safrané. A 14-18 euros, je trouve ça cependant un peu cher, vu le cadre et comment c'est préparé (là aussi, assez proche du kebab du coin: gros bol de riz graissé allègrement à la dernière minute, passé au micro-ondes, brochettes sorties de la marinade qui poireaute depuis Dieu sait quand dans l'armoire réfrigérée*). Il y aussi des ragoûts. 

A 25-30 euros, c'est trop cher. La encore, la plupart des commandes sont à emporter: si les prix sont plus raisonnables, ça peut être une option relativement sympa. Pas mal de "locaux" viennent se sustenter, comme à la Cheminée.

Ils tiennent aussi So Rice, plus bas dans le 15ème, version un peu plus chic - tout est relatif- qui est paraît-il pas mal (mais qui visiblement n'existe plus d'après les commentaires chez Aude, bien que le site web n'en fasse pas mention).

http://www.mazeh.com/francais/restaurant.html

 

* c'est probablement fait exactement de la même façon en face, mais parfois ne pas avoir de cuisine ouverte, c'est finalement moins tue-l'amour.

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 10:00

Dîner gastronomie 2.0 organisé par F. Nègre, de Paysages Culinaires, chez Oth Sombath, restaurant thaïlandais gastronomique du très chic 8ème arrondissement (rue du Faubourg Saint-Honoré, derrière les Champs, métro Saint-Philippe du Roule).

 

Oth Sombath est le chef qui a lancé il y a déjà plus de quinze ans le Blue Elephant à Bastille, à l'époque reconnu comme l'un des meilleurs thaï de la capitale.

Il a ensuite pas mal bourlingué, puis ouvert un restaurant à Saint-Tropez, avant de revenir sur la capitale fin 2008.

 

L'endroit a un petit côté "futuriste rétro", à savoir qu'on se croirait dans un endroit issu d'un film d'anticipation des années 80...

Tons beige, blanc cassé, et gris, beaucoup de "formes" ici et là, ambiance un peu lounge. D'après le dossier de presse, c'est la vision stylisée de la Thaïlande par l'architecte.

Un peu étrange, mais j'ai trouvé ça plutôt chouette (même si, en y regardant de trop près il y a quelques traces d'humidité ou d'usure qui commencent à apparaître dans les matériaux utilisés).

Le restaurant est bizarrement agencé: il est de proportions assez gigantesques, s'étend sur trois étages, mais vu l'espace il n'y a finalement pas tant de tables que ça. 

 

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Nous sommes installés au second étage avec une coupe de Champagne Pierre Paillard pour commencer la soirée.

 

Parmi les convives, que je connaissais pour la plupart et qui arrivent en ordre dispersé, j'ai été ravi de rencontrer un très sympathique photographe culinaire, P. Martineau, dont la vie m'a semblé beaucoup plus fun que celle d'un maître de conférences en physique des polymères. Mais je m'égare, comme quand je lui ai expliqué à quoi le caractère absorbant des couches culottes était dû.

Il y avait aussi des journalistes et autres communicants qui appellent les chefs par leur prénom et passent visiblement leurs vies dans les trois étoiles, "j'ai dit à Alain que la cuisine de Fred ne m'avait pas ému la dernière fois", et du coup je me sentais parfois dépassé par la discussion.

 

Ah tiens, avant de revenir au repas itself, une anecdote: le Michelin est toujours aussi nul, son nouveau directeur ne connaît rien à la gastronomie, etc, mais une bonne partie du repas se passe à sussurer comme des comploteurs des rumeurs sur le prochain millésime et les trois étoiles en danger, puis à commenter in extenso les étoilés où on a mangé de par le monde, sans que le côté paradoxal du propos ne semble frapper personne... bref. Il paraît d'ailleurs, et c'est parfaitement invérifiable, que Oth Sombath a raté de peu une étoile l'an dernier.

 

 

Le "concept" culinaire du restaurant est, si j'ai bien compris, double.

Des plats thaï "classiques" revisités par le chef (le tigre qui pleure, notamment), et d'autres sur une veine plus contemporaine, plus "fusion" thaïlando-française avec des produits comme le magret de canard et le filet de veau. 

C'est vers ce type de plats que nous sommes orientés via un menu dégustation que j'imagine proche de celui proposé par le restaurant, à 70 euros.

Dans ce menu, amuse-bouche, deux entrées, deux plats, 1 dessert.

 

L'amuse-bouche est une bouchée de salade de riz au melon. C'est joli, bon, et original.

 

Les choses sérieuses commencent avec les Hoy Shell: Saint-Jacques rôties, sauce coriandre.

Les Saint-Jacques sont enroulées dans une pâte ravioli asiatique avec une gelée tomates. En accompagnement, du chou rouge, et une sauce coriandre très relevée. Entrée délicate, j'ai préféré goûter la sauce coriandre à part, car je la trouvais un peu forte pour les noix.

Encore une fois, assiette très esthétique, dans le dressage et l'association de couleurs: ce sera une constante pendant tout le repas.

 

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Deuxième entrée: Pet Tom Ka, velouté au lait de coco et magret de canard. Très belle alliance, le velouté est parfaitement crémeux et le canard a du goût, presque cru et préparé quasiment comme un carpaccio.

 

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Vient ensuite la dorade royale cuite en feuille de bananier aux épices thaï (Pla Yang). La dorade est bien grillée et la feuille de bananier permet de garder intacte les saveurs, l'imprégnation des épices, et le côté "moist" du poisson. Belle cuisson. 

 

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Deuxième plat: Neua Luk Wa, filet de veau parfumé à la banane et au cumin. Très belle sauce curry-banane, alliance surprenante pour le palais du farang que je suis, qui n'est jamais allé plus à l'Est que Budapest.

Le veau est bien doré et fondant à coeur: goût, tendreté, tout y est.

Le riz en accompagnement est presque, ai-je trouvé, anecdotique.

 

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En dessert, nems banane avec une sauce vin rouge gingembre un peu amère pour moi, et une petite douceur crème coco- châtaigne d'eau.

