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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 09:50

Récemment, je suis retourné ou allé dans deux des dernières brasseries "indépendantes" de Paris, spécialisées dans la viande (et pas dans le plateau de fruits de mer donc), le Louchebem (les Halles, 75001) et le Café du Commerce (Commerce, 75015).

 

Les deux, je dois l'avouer, m'ont laissé une impression assez affligeante.

 

Fut une époque où j'aimais bien le Louchebem: j'ai toujours trouvé ça un peu trop cher, mais c'était une alternative un peu plus typique, un peu moins "world company", avec de plutot meilleurs produits, et des prix similaires à l'Hippopotamus.

Désormais, je ne suis pas sûr que ce soit bien mieux*. Oui, la viande est pas mal, mais les prix sont quasi-prohibitifs (e.g. presque ceux que vous paierez dans une vraie steackhouse haut de gamme: Unico, Meating...), les accompagnements font franchement la gueule (haricots verts, patates sautées, frites imbibées...), de même que les serveurs.

Les desserts sont catastrophiques, le pichet de beaujo peut remplacer avantageusement le Destop, et tout ça (soit un steack haché xl, une crême caramel et deux verres de kiravi, sans entrée) revient à plus de 30 euros tête (soit facilement 40 pour la "totale"), soit, même à Paris, le prix d'un paquet de bons voire très bons bistrots, ou, donc, à peu de choses près, de restos à barbaques top niveau.

 

* Est-ce que ça a baissé? Est-ce que mes standards ont (un peu) augmenté? Je ne sais pas...

 

Le Café du Commerce se targue lui aussi d'être un spécialiste de la viande. La encore, le tartare ou le steack sont effectivement plutôt goûteux. Mais, là aussi, c'est le reste de l'assiette qui rendrait Jango Edwards dépressif: une tomate au four froide, des frites translucides qui fleurent bon la végétaline, (mal) préparées il y a visiblement un bail...

Le tout siège dans une assiette deux fois trop grande paraissant du coup désespérement vide, achevant de faire ressembler le tout à un plat qui ne dépareillerait pas chez Autogrill.

Le Paris-Brest est secos, mais le pinard (un Costières de Nîmes) est moins infâme qu'au Louchebem, et le service est plutôt efficace dans sa sobriété. Le pain est, il faut l'admettre, excellent.

Les prix sont un peu plus contenus (15 euros les plats, 6 les entrées et les desserts, quelques pichets à moins de 10 euros et une carte des vins pas trop mal si on a envie de s'attarder, ce qui n'était pas notre cas).

Le lieu est également impressionnant, sur trois étages avec une cour ouverte.

Pour l'Histoire, c'est peut-être à faire une fois... pour la pitance, ce n'est clairement pas à faire plus d'une fois: vous trouverez dans n'importe quel rade du bas de votre rue une formule plat-dessert-pichet à 12.5 euros très similaire, vous laissant 10 euros pour aller acheter un ou deux livres de poche.

 

 

Heureusement, il y a aussi eu un bon moment gastronomique chez Stéphane Martin (Commerce ou Charles-Michel, 75015): chef limougeaud de 35 piges, passé par le Crillon, le Carré des Feuillants, etc, et qui a ouvert il y a environ 5 ans, michelinisé depuis 3-4 (bib gourmand), et peu exposé médiatiquement à part ça, pour des raisons explicitées ci-dessous*.

Menu minimaliste (3 entrées, 3 plats, 3 desserts) à 35 euros, mais la crème de St-Jacques et surtout le jarret de porc braisé aux choux rouges sont une tuerie. Le dessert (une petite tartelette à la mangue) était très bien aussi, le tout était plus que généreusement servi, j'en aurais bien demandé un doggy bag.

Une cuisine qui change un peu, avec son côté "old school" assumé mais qui n'est pas exempt de sophistication: ça devient de plus en plus rare, les jeunes restaurateurs "cuisiniers", j'entends par là qui ne s'astiquent pas à vous servir des produits crus en mettant en gros le nom du producteur comme blanc-seing à leur inaptitude.

Un petit bémol sur l'ambiance, type resto pour notables de province (mais on est dans le fond du 15ème): moyenne d'âge "adhérent de l'UMP", pulls en cachemire... disons qu'à 5 frais trentenaires, on se sentait un peu observés, et on a du y aller mollo sur les décibels.

Le service, quoique gentil, est aussi un peu à la rue: pas mal d'attente, vins servis quand le plat est quasi-fini, etc. Rien de bien grave, mais heureusement qu'ils sourient, sinon les papies seraient furax.

A noter qu'il y a une "promotion" avec la Fourchette, pas méga excitante mais pourquoi pas: menu + un apéro au choix + 2 verres de vin à 45 euros: première expérience de réservation avec ce site pour moi, qui, pour sa partie "administrative", se déroula parfaitement (mêmes échos ailleurs, hélas dans son cas pour un resto médiocre).

On regrettera juste que les serveurs ne nous aient pas dit ce qu'ils nous servaient... et le temps qu'on remette la main dessus, le verre était déjà vidé.

Dommage aussi que ça soit un peu tristounet pour un dîner en amoureux et que la carte ne semble pas renouvelée extrêmement souvent, sinon j'y retournerais volontiers fréquemment, vu que c'est l'un des restos juste à deux pas de mon nouveau chez moi...

 

* à savoir, en résumé, une localisation, un décor et une clientèle pas ultra-tendances. Et un chef limougeaud et glabre, donc ni basque, ni danois, ni looké négligé: d'où une cuisine absolument pas "au goût du jour" non plus.    

 

 

 

Pour conclure, marrons nous un peu avec la nouvelle vague de la critique gastronomique, encore. Comme le dit un commentateur, bientôt, les restaurants n'auront même plus besoin d'ouvrir.

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 14:19

- Mini-Palais: la brasserie du Grand Palais, 75008 entre Champs-Elysées Clémenceau et Invalides (ne pas confondre avec le restaurant du Petit Palais en face, qui est une cafetaria hors de prix et dénuée d'intérêt, à part peut-être pour les trois chaises dans le patio quand il fait beau).

Autrefois tenue par G. Choukroun, elle a réouvert en grande pompe fin d'année dernière sous la houlette du triple étoilé E. Fréchon (Bristol).  

La publicité a été assez forte au démarrage, ça s'est un peu tassé depuis. Ca reviendra sans doute pour les beaux jours puisqu'il y a la aussi paraît-il une terrasse sympa.

 

L'entrée est imposante, la salle également avec ce plafond interminable. C'est aux deux tiers plein ce dimanche soir. La déco ne paraît pas finie, mais je crois que c'est pour faire style "atelier d'artiste" (toiles de jute qui pendent au mur, moules en plâtre nu...).

L'accueil a ce côté énervant qu'on trouve souvent près des Champs-Elysées, à savoir qu'il semble dépendre fortement du pouvoir d'achat du client tel que l'imagine le maître d'hôtel: e.g. le couple de petits vieux bcbg devant a eu droit au vestiaire et aux courbettes, pendant qu'on nous a jeté sans égards à notre table, la tout au fond là-bas, planquée par le bar (ma môman, qui apprécie la courtoisie et n'est pas habituée à ce genre de comportements de gougnafiers, l'a mal vécu).

La serveuse, elle, était gentille et souriante, et nous a par exemple changé sans rechigner nos verres de Beaujolais M. Lapierre complètement bouchonnés.

 

La carte est assez hétérogène, en terme de plats proposés mais aussi de prix: on peut manger du classique de brasserie (tartare frites...) et des choses plus ambitieuses, d'inspiration souvent vaguement asiatisante (filet de boeuf laqué au soja, pat-choï sauté, par exemple). Du coup, pour entrée-plat-dessert, l'addition par tête peut varier du simple au double (de 30-35 euros à 60-70) chose que je n'apprécie que modérément.

Nous sommes restés dans le simple: salade coeur de sucrine préparée sans défauts (encore heureux), encornets pilpil assez chouettes quoiqu'un peu gras, risotto courgettes, jambon de Parme, olives et pistou bien ficelé où chaque saveur ressortait. Le suprême de volaille était un peu chiche (contrairement au risotto) et assez décevant: viande tendre, purée goûteuse et de belle texture, mais un plat sans étincelles. Il faut dire que je suis un peu maso, car chaque fois que je mange un suprême de volaille au resto, je ressors avec l'impression que j'aurais pu faire presqu'aussi bien chez moi pour 6 fois moins cher (et pourtant je continue à en prendre occasionnellement).

Les desserts sont par contre excellents, notamment la tarte au citron meringuée (tartelette individuelle comme dans les pâtisseries).

 

Bilan pas mal, sans plus. Ni l'endroit, ni le service, ni la pitance, ni les prix, ni les commentaires ici et là quelques mois après l'ouverture, ne me donnent vraiment envie d'y revenir pour tester les plats plus "travaillés": je pense qu'il y a beaucoup d'endroits où mieux manger pour 60 euros vin non compris.

Par contre, en été, en terrasse, pourquoi pas. Mais je me contenterai sûrement d'un tartare-frites.  

 

Et dans le style "brasserie haut de gamme supervisée de loin par un grand chef avec une belle terrasse", je préfèrerai de loin retourner à la Véranda du Trianon à Versailles.

