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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 13:30

J'ai déjà parlé, lorsque j'étais expatrié, de la relation bizarre entre américains et (mal)bouffe.

Sans évoquer nécessairement l'obésité, encore que cela peut contribuer à l'expliquer, j'avais été marqué par l'existence même d'une émission intitulée Man vs Food, de son concept, et de celui des restaurants qu'elle présentait.  

 

 

Cela symbolise, selon moi, plutôt bien, les dérives que peuvent engendrer certains éléments clés de la culture américaine: un sens aigu de la compétition à propos de tout et surtout de n'importe quoi, consommation et "pousse-à-la-consommation" extrême, adulescence globale marquée notamment par l'obsession pour la junk food régressive, et aussi la possibilité de bâtir un business viable sur ces fondations.

A savoir, entre autres, un restaurant où on gagne un T-shirt et sa photo sur un mur si on bouffe le plus gros burger du monde à 50$, où la clientèle se presse pour essayer, quitte à en crever comme dans Seven ou la Grande Bouffe.  

 

Bref, aussi gerbant que fascinant.

 

J'étais donc déjà sensible à cet état de fait, mais malgré tout, ils ont encore réussi à me bluffer.

 

Hier, alors que je consultais le site web de l'équivalent US de l'Equipe, à savoir ESPN, je vois que la "une" est consacrée au vainqueur du concours de Hot Dogs de Coney Island.

 

La preuve:

 

hotdog

 

Un peu comme si l'Equipe ouvrait sur le vainqueur du concours de cri de cochon du Salon de l'Agriculture...

 

En tout cas, ce concours est si fameux que des panneaux publicitaires font le compte à rebours avant le début du prochain:

 

P1020925.JPG

 

Comme le disait le regretté B. Carette, et malgré tout le respect que j'ai pour eux, "sont cons ces ricains".

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 17:15

Comme je le disais dans un commentaire, cette maxime était le motto de notre Prof. de "Comm'" en école d'ingénieur.

 

En gros, ça voulait dire "ne racontez pas de bobards, mais sachez vous vendre".

 

Comme à peu près tout le monde à l'époque, je trouvais que c'était du flan, mais après deux ans aux US, je comprends un peu mieux ce qu'il voulait dire.

 

Pour ne parler que de recherche, si vous assistez à une conf' par un Prof. ou un étudiant ricain, si vous visitez un labo US, ou que vous lisez certains papiers dans certaines revues, vous avez toujours l'impression qu'on n'a rien fait de mieux depuis Newton.

Ca devient même assez vite agaçant, quand on y est confronté en permanence, alors qu'en bon français pessimiste de nature, on voit toujours le verre à moitié vide et les manipes qui chient.

J'appelais ça leur côté "vendeur de bagnoles": dynamique, sourire ultra-brite, vocabulaire ronflant ("great", "awesome"...), attitude virile et "ultra-confident", et en même temps un peu pénible au bout d'un moment.

Pénible parce qu'omniprésent, et pas qu'au boulot...

 

car-dealers-launch-green-scheme.jpg

 

Je ne m'y suis jamais vraiment habitué. D'autant plus que je bossais pour un jeune Prof. qui n'a eu sa tenure (synonyme: titularisation) qu'au milieu de mon séjour, et qui donc, aussi brillant qu'il soit, avait coutume d'un peu "survendre" ses résultats, son groupe, son oeuvre, pour le bien de sa carrière.  

 

Et donc, à mon retour, j'ai apprécié le confort d'un discours, honnête aussi, mais moins positif. Ah, qu'il était bon d'entendre parler de manipes "qui n'ont pas marché" ou qui n'avaient pas donné le résultat attendu.

Ah, que j'ai bu les paroles du directeur de mon désormais labo, qui, au moment de mon recrutement, m'a parlé en toute franchise de notre futur mariage de raison...

 

Cela dit, j'ai aussi fini par concevoir qu'il existe un certain nombre de situations où un brin de positivisme peut être de bon aloi: notamment, la deuxième équipe de mon laboratoire a du récemment convaincre une candidate d'accepter le poste de Maître de Conférences, alors qu'elle avait été classée première également ailleurs.

Mon collègue et moi étions conviés, dans la mesure où nous sommes la "caution dynamique" du labo (en tout cas encore pour l'instant).

J'en suis resté comme deux ronds de flan. Entre le directeur du labo et mes collègues, il n'y a quasiment eu que du négatif abordé pendant les 15 premières minutes: difficulté à recruter, "deadwoods", administration tyrannique et incompétente, financements délicats à obtenir, etc. Même mon collègue qui a mentionné l'"avantage d'être à Paris" a parlé des inconvénients de la vie parisienne plusieurs minutes avant d'aborder le caractère facilité de certaines collaborations scientifiques...

Voyant le visage de la demoiselle, qui elle n'était pas passée par les US, était visiblement dans le doute et semblait avant tout avoir besoin d'être rassurée (car elle était aussi classée première dans un labo qu'elle connaissait), je me suis senti obligé d'intervenir pour parler des avantages liés à l'enseignement que nous dispensons, public intéressé que l'on suit plusieurs années et avec qui on crée une relation de confiance sur le long terme.