 

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Pour accompagner tout ça, du grand classique (je connaissais au moins de nom tous les vins proposés, ce n'est pas si fréquent dans un établissement de ce rang):

- Riesling Grand Cru Rosacker, Domaine l'Agapé 2008

et

- Château de Pibarnon rosé 2010

- Domaine Tempier, "la Migoua", 2008,

soit deux des domaines les plus réputés de Bandol.

 

Pour une raison qui m'échappe encore, le Tempier était, avec le Domaine du Vieux Télégraphe (Châteauneuf) l'un des bons vins relativement facile à trouver aux US (typiquement, il y en avait chez Whole Foods). Le plus étonnant était que ces bouteilles étaient moins chères qu'en France (dans les 50$ chez Whole Foods, contre 40 euros chez Lavinia avec un dollar qui à l'époque frôlait le 0.7 euros).

Pour une raison qui m'échappe aussi, c'est un vin qui ne m'émeut pas particulièrement, alors qu'au stade de non-développement de mon palais, les vins à plus de 30 euros sont souvent un ravissement (mon palais raisonne en scientifique et compare à son ordinaire - qui s'est déjà hachement amélioré par rapport à il y a quelques années).

 

Et puis, pour conclure, un Domaine Mas Amiel, qu'on retrouve très souvent depuis quelques temps servi sur les accords chocolatés, dans le cas du Maury rouge (vin doux naturel à base de grenache).

Ici, c'est cependant un vin de table "Plénitude" qui nous est servi: blanc, rangé dans la catégorie "passerillé", soit des raisins séchés au soleil, et donc dans ce cas non muté.

 

 

Le chef est venu très sympathiquement faire un tour à table, prendre le temps de discuter, d'échanger, de raconter son parcours, de revenir en détail sur les mets dégustés, etc.

 

 

Voila pour cet excellent repas, qui s'est éternisé quasiment jusqu'au dernier métro sous l'effet conjugués de discussions intéressantes, de mets fins, et de bons alcools en abondance.

J'avoue humblement ne pas du tout maîtriser les subtilités de la cuisine thaïlandaise, mais je me suis régalé.

Il faudra faire attention lors de ma prochaine visite dans un thaï parisien, si je ne veux pas être très déçu.

 

Les prix ne sont pas ceux du tout venant non plus: 35 euros le midi, 40 euros pour le menu du soir, une soixantaine à la carte et 70 pour le menu dégustation. La localisation, le cadre, le savoir-faire du chef, les produits, le service (rien à redire de ce côté là, sobre et efficace, avec un sommelier heureux d'échanger), se payent aussi.

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 21:01

Après l'heure c'est plus l'heure, mais ne pas l'évoquer du tout serait dommage.

 

- Il y a déjà plusieurs mois, Priscilla et moi sommes allés chez Michel Rostang (17ème, métro Ternes ou Wagram, pas loin des Champs). 2 étoiles depuis plus de 30 ans (1980), il est l'un des grands chefs français de la génération de Robuchon et Ducasse. 

Sa relative discrétion (l'"empire" Rostang ne s'étendait jusqu'à il y a peu pas au-delà de Neuilly-sur-Seine et restait presqu'exclusivement confiné au 17ème), un certain classicisme à tous points de vue de sa maison, le côté "immuable du Michelin", font qu'on en parle finalement assez peu dans le microcosme de la critique gastronomique.

 

Je cherchais un endroit chouette où aller et une offre La Fourchette m'a finalement décidé.

La Fourchette est un site assez inégal (du point de vue de l'intérêt. Techniquement, il est franchement bien fait) travaillant en partenariat avec un bon nombre de restaurants: le plus souvent, il ne sert que de terminal de réservation, pour les allergiques au téléphone. Parfois, on y trouve des "fausses bonnes affaires" (type kir offert pour menu à 50 euros, où 5% de réduction sur le menu sans les vins...).

Et parfois, quelques trucs vraiment sympas (en même temps je vais pas vous dire que je fais des mauvaises affaires). Menus à -50%, par exemple.

Bon, il ne faut pas se leurrer, ceux qui pratiquent ce genre d'offres ne sont pas les restos pleins trois semaines à l'avance, mais plutôt ceux qui ont un peu de mal à remplir la salle, j'imagine.

Cela ne veut pourtant pas dire que c'est mauvais.

Dans le cas de Michel Rostang, c'est une offre qui n'est valable qu'en semaine, pour les petites tablées, et qui a été supprimée pendant juillet-août. Je ne pense pas que ça soit la crise, mais plutôt un moyen de faire venir une clientèle de couples qui ne viendrait pas claquer 300 euros par tête mais qui peut se permettre de lâcher la moitié pour une grande occasion et que ca ne dérange pas de ne pas faire ça un samedi soir. Ca marche pas trop mal, je pense qu'on était trois "jeunes" couples dans ce cas ce soir là.

 

Rostang propose un menu "du jour", tout compris à 165 euros, comprenant 1 entrée, 2 plats, 1 dessert, avec 4 verres de vins et l'apéritif. Soit quelque chose d'assez proche du "menu de saison" (169 euros), le fromage en moins et la picole en plus.

Franchement, on ne se fout pas de votre gueule. On a eu le droit à certains plats de la carte, c'est très bon (cuisine effectivement classique et assez riche - pas mal de sauces-) et beau, le service est jeune, prévenant et de bon conseil mais pas cul serré, et le sommelier, didactique, ne nous a pas offert de la piquette. Allez d'ailleurs faire un tour aux toilettes, à côté de la cave de Rostang, qui est un peu collectionneur de pinard. A travers la vitre, on voit les magnums de grands crus bordelais dans des millésimes pas ordinaires...

Comme on se sentait bien, on a demandé du fromage. Qui nous a été offert sans que l'on ne demande rien (il faut dire que la moitié du soufflé au beurre salé a failli se retrouver sur la robe de Priscilla que le serveur l'a préparé). En partant, le menu et une petite brioche à la pistache dans un petit sac pour le lendemain. La classe, quoi.

Je n'ai pas eu au cours du repas de super claque gustative dont je pourrais vous parler avec émotion 4 mois après, hormis un mythique gratin dauphinois qui a remis en question mon dogme du 100% crème fraîche. Les desserts sont en deça et la salle est un peu désuète peut-être, mais ce fut un très bon moment. "Worth every penny", comme on dit quand on se prend pour JCVD.