 

Dans les landes... mais à Paris: bar-restaurant à tapas en bas de la rue Monge (Censier-Daubenton ou Gobelins, 5ème). Ouvert il y a un mois par J. Duboué, un autre petit jeune bistronome et chef d'Afaria depuis 2007, resto basque-landais assez successful du 15ème.

La presse ainsi que les blogueurs francophones se sont fait plutôt discrets, mais les blogueurs anglophones (Paris by Mouth, John Talbott) en ont dit pas mal de bien.

1 grande table d'hôte, quelques places au bar et quelques tables de deux ou plus. Service jeune, tendance sympa qui paye son digeo avec l'accent sans que ça soit (pour le moment) trop artificiel comme chez, let's say, J'Go.

Un bon plan pour les trentenaires qui commencent à se sentir rhumatisants lorsqu'ils arpentent la rue Mouff' quelques mètres plus haut: ici, pas de pintes de bière dégueu à 4 euros, pas de menu soupe à l'oignon - faux filet origine vache folle à 11 euros 50, mais une vingtaine de "tapas" à la carte, entre 6 et 15 euros pièce, et de bons petits vins du sud-ouest et alcools locaux. Parmi les bonnes petites choses, les filets de caille marinés, les tortillas, les cous ou coeurs de canard, etc. Les produits sont bons, c'est bien cuit, bien gras, on partage et se régale avec un régime 100% protéo-lipidique (le meilleur).

C'est aussi un bon plan pour le restaurateur puisque le client a tendance à prendre racine, à vouloir tout goûter, à reprendre une bouteille d'Irouleguy. A la fin, on a bien mangé, on a passé un chouette moment pendant 3 heures, et on a aussi claqué 45 euros / tête.

En restant raisonnable, comptez 30-35 euros pour bien manger (2-3 tapas/tête + 1  dessert, et 1-2 verres de vin). Il y aussi un plat du jour unique autour de 15 euros.

 

L'emplacement est assez périlleux (B. Verjus en aurait peut-être fait 3 articles si ç'avait été dans le 11ème - quoique les plats sont un peu trop -vraiment- "roots" et pas assez parsemés de fines tranches de légumes oubliés crus), mais il y a du coup clairement un créneau dans ce coin là pour ce type de clientèle (le mien), et ils semblent bien l'exploiter. Ca sent le succès.

 

Bernard du 15: (75015, entre Commerce et Charles Michel). Dans le cadre de mon embourgeoisement (déménagement dans ce quartier jeune et vivant qu'est le 15ème), je me suis aperçu que j'avais désormais à proximité de mon domicile (entre 50m et 1000m disons) pléthore de tables de quartier visiblement de qualité si j'en crois mes lectures, mais pas de celles dont on traverse forcément Paris pour y aller: Cristal de Sel, Stéphane Martin, Afaria donc, Benkay, l'Inattendu, Concert de cuisine, Jadis etc...

 

Et donc Bernard du 15, ouvert il y a 4 ans par Bernard Sellin, petite enseigne au milieu de la rue des Entrepreneurs, pas très attirante mais qui relie les plus animées et sympathiques rue du Commerce et place Charles Michels.

 

25 couverts tout juste, déco assez chaleureuse inspirée par l'outre-mer où le chef a paraît-il voyagé.

Le service est assuré à la force du poignet par une jeune femme, seule: un peu stressée donc car la salle était pleine ce soir là, mais plutôt bien organisée, et toujours souriante. Le chef est apparemment seul en cuisine aussi.

Cela plus le menu du jour à 17 euros servi midi et soir, une petite discussion en fin de service avec la serveuse, et le fait que le restaurant ne ferme que le dimanche soir, ne laisse pas présager d'une situation financière extrêmement florissante, mais clairement ils se donnent du mal.

 

Il y a un autre menu à 33 euros avec plus de choix: nous avons goûté une salade de raie tiède à l'orange (bon mariage avec de bons produits) et des oeufs à la coque aux champignons et saumon fumé (une entrée très gourmande, comme dirait Cyril Lignac). Pour suivre, un filet de pintade cuit doucement, très tendre (pas assez cuit pour le petit vieux derrière nous), avec quelques herbes fraîches, un bon jus de cuisson réduit et des patates sautées, et des encornets peut-être un peu fades mais bien cuits, avec un riz basmati quelconque et une tomate accommodée de belle manière même si la saison est encore loin.

 

Les desserts sont classiques (profiterolles) et corrects, dommage pour les morceaux d'ananas en boîte dans le baba au rhum qui aurait été excellent sans.

 

A la carte, quelques plats supplémentaires au choix, comptez 40-45 euros (c'est sans doute trop).

 

Un bon petit resto de quartier bourgeois, gentil et tranquille, qui n'est pas à la mode et ne le sera sans doute jamais, mais qui compte visiblement son petit lot d'habitués, qui viennent là pour le menu à 17 euros (visiblement une très bonne affaire) quand ils n'ont pas envie de cuisiner et qu'ils en ont marre de Pizza Hut ou Sushi Shop. A 33, ça passe encore: en l'occurrence, de la comfort food généreuse et pas mal faite dans une ambiance feutrée, c'était précisément ce dont on avait besoin après une journée éreintante. 

Une fourchette au Michelin depuis 2009, peut-être un peu surprenante, mais si cela peut contribuer à assurer la vie de ce genre d'établissements, je suis preneur, et on y retournera probablement.

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 18:25

Il y a eu plusieurs choses à fêter au mois de janvier, nous sommes donc allés déjeuner dans deux étoilés, la Table du Lancaster et le Restaurant (de l'Hôtel).

 

- La Table du Lancaster: restaurant du Lancaster, hôtel luxueux proche des Champs. Drivé par le discret mais fameux Michel Troisgros, cette table est à son image: elle ne fait pas les gros titres, mais régulièrement, tous ceux qui la mentionnent en disent beaucoup de bien.

J'ai depuis longtemps envie de goûter la cuisine de Troisgros, et la carte de la table du Lancaster (chef exécutif J. Roucheteau) avait un côté intrigant, jouant sur les intitulés et les notes acides qui sont paraît-il la marque de fabrique de Troisgros.

Bémol sur les prix, mais hourrah je cherchais quelque chose d'ouvert le dimanche midi et je vis qu'ils proposaient une formule "jour de fête" à 65 euros pour entrée/plat/fromage et dessert.

Même pour une cuisine "au rabais", ça se tentait.

Finalement, rien de tout ça, puisque cela correspond au menu déjeuner habituel, où on retrouve certains plats de la carte, dont certains "signatures" de Troisgros (je m'interroge du coup sur la "marge" du restaurant en soirée...).

 

Donc, ce midi, après une amuse-bouche acidulée/asiatisante qui annonce la couleur:

- foie gras de canard aux mirabelles (tranche généreuse mais sans trop de surprise, choix de Priscilla) et une cueillette de légumes d'hiver avec bouillon de citronnier: comme quoi, un bon chef peut vous faire manger n'importe quoi, en ce qui me concerne des légumes de type carottes, navets, etc, dont je ne raffole pas particulièrement, surtout quand ils ne sont pas servis dans un ragoût quelconque. Visuellement, ça paraît un peu fade (légumes pâlots, effet renforcé par le bouillon laiteux), mais au goût c'est tonique. Un bon départ.

Priscilla accompagne cela d'un Riesling bien fruité dont je n'ai pas noté la référence, quant à moi je choisis un Ventoux blanc on ne peut plus quelconque.

 

- Saint-Jacques en feuilleté "Pierre Boulez", un classique de la maison mère, dont le compositeur casse-burnes était un client régulier. Superbe, délicieux. A noter que les légumes servis avec sont à peu de choses près les mêmes que ceux de mon entrée (donc heureusement que ce fut le choix de Priscilla).

J'hésite longuement à choisir la sole à la ciboulette (un autre classique), mais je souhaite goûter le Côte-Rôtie de J.M. Gérin proposé au verre (Champin le Seigneur, 2008, 28 euros le verre - e.g. à peu de chose près le prix de la bouteille). J'opte donc pour la côtelette Iberico à la diable, qui fut la seule déception de la journée. La viande est goûteuse, mais un peu fine et donc ferme. C'est surtout la sauce qui manque de peps, j'attendais autre chose. De bons gnocchis aux olives en accompagnement, mais le plat est largement dominé par la puissance du vin, que j'ai cependant trouvé un peu trop boisé pour mon palais hypersensibilisé par 2 annés de mauvais californiens.

 

- Cannelloni de chèvre frais battu aux herbes pour suivre: un fromage travaillé, ça change de l'habitude. C'est bon, plutôt rafraîchissant quoiqu'un peu gras peut-être.

 

- En dessert, Priscilla opte pour le Saint honoré aux amandes et combava, un dessert bien gourmand. Alors que je n'avais jusque là pas été très heureux dans mes choix, je tombe enfin sur la tuerie de la journée, peut-être l'un des meilleurs desserts que j'ai goûtés: les dim sum à la pistache et à la fraise.

Ce sont en fait des petits "raviolis" à la pâte ultra-fine, fourrés avec une sauce tiède chocolat-pistache, le tout baigné dans un jus acidulé à la fraise. La pâte explose dans la bouche, libérant le chocolat qui se mélange avec la soupe de fraises.... yummy. Et super beau.