Puis mes collègues ont finalement embrayé, et on a pu passer aussi, cahin-caha, toujours en demi-teinte, à tout l'aspect positif concernant la recherche: 3 recrutements en 3 ans, plus un poste d'ingénieur et un de technicien, une thématique scientifique qui se tient, une assez bonne évaluation de l'AERES, des collaborations qui commencent à être solides, quelques financements qui tombent et la possibilité de recruter des étudiants, et finalement un labo plutôt bien équipé pour sa taille, un rattachement à un laboratoire reconnu à la rentrée, etc.

 

En partant, j'ai dit à mon collègue que j'étais sûr qu'elle ne viendrait pas, qu'on lui avait foutu les jetons et qu'on aurait dû la jouer "à l'américaine". Il a mis un peu de temps à comprendre, avant de me dire qu'on avait été honnêtes: je lui ai répondu que nous n'avions par contre pas été positifs, en abordant trop tard les bonnes choses, alors qu'on l'avait déjà perdue.

Le directeur du labo et les collègues ont, eux, pensé que nous avions fait très bonne impression et se montraient plutôt confiants.

Mais elle n'est pas venue.

Ils continuent à penser que je réécris l'histoire, que nous avons fait au mieux et qu'elle serait de toute façon restée dans son labo.

Peut-être, effectivement.

Mais je continue à penser que nous n'avons absolument pas su nous vendre.

Notre labo part de loin, mais va dans la bonne direction, les progrès accomplis en quelques années sont énormes, et l'avenir est plutôt rose. Je reste persuadé qu'on a largement trop insisté sur le "part de loin", qu'elle n'a retenu que ça, et qu'il fallait commencer par la couleur de l'avenir. 

 

La confiance en soi quasi-culturelle de nos amis outre-Atlantique, issue certainement de trois siècles du concept d'"American Dream" qui a bâti leur nation, ne "s'apprend pas".

D'ailleurs, certains français l'ont, ceux qui comme notre Président kiffent à donf les US... Mais il me semble qu'on peut, en passant un peu de temps avec eux ou chez eux, dans une certaine mesure tenter de s'en imprégner.

 

Histoire d'être positif mais honnête, plutôt qu'honnête mais positif.

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 09:41

"If you're going to talk the talk, you've got to walk the walk"*.

 

Juillet 2010:

 

 

Emission en direct pompeusement appelée "The Decision", où LeBron James annonce qu'il quitte les Cleveland Cavaliers pour rejoindre le Miami Heat, et déclare notamment "I'm taking my talents to South Beach"**.

 

 

La "Celebration Party" de pré-saison, où les "Tres Amigos" affirmeront qu'ils sont là pour gagner 7 titres***. Et que, comme ils déclenchent l'hystérie partout ils passent, on peut les appeler les Heatles.  

 

Juin 2011:

 

bron-bron.jpg

 

Dallas bat Miami 4-2 en finale NBA.

LeBron James, "monstrueux" quand son équipe dominait dans les tours précédents (Chicago, Boston), se cache dès que ça devient chaud aux deux coins du terrain, refuse les shoots ouverts et adopte un body language digne d'une version testostéronée et tatouée de Richard Gasquet: 8 points de moins en moyenne qu'en saison régulière, 18 points sur les 6 quatrièmes quart-temps de la finale (dont 3 dans le match 6 alors que le match était déjà plié).  

 

Le "King", le "Chosen One", en NBA à 18 ans avec un contrat de 90 millions avec Nike, n'a toujours pas de bague ni montré qu'il avait un tant soit  peu "l'oeil du Tigre". Son indéniable talent de basketteur, associé à un ego d'autant plus hypertrophié qu'il est starifié depuis ses 15 ans, et à un mental de "chicken" (comme Connors disait de Lendl) ne finissent pas de faire causer public et media US.

La psychanalyse à deux sous, s'est, il faut le dire, pas mal muée en sarcasmes goguenards depuis hier, après cette saison grandguignolesque.

Avec élégance, bon joueur, LeBrique a déclaré: "All the people that were rooting me on to fail, at the end of the day they have to wake up tomorrow and have the same life they had before. They have the same personal problems they had today. I’m going to continue to live the way I want to live and continue to do the things that I want with me and my family and be happy with that. They can get a few days or a few months or whatever the case may be on being happy that not only myself, but the Miami Heat not accomplishing their goal. But they’ll have to get back to the real world at some point.”
Comme le dit Jacques Monclar, "il va prendre cher pendant l'été, pépère": ça a déjà commencé.

 

 

 

* grosso modo: "quand on a une grande gueule, il faut assurer derrière".

 

** autre expression sur le point de devenir idiomatique, puisqu'apparemment elle est désormais utilisée par les fans NBA quand ils vont aux gogues démouler un cake, ou alors en tant que métaphore pour "se masturber".