Même les deux clients un peu blaireaux (l'un genre "producteur sur le retour" visiblement habitué des lieux, l'autre "hipster" chemise bûcheron lunettes dior qui avait l'air de vouloir lui vendre un truc, et la commande genre "un steack frites et un pichet de rouge, patron"), heureusement arrivés sur le tard, n'ont pas gâché la fête.

Quand on voit que de plus en plus, dans les "bistrots in" parisiens, on s'en tire pour 100 euros voire plus, pour peu qu'on veuille picoler un peu, tout ça pour bouffer sur un tabouret en se faisant snober, ça laisse songeur...

Donc, un (très) beau cadeau pour une soirée en amoureux.

 

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L'entrée: si ma mémoire est bonne, tartare dorade-langoustine avec un consommé de crustacés au goût hachement puissant

 

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Pigeon, avec une sauce bien riche.

 

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Ze Gratin Dauphinois, servi directement du plat en fonte. "Vous en reprendrez Monsieur?"

 

- Un peu plus récemment, mais cette fois-ci sans photos du tout, je suis allé en famille au Mirazur, à Menton. Le chef est argentin: Mauro Colagreco a bossé avec Loiseau, Passard, Ducasse, Martin... élu Chef de l'Année par le Gault et Millau en 2008, 1 étoile Michelin, le Mirazur a même pendant un an fait partie du "top 50 San Pellegrino".

On peut peut-être regretter que Colagreco se la joue Ducasse alors qu'il n'a pas 40 piges et n'a pas forcément encore atteint les sommets de la profession: il chapeaute déjà de plus ou moins loin la carte de pléthore d'établissements sur la Côte, à Paris, mais aussi en Argentine et probablement ailleurs. Les habitués du Mirazur semblent suggérer que ça stagne quelque peu, vu que le chef n'y est plus très souvent...

Nous y sommes allés dans le cadre un peu spécial du lancement d'Argentina 444, concept consistant à partir en "voyage organisé" avec un grand chef, dans une région d'Argentine pour y visiter le pays et s'imprégner de la gastronomie locale. Chouette idée, mais à 11500 dollars les 10 jours c'est bien le moins...

Bref, c'était une soirée thématique Argentine, avec un menu unique, globalement plus inspiré de là-bas que l'habituel.

La aussi, un chouette moment, un ceviche d'anthologie en entrée, suivi d'une araignée de mer sur purée d'avocats, puis un plat plus terrien à base de maïs et, forcément, du bife au barbecue.

De Passard, Colagreco a visiblement pris le concept "jardin perso". Il utilise aussi pas mal de fleurs comestibles comme à l'Astrance (bon, maintenant c'est à la mode partout mais lui ça fait plusieurs années qu'il le fait). La présentation est aussi vraiment de haut niveau: regardez les photos sur d'autres sites, si vous ne me croyez pas.

Bons desserts aussi, ce qui ne gâche rien.

En vin, je me souviens juste que le rouge n'était pas un classique Malbec, mais un cépage "natif" (bonarda?). Et que le champagne était du Taittinger...

Le service était jeune, ultra-pro (restrictions alimentaires pour un convive traitées sans problèmes alors qu'on les a prévenus à la dernière minute) et néanmoins super sourant.

Une serveuse ressemblait même à Scarlett Johansson, et la vue était magnifique (le restaurant donne sur la baie des anges).

A refaire dans un cadre plus classique... 

 

 

 

 

Et pour conclure sur une petite touche nostalgique sur l'Europe de l'Est et sa gastronomie, afin de redescendre sur Terre...

 

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 13:20

Avec un peu de retard, petit reportage photo sur la gastronomie hongroise, ou en tout cas budapestoise.

 

Dans l'ensemble, manger au resto à Budapest s'avère plus sympa qu'à Prague. C'est meilleur, plus varié, pas plus cher, et le service est globalement plus sympa.

 

Pas beaucoup de légumes non plus cependant, sorti du chou et de quelques carottes dans les ragoûts ou soupes.

 

Car ici, en entrée, tout commence par une soupe. Nourrissante, hein, pas du potage aux légumes. La fameuse soupe goulash donc (voir ci-dessous), mais aussi une soupe sauerkraut-saucisse fumée-paprika assez kiffante (dégustée en Slovaquie dans le cas présent), et une crême à l'ail un peu étrange (bonjour l'haleine, imaginez un aïoli coupé à la crème fraîche). Il existe d'autres variétés, aux haricots notamment, que je n'ai pas eu l'occasion de tester.

De temps à autre, on peut trouver aussi de la charcuterie (divers saucissons, dont une saucisse au paprika qui rappelle un peu le chorizo).

 

On retrouve ensuite en accompagnement des plats les gnocchi comme en Slovaquie, ici préparés un peu différement (les gnocchi slovaques sont assez classiques, et de la patate doit entrer dans leur composition): si j'ai bien compris, un simple mélange eau-farine tamisé, d'où une forme dans l'assiette qui n'est pas sans rappeler le chou-fleur. Aucun goût, mais plutôt agréable avec un goulash: en tout cas beaucoup mieux que les quenelles tchèques...

 

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Goulash, le fameux plat national: à l'origine, une soupe de pauvres, transformé ensuite en ragoût. Un ragoût de boeuf assez "classique" dans sa préparation, mais relevé généreusement par du paprika, ce qui lui donne une couleur rouge sang et un goût relevé assez typique (ci-dessus, une version un peu chic, avec les gnocchi). La version soupe est chouette aussi.

 

Sinon, encore beaucoup de porc au menu.

 

Les Hongrois ont leur Auguste Escoffier, "modernisateur" de la cuisine hongroise au début du 20ème, Gundel, un immigré allemand, qui a donné son nom au restaurant le plus célèbre de Budapest, et à pléthore de plats, notamment les crêpes à la Gundel (crêpes fourrées avec un mélange noix-raisins secs, et nappage au chocolat, tout en légèreté).

 

Le sucré est un élément majeur de la cuisine hongroise, notamment de par la longue occupation autrichienne. Plutôt au goûter qu'au dessert d'ailleurs: plein de grosses pâtisseries crèmeuses vendues dans des endroits chics, mais je ne suis pas trop fan...(à la limite, les pâtisseries du quartier juif, plus proches de celles du Maghreb, m'ont plus emballées).