 

En restant raisonnable sur les vins (ce qui n'a pas été mon cas, mais il y a un choix correct de vins au verre autour de 12-16 euros), avec de l'eau et un café, on s'en tire pour moins de 100 euros par tête. La salle est finalement assez petite, avec une table centrale au milieu pour la préparation des serveurs. Serveurs "à l'américaine" (à savoir très voire trop prévenants, trop "visibles", ce qui finit par s'avérer stressant), mais jeunes et souriants. Peut-être aussi parce que nous sommes arrivés les premiers, et qu'on a donc eu l'impression d'avoir les 4-5 serveurs pour nous tous seuls pendant la première partie du repas...

 

Je n'ai pas été aussi scotché que ce que je l'espérais, mais ce fut un agréable moment. Je ne sais pas si j'y retournerai le soir pour un menu dégustation (je me demande si les jeux sur l'acidité ne s'avèrent pas un peu pénibles sur 7 plats), mais pour un déjeuner, ça se retente, surtout en été où la terrasse, à défaut d'être magnifique, est bien isolée et paraît ensoleillée.

 

lancaster.jpg

 

- Le Restaurant: un nom original pour le restaurant d'un hôtel historique ou mourut par exemple Oscar Wilde et au nom là aussi bien trouvé, l'Hôtel, à Saint-Germain.

C'est Chrisos qui m'en avait parlé quand je lui avais demandé il y a quelques temps une petite liste d'établissements de qualité à l'addition comprise entre 100 et 150 euros. Encore un étoilé un peu "under the radar" (le nom y est peut-être pour quelque chose), même si le Figaroscope en parle assez régulièrement.  

A l'époque déjà, ça m'avait fait envie mais pour des raisons de calendrier nous avions opté pour le Chiberta.

J'ai quand même gardé l'idée au coin de ma tête, ce d'autant plus quand j'ai vu sur leur site la formule dite pompeusement "éveil des sens". Soit 1h dans leur piscine privatisée, hammam, massage, suivi d'un déjeuner entrée/plat/dessert avec eau minérale et café pour 130 euros/personne (le menu seul est normalement autour de 55 euros): une bonne idée de cadeau.

Le site lastminute propose une réduction sur cette formule, à 110 euros, valable toute la semaine sauf le dimanche. Je ne suis pas un adepte forcené des réductions internet, mais dans le cas présent, ça valait le coup, et nous avons été parfaitement accueillis.

Nous nous y sommes rendus un samedi matin pour 10h30: la piscine, en fait un bassin, est en sous-sol sous une voute, le hammam attenant. C'est la classe, peignoirs, serviettes, carafe d'eau, tout est fourni et un rideau nous isole de l'extérieur dans ce décor médiéval: le seul bémol est le manque d'endroit pour s'asseoir et faire un break en lisant le journal entre deux longueurs et 10 minutes de cuisson à la vapeur.

Le massage est fait par une pro (probablement un kiné venant de l'extérieur) et dure une demi-heure: ultra-relaxant, et la masseuse est sympa et n'hésite pas à donner des conseils d'étirement pour la suite (que je n'ai bien entendu pas suivis).

Bref, à 12h30, nous sommes top relax pour aller déjeuner.

Dans l'ensemble, quelques réminiscences du déjeuner au Ritz, en un poil moins formel: cuisine classique qui ne cherche pas l'épate, déco old school un peu chargée, service aux petits oignons, plutôt jeune et assez décontracté pour l'endroit.   

Un amuse-bouche à la betterave original pour commencer, suivi d'un carpaccio de saint-jacques au citron: très bons produits, assaisonnements bien maîtrisés, petit jeu sur les textures avec une mousseline fine sous le carpaccio. En plat, un risotto de gambas bluffant: gambas de top niveau, et un riz un peu spécial (grains fins de forme allongée qui donnaient une texture plus déliée au risotto).

Pour accompagner le tout, une demi-bouteille de Pernand-Vergelesses de la Maison Champy, 2007 (facturée 37 euros). Très bien avec la saint-jacques, malheureusement faisant ressortir un petit goût "métallique" sur la gambas.

Les desserts sont superbes, et eux aussi de grande qualité, tant le crémeux caramel, glace fleur de sel et crumble que le chocolat tanzanie, brownie et glace chocolat blanc.

Pour accompagner les douceurs, deux verres de Maury (Mas Amiel Vintage 2007 pour Priscilla, très "chocolat", et cuvée 1980 pour moi - pour essayer mon "millésime", en général l'un des plus pourris du siècle dernier si j'en crois les amateurs - plus sur les pruneaux, un peu moins vin de dessert peut-être).

 

hotel-resto.jpg   

Un très bon moment dans l'ensemble*, symbolisant parfaitement la "douceur de vivre".

Je crois que finalement, j'aime beaucoup ces endroits où la cuisine, bien qu'étant de grande qualité (à 55 euros, le menu est ici un excellent rapport qualité-prix), ne cherche pas à s'imposer comme la star qu'il faut "contempler", mais se fait plutôt brillant "second rôle". 

Je pense qu'on y retournera pour le menu dégustation, un soir (155 euros pour 7 plats et 4 verres). 

 

 

En ce moment, c'est beaucoup plus calme... il faut dire que le déménagement approche et qu'il faut penser à garder les pépettes pour acheter des meubles.

On s'y remettra probablement en avril: dans mes options futures, l'Arome, Agapé, Michel Rostang, Lasserre et en province peut-être Michel Bras et/ou l'Arnsbourg...

 

 

 

* même pas miné par la table de vieux très "nouveaux riches" à côté de nous (le reste de la clientèle étant composé de couples en fête, de businessmen habitués, et de touristes discrets).

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 09:34

En coup de vent, deux adresses (vraiment*) italiennes où je suis allé récemment:

 

- Cacio e Pepe: (13ème, vers Glacière): un resto de quartier qui a plutôt bonne presse dans le genre (resto de quartier, donc), et qui est visiblement assez couru par la clientèle... du quartier. Il faut dire qu'aux alentours du boulevard Auguste Blanqui, hormis quelques brasseries potables à tartares-frites, ce n'est pas la folie.

J'ai été un peu déçu, les louanges lues ici et la me faisaient espérer mieux.

Bon, déjà, j'ai toujours un peu de mal avec les serveurs qui me demandent si j'ai réservé quand il y a un tiers de tables libres et qu'il est plus de 21h. Et qui ensuite vous foutent dans la table au fond de la salle annexe (à la déco - papiers peints oranges en voie de décollement - encore plus triste que celle de la salle principale) et ne viennent pas vous voir pendant 20 minutes. Avouons qu'ils se sont pas mal rattrapés ensuite, mais l'impression globale reste mitigée.

Bonnes antipasti en entrée, présentées sur une grande assiette à partager. Cela dit, 10 euros/personne (le prix est effectivement défini par le nombre de personnes qui partagent l'assiette), c'est (trop) cher pour des légumes marinés, deux tranches de mortadelle, un peu de jambon et de salade.

Les pâtes sont entre 10 et 15 euros, et n'ont rien de très excitantes, même si elles sont visiblement faites maison. Les raviolis à l'encre de seiche le sont, justement (secs): stufagaré comme on dit par chez moi, en phonétique. Les cannelloni ne m'ont pas semblé non plus ébourriffants, et les portions sont un peu chiches.

En dessert, le tiramisu revisité est lui délicieux.

Avec une bouteille de vin riche en bois (mais après notre apéro bière, ça allait bien), comptez 30-35 euros/personne.

Pas ruineux, mais le rapport qualité-prix ne m'a pas franchement emballé: je ne crois pas que j'y retournerai... ce n'est pas sur ce coup là que j'ai trouvé l'italien de mes rêves à Paris.

 

- Simone e Nicola: (11ème, Bastille, sur la rue de la Roquette, à mi-chemin du métro Voltaire). Une épicerie fine ouverte il y a seulement quelques semaines par un exportateur de produits italiens de qualité, et le chef du Trianon Palace (2 étoiles), ex-élève de G. Ramsay, Simone Zanoni. J'avais bien aimé mon dîner à la brasserie du Trianon (la Véranda), et je trouve ses interventions sympas quand il m'arrive de regarder Kitchen Nightmare avec son ancien patron, sur cette belle chaîne qu'est W9.

L'occasion faisant le larron et vu que Priscilla et moi nous baladions pas loin, nous nous sommes arrêtés pour jeter un oeil et éventuellement acheter un peu de charcuterie italienne.

Comme ça vient d'ouvrir, je pense qu'ils ne sont pas complets niveau produits. Quelques huiles d'olive, un peu de charcuterie, de la mozza, quelques fromages du type parmesan, des pâtes fraîches ou sèches, et des légumes marinés. Pas mal d'espace, ça fait encore un peu vide. Il y a quelques tables pour déjeuner, et un petit coin cuisine basé surtout sur le réchauffage (à la poêle, pas au micro-ondes) ou la cuisson rapide.  

Finalement, il était 16h et il faisait faim, donc on s'est posé pour goûter la formule à 16 euros (entrée au choix, le reste imposé), une sacrée bonne affaire.