 

*** à propos de cette petite fête toute en finesse, Stan Van Gundy, coach des Orlando Magic, dira en cours de saison:

“I do chuckle a little bit when they sort of complain about the scrutiny when they get. My suggestion would be if you don’t want the scrutiny, you don’t hold a championship celebration before you’ve even practiced together. It’s hard to go out yourself and invite that kind of crowd and celebration and attention, and then when things aren’t going well, sort of bemoan the fact that you’re getting that attention. To me, that doesn’t follow.”

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 12:53

Il y a eu vendredi une série de tornades dans le Western Massachusetts, à environ 20 miles de là où je vivais pendant mon post-doc. Coin plutôt inhabituel pour les tornades: la dernière très violente date de 1953, à Worcester.

La ville de Springfield (la plus ancienne à porter ce nom là aux US) a été particulièrement touchée.

As usual, c'est une ville pauvre, en grand déclin, avec une forte population afro-américaine et latino...

J'y passais souvent quand je prenais le bus pour Boston.

Des photos impressionnantes sont visibles sur le site du Boston Globe.

En voyant les images du "tsunami" sur la Connecticut River engloutir un pont en quelques secondes, on peut imaginer les terribles dégâts, vu que dans la région, beaucoup d'habitations sont des petites maisons en bois individuelles, comme celle dans laquelle j'ai passé deux ans.

 

 

Effectivement elles n'ont pas bien tenu le choc.

Dans un quartier résidentiel typique du Western Mass: http://www.boston.com/news/weather/gallery/2011tornado_gallery/#/39

 

La résilience américaine va encore être mise à l'épreuve. Une petite pensée pour tous ces gens qui m'ont accueilli deux ans.

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 19:14

Ca ne vaut pas le cheese-rolling, ou le swamp soccer roots de nos amis british, mais les ricains sont sur la bonne voie:


Le slam ball, mix improbable entre trampoline, basket, et football américain (pour les impacts musclés)


Ca s'appelle du "Lingerie Football", le nom parle de lui-même.
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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 15:51
Je lisais hier un article du Boston Globe où l'auteur, à l'occasion du match de foot américain joué à Londres ce week-end, s'étonnait quelque peu de l'anonymat de Tom Brady en Europe.

Pour ceux qui l'ignorent, Tom Brady est le quaterback des New England Patriots, peut-être la meilleure franchise de NFL de ces 10 dernières années (en concurrence avec les Pittsburgh Steelers).
Aux US, c'est une icône nationale, même pour les non-fans de cette équipe: une espèce de croisement entre David Beckham, pour le côté beau gosse métro sexuel qui sort avec une bonnasse (Gisèle Bundchen), et Zinedine Zidane pour le côté gendre idéal un peu timide voire lisse (sans les épisodes coup de boule et essuyage de crampons).
Dans un sport où la plupart des stars sont plutôt connues pour se flinguer dessus, organiser des combats de chien ou prendre comme nom son numéro de maillot, c'est plutôt rafraîchissant.

Oui mais voilà, le foot américain, comme le base-ball, le rodéo ou encore le NASCAR, en Europe, tout le monde s'en branle. Et donc, ces sportifs sont peut-être aux US des multimillionnaires adulés, mais sont des inconnus dans le Vieux-Monde.

Ce qui me fait réagir, c'est plutôt le fait qu'un journaliste s'en étonne au point de pondre un article sur le sujet: que plusieurs journaux anglais ne parlent pas du tout du match, que d'autres ne le mentionnent que sur 10 lignes contre 10 pages pour le "soccer", et que certains journalistes osent même se moquer du sourire ultra-brite de Brady a vraiment semblé défriser notre pauvre homme.
Pourtant, quel éditorialiste en France publierait une tribune sur le fait que Johnny a du mal à remplir une salle de 1000 personnes à Las Vegas alors qu'il fait le Stade de France les fingers dans le nose (à part pour s'en gausser)?
Pourtant, que par exemple Lionel Messi soit adulé par 4 milliards de personnes alors que l'américain moyen pensera qu'on lui parle du cousin de Jésus n'a donné lieu à aucun edito de ma connaissance.

Tout est affaire de perception, et je peux me tromper, mais j'y vois une certaine arrogance typiquement américaine - par typiquement j'entends qui va au-delà des clivages socio-politico-culturels, id est qui ne s'applique pas qu'aux bouseux du Midwest, mais aussi aux progressistes bobos de New-York ou de la Californie.

Un peu de clichés pas exempts de vérité:
Les français sont souvent arrogants sans doute parce qu'ils souffrent d'un léger syndrome "roi déchu": conscients que le rayonnement de la France n'est plus qu'un lointain souvenir, mais y croyant toujours un peu quand même. On a tous un peu de gascon en nous.
Beaucoup de ricains sont arrogants parce qu'eux sont au fond un peu persuadés qu'en dehors de leurs frontières et de leur culture, il n'y a finalement pas grand chose. Du sang de cow-boys coule en eux.
Et donc ils ne peuvent s'empêcher d'être étonnés quand ils se rendent compte que les films de Miley Cyrus, les disques des Jonas Brothers, les livres de David Sedaris, les exploits d'Alex Rodriguez ou Burger King ne reçoivent qu'un intérêt limité, pour ne pas dire inexistant, hors de leurs frontières*.