 

Le pinard tient une place importante en Hongrie. Comme aux US, la dénomination est plutôt basée sur les cépages que sur les régions, sauf dans le cas du Tokay (ou Tokaji, soit de la ville de Tokaj ou de sa région) et de quelques vins de la région d'Eger. Il y a plusieurs types de vins de Tokay, mais le plus célèbre est un vin blanc sucré, assez proche du Sauternes, en moins liquoreux (et en plus agréable à boire selon moi). Il se marie aussi avec le foie gras, et quelques desserts.

 

Pour les rouges, le cépage Kadarka donne des vins sympathiques, assez fruités, type Morgon (selon le béotien qui vous parle). Les cépages plus classiques, comme le cabernet-sauvignon, conduisent à des vins m'a-t-il semblé plus génériques où l'élevage se fait sentir, comme la version actuelle de l'Egri Bikaver (sang de taureau, vin musclé à "l'américaine")... 

 

L'alcool local est l'Unicum, un truc bizarre marron foncé, à base de, comme nous l'a dit un serveur en rigolant, toutes les plantes qu'on peut trouver dans la cambrousse hongroise... gustativement, une amertume très prononcée qui cache le goût de l'alcool (un classique 40 degrés). A mi-chemin entre le digestif et le médoc, on s'en sert paraît-il contre les maux de ventre et même la gueule de bois.

Visiblement, tout le monde au pays n'est pas fan, mais j'ai trouvé ça sympa (j'en ai même ramené une petite bouteille...).

 Plus classique, la palinka, alcool blanc aux fruits. La plus consommée est à l'abricot, mais on en trouve à la prune, aux coings, etc. La tendance est paraît-il de la consommer à l'apéritif plutôt qu'au digestif: idéal pour les papilles, j'imagine.

 

Côté budget, comptez une quinzaine d'euros pour un bon repas sans se priver dans une adresse de quartier (dans les 80 pour le menu dégustation chez Gundel).

Le Guide du Routard est, comme souvent, très inégal dans ses propositions, mais on peut les remercier de nous avoir fait découvrir Hunyadi Kisvendeglo (rue Hunyadi ter, un peu à l'écart de la place Liszt, endroit bobo-branché de la ville qui n'est pas sans rappeler les environs de Bastille). Accueil super sympa, discussion sur les accords mets-vins avec dégustations offertes, bons plats "de terroir", et vraiment pas cher (plutôt 10 que 15). Dommage qu'il y ait beaucoup de "soirées privées".

On peut aussi citer Trofea Grill, dans le quartier juif (il y en a un autre à Buda), buffet à volonté, boisson comprise pour environ 20 euros. On y trouve des crudités (ça fait du bien au bout de deux semaines, même pour moi), et un bon panorama de la gastronomie populaire locale, charcuterie, soupes et plats en sauce.

 

Et enfin, petite visite au marché de la ville (Vásárcsarnok). Beaucoup moins typique que celui de Bratislava (à l'écart du centre, vraiment "local"), il est ici en plein dans le circuit touristique (en bas de Vaci Utca, la rue piétonne et commerçante longeant le Danube du côté Pest). 

Néanmoins, c'est à faire: construit par Eiffel, sur trois étages, ça a de la gueule. Et les locaux viennent quand même un peu y faire leurs courses. Légumes frais (là aussi, sélection énorme de divers paprikas), viande, volaille, poisson, légumes marinés, épices, gâteaux...

 

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Quelques visions hardcores chez les bouchers (empilage de carcasses, de pattes et de têtes de poulets probablement utilisées pour les bouillons, pieds de boeuf, de porc, lard cuit dégoulinant, poumons, etc) mais aussi chez les poissonniers (poissons vivants compactés dans des aquariums minuscules).

 

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Il y avait un marché probablement plus "roots" pas loin de notre hôtel, mais nous ne sommes pas passés devant pendant ses heures d'ouverture.

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 12:10

De retour de vacances à Prague, Bratislava et Budapest, quelques remarques et photos sur la gastronomie locale.

Comme me le disait un lecteur, c'est franchement pas terrible en République Tchèque, c'est mieux en Slovaquie, et c'est pas mal en Hongrie.

 

Notons tout de même que le caractère méga touristique de Prague, où les restos pullulent comme dans la rue de la Huchette, ne contribuent peut-être pas à découvrir l'authentique cuisine tchèque...

Mais bon, les plats typiques tchèques sont hongrois (le goulash) ou allemands (le sauerkraut dans tous ses états), ou d'une fadeur inégalée (la quenelle tchèque, ou knedliky, à base de pain rassis, de levure et de farine et d'oeufs, le tout poché, puis coupé en tranche, n'a d'autre but que d'absorber le maximum de sauce avant de gonfler dans l'estomac). Et visiblement, on cherche plus le roboratif que le plaisir gustatif: pour le plaisir, ils ont la bière.

En ce qui concerne la viande, porc, porc et encore porc, sauf dans le cas des ragoûts où on trouvera un peu de très bas morceaux de boeuf. La spécialité locale étant le genou de cochon, un truc massif braisé puis rôti, servi avec un petit pot de moutarde et du raifort. On me l'a servi seul, sans aucun accompagnement: c'est une expérience un peu extrême en terme de morosité, car on se lasse vite des 3 cms de couenne rôtis et encore vaguement velus...

Avec un peu de chance, vous trouverez un peu de patates bouillies avec les ragoûts, souvent décorés d'une sauce à la canneberge (qu'on retrouve aux US sous forme de gelée servie avec la dinde) et de crème fouettée. Franchement "tue-l'amour" à mon goût. Oubliez les légumes, à part éventuellement concombres et autres joyeusetés marinées pour aller avec la charcut' en entrée.

On notera la présence d'un bon paquet de restos italiens: la encore, impossible pour moi de dire si c'est une simple opportunité touristique (la pizza pouvant séduire à peu près n'importe qui) ou s'il faut y voir le signe d'une influence italienne historique quelconque. 

 

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Le fameux genou de porc dans toute sa splendeur. Notez LA feuille de salade en arrière plan pour la touche verdure en accompagnement. 