Pour commencer, une soupe de potiron avec quelques tranches de parmesan délicieuse, des pâtes à la sauce tomate "basiques" mais bien al-dente, avec une sauce acide et sans fioritures.

En plat, une jolie planche à partager avec légumes marinés goûtus, charcuterie au top, et supers mozzas (dont une fourrée à la crême fraîche, surprenante).

En dessert, une petite panacotta avec de la compote de poire (le mariage donnait un goût un peu étrange, mais indépendamment les deux étaient biens).  

Et un café serré.

Le service est assuré par de jeunes italiens super sympas, qui font l'article et répondent aux questions avec entrain et passion.

Sur le devant devrait ouvrir prochainement une deuxième salle, si j'ai bien compris destinée plus spécifiquement à la restauration, avec une "vraie" cusine. Il y a eu quelques retards dans les travaux, mais c'est toujours prévu pour février, m'a-t-on dit.

A suivre, mais n'hésitez pas à déjà vous arrêter pour un petit casse-croûte (le menu déjeuner est servi en continu). Le midi, il faut probablement déjà réserver.

 

 

 

* contrairement à la majorité des pizzerias de Paris, comme par exemple la Comedia (Censier-Daubenton, 5ème): qu'ils soient aussi italiens que moi moldave n'a rien de grave, par contre ils ne devraient pas se sentir obligés de dire "buongiorno", "buena notte" ou d'imiter l'accent italien alors qu'on les entend s'engueuler en arabe dans la cuisine...

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 08:50

Quelques jours avant Noël, nous avons dîné chez J-F. Piège, j'entends à sa table gastronomique ouverte fin octobre, au-dessus de la brasserie Thoumieux, reprise il y a déjà quelques temps par le chef et l'un des Costes*.

 

Piège est l'ancien second de Ducasse au Plaza Athénée, recruté ensuite par le Crillon pour amener 3 étoiles à leur restaurant "les Ambassadeurs". Celle-ci n'étant jamais arrivée, 2 étoiles et quelques années plus tard, je ne sais qui a arrêté les frais le premier, mais Piège a quitté le Crillon, pour un petit break, avant de récupérer l'historique brasserie Thoumieux dans le 7ème, au 79 de la rue Saint-Dominique (appelée également, dans le milieu de la gastronomie, la rue Christian Constant), pour en faire un endroit branché et moderne avec l'aide d'un spécialiste du genre, T. Costes. Le résultat est, du point de vue de la critique, mitigé, mais le succès semble au rendez-vous.

Paraît-il réputé pour une gestion "à la baguette" de ses brigades, on l'a aussi vu juré chez Top Chef, avec entre autres G. Arabian, T. Marx, et le susmentionné C. Constant.

 

Après plusieurs mois de travaux et un peu de retard, Piège a finalement ouvert, au-dessus de la brasserie, une table gastronomique minimaliste (environ 20 couverts, ouverture le soir en semaine uniquement).

Ce qui aurait me semble-t-il pu être un évènement dans le microcosme, est finalement resté assez discret, même si l'Express, le Figaroscope et quelques blogueurs y sont allés (yawye notamment, puisque c'est sa critique qui m'a donné envie de m'y rendre).

Il faut dire qu'à l'époque on dissertait surtout pour savoir si Saturne était le meilleur nouveau bistrot du monde, et si le Dauphin pas encore ouvert était le futur meilleur nouveau bistrot du monde, ou en tout cas le plus beau.

 

Bref, réservation prise fin novembre pour le 20 décembre, et le jour J nous y voila.

On accède au resto par ce qui ressemble à une entrée d'immeuble à côté de la brasserie proprement dite, annoncés par une "physio" via son oreillette. Ca se la pète un peu, mais une fois montées les quelques marches on s'occupe de nous plus sobrement. Il y a une sorte de hall, avec le vestiaire et sur le côté le coin toilettes, puis on accède à la salle proprement dite, qui donne dans le style "salon privé": déco rétro-kitsch, ambiance relax (lumières tamisées, musique type Paris-Dernière avec reprises décalées de standards pop-rock), et cuisine semi-ouverte au fond.

 

Dans l'ensemble, c'est plutôt sympa et assez réussi, mais je ne peux m'empêcher de trouver que c'est un peu "on the edge": la frontière entre le génial et le ridicule est ici très très fine. La déco a de la gueule, mais certains fauteuils recouverts de tapis "panthère" sont un peu too much, comme la corbeille à pain en métal qui prend la moitié de la table. Les dits fauteuils sont d'ailleurs plus confortables pour s'affaler "comme chez les potes" que pour manger dans un gastro.

 

En gros, tout est comme ça, à la limite, même la cuisine.

 

Ce qui m'a donné envie d'y aller, c'est le "concept", appelé "règle du Je(u)": amuse-bouches, fromages et desserts "imposés". Pour le reste, 5 ou 6 produits au choix. Vous pouvez en choisir 1 (70 euros), 2 (90) ou 3 (115), qui constitueront chacun l'ingrédient principal d'un plat. Nous avons opté pour 2 ingrédients, histoire de faire "entrée plat".

Les ingrédients de ce soir: noix de saint-jacques de plongée, poularde de la cour d'Armoise pour Priscilla. Langoustines vivantes et ris de veau pour moi. Il y avait aussi bar de ligne et caviar oscietre (20 euros de supplément).   

 

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Les "grignotages" sont ludiques, jolis et bons: un acra de morue délicieusement fondant, une "moule-frite", un "jambon-beurre"...

 

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Les saint-jacques sont superbes, maousses, servies crues avec un velouté de cresson. Le velouté fait cuire légèrement les saint-jacques à la minute, ce qui change un peu texture et goût au fur et à mesure de la dégustation: chouette. Priscilla se régale, va jusqu'à dire que ce sont les meilleures qu'elle a mangées, je trouve que le cresson "flingue" un peu les goût des saint-jacques.

C'est assez similaire avec mes langoustines, accompagnées d'une sauce puissante à base de curry et trop salée pour moi. On trouve également dans le plat une présence assez incongrue: une tranche de foie gras poêlé enrobée d'une feuille de chou. C'est très bon, mais je ne comprends pas l'intérêt vis-à-vis des langoustines censées être la "star" du plat et qui se trouvent du coup bien en retrait.

Les plats principaux sont aussi très riches: la poularde est en deux morceaux, l'un rôti et l'autre plus confit, accompagnés d'un jus de cuisson. Le ris de veau est lui assez gras, et également accompagné d'un jus dense et puissant, encore une fois presque trop salé. Le tout servi avec de l'endive au vieux comté, ce que je ne trouve pas très excitant.

 

Les fromages sont très bons (un chèvre cendré, un bleu à pâte dure dont le nom m'échappe, du vieux comté et un munster musclé): pour une fois, ils ne viennent pas de chez Quatrehomme, mais d'un affineur toulousain.

 

On retourne pour les desserts à cette cuisine si virile qui semble caractériser Piège: des bugnes, très bonnes, mais dont on sent un peu trop qu'elles sont là pour affirmer "je joue sans complexes avec les codes du gastro". Un dessert au chocolat musclé, et heureusement, quelques fruits à picorer pour souffler.

 

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Question virilité, entre les sauces et jus réduits de partout, la matière grasse à profusion, les baguettes individuels "big 10 inches" et les carafes à vin gigantesques odes à la masculinité, on est servi, mais je préfère, dans la haute cuisine, quand il y a un petit côté féminin, un peu de légèreté et de subtilité... Sinon, je vais manger une andouillette.

 

La carte des vins est pléthorique et apte à faire pleurer de joie le connaisseur, avec des coefficients qui m'ont semblé raisonnables. J'ai juste regretté juste que les bouteilles à moins de 100 euros se comptent sur les doigts de la main, parce que personnellement je n'aime pas mettre trois fois le prix d'un menu dans une bouteille. Je choisis un Aloxe-Corton Tollot-Beaut 2007 (les Vercots si je ne m'abuse) à 78 euros, qui nous a beaucoup plus et se mariera correctement avec tout le repas. 

 

Le service, jeune, est comme le reste: parfois super sympa et ultra-compétent, et à d'autres moments bizarrement oublieux, désinvolte voire familier...

 

Quant à Piège, il est là, vérifie les assiettes, assaisonne, dresse, et vient même en salle raper un peu de truffe par-ci ou servir un dessert par là, sans que ça tourne du tout au one-man-show, au contraire. Bon esprit, on apprécie.

 

Bref, ce fut un bon moment, mais pas la claque gustative que j'attendais. Je m'attendais à beaucoup de finesse et j'ai eu l'impression de goûter au contraire une cuisine basée sur des produits d'exception mais très conservatrice à la Escoffier, dans un cadre et une ambiance qui m'ont laissé un peu perplexe. J'aimerais bien lire d'autres avis sur la question...

 

 

 

* pour mes lecteurs non-parisiens, la galaxie Costes compte une quarantaine d'établissements à Paris et ailleurs, tous dans un style loungeo-pipolo-branchesque, avec serveurs mannequins, déco de malade à la P. Starck, et prix prohibitifs pour manger du Picard.

 

** Update, même jour, ~14h. Désolé, j'avais confondu Master Chef (la daube de TF1 avec Camdeborde et Anton) avec Top Chef (le bourguignon de M6, avec donc Piège et Constant)... j'ai du coup changé le titre et le texte accordingly. Toutes mes confuses.