* Je me rappelle une discussion récente avec ma propriétaire au sujet du film sur la vie de Julia Child, la cuisinière américaine qui a contribué à la popularisation de la cuisine française aux US, avec des émissions un peu dans la veine de la cuisine de Maïté. Elle avait du mal à comprendre que Julia Child était à peu près inconnue chez nous, tout simplement parce que ses émissions n'étaient pas diffusées: qu'une américaine vienne nous expliquer notre cuisine ne l'aurait pas étonnée plus que ça, en fait.
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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 18:13
- C'est fou comme NYC, la nuit en hiver, ça fait penser à Gotham City (vision Tim Burton, hein, pas Caca Nolan)



- Au chapitre des nuits new-yorkaises, passage au Webster Hall, censé être le night club le plus célèbre du monde. Je n'en avais jamais entendu parler, mais le moins que l'on puisse dire est que je ne suis pas très clubber. En tout cas, soulignons qu'accompagné de 4 jeunes femmes, un vilain en jean-tshirt-baskets dans mon genre peut rentrer dans la boîte la plus célèbre du monde. Visiblement ce genre de choses n'a pas trop changé depuis mon adolescence, même si à l'époque j'expérimentais plutôt le corollaire: à 4 mecs dont 2 arabes, même en chemise blanche et pantalon à pinces, c'est pas facile de rentrer.

Vous aurez deviné que pour une fois ce n'est pas Priscilla qui prend la photo. Cette doggy dance se passait sur la table près de laquelle je dansais, à environ 40cms de mon doux visage. A 23h30. Oui, ici, les soirées commencent plus tôt, donc les comportements que l'on voit en France à 4h du mat' (gros roulages de pelle, mimes de sodomies, doggy dances, vomis etc) sont monnaie courante avant minuit. Globalement, j'ai trouvé les ricains assez chauds bouillants en boîte (entre les miniskirts ras le pilou-pilou et les gros relouds à l'oeil suintant...).
Sinon, musique assez "commerciale" (en boîte pour moi, c'est un compliment) pour commencer avant de virer plus électro-underground (ce n'est pas un compliment). Il y avait un caveau rock mais les deux groupes live (un ersatz d'Evanescence et un groupe punk-fusion) étaient malheureusement bof.
Je dois dire qu'au bout de 2-3h, je m'emmerde en boîte, et visiblement ça ne s'améliore pas avec l'âge.


- Expérience plus spirituelle à Harlem avec une messe gospel. Je suis un mécréant, mais je trouve toujours la liturgie intimidante, dans un sens positif. Ici il y avait en plus un côté doux-amer très émouvant: joie de la musique, tristesse de certaines paroles, et même si Harlem n'est plus un quartier aussi défavorisé qu'il y a 20 ans, on sent bien que ça ne doit pas être la fête tous les jours: malgré tout, une foi immense et de beaux messages. 
Franchement à faire, avec deux choix possibles: soit la messe dans l'une des deux-trois églises "appeaux à touristes" où on vous regardera moins de travers si vous mitraillez avec votre Nikon, mais ça perd un peu en authenticité. Soit aller dans église au hasard, mais là les gens ne sont pas très contents si vous faites votre touriste bourrin de base, ce qui peut se comprendre. 

Priscilla n'a  pas pu résister et a "volé" quelques photos: maintenant, c'est elle qui a honte d'avoir perturbé la cérémonie et c'est moi qui montre les photos. 


- Retour à Washington: désolé, mais si le Capitole ne symbolise pas un nibard géant...


- Et puis, aujourd'hui 16 octobre, premières neiges dans le Massachusetts. Bientôt, ça ressemblera de nouveau à ça... J'ai hâte.


- Pour conclure, une photo qui n'a pas été prise au fond de l'Alabama, mais à Boston. Ok, quand y a du vent, on voit plus grand chose dans le rétro. Mais on n'a pas à se cacher d'être patriote, bordel.


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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 16:55

Emploi du temps chargé, donc petit break photo, ça ne mange pas de pain.

- L'automne dans le New England, c'est beau. Dommage que ça ne dure que quelques semaines (cette année: 2).


- Fenway Park, un stade mythique. Le temple du base-ball, c'est un peu pour un français ce que le Stade Vélodrome est pour un américain (le Yankee Stadium à NYC serait le Parc des Princes): LE stade représentatif d'un sport dont on n'a rien à battre.
C'était le dernier match de la saison régulière, 3 matchs plus tard les Boston Red Sox étaient éliminés des play-offs...


David Big Papi Ortiz à la batte.