 

C'est pas que tout ça est dégueu, mais c'est vite répétitif, et on sent que le but premier n'est pas le raffinement mais le remplissage d'estomac (toutes les assiettes approchent du kilo). Il est d'ailleurs assez fréquent de trouver indiqué le poids de ce que vous allez manger sur la carte, ceci étant aussi valable en Slovaquie et en Hongrie.

 

On peut se nourrir assez facilement pour 10 euros par tête pour une entrée type charcuterie à partager, un gros plat et une ou deux pintes... pour un plat donné, le prix changera assez peu d'un endroit à l'autre, sauf en cas de proximité immédiate d'une "attraction", mais la qualité, elle, peut osciller entre pas trop mal et très médiocre. Finalement, notre meilleur repas a été dans une grande brasserie appartenant à la bière Pilsner, Kolkovna. J'ai croisé quelques restos haut de gamme (addition autour de 150 euros, ce qui ramené au prix du repas de base nous ferait bien un 300 euros en France), mais le budget limité m'a empêché de voir ce que ça donnait.

 

Je signalerai enfin une petite dégustation d'absinthe, qui n'est plus interdite en France mais qu'on ne trouve pas forcément facilement, alors qu'elle est partout à Prague. Ils vendent de la distillée (l'"historique") et de la macérée, titrant tous deux autour de 60-70 degrés, mais au goût visiblement assez différent (les techniques sont expliquées ici). La macérée se boit "sèche", la distillée est coupée à l'eau sucrée et devient turbide, un peu comme du pastis le sucre en plus. On trouve dans l'absinthe de la thuyone, le composé actif hallucinatoire qui paraît-il contribuait au génie imaginaire des poètes maudits. Le taux de thuyone est désormais limité à 35mg/L (on trouve à Prague certaines absinthes à 100 mg/L). Je ne sais pas si c'était psychosomatique (l'espèce de liturgie préparatoire et le caractère "interdit" sont un peu excitants), ou si c'était parce qu'on nous avait servi une dose de cheval (pas loin de 10 cl je pense) préparée avec un ratio d'eau 1:1 au lieu de 5-1, mais ça m'a fait un effet bizarre, assez trippant et différent de l'ivresse habituelle. Au goût, ce n'est quand même pas l'extase: on peut définir ça comme un croisement Ricard-Plax.

 

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Sinon, l'alcool local est la slivovice, une eau de vie à base de prune qui décape.    

 

 

En Slovaquie, prenez les mêmes ingrédients, traités avec un poil plus de finesse, ajoutez-y des champignons, une utilisation plus répandue de divers paprikas. Des gnocchi pas mauvais (halusky) ont remplacé les immondes quenelles. On consomme pas mal de soupe, tradition apparemment héritée du voisin hongrois. Il se peut que cela soit dû au caractère moins touristique de Bratislava, mais le service est un peu plus sympa aussi (les serveurs praguois n'ont rien à envier aux pires serveurs à touristes parisiens: leur seul interaction avec le client consiste à répéter 5 fois au moment de payer que le "service is not included"...). Les prix sont comparables.

Les slovaques sont aussi moins portés sur la bière et font des petits vins sympas: leur tradition est ancestrale, mais j'ai l'impression qu'ils s'y sont remis surtout récemment, avec l'idée d'exporter et pour modèle le vignoble bordelais, ce qui n'est pas forcément rassurant.

 

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Chou, gnocchi (300 grammes), ragoût de mouton (100 grammes). Le tout mélangé. Gros plat de pub pour environ 5 euros, meilleur qu'il en a l'air.

 

 

A part ça, petite visite au marché de Bratislava, "authentique" car assez excentré du centre historique, pour respirer un peu les spécialités locales... chouette visite pour voir toutes les sortes de piments et poivrons et autres excentricités(langue de porc séchée, vin vendu au litre avec une tireuse - on amène sa bouteille plastoque).    

 

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Le marché de Bratislava

 

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Très appétissante langue de porc séchée. Je n'ai pas osé...

 

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Alignement de divers paprikas (désigne globalement les piments et poivrons. La distinction est donnée par un adjectif caractérisant la forme, la couleur, la taille, la puissance etc. Ca désigne aussi l'épice qu'on peut acheter au kilo et qu'on retrouve dans presque tous les plats, comme en Hongrie.

 

 

A suivre: gastronomie budapestoise. Pas fondamentalement différente, un peu plus "riche" peut-être (au sens "diversifiée", pas au sens "calorique", Dieu merci). Le marché réserve aussi quelques surprises un peu hardcores...
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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 14:19

Histoire de reprendre le pli de la mise à jour, quelques restos.

 

Rien d'exceptionnel, mais du solide. Et une grosse bouse.

 

- Pramil: (75003, métro Arts et Métiers) presqu'un an pour y aller alors que c'est à deux pas de mon taf' et que tout le monde en dit, à intervalles réguliers et depuis pas mal de temps, beaucoup de bien. Sans parler du bibendum gourmand depuis x années. 

Bistrot tenu par M. Pramil, qui est, si je me souviens bien, autodidacte, dans une petite rue assez gourmande (le touristique Ami Louis, un argentin paraît-il honorable, le Vertbois etc) à l'extrême nord du Marais, pas loin de République d'un côté, et de Strasbourg Saint-Denis de l'autre.

 

Donc, un déjeuner rapide avec la formule entrée-plat plat-dessert à 20 euros. 5-6 choix de chaque, il y a de quoi trouver son bonheur.

Un plat terre et mer, Saint-Jacques avec sauce crême et morilles, et des pommes de terre écrasées: beaucoup de goût, bien.

Un dessert tarte aux framboises avec un coulis de poivrons, plutôt subtilement dosé, même si je n'ai toujours pas compris l'intérêt des poivrons dans un dessert: si le mieux que l'on puisse en tirer, c'est de réussir à ne pas trop le sentir, pourquoi diable en mettre?

Le service est avenant, M. Pramil, dont on ne peut pas soupçonner qu'il ne goûte pas ses plats, passe en salle demander si tout s'est bien passé.

Déco neutre, salle au fond assez lumineuse.

Avec un verre de vin et un café, pas loin de 30 euros donc je n'y retournerai pas tous les midis, mais une première approche encourageante qui m'a donné envie d'essayer un soir (menu à 30 euros et peut-être quelques poussières).