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 11:25

Peu avant les vacances, j'ai découvert:

 

- Le Concert de Cuisine: (métro Bir Hakeim, 15ème arrondissement). Le coup de coeur de cette fin d'année en ce qui me concerne. Ouvert depuis à peu près un an, ce petit resto a eu les faveurs de la presse à l'époque (le Figaroscope aime beaucoup). Le chef est un ancien du Benkay, et s'est lancé dans cette réjouissante fusion japono-française, basée majoritairement sur le teppanyaki (la plancha japonaise, pour faire en même temps un calembour et une explication simple, s'il y en a encore qui ne connaissent pas). Le compte-rendu sera quelque peu flou, car il y a eu en ce qui me concerne beaucoup d'agapes très rapprochées, mais l'impression d'ensemble, excellente, ne m'a elle pas quitté.

Le Fooding conchie une déco qu'ils auraient sans doute encensé il y a 10 ans (salle épurée, tons beiges, tables, chaises et comptoirs en bois sombre, parquet), moi ça me va bien, surtout qu'il y a une sensation d'espace pas désagréable pour un restaurant à 20 places. 

Le menu du soir entrée plat dessert est à 40 euros. On peut rajouter un plat pour 57, mais ce serait par gourmandise, car les portions ne sont pas chiches. Ca change d'après ce qu'on nous a dit chaque semaine, avec en gros 4 choix à chaque fois et probablement des plats signature qui reviennent.

Nous avons dégusté une espèce de terrine foie gras-anguille, laquée, délicieuse grâce à association innatendue basée sur un contraste qui fonctionnait parfaitement, en plus d'être visuellement splendide: c'est visiblement un classique de la maison. Il y avait aussi une entrée moins bluffante mais néanmoins excellente à base de petits légumes, de saint-jacques et d'huïtres.

Ensuite, sans faute également avec le sauté de boeuf, chou croquant et oignons rouges, le veau, ou les gambas. Tout est goûteux, beau et bon, imaginatif mais dans un style épuré que j'affectionne.

Même les desserts, le tiramisu au thé vert ou le gâteau au chocolat, ne dépareillent pas.

La serveuse nipponne est accorte, et la carte des vins plus qu'honorable, quoiqu'axée sur une gamme de prix assez haute (nous avons bu du Morgon J. Foillard pour environ 30 euros, l'une des références les moins chères de la carte).

Dommage que le quartier ne soit pas très fendard, sinon j'irais plus souvent. Encore que nous ne sommes pas très loin de la Motte-Picquet-Grenelle.

A refaire.

 

 

- l'Hédoniste: (métro Sentier, 2ème arrondissement, www.lhedoniste.com) là aussi le compte-rendu sera assez succinct, mais vous trouverez plus de détails chez mes collègues de repas. Arthur Petillaut est un ancien blogueur amateur passionné de gastronomie, qui a fini par avoir le courage de lâcher son boulot pour passer de l'autre côté du miroir et devenir restaurateur. Son petit bébé a ouvert il y a quelques semaines, avec un "concept" de cave-bistrot chic ambitieux dans le quartier de Montorgueil plutôt infesté de cantines douteuses.

Devanture en bois, ardoises, vins bios bien choisis (voir l'analyse chez Docadn), charcuterie et fromage avec un peu de name-dropping, tous les ingrédients sont là. Les plats sont plutôt bien vus (ravioli de boeuf au bouillon thaï, onglet de veau, bar de ligne, pintade), joliment présentés, avec parfois semble-t-il quelques problèmes d'assaisonnement (trop ou pas assez salé). Excellent dessert châtaigne-poires.

Il me semble que la niche choisie est la bonne, et qu'il y a les qualités requises pour parvenir à l'occuper.

Néanmoins, un bémol:

La salle ce jour-là, hormis un couple et notre table de 5, était vide. Certes, l'établissement n'était ouvert que depuis deux semaines et est un peu à l'écart du passage. Mais je pense - ce n'est que l'avis d'un donneur de leçons lambda le cul bien assis derrière son ordi- qu’il faudrait retravailler la carte pour le déjeuner, quitte à garder la carte assez ambitieuse actuelle pour le soir (même si Arthur semble se focaliser plutôt sur cette clientèle dans un premier temps).
La formule midi est à l'heure actuelle trop restrictive (plat unique, un verre de vin, un café pour 18 euros): dans l'hypothèse où le plat du jour ne plaît pas, le client à la carte s’en tire à environ 40 euros pour plat (20-25 euros)-dessert (~9) -verre de vin (rajoutez 10 pour une entrée), ce qui me semble limiter de facto la clientèle potentielle se cherchant une nouvelle cantine aux proches de ma belle-soeur (qui gagnent tous plus de 10000 euros mensuels, comme elle aime à le signaler).

L’autre problème avec cette cuisine jolie et travaillée est aussi le temps de préparation: nous n’étions pas pressés mais j’imagine qu’en cas de salle pleine, la cuisine aurait du mal à suivre actuellement, et peu de consommateurs souhaitent passer 2h au restaurant le midi.

A suivre: il est toujours difficile de donner un avis pertinent sur un établissement à peine ouvert, car il faut du temps pour trouver une vitesse de croisière.

 

- l'A.O.C.: (métro Cardinal Lemoine ou Jussieu, 5ème arrondissement, www.restoaoc.com/) Petite mise à jour de mon article sur les restos du 5ème, puisque j'en parlais alors que je n'y étais pas retourné depuis environ 4 ans. Eh bien, j'avais raison d'y croire et de faire comme si, vu que ça n'a pas changé des masses. Mêmes proprios, même salle un peu froide, même grosses assiettes aussi délicieuses aux papilles que mauvaises pour le foie à base majoritairement de viandes rôties et de patates. Comptez 20-25 euros pour un plat, 10 pour une entrée et 6-8 pour un dessert, sachant qu'il faut être costaud pour réussir l'enchaînement complet.

Un bon resto pour viandards, hélas là aussi dans un quartier un peu morne (sauf pour les amateurs de l'architecture de Jussieu et de ses travaux permanents).

 

A noter que nous y sommes allés après avoir passé un très bon apéro au 5ème Cru (www.5ecru.com/, même métro): petit Brouilly sympa, belle planche de charcuterie-fromage à partager, pour moins de 10 euros chacun (droit de bouchon de 4 euros). La cave est bien fournie, à refaire peut-être pour y passer la soirée entière.

 

- Saison: (rue Gubernatis, Nice, www.saison-nice.com/): le comptoir japonais de Keisuke Matshushima, chef étoilé de Nice qui fait dans son gastro de la fusion franco-japonaise. Chaque fois que je passe devant le midi, c'est vide ou presque. Il faut dire que c'est assez grand. Je m'y suis finalement arrêté pour tester le menu midi à 16 euros (choix unique). C'est très bien. Un petit amuse-bouche tofu-potiron, une soupe miso, du saumon grillé, et du poulet frit avec une petite salade, et un bol de riz. C'est assez ludique, plutôt léger, et gustativement sympathique. Service très agréable, déco épurée aussi.

A la carte (et donc le soir), je crois que c'est bien plus cher. Je ne sais pas si j'y retournerai le soir, mais c'est une alternative exotique crédible en centre-ville niçois pour le midi.

 

 

Voila pour cette année riche en cholestérol.

Et puis bientôt je m'attellerai au compte-rendu détaillé du repas chez Piège.

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 12:56

De même que les explorateurs gastronomes du 11ème osent parfois franchir ses frontières pour aller se perdre dans le 3ème ou le 10ème, il m'arrive aussi parfois de sortir de mon quartier latin pour aller me sustenter dans le 13ème ou le 6ème...

Je pousse même jusqu'à la rive droite, travaillant dans le 3ème.

 

Donc, dernièrement, du bon et du moins bon:

 

- 6ème arrondissement:

 

- Le Charivari: (Vavin) idéalement situé à l'intersection entre les boulevards Raspail et Montparnasse, ce bistrot a été repris il y a à peu près six mois par des restaurateurs déjà propriétaires de deux trois brasseries dans le coin.

Testé au cours d'un dîner blogueur, nous fûmes déjà plus inspirés: tout a été dit par Mr Lung, je vous laisse donc à son article...

En ce qui me concerne, le burger était très correct, ainsi que les oeufs mimosas en entrée, avec un certain effort de présentation... mais à 25-30 euros sans les vins (la carte des vins étant probablement la plus inintéressante qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps*), vous pouvez trouver mieux, que ce soit dans ce genre rétro, et même dans un style plus moderne: faites par exemple 200 mètres de plus et allez plutôt tenter votre chance rue Sainte-Beuve, au Timbre ou à Moustache (remplaçant Chez You, que j'avais trouvé plutôt sympa la seule fois où j'y étais allé), deux mini-bistrots qui ont eu de bons échos.

 

- La Ferrandaise: (Luxembourg, www.laferrandaise.com/) Un bistrot dont je n'avais pas entendu parler et qui n'a pas une énorme presse actuelle, mais qui a connu son heure de gloire en 2006 (meilleur bistrot Lebey). Il faisait partie de la shortlist du dîner blogueur mentionné ci-dessus, recommandé par Alain.