Le "closer" des Sox, Papelbon, s'échauffe... 3 matchs plus tard, il annihilait les derniers espoirs de son équipe...

- Washington, une ville musée assez étrange. Un peu comme si la moitié de Paris ressemblait au 7ème: des bâtiments historiques, politiques, des musées, des hôtels, peu de vie à part les touristes, le tout sur au moins 10km2... Pour voir des "vrais gens", il faut aller à Georgetown, par exemple.

Forrest n'était pas là cette fois


- Nouveau passage à NYC, avec l'attraction phare que nous n'avions pas fait avant. Vive la France.


Et puis le symbole de la ville, qui continue à me fasciner, le bien-nommé Interceptor (dont on se demande ce qu'il peut bien intercepter: à cause des embouteillages, un piéton ou un vélo a probablement un sacré avantage. En cas de circulation fluide, à moins que ça ne cache bien son jeu, je vois mal la chose courser une Mustang et ses 600 chevaux...)


C'est tout pour l'instant: dans une série à venir, le Webster Hall, une messe gospel, que sais-je encore?


La plupart des photos sont copyright Priscilla.
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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 16:13
Le système de santé français n'est pas toujours aisé à comprendre, mais le système américain est bien pire - et en plus il ne fonctionne absolument pas. C'est d'ailleurs là qu'est, en partie, le drame: qu'un expatrié n'y pige rien, ce n'est à la limite pas trop grave. Mais qu'une bonne partie de la population autochtone soit dans le même cas...

J'ai lu récemment dans l'édition du mois de septembre de Rolling Stone (l'équivalent américain des Inrocks, ze magazine qu'il faut lire pour être au top niveau "unique taste of millions") un article très intéressant de Matt Taibbi, un journaliste politique engagé (à gauche), sur la réforme de ce système, qui embarrasse très fort Barack actuellement. Un article, orienté politiquement mais très didactique, qui a largement éclairé ma lanterne, et qui je l'espère contribuera à éclairer la vôtre si tant est que le sujet vous intéresse.

Bon, quelques mises au point pour commencer: de même que les Américains vivent avec le cliché* qu'en France se soigner est gratuit (alors qu'un prorata est prélevé sur les salaires, que les remboursements sont forfaitaires et que nous avons aussi des mutuelles complémentaires), les Français sont persuadés que le système de santé est totalement privatisé aux US. Ce n'est pas tout à fait vrai: les plus démunis bénéficient d'une couverture "minimale" assurée par le gouvernement (Medicaid), ainsi que les personnes âgées (Medicare). Le reste de la population, en fonction de ses moyens, fait appel à des assureurs privés, dont les plans de couverture sont en général hors de prix (ou alors ils ne couvrent rien), et qui peuvent légitimement refuser d'assurer qui ils veulent, pour des raisons financières mais aussi pour des raisons de santé "préexistante".
Ce sont donc les basses classes moyennes, ne bénéficiant pas des aides gouvernementales - chaque Etat fixant son propre seuil de pauvreté, voir plus bas- et trop pauvres pour se payer une assurances privée, qui se retrouvent le bec dans l'eau. On estime le nombre des personnes sans assurance à 45 millions, soit quasiment 15% de la population.
Le système américain est en fait un gouffre financier (18% du PIB, contre 11% pour notre si "chère" sécu - chiffres tirés d'un article du Monde), notamment parce que les personnes non assurées, ne pouvant se payer un docteur (dans les 500$ la consultation chez le généraliste), "attendent" d'être gravement malades avant d'aller se faire soigner aux urgences. Le coût du traitement est alors surmultiplié, puis l'Etat finit par régler la facture (le particulier ne pouvant pas rembourser). 

Ca c'est la base de la situation. Maintenant, pour mieux comprendre un certain nombre de "détails" ainsi que les enjeux de la réforme et où nous en sommes, voici une version raccourcie de l'article vaguement modifiée par mes soins pour en conserver la cohérence: c'est un peu long, en anglais et nécessite de l'attention. Je souligne ou surligne les passages, selon moi, clefs.
Et à la fin, un résumé, forcément réducteur.

"

The US health care system doesn't work for anyone. It cheats patients and leaves them to die, denies insurance to 47 million Americans, forces hospitals to spend billions haggling over claims, and systematically bleeds and harasses doctors with the specter of catastrophic litigation. [It doesn't even work for insurance-companies]: they see their profits sapped by millions of customers who enter the system only when they're sick with incurably expensive illnesses.

 

The game in health care reform has mostly come down to whether or not the final bill will contain a public option — i.e., an option for citizens to buy in to a government-run health care plan. Because the plan wouldn't have any profit motive it would automatically cost less than private insurance. Once such a public plan is on the market, it would also drive down prices offered by for-profit insurers.
Here's where we are right now: Before Congress recessed in August, four of the five committees working to reform health care had produced draft bills. The only committee that didn't finish a bill is the one that's likely to matter most: the Senate Finance Committee, chaired by Max Baucus, a right-leaning Democrat from Montana who has received $2,880,631 in campaign contributions from the health care industry. Whether or not there will be a public option in the end will likely come down to Baucus. The early indications are that there is no public option in the Baucus version.