 

Dans le registre bistronomique, je dirais que c'est plus une valeur sûre que la nouvelle pépite qui sort des sentiers battus, mais il en faut aussi. 

 

- FL Restaurant: (75007, Ecole Militaire, à deux pas de la rue Saint-Dominique et du Café Constant). Restaurant ouvert fin 2010 par un jeune picard passé par de bonnes maisons.

Le resto n'a pas eu droit aux grands honneurs de la blogosphère, mais il a été bien apprécié par les media traditionnels, de la presse à la télé (Petitrenaud y est passé).

Je crois que c'est un article d'Alain Neyman chez Gilles Pudlowski qui m'a donné envie d'y aller: j'essaie comme vous l'avez remarqué en ce moment de me constituer une petite bibliothèque interne de restaurants à tester dans le 15ème-7ème.

Je profite d'une flemmite aigüe un mercredi soir après être rentré du boulot à presque 20h, et constaté qu'hormis des pâtes, il n'y avait pas l'embarras du choix, pour proposer ce resto à Priscilla, qui se laisse convaincre.

On appelle à 20h pour une "réservation" à 20h30, no problemo. C'est un tout petit restaurant, 20 places environ, à la déco assez passe-partout. Il y a une cuisine ouverte avec le chef-proprio, et visiblement une cuisine en sous-sol où se font les préparations, montées ensuite par un passe-plat.

 

Commençons par l'essentiel: tout est très bon, de la ficelle picarde en entrée (pour ne pas lui rendre hommage, c'est une crêpe jambon fromage champignon) ou de la tarte aux maquereaux (pissaladière revisitée), en passant par un beau morceau de thon ou le cabillaud avec sauce soja, jusqu'au fromage de Picardie musclé et à la tarte au citron.

Un léger bémol sur les accompagnements des plats principaux (bonnes asperges blanches mais dont le mariage avec le thon et une compotée d'oignons ne m'a pas semblé évident, et petite julienne de légumes goûtue mais un peu secos avec le cabillaud).

Les entrées sont à 9-11, les plats entre 17 et 20, les desserts autour de 7.

Carte des vins ramassée avec des prix entre un peu en dessous de 20 et un peu au-dessus de 30.

On s'en tire donc à environ 45 euros pour entrée-plat-dessert et demie bouteille, très honnête.

 

Les bémols: je ne parlerais pas du service, que je trouvais un peu irritant au départ (attention loin d'être uniformément répartie sur toute la clientèle, ce qui a franchement tendance à me brouter), jusqu'à ce que j'apprenne que le serveur, finalement plutôt sympa d'ailleurs, était en fait un pote du chef remplaçant sur le pouce la personne habituelle, indisposée. Du coup, plus facile d'être compréhensif et tolérant: rien de bien grave, en fait.

Néanmoins, on peut mentionner: 

- une localisation, je pense, délicate. Clientèle majoritairement touristique, pas forcément très "foodies", et quartier phagocyté par C. Constant... il me semble que le potentiel serait mieux exploité dans un quartier plus djeun's cadre moyen-sup', 10-11-12, voire 13 ou 14ème. 

- la formule choix unique à 29 euros. Ca me semble d'un intérêt commercialement limité, surtout que ce sont des plats qu'on retrouve à la carte. Celle-ci est déjà plutôt courte (4-5 choix), et les prix sont extrêmement resserrés: on doit osciller entre 32 et 36 euros entre le moins cher et le plus cher pour un repas complet.

Du coup, je trouverais a priori (je ne suis pas marketteux) plus judicieux de foutre tout bonnement un menu-carte à 33 euros: "concept" certes usé jusqu'à la corde, mais quand il n'y a pas mieux, pourquoi s'emmerder?

- le fait de nous avoir foutus sur la table haute au bout du couloir au fond de la salle alors que le resto était vide. Et qu'il n'a jamais été plus qu'à moitié rempli de la soirée. J'imagine que c'était pour se laisser la possibilité de recevoir une table de 6, mais bon, planquer ses 4 seuls clients pendant la moitié de la soirée au fond près des toilettes ne m'apparaît pas un très bon plan: ça ne les incitera pas à revenir, et de dehors, la vision d'une salle vide n'est pas ce qu'il y a de plus motivant pour un client potentiel...

 

Un resto à potentiel, mais qui ne me semble pas encore géré de façon optimale. A suivre, donc.

 

- 7ème Vin: le nanard de la semaine, pardon Papa. (http://www.septiemevin.fr/, Ecole Militaire aussi).

En fait, je souhaitais aller au susmentionné Café Constant, ouvert le dimanche, qui ne prend pas de réservation. Quand on nous informe qu'il faut compter une heure, je réponds qu'on ne les comptera pas, et nous nous mettons en quête d'un plan B.

J'aurais sans doute été plus inspiré de m'arrêter à Gusto Italia, où même au resto créole décati que nous avons croisés.

Hélas, mon père et moi avions repéré un "bistrot à vins" à côté du métro, qui s'est vite révélé une version "Ratatouille" indigeste de ce genre d'endroits, un peu comme le Vin qui Danse, mais en peut-être pire.

On a droit à tous les clichés du genre: tables en bois, poutres et briques, nappes à carreaux pour ceux qui mangent dehors, grosses ardoises que le serveur trimbale de table en table sans jamais savoir où les poser, etc. Disons que ce n'est pas nécessairement rédhibitoire, mais quand le repas est raté, ça aggrave la situation.

 

Clientèle 100% anglophone: ce ne serait pas grave si ça ne rendait pas le service déplorable pour les "locaux": les deux serveurs attendant probablement de larges pourliches des Amerloques fortunés du 7ème, nous fûmes tout le repas durant la 7ème roue du carrosse. Servis 3 plombes après les autres, mon père bousculé toutes les deux minutes pour laisser le passage, serveur à la rue qui ne nous écoutait même pas pendant la commande, me rabrouant que je lui suggère qu'il a l'air de s'être trompé dans ses notes, revenant deux minutes plus tard "ouais y a une erreur", etc.

Résultat, pour ne pas déroger à notre réputation de radins, et comme ça m'arrive probablement 2 fois par an en moyenne, je n'ai pas laissé un centime de pourboire, petite satisfaction mesquine mais on fait ce qu'on peut.