En regardant leur site, j'avais vu qu'ils acceptaient les groupes, et je les ai donc contactés dans le cadre du repas de promo spécial 10 ans.

Contact téléphonique sympa, et organisation nickel pour notre groupe. Menu "customisé" à 44 euros tout compris, correspondant grosso modo au menu à 32 euros avec un choix limité, et une bouteille de vin dans les 25-30 euros et une d'eau pour 3 personnes.

Après un consommé de choux-fleurs en amuse-bouche, soupe de potirons-carottes avec un petit toast et des cébettes très goûtue ou des classiques et bons champignons farcis. En plat, du paleron en pot-au-feu, copieux et bien cuisiné, idéal par ce temps, ou du bar grillé très convaincant. Les desserts sont un peu en deça (gâteau chocolat cacahouètes un peu déséquilibré, ananas un peu quelconque et un mariage moyen avec la glace basilic). Vins assez quelconques, mais nous avions pioché dans le bas de la carte qui présente quelques références intéressantes.

En tout cas, service au top, grande salle idéale et un bon moment avec des convives sympathiques. A réessayer dans un contexte plus "naturel".

 

 

- 13ème arrondissement:

 

- L'âge d'or: (métro Tolbiac, www.lagedorparis.com/). Une adresse "le Fooding en goguette" dans les quartiers populos et moches de la capitale. Mais on ne va pas non plus aller dans un resto asiatique, ce serait tellement convenu... Donc une espèce de bar à vins (qui garde ses bouteilles verticales dans la salle), qui fait aussi troquet pour étudiants, galerie expo, salle de jazz, et un peu resto.

Rien d'exotique ce soir là, mais cela dit, je reconnais volontiers que la formule à 24 euros (entrée plat dessert, 18 pour entrée plat) est assez chouette, avec une jolie cuisine, assez légère, sortant des sentiers battus à ce prix: brochette jambon-figue-tomates cerises avec une salade frisée, magret de canard avec une purée de salsifis, ou un poisson dont j'ai oublié le nom et une association audacieuse mais bien menée avec un risotto aux champignons et châtaignes. Tarte aux figues en dessert.

Si vous n'avez rien à foutre dans le quartier, vous pouvez vous abstenir, mais si vous êtes là et que vous ne vous sentez pas de choisir au pif entre 10 restos chinois et 15 vietnamiens, c'est plus qu'honnête. Service djeun's cool.

 

- L'auberge Etchegorry (entre Gobelins, Glacière et Place d'Italie): Une maison qui assume depuis des lustres sont côté auberge de province du siècle dernier. C'était à l'origine un cabaret célèbre où Hugo et Dumas aimaient venir ripailler, et ç'a été pendant longtemps un classique bibendum gourmand... J'avais beaucoup aimé les deux premières fois, il y a déjà plusieurs années, ce côté très "région", grosse bouffe basque de belle facture pour 35 euros: cou d'oie au boudin, cassoulet, gibiers, charcutailles etc. Y retourner récemment fut une grosse déception. La carte n'a pas changé mais la qualité a beaucoup baissé. Ca n'est pas scandaleux, mais on y a perdu en goût, les plats sentent le réchauffé, livrés à table 12 secondes après la commande, avec les tagliatelles croquantes du fait du micro-ondes... Les desserts sont un peu plus au niveau, et la carte des vins présente des prix honorables (Clos Triguedina pour environ 25 euros, par exemple). Comme on mange moins bien, on s'attarde plus sur le côté kitsch extrême de la déco, et le service un peu "jeune".

Dommage.

 

 

- 3ème arrondissement:

 

- Au Bascou: (Arts et Métiers, Temple, République, www.au-bascou.fr/). Lui aussi meilleur bistrot parisien il y a quelques années. Lui aussi resto basque (tenu par un breton, ancien de chez Senderens). Un chouette menu déjeuner à 17,5 pour entrée plat ou plat dessert, avec langue de boeuf ou oxoa de veau. Beau et bon, on en voudrait plus. Déco un peu quelconque, et tables un peu trop rapprochées. Service un peu débordé, du coup plus d'une heure pour déjeuner en arrivant avant le coup de feu. Un peu dommage.

A essayer probablement plutôt le soir, pour s'attarder sur une carte alléchante et les spécialités de gibier (lièvre à la royale).  

 

 

- Le Havre:

 

- La Petite Auberge: jolie table un poil compassée avec un service un peu chichiteux, mais beau menu entrée plat fromage dessert pour un peu plus d'une trentaine d'euros. Un peu d'audace sur les entrées (tartare de crevettes), plus classique sur les plats, joli plateau de fromages locaux, carte des vins assez fournie... Clientèle plutôt agée et pépère en ce dimanche, on est loin de l'adresse locale branchée, mais c'était bien. Pas exceptionnel, mais bien. A mon avis pas loin de ce qui se fait de mieux au Havre.

 

 

 

 

Je rajouterai peut-être quelques photos, mais bon, j'ai un peu la flemme là... Attendez plutôt celles de chez Piège, pour Noël.

 

 

 

* parmi les 10 références, on trouve par exemple le fameux Mouton-Cadet 2007, vous savez, cette bouteille à 10 euros (vendue environ 25) qui me donnait l'impression d'être connaisseur quand je l'achetais au Champion en bas de chez moi pendant mes années étudiantes.

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 18:03

Le 5ème arrondissement n'est pas forcément l'arrondissement le plus excitant de Paris, gastronomiquement parlant.

Entre les usines à gastroentérite du quartier de la Huchette et les déserts résidentiels, les pépites sont rares.

 

Quelques restaurateurs ambitieux, tels Sylvain Sendra chez Itinéraires, ont cherché à donner un coup de fouet au quartier et s'en sont, semble-t-il, quelque peu mordu les doigts.

 

Malheureusement, j'y ai travaillé ou étudié presque 10 ans, et vécu 3, plus 5 à proximité immédiate. Il se trouve que, le vendredi soir notamment, ça reste souvent notre point de rendez-vous.

 

On a donc eu l'occasion de tester bien des troquets, gastros ou rades de quartier, et finalement le tableau n'est pas si noir.

Voici un bilan-balade de quelques adresses allant de très potable à très bien si vous êtes dans le quartier, et que vous me faites confiance, bien entendu.

 

Certains néobistrots dans le coin de Saint-Michel sont, de notoriété publique, très bons, comme le Pré Verre, cuisine imaginative jouant beaucoup sur les épices, même s'il n'est plus aussi hype qu'il y a 5 ans, ou Ribouldingue, spécialiste des abats, dont je n'ai pas été fan.

Plus haut vers Luxembourg, on trouve les Papilles, cave à vins aux tarifs un peu déraisonnables (marge et droit de bouchon élevés), mais au bon accueil et au menu carte entrée-plat-fromage-dessert d'un bon rapport qualité prix (autour de 32 euros si je ne m'abuse) et avec une charcuterie de malade à l'époque en tout cas. Possibilité de réserver la table d'hôtes au sous-sol pour environ 12 personnes...

 

Dans le quartier des Gobelins, deux petits nouveaux ont eu un peu de presse, l'Agrume, et le Tourbillon. L'Agrume est culinairement ambitieux, le Tourbillon un peu moins, les deux sont tenus par des jeunes couples et des chefs bien formés qui vivent la leur première expérience "solo".

 

La rue de l'Agrume (rue des Fossés Saint-Marcel) est d'ailleurs en train de devenir, toutes proportions gardées, la rue Christian Constant Saint-Dominique du 5ème, puisqu'on y trouve également Agapes, à mon goût plutôt moyen - un poil vieillot et déprimant- mais qui a eu quelques bons échos.

Desvouges, un bistrot à vins alors en voie de décrépitude, a également changé de main il y a six mois: repris par deux bons vivants du Sud-Ouest (où en tout cas branchés par la cuisine de là-bas), "un petit coup de peinture plus tard", on y passe désormais un très bon moment. Carte un peu originale et pas légère pour un sou (saucisson cuit au vin et échalottes, cassollette d'escargots, nem toulousain, cannelloni au confit de canard etc). On ajoute une tarte aux pommes, caramel beurre salé, un mi-cuit ou du frometon, plus un bouteille de rouge du sud-ouest et on s'en tire pour 30 euros: à ce prix là, ça change agréablement du tartare-café gourmand.

Service super sympa, rigolard et passionné, qui nous a payé un coup pour se faire pardonner de s'être gouré sur l'addition (compter 4 couverts au lieu de 3, je pense que c'était plus de l'inattention ou un coup de trop qu'une subtile manoeuvre pour nous arnaquer).

A recommander comme adresse de quartier, voire un peu mieux, pas prise de tête. Surtout que ça ne semble pas la cohue.

 

Hier soir, dîner impromptu au Resto, rue Tournefort, derrière Mouffetard, qui a remplacé il y a deux-trois ans la Table Corse, excellent restaurant d'où vous devinez, malheureusement desservi par un service réservé uniquement aux habitués (le bon con de base devant accepter de manger son entrée-plat-dessert en 3h, le temps que la patronne finisse de tailler le bout de gras avec ses potes).

Appeler son micro-restaurant le Resto me semble une mauvaise idée, parce qu'en terme de référencement internet, difficile d'émerger... Et même trouver l'adresse relève de la gageure.