Even worse, Baucus has set things up so that the final Senate bill will be drawn up by six senators from his committee:  three Republicans (Chuck Grassley of Iowa who has received $2,034,000 from the health sector, Olympia Snowe of Maine, 756,000$, Mike Enzi of Wyoming, 627,000$) and three Democrats (Baucus, Kent Conrad of North Dakota, Jeff Bingaman of New Mexico). This is what the prospects for real health care reform come down to — whether one of three Republicans from tiny states with no major urban populations decides to forsake forever any contributions from the health-insurance industry.


But the Congress has also sabotaged the bill long before it even got to Baucus' committee. To do this, they used a five-step system of subtle feints and legislative tricks to gut the measure until there was nothing left.


1. Heading into the health care debate, the main idea was a single-payer system. Used by every single developed country outside the United States, single-payer allows doctors and hospitals to bill and be reimbursed by a single government entity. In America, the system would eliminate private insurance, while allowing doctors to continue operating privately.

There are currently more than 1,300 private insurers in this country, forcing doctors to fill out different forms and follow different reimbursement procedures for each and every one. This drowns medical facilities in idiotic paperwork and jacks up prices: Nearly a third of all health care costs in America are associated with wasteful administration. Fully $350 billion a year could be saved on paperwork alone if the U.S. went to a single-payer system.

But even though the Democrats enjoy a political monopoly and could have started from a very strong bargaining position, they chose instead to concede at least half the battle before it even began: they agreed to back down on single-payer and tried to push for a strong public option — a sort of miniversion of single-payer, a modest, government-run insurance plan that would serve as a test model for the real thing.


2. Once single-payer was off the table, the Democrats lost their best bargaining chip, rather than being in a position to use the fear of radical legislation to extract concessions from the right.

The situation was made worse as the flagging economy ate away at Obama's political capital. Polls showed the percentage of "highly engaged" Democrats plummeting, while the percentage of "highly engaged" Republicans — inspired by scare stories from Rush Limbaugh and Sarah Palin about socialized medicine and euthanasia — rose rapidly. Democrats, who on the morning after Election Day could have passed a single-payer system without opposition, were now in a desperate hurry to make a deal.

The public option is hardly a cure-all. But the basic idea of the public option is sound enough: create a government health plan that citizens could buy through regulated marketplaces called insurance "exchanges" run at the state level. Simply by removing the profit motive, the government plan would be cheaper than private insurance. The logic behind the idea was so unassailable that its opponents often inadvertently found themselves arguing for it.
But conservative opponents of the plan expressed concern that doctors in the public option "must be fairly reimbursed at negotiated rates, and their participation must be voluntary". They wanted (and obtained) compensation rates for doctors to be jacked up, on the government's tab. In the end, the bill required the government to negotiate rates with providers, ensuring that costs would be dramatically higher.
In one fell swoop, the public plan went from being significantly cheaper than private insurance to costing, well, "about the same as what we have now," as one Senate aide puts it. This was the worst of both worlds, the kind of take-the-fork-in-the-road nonsolution that has been the peculiar specialty of Democrats. The party could now sell voters on the idea that it was offering a "public option" without technically lying, while at the same time reassuring health care providers that the public option it was passing would not imperil the industry's market share.


3. Given that five different committees are weighing five different and often competing paths to reform, it's not surprising that all sorts of bizarre crap winds up buried in their bills, stuff no one could possibly have expected to be in there. 
One example: allow the makers of complex drugs known as "biologics" to keep their formulas from being copied by rivals for 12 years — twice as long as the protection for ordinary pharmaceuticals.
Another favor to industry buried in the bills involves the issue of choice: Democrats have been careful to make sure that a revamped system would not in any way force citizens to give up their existing health care plans.
There's a flip side, though: If your employer offers you acceptable care and you reject it, you are barred from buying insurance in the insurance "exchange." In other words, you must take the insurance offered to you at work. And that might have made sense if employers actually had to offer good care. But actually there is no real requirement for employers to provide any kind of minimal level of care. On the contrary, employers who currently offer sub-par coverage will have their plans protected by this clause.
This clause has potentially wide-ranging consequences. One of the biggest health care problems we have in this country is the technique used by large employers —Walmart is the most notorious example — of offering poor health insurance that forces employees to take on steep co-pays and other massive charges. Low-wage workers currently offered these plans often reject them and join Medicaid, effectively shifting the health care burden for Walmart employees on to the taxpayer. If the clause survives to the final bill, those workers who did the sensible thing in rejecting Walmart's employer plan and taking the comparatively awesome insurance offered via Medicaid will now be rebuffed by the state and forced to take the Walmart offering.

Veteran legislators speak of this horrific loophole as if it were an accident — something that just sort of happened, while no one was looking.