 

Niveau bouffe, c'est assez inégal. Rien de proprement scandaleux, mais ça s'effondre largement au cours du repas et c'est bien entendu beaucoup trop cher. Les entrées ne sont pas mal, en tout cas pour les oeufs meurette et les harengs marinés (la tomate mozza n'est pas très bandante). Les plats sont corrects, tartare sans plus (un peu sec en surface, frites pas mal), l'agneau est bon mais découpé de façon dégueulasse et les petits légumes font peine à voir, un peu noirçis, tous mous...

Quant à la tarte aux abricots en dessert, c'est la chose la plus triste qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps: pâte détrempée et mal cuite, abricots eux aussi franchement fatigués... la boule de glace vanille Berthillon ne suffit pas à masquer le désastre. Je regrette presque de ne pas avoir pris de photo.

 

Bilan: 30 euros par tête pour 3 plats, 3 entrées, 2 desserts et une bouteille de Valençay à 18 (la carte des vins fait certes la part belle aux Bordeaux mais m'a semblée mieux foutue que celle du VqD - tous les vins sont de plus disponibles au verre).

Quand on voit qu'il y avait la queue dehors pour bouffer, malgré la terrasse pas trop mal foutue (grand boulevard mais large trottoir), ça donne des idées noires... J'imagine qu'un guide a du le mentionner... shame.

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Published by mixlamalice - dans Restos
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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 10:14

Je poursuis ma découverte gastronomique du 15ème, plus particulièrement sa partie Charles-Michel - Vaugirard - Dupleix - La Motte Piquet.

 

J'ai pu récemment déjeuner ou dîner à:

 

- la Cheminée, restaurant iranien (entre Commerce et Charles-Michel): ne pas confondre avec la boîte échangiste du 5ème, située à côté de l'Agrume et Desvouges.

Tenu par les propriétaires de l'épicerie fine Sepide, juste à côté, apparemment assez réputée pour ses produits d'importation. Je ne m'y suis pas encore aventuré, le seul truc que je peux dire est qu'elle est ouverte 7j/7, environ 18h sur 24: visiblement, ce que disait Desproges des épiciers arabes ("Pour des fainéants, c'est incroyable de voir à quel point les épiciers arabes se lèvent tôt et se couchent tard. C'est à se demander quand ils regardent les jeux de 20 heures") vaut aussi pour les épiciers perses.

Well, I don't know much about iranian gastronomy, donc je ne pourrai pas faire de comparaisons ici.

Disons que le carrefour d'influences m'a semblé greco-libanais-maghrébin-indien... (sachant que c'est peut-être la cuisine iranienne qui a influencé les autres, je ne voudrais froisser personne).

Des entrées de type mezze (hommous ou approchant, feuilles de vignes farcies, sauce blanche, etc).

Des plats en sauce à base de riz au safran ou à l'aneth, de fèves, et d'agneau braisé. Sauces à l'aneth ou à la grenade.

Il y a aussi des brochettes de viande marinée, appétissantes.

En dessert, des pâtisseries proches de celles qu'on trouve en Tunisie ou au Maroc, un poil plus sèches (e.g. moins grasses), et des "glaces iraniennes" (parfumées à la rose, semble-t-il).

C'est plutôt bon, copieux (surtout les plats - les entrées sont elles d'un rapport qualité-quantité-prix qui m'a semblé nettement moins avantageux, et les desserts sont bofs), un peu étouffe-chrétien aussi...

Repas complet avec une bière: 30 euros.

Ambiance et déco un peu mornes (ça fait un peu penser à un resto indien milieu de gamme), mais le resto est semble-t-il assez fréquenté par la communauté iranienne et le service est attentionné.

Je ne sais pas si j'y retournerai souvent: peut-être pour goûter les brochettes, mais je pense plutôt pour prendre des plats à emporter les soirs où j'ai à la fois la flemme de cuisiner et l'envie de "changer un peu".

 

- Manna, restaurant coréen (entre Charles-Michel et Dupleix). Recensé par le Figaroscope et le Fooding, une petite salle un peu perdue au milieu de la rue de Lourmel où il ne se passe pas grand chose.

Je suis tombé dessus un jour en allant rejoindre le métro. Le menu avait l'air sympathique et authentique, je n'ai pas souvent mangé coréen (à part chez Bibimbap dans le 13ème, dont j'ai parlé ici), et après avoir eu confirmation que cet établissement était relativement réputé, j'ai décidé d'y emmener ma môman (peu curieuse, assez difficile, mais je me disais que le côté "frais" et "léger" de la cuisine coréenne lui plairait, pari à moitié réussi).

Cela dit, en ce qui concerne Priscilla et moi, nous avons fort bien dîné d'un menu à 20 euros, entrée-plat. Un assortiment de petites entrées joliment présentées (petit bol de mélasse au sésame, petits rouleaux de salade croquante et acidulée, raviolis frits certes un peu gras mais goûteux), puis un bibimbap (riz, légumes ciselés crus, un peu de viande hachée et un jaune d'oeuf - à touiller généreusement dans un poêlon crépitant et à accompagner éventuellement de sauce soja-sésame) avec des légumes marinés servis à côté.

En dessert, il n'y avait hélas plus de tiramisu au thé vert, donc je me suis rabattu sur une galette de riz (proche du pancake) toujours au thé vert avec une glace, au thé vert aussi. Priscilla a opté pour une galette de haricots rouges (là aussi ressemblant à un pancake, pas à la version japonaise).

Avec une bière coréenne, on s'en est tiré à 75 euros pour 3, c'était super. Goûteux, copieux, ludique, je me suis régalé.

Les accortes serveuses sont un peu speedées mais très gentilles malgré une certaine barrière linguistique. La déco est sobre, et nous étions les seuls non-coréens de la clientèle, ce qui est généralement bon signe.

J'avais entendu que c'était un peu désert le soir, mais c'était plein en ce lundi - une vingtaine de couverts-, j'avais donc bien fait d'appeler pour signaler ma venue.