C'était plutôt désert hier soir, mais les deux jeunes femmes, en cuisine et au service, se sont bien occupées de nous, et on a pas mal mangé pour 28 euros. Tartare de crabe, poire rôtie au roquefort, terrine, onglet, canard, navarin, mi-cuit, tiramisu... du classique avec un petit effort de présentation ou dans les accompagnements (brick de légumes, etc), et un côté léger et féminin pas désagréable.

Je trouve cependant également étrange de proposer à la carte des vins une majorité de bouteilles au-dessus de 50 euros, voire entre 80 et 100 pour accompagner un menu-carte à 28 mais bon... quelques références dans les 25 euros quand même, qui ne m'ont pas semblé des découvertes fabuleuses, mais correctes.

Je ne sais pas si j'y retournerai, mais on ne fait pas beaucoup mieux dans le voisinage immédiat de la Rue Mouffetard.

A part bien sûr, le nettement plus haut de gamme la Truffière, qui fait, avec son côté vieille demeure, son menu du midi à 28 euros et sa très belle et exhaustive carte des vins, le bonheur des chercheurs des écoles ou facs environnantes pour emmener des collègues étrangers en "repas d'affaires" réunion de travail. Le soir, ça devient plus musclé niveau addition (dans les 70 euros ou plus) et je n'y suis jamais allé. 

 

On peut néanmoins sur cette rue sympathique quoique trop touristique manger autre chose que les crêpes du Petit Grec: la Montagne (rue du Pot de Fer) est un rade qui présente surtout l'intérêt de vendre des bières pas chères et draine ainsi une partie de la jeunesse du coin, mais ils ont des burgers et tartares corrects pour une douzaine d'euros. 

Pas beaucoup plus cher et assez similaire mais je pense d'un poil meilleure qualité, en tout cas pour manger, la Cave la Bourgogne, tout en bas de la rue Mouff', nourrit copieusement à base quasi exclusive de viande, de patates et de fromage, à rapprocher de Lili et Marcel (Bercy) ou de l'Alouette (Glacière). Pas beaucoup de vert dans les salades, de la quantité et une certaine qualité, et en conséquence pas mal d'affluence midi et soir.

Il y a aussi avec une carte similaire le Tournebride, au milieu de la rue, encore un peu plus cher (et me semble-t-il uniquement le midi pour manger).

 

On peut manger italien (pâtes, charcuterie, fromage) dans une rue parallèle chez Nonna Ines, une petite trattoria peut-être un peu chère (autour de 17 euros le midi, 30 le soir) mais charmante.

Ou, au niveau du métro Censier (rue Monge), une pizza égyptienne copieuse (et pas toujours bien cuite aux heures de pointe) à la Comedia pour une douzaine d'euros, agréable surtout pour sa terrasse sympa en été.

 

Toujours au niveau du métro Censier, on peut aller goûter la cuisine grecque, version gastronomique, chez Mavrommatis, ou plutôt, à mon goût, chez le petit frère plus décontracté (même proprio, ambiance plus bistrot) Aux délices d'Aphrodite. Une quarantaine ou cinquantaine d'euros le repas complet, selon le degré de lâchage.

 

Un peu plus haut rue Monge, nous allions de temps à autre manger au Foyer Vietnamien. Je ne m'y connais pas assez en cuisine asiatique pour vous dire ce que ça valait de façon absolue, mais le menu étudiant à 8 euros (si mes souvenirs sont bons) calait son homme.

 

De l'autre côté de la rue Mouffetard, en remontant vers Jussieu, on peut trouver plusieurs bons bistrots là depuis toujours: il y a le Buisson Ardent et son menu de bon niveau à 30 euros aux parfums un peu exotiques.

Je n'y suis jamais allé, mais Moissonnier et le Moulin à vent, rue des Fossés Saint-Bernard, avaient bonne réputation il y a quelques années. Il se peut que ça soit moins vrai aujourd'hui.

On peut néanmoins trouver dans la même rue l'AOC ou nous avions une fois fort bien mangé, dans le style bonnes viandes copieuses et patates, pas donné, il y a aussi pas mal de temps. Il semble que ça soit toujours les mêmes proprios.

En continuant sur la rue jusqu'aux quais, vous tomberez sur la Rôtisserie du Beaujolais, l'annexe bistrotière de la Tour d'Argent, idéal pour épater les amis touristes qui voudraient un goût de vieille France, de brasserie, de ripailles viandardes et de serveurs en tablier. Dans les 40 euros si ma mémoire est bonne.

 

En remontant la rue des Ecoles pour retourner d'où nous sommes venus, vers le Pré Verre, vous tomberez sur B.I.A., le véritable "diner" à l'américaine. Très bon burger pas très cher, mais il faut avoir envie de faire la queue une demi-heure pour l'avoir, et d'avoir pour uniques voisins de tables des adolescents en goguette.

 

Pas très loin de là vous trouverez le Louis Vins, rue de la Montagne Sainte-Geneviève, un bistrot où j'aimais bien aller il y a environ 3 ans, avec un menu à moins de 30 euros (plats classiques et pas mal d'abats), une jolie cave et un patron super sympa.

 

Voila, je crois avoir fait le tour, je complèterai si des oublis valant le coup me reviennent en mémoire...

Et la prochaine fois, je vous montrerai que je suis aussi un baroudeur qui n'hésite pas à délaisser son petit nid et on parlera de restos dans le 13ème, le 6ème, et même en province.

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 12:46

Jour de grève nationale, le 12 octobre, nous sortons nos plus beaux habits pour aller déjeuner à l'Espadon, le restaurant du Ritz (http://www.ritzparis.com/jump_to.asp?id_target=1313&id_lang=1), dans le cadre de la semaine du goût.

Prendre un jour de congé un jour de contestation pour aller déjeuner au Ritz, c'est pas très rock'n'roll, mais baste, on ne fête pas tous les jours la fin de 9 mois de séparation et un anniversaire.

 

Les cuisines du Ritz ont notamment vu passer Auguste Escoffier, l'homme qui a modernisé la cuisine française et lui a redonné sa renommée internationale au début du 20ème siècle.

Depuis 2001, elles sont tenues par Michel Roth, M.O.F. et Bocuse d'Or, qui a su leur redonner le lustre d'antan et rapidement reconquérir 2 étoiles au Guide Rouge. 

 

La semaine du goût, qui se tient chaque octobre depuis plusieurs années, est une opération commerciale d'une semaine censée notamment promouvoir la gastronomie chez les jeunes. Entre autres, certains restaurateurs de qualité proposent cette semaine là un "menu du goût" aux tarifs alléchants, principalement pour les étudiants mais pas que. 

Pour ceux qui la pratiquent depuis longtemps, elle connaît une certaine baisse de régime, notamment dûe à une récupération par quelques restaurateurs peu scrupuleux, qui en profitent pour "vendre" des "menus du goût" en tout point identiques (prix et plats proposés) à ceux qu'ils proposent tous les jours de l'année.

En ce qui me concerne, c'était la première fois que j'en profitais, et je n'eus pas à m'en plaindre, même si j'admets qu'il faut être un peu vigilant lors de son choix.

 

L'Espadon proposait dans ce cadre un menu spécial à 150 euros, proche du menu de saison proposé habituellement à 170 euros (entrée, poisson, viande, prédessert, dessert), mais avec trois verres de vin en sus.

 

Le hall du Ritz, la "galerie des tentations" sont un peu rococo, couleurs vives, décoration chargée d'une foultitude d'objets et de dorures.

 

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La salle est un peu plus "sobre" - tout est relatif- , aux tons pastels, avec une belle impression d'espace (une quarantaine de couverts, tables rondes pour deux qui pourraient accueillir 6 personnes sans se serrer, largement espacées, belle hauteur sous plafond, salle très lumineuse, et grande plante centrale qui n'est pas sans rappeler le Bernardin).

 

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Nous sommes placés près de la baie vitrée, ce qui nous donne une jolie vue centrale sur la table et sur les points de service.

 

Nous commandons une coupe de champagne rosé cuvée Ritz (20% du prix du menu, mais on ne vit qu'une fois) pour débuter et consulter le menu spécial:

 

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Noix de Saint-Jacques en tartare, fine gelée et riviera de mangue

 

Filet de rouget barbet, fregola sarda aux cèpes et marrons

 

Suprême de pintade à la fleur de cazette et foie gras, émincé de choux vert aux zestes d'orange

 

Touche sucrée (un "crumble" pomme-citronnelle) 

 

Poire pochée à la cardamone, crème légère au chocolat et glace caramel

 

Et à boire:

 

Sancerre blanc Paul Prieur 2009

Château Patache d'Aux 2004 Médoc

Muscat des Baumes de Venise 2008, Domaine des Bernardins

 

Les Saint-Jacques donnent le ton de ce qui, me semble-t-il, doit être la philosophie du lieu: une cuisine subtile, globalement classique se permettant quelques touches "exotiques" avec un dressage superbe, mais malgré tout un peu en retrait. On n'est pas là dans la flamboyance, l'esbrouffe.