4.
From the start, Obama acted like a man still running for president, not someone already sitting in the White House, armed with 60 seats in the Senate. At no time has he come out and said what he wants Congress to do, in concrete terms. Eight months after being elected president of the United States is too early to have an opinion on an issue that Obama himself made a central plank of his campaign?
This is a crystal-clear example of how the Democratic Party likes to act — showering a real problem with a blizzard of ineffectual decisions and verbose nonsense, then stepping aside at the last minute to reveal the true plan that all along was being forged off-camera in the furnace of moneyed interests and insider inertia.
No single-payer system, no meaningful public option, no meaningful employer mandates and a very meaningful mandate for individual consumers.
In other words, the only major reform would be the one forcing everyone to buy some form of private insurance, or suffer a tax penalty. If things go the way it looks like they will, health care reform will simply force great numbers of new people to buy or keep insurance of a type that has already been proved not to work.

5. The bill alone is 1,017 pages long and contains countless inscrutable references to other pieces of legislation. There are five different versions of this creature, each with its own nuances and shades, and reconciling the costs of each of the five plans looks like a pretty difficult task.
For instance: All five of the bills envision a significant expansion of Medicaid. As it stands, Medicaid awards benefits according to a jumbled series of state-by-state criteria. Some states, like Vermont, offer Medicaid to citizens whose income is as high as 300 percent of the federal poverty level, while others, like Georgia, only offer Medicaid to those closer to or below the poverty level.

The House plan would expand Medicaid eligibility to automatically include every American whose income is 133 percent of the poverty level or less. For those earning somewhat more — up to 400 percent of the poverty level — federal subsidies would help pay for the cost of a public or private plan purchased via the insurance "exchanges." That worries state governments, which currently pay for almost half of Medicaid — and which are already seeing their Medicaid rolls swelled by the economic meltdown. A massive surge in new Medicaid members — as many as 11 million Americans under the current proposals, according to the Congressional Budget Office — might literally render many big states insolvent overnight.

By blowing off single-payer and cutting the heart out of the public option, the Obama administration robbed itself of its biggest argument: that health care reform is going to save a lot of money.

To recap: First, they gave away single-payer apparently as a bargaining chip to the very insurers mostly responsible for creating the crisis in the first place. Then they watered down the public option so as to make it almost meaningless, while simultaneously beefing up the individual mandate, which would force millions of people now uninsured to buy a product that is no longer certain to be either cheaper or more likely to prevent them from going bankrupt. The bill won't make drugs cheaper, and it might make paperwork for doctors even more unwieldy and complex than it is now. PhRMA [Pharmaceutical Research and Manufacturers of America] which last year spent more than $20 million lobbying against health care reform, is now gratefully spending more than seven times that much on a marketing campaign to help the president get what he wants.

It is a fight to the finish now between Really Bad and Even Worse.

Then again, it's more than a little conspicuous that the same electorate that poured its heart out last year for Obama has not been seen much in this health care debate. The handful of legislators who are fighting for something real should be doing so with armies at their back. Instead, all the noise is being made on the other side. Republicans, at least, understand that politics is a fight that does not end with the wearing of a T-shirt in November.

Matt Taibbi
"


Bref, un savant mélange comprenant les ingrédients suivants:
- quelques petites lâchetés de politiciens qui veulent se fâcher avec personne, pensent plus à leur réélection et/ou leur porte-monnaie (de Obama à certains Congressmen impliqués dans la réforme), et beaucoup de concessions trop faciles, au niveau du plan de couverture universelle par l'Etat fédéral et du système de paiement des frais de santé (concession aux Républicains et aux compagnies d'assurance privées). 
- un bon gros lobbying, de ces mêmes compagnies d'assurance et des industries pharmaceutiques qui ont arrosé à qui mieux mieux.
- beaucoup de contre-vérités de la part des "right-wing conservative" (et des lobbies) et d'ignorance de la part du public ricain moyen qui voit dans toute intervention de l'Etat le spectre des goulags et une atteinte à sa liberté de crever dans sa caravane.
- un mauvais timing et trop de tergiversations de la part du camp Démocrate.
- une machine à légiférer qui envoie de la rillette (1000 pages sans les petites notes et exceptions) pour accoucher d'un bon gros paquebot impossible à manier.
- un soutien populaire qui s'arrête au port de T-shirts et aux bumper stickers à l'effigie d'Obama.
va sûrement conduire à une réforme qui ne sera qu'une réformette: elle coûtera cher, ne déplaira pas aux assureurs privés et aux compagnies pharmaceutiques, permettra au Parti Démocrate de se la jouer sauveur sans que les Républicains ne perdent vraiment la face, et surtout ne changera pas grand'chose au quotidien pour les malades.