J'y retournerai pour goûter à la carte, plus cher (compter 35 euros) mais avec plein de choses appétissantes à découvrir, et je m'attarderai peut-être aussi sur la carte des vins, visiblement plus intéressante que dans la majorité des restaurants asiatiques.

 

- Le Pétel, restaurant franco-français, en face de la mairie du 15ème (rue Pétel, donc... métro Vaugirard). Une fourchette au guide Michelin.

Nous y sommes allés totalement par hasard avec Priscilla, un midi de semaine où nous étions allés à la Mairie et où nous voulions déjeuner ensemble avant de rejoindre nos jobs respectifs.

Le menu du midi est à 16.50 (entrée plat ou plat dessert). Le soir, on passe à 31.50 pour le repas complet.

La carte fait envie, dans le registre "classique un peu travaillé".

En entrée, j'ai opté pour le "saumon mariné et chèvre frais", un classique des "apéros pour les nuls" (vous roulez du St-Moret autour d'une tranche de saumon fumé - ou plutôt l'inverse, cf commentaires-, que vous coupez en petites bouchées ensuite - il existe une variante jambon cornichon boursin, et sûrement des milliers d'autres). Pas mal, sans plus. Salade un peu jaunie avec.

Un gaspacho pour Priscilla, avec une boule de sorbet melon. Bon, mais un peu écoeurant pour elle, qui raffole pourtant du gaspacho (moi, je trouve ça effectivement toujours écoeurant).

En plat, j'ai pris une belle bavette, bien cuite, avec une sauce au banyuls "imposant" un peu trop son goût par rapport à la viande (c'est pour ça que je ne prends jamais de sauce au roquefort avec un steack: je trouve que c'est une hérésie gustative). Accompagnement fait de petites patates type Noirmoutier cuites avec la peau, pas mal, d'une endive braisée pas très excitante, et de légumes type ratatouille, frais mais eux aussi pas franchement bandants.

Priscilla a pris le poisson du jour (du saumon imparfaitement cuit, un peu rosé au coeur, ce qui ne devrait pas inciter Docadn à y aller), avec un risotto pas mal au niveau gustatif mais qui n'en était pas un (plutôt du riz aggloméré avec quelques fruits confits), et la même endive et les mêmes petits légumes.

A ma description, vous aurez compris que je n'ai pas été plus emballé que ça: ça vaut ses 16.50, et c'est probablement mieux que les troquets standardisés de la place de la mairie avec leur formule entrecôte frites - fondant picard à 18.50, mais ça n'est pas ultra-folichon, et il y a quelques "tics" culinaires que je croyais disparus depuis 15 ans (les accompagnements identiques dans toutes les assiettes, plus la touche décorative avec la petite feuille de salade et la betterave rapée - je n'ai pas testé les desserts-, etc). 

Service attentionné, clientèle de petits vieux du quartier qui ont leur rond de serviette, déco old school de bistrot de poche sans grand chose de remarquable.

Je ne sais pas s'il y a un réel upgrade le soir, mais je ne suis pas sûr d'aller m'en assurer.

En l'état, une fourchette Michelin qui m'échappe un peu.

 

- Et pour conclure, je me suis aventuré hors des strictes limites de mon quartier, pour pousser jusqu'à l'Auberge Bressane, dans le 7ème (entre Ecole Militaire et la Tour-Maubourg, sur l'avenue de la Motte-Picquet, soit pas trop loin non plus, hein, vous me connaissez).

C'est un dossier récent sur les "tables figées en 1950" du Figaroscope qui m'avait intrigué, et la carte annonçant du roboratif à l'ancienne avait donné envie à mon estomac, dont la subtilité n'est pas la qualité première, malgré les tarifs pas très années 50.

Donc, l'occasion faisant le larron et l'auberge étant ouvert 7 jours sur 7, un dîner avec de vieux copains overbookés qui n'étaient dispos que le dimanche soir nous y a poussés.

Ambiance vraiment "auberge" sans que ça fasse trop imitation parisienne à la Ratatouille, même si la clientèle est, elle, majoritairement touristique (une table de japonais qui croyaient avoir pris de la bolognaise avec leur steack, mais c'était de la béarnaise) et des mémés amerloques.

Le service est un peu énervant (à savoir qu'il faut tout redemander trois fois, de la carafe d'eau à l'addition, alors qu'il y a 5 serveurs et un maître d'hôtel pour 10 personnes dans la salle et que les dits serveurs, tout sourire, te répondent toujours "oui, oui, bien sûr monsieur, tout de suite" avant d'aller se griller une clope ou de se taper la discute au comptoir).

Dans l'assiette, les entrées sont gargantuesques et diablement bonnes (que ce soit la plâtrasse de terrine où le demi-kilo de saumon "comme des harengs").

En plat, le poulet à la sauce crème-vin jaune-morille est pas mal aussi, même si la sauce est un peu figée et les morilles probablement réhydratées. Les frites avec sont de bon niveau, fines, un peu molles peut-être. La aussi, bonnes portions, pour dire le moins.

En dessert, le baba m'a un peu déçu (trop massif et donc difficile à imbiber homogènement, avec des fruits confits qui ne s'imposent selon moi jamais), mais les soufflés étaient franchement top (grand marnier ou calva).

Carte des vins imposante avec des coeffs, m'a-t-il semblé, raisonnable. Côtes de Beaune Village 2006 à 40 euros dont le producteur m'échappe, plus charpenté que ce à quoi je m'attendais.

Bilan: 65 euros par personne tout de même (avec apéro et café). Un côté effectivement old school dans l'assiette et dans l'ambiance, mais un service et des prix bien 2010, eux.

Ca m'a fait penser à chez le légendaire et à mon goût un rien pénible Bobosse dans le 12ème (l'Auberge du Quincy).

Et, comme là-bas, je ne crois pas y retourner de sitôt.

Un peu trop cher pour une cuisine franchouillarde bien executée mais un peu trop proche de celle de maman ou de mémé pour ceux qui ont comme moi été élevés autour de la table, franchement glauque pour un repas en amoureux et pas super adapté pour les tablées de potes, un service un peu trop dilettante, etc.

 

 

Bref, à part Manna, on sera plutôt dans le one shot pour cette sélection du mois. Espérons que je serai plus chanceux dans mes prochaines tentatives (Cristal de Sel, FL restaurant, etc).

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