Un second rôle qui crève l'écran, en quelque sorte, et sait faire briller ses partenaires, ici un lieu chargé d'histoire et hors du temps, et un service aux petits oignons qui sait s'adapter parfaitement à la clientèle éclectique (repas d'affaire, vieux bourgeois pur sucre, jeunes couples en goguette, touristes japonais ou américains...) pour vous faire sentir le roi de la journée.

 

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Le rouget marie subtilement des saveurs marines et terriennes, avec cet accompagnement automnal (cèpes, marrons, fregola sarda). Grâce à des produits au top, ça fonctionne parfaitement: le rouget a une saveur puissante qui ne s'efface pas devant le reste. Joli.

 

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La pintade est plus dans la "tradition française", même si l'assiette est encore une fois sublime et que la large tranche de foie gras grillé, au goût délicatement fumé, m'a laissé un excellent souvenir.

 

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Il faut ici mentionner le pain, divin, qu'il s'agisse de la baguette individuelle ou des pains spéciaux (lardons, cèpes, tomate-basilic...), et les vins qui, sans s'avérer bluffants, jouent parfaitement leurs rôles d'accompagnateurs de bon goût (j'ai rapidement consulté la liste des vins, impressionnante tant au niveau du choix que des tarifs).

 

Suivent un excellent prédessert, et un dessert qui, bien que magnifique visuellement, m'a plus déçu: un peu lourdaud peut-être (mais les desserts au chocolat sont rarement mes favoris).

 

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Nous terminons par un café accompagné de délicieuses mignardises, en admirant le ballet des serveurs et le service minuté à la cloche.

 

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Nous terminons ce voyage de 3 heures par une visite guidée des cuisines, assurée par un maître d'hôtel décidément parfait sur toute la ligne, sur 3 niveaux, impressionnantes.

 

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Puis nous rentrâmes en notre demeure, baignés dans une délicate torpeur qui ne nous quitta que le soir venu, en remerciant chaudement Michel Roth et toute l'équipe pour leur accueil, leur gentillesse (nous eûmes même droit à un menu dédicacé par le chef) et ce superbe moment.

 

Et merci aussi à la semaine du goût donc. A choisir avec précaution, mais à refaire l'an prochain.

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 21:19

Tant qu'il est encore presque temps, petit récit d'un repas à l'Agrume il y a quelques semaines.

 

L'Agrume est un petit resto perdu dans le 5ème (le coin moche, pas loin de Gobelins, 15 rue des Fossés Saint-Marcel).

 

Le resto a ouvert fin 2009, et a assez rapidement fait le buzz un peu partout. Oh, pas du niveau de Spring ou Saturne récemment, mais tout de même.

François Simon, ésotérique comme à ses plus belles heures, en a parlé. La presse et les blogueurs aussi. Dès le début 2010, les environ 25 places étaient très demandées, ceci s'étant encore accentué après que le resto a eu les honneurs du New York Times, toujours très suivi des gastronomes américains.

 

Je suis passé devant par hasard début janvier (j'ai vécu-bossé dans ce coin là pendant pas mal de temps), avant d'en avoir entendu parler. Un resto nouveau et plein dans ce quartier, deux surprises d'un coup...

Puis j'ai lu les critiques, globalement très élogieuses, et mieux compris.

Mon ex-boss, généralement de bon conseil, que ce soit question bouffe ou pinard, m'en avait lui aussi dit beaucoup de bien.

Quand j'ai su que le chef, Franck Marchesi-Grandi, était passé par le Bernardin, ça a fini de me donner envie d'y aller.

 

Il y a une politique de réservation assez serrée et pénible (pas de répondeur, réservations à prendre entre 10 et 12h chaque jour, ce qui peut se concevoir pour ne pas perturber les services), et il faut compter 10-15 jours pour avoir une table à l'un des deux services. Il m'a donc fallu retenter le coup deux-trois fois avant de réussir à avoir une table.

 

La déco n'a pas emballé les chroniqueurs, moi je l'ai trouvée plutôt agréable dans le genre qui marche actuellement (sombre et sobre). Mais je ne suis pas très sensible à ce genre de choses généralement. Par contre, j'aime bien le concept cuisine ouverte - comptoir. C'est toujours sympa de voir le chef oeuvrer, même de loin (surtout que dans le cas présent, vu la taille de la salle, on n'est jamais très loin). 

 

Comme c'est de plus en plus fréquent (le Gaigne, le Tourbillon dans ceux que j'ai faits récemment), le resto est tenu par un jeune couple, monsieur (seul) aux fourneaux, madame au service.

 

Depuis la rentrée, le succès aidant, il y a un serveur supplémentaire, dont on ne comprend malheureusement pas très bien le français, et le menu dégustation en 6 services est passé de 35 à 37 euros. A la carte, comptez 50 euros pour entrée-plat-dessert, mais je suis à peu près persuadé que tout le monde prend le menu.

 

Voici ce que nous avons mangé:

 

Homard bleu, couteaux, pomelos confit et gelée de gingembre

 

Fregola Sarda, parmesan, truffe d'été et speck

 

Filet de Cabillaud Poché, semoule de chou-fleur à l'orange et à l'aneth

 

Paleton braisé, mousseline de céleri et raisins

 

Figue rôtie, crême fouettée et feuilletage

 

Flan crêmeux de tapioca, citron vert et mangue

 

Le premier plat fut pour moi le meilleur de la soirée. Il y en a que ça dérange, mais pour ma part je préfère quand ça démarre sur les chapeaux de roue que quand il faut attendre l'avant-dernier plat pour s'enthousiasmer. 

Je ne me souviens plus de l'apport des couteaux, mais pour le reste, c'était une très belle association que ce homard (en lui-même moins bien que ce qu'on trouvait à Boston) - pamplemousse et gingembre. La gelée est suprenante de puissance, et l'ensemble parfaitement équilibré.

Le risotto de fregola (une pâte de blé dur, qui a, effectivement, le goût et la consistance de blé) est apparemment un classique de la maison, avec plus ou moins de variations. Moins surprenant, mais éxécution sans faille.

Le cabillaud est bien cuit, la marotte du chef (l'utilisation d'agrumes) relève bien le plat.

Le paleton braisé s'en sort bien aussi, comme les desserts, les trois derniers plats étant plus pépères. Le mélange fruit - crême - feuilletage revient visiblement assez souvent également, les figues sont toujours un plaisir, et le flan de tapioca est très sympa.

 

Je ne sais pas si c'est l'influence du Bernardin (le chef y est visiblement passé il y a près de 15 ans, mais je ne suis pas allé dans les autres grandes maisons qu'il a fréquentées), mais j'ai énormément apprécié ce repas, et cru y voir quelques similitudes, toutes proportions gardées. Une approche de la gastronomie qui est celle que j'apprécie le plus: des plats simples, épurés, presque "minimalistes". Un ingrédient principal, un condiment ou une sauce, un légume. S'il y a du talent pour des associations un peu sorties des sentiers battus, on n'a pas besoin de plus, basta.

 

Tout n'est pas parfait, il y a des choses moins inventives que d'autres, mais ce que le chef est capable de faire seul est tout de même assez bluffant. Sa femme au service est prévenante et souriante. A 37 euros, ce menu dégustation est vraiment l'une des très bonnes affaires de la capitale, et je pense qu'il y a potentiel pour un macaron pour ce chef, même si ça ne sera peut-être pas sous cette forme, probablement trop contraignante et limitante.

 

Un petit point noir concernant la liste des vins, un peu courte (choix comparativement plus large de vins au verre, par contre), et avec une marge qui fait assez nettement baisser le rapport qualité-prix du repas global. Et pas grand chose sous les 40 euros, ce qui est un peu haut je trouve pour aller avec un menu à 37.

Exemple sur un morgon de M. Lapierre 2008 (un peu mon standard expérimental parce que je n'ai pas beaucoup de références en tête), qu'on trouve à 20-25 euros chez un caviste honnête, 15 euros chez le producteur, et qui était en "affaire du mois" à 35 euros à l'Ourcine il y a quelque temps, qui se vendait là à 55 euros.

Disons qu'on n'est plus très loin du facteur 4 qui est la barre haute des coefficients acceptables, quand de plus en plus de nouveaux établissements essaient de proposer des bouteilles à des prix plus raisonnables.

Bref, à savoir en y allant, et se concentrer plus sur l'assiette que sur le verre.

 

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Non seulement la photo est pourrie et ne rend pas du tout hommage au plat - le homard- qui était très bien présenté, mais en plus c'est la seule: pour une fois que j'avais mon appareil sur moi, les piles m'ont lâché.

 

Pour conclure, je signalerai qu'on n'est jamais plus trahi que par sa propre famille. Alors que je leur clamais depuis deux ans mon envie d'aller goûter la cuisine de Mauro Calogreco au Mirazur (Menton), mes parents et mon frangin m'appellent pour me dire qu'ils vont y fêter l'anniversaire de mon père. Et en plus ils se foutent de ma gueule en m'envoyant un SMS pendant le repas pour me dire qu'ils se régalent et pensent beaucoup à moi.

 

Mais la vengeance est un plat qui se mange. Froid ou chaud, peu importe. Demain, dans le cadre de la semaine du goût, je visite l'Espadon de Michel Roth. Pour fêter le retour et l'anniversaire de Priscilla.

So Ritzy.

Et tant pis pour la grêve.

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