Le point le plus important, que l'Etat devienne LA centrale de paiement, notamment pour diminuer les coûts liés aux formalités administratives propres aux 1300 assureurs privés, a été retirée de la table des négociations avant même qu'elles ne débutent: trop socialiste, trop contre la libre entreprise.
La deuxième idée, celle d'une couverture universelle proposée par l'Etat, beaucoup moins chère que les couvertures privées parce que n'ayant pas pour but d'amener des bénéfices, risque d'être vidée de sa substance. Elle existera bien, mais sera probablement d'un prix quasi-similaire à celui des assurances privées.
Du coup, quoi de neuf: une nouvelle taxe pour obliger les non-assurés à le faire...
Quand on n'a pas trop d'idées ou de couilles pour vraiment changer les choses, une petite taxe fait souvent l'affaire.

Finalement, la politique américaine, c'est pas très différent de la nôtre... (voyez la taxe carbone).

Obama a donné un discours paraît-il incisif il y a une dizaine de jours, cela changera-t-il la donne? A suivre cet automne.

(pour l'article entier: http://www.rollingstone.com/politics/story/29988909/sick_and_wrong/1)



* Pour lire quelques "clichés" (ou semi-vérités) sur le système français, voir par exemple cet article du Washington Post (avec interviews de Marseillais en sus) au demeurant pas inintéressant
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/09/22/AR2009092204289.html?hpid=topnews&sid=ST2009092204354

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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 00:18
Un article récent m'a fait hausser les sourcils, signe chez moi d'un étonnement de premier ordre:
http://www.boston.com/bostonglobe/ideas/articles/2009/09/13/why_capitalism_fails/?p1=Well_MostPop_Emailed1


Pour ceux qui n'iraient pas lire l'article, ça s'appelle "Why capitalism fails" (en VF, "pourquoi le capitalisme s'effondre"), et c'est un article du Boston Globe de dimanche dernier, basé sur les travaux d'un obscur économiste des années 80, Minsky.
Le Boston Globe n'est pas la référence qu'est le New-York Times, mais appartient au même groupe, est le premier quotidien de la Nouvelle-Angleterre avec un tirage d'environ 500000 exemplaires, et a reçu 18 Pulitzer depuis son lancement en 1872: bref, c'est un journal sérieux, très ancré démocrate (mais un démocrate, ça croit à l'économie de marché et à la libre entreprise), comme à peu près toute la Nouvelle-Angleterre. J'en donne quelques extraits plus bas.

Si même les américains commencent à se poser ce genre de questions (ou pire encore, à admettre ce postulat comme un état de fait et à en chercher les raisons), ça veut soit dire:
- que c'est vraiment la fin.
- que "ça" va changer bientôt...

Je pencherais pour la première solution, mais je garde un peu d'espoir pour la seconde. En attendant, je vais peut-être essayer de trouver le bouquin de Minsky.


Extraits de l'article:
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Hyman Minsky is a hitherto obscure macroeconomist who died over a decade ago. Many economists had never heard of him when the crisis struck, and he remains a shadowy figure in the profession. But lately he has begun emerging as perhaps the most prescient big-picture thinker about what, exactly, we are going through. A contrarian amid the conformity of postwar America, an expert in the then-unfashionable subfields of finance and crisis, Minsky was one economist who saw what was coming. He predicted, decades ago, almost exactly the kind of meltdown that recently hammered the global economy.

In recent months Minsky’s star has only risen. Nobel Prize-winning economists talk about incorporating his insights, and copies of his books are back in print and selling well. He’s gone from being a nearly forgotten figure to a key player in the debate over how to fix the financial system.

But if Minsky was as right as he seems to have been, the news is not exactly encouraging. He believed in capitalism, but also believed it had almost a genetic weakness. Modern finance, he argued, was far from the stabilizing force that mainstream economics portrayed: rather, it was a system that created the illusion of stability while simultaneously creating the conditions for an inevitable and dramatic collapse.

Minsky called his idea the “Financial Instability Hypothesis.” In the wake of a depression, he noted, financial institutions are extraordinarily conservative, as are businesses. With the borrowers and the lenders who fuel the economy all steering clear of high-risk deals, things go smoothly: loans are almost always paid on time, businesses generally succeed, and everyone does well. That success, however, inevitably encourages borrowers and lenders to take on more risk in the reasonable hope of making more money. As Minsky observed, “Success breeds a disregard of the possibility of failure.”

As people forget that failure is a possibility, a “euphoric economy” eventually develops, fueled by the rise of far riskier borrowers - what he called speculative borrowers, those whose income would cover interest payments but not the principal; and those he called “Ponzi borrowers,” those whose income could cover neither, and could only pay their bills by borrowing still further. As these latter categories grew, the overall economy would shift from a conservative but profitable environment to a much more freewheeling system dominated by players whose survival depended not on sound business plans, but on borrowed money and freely available credit.

Once that kind of economy had developed, any panic could wreck the market. The failure of a single firm, for example, or the revelation of a staggering fraud could trigger fear and a sudden, economy-wide attempt to shed debt. This watershed moment - what was later dubbed the “Minsky moment” - would create an environment deeply inhospitable to all borrowers. The speculators and Ponzi borrowers would collapse first, as they lost access to the credit they needed to survive. Even the more stable players might find themselves unable to pay their debt without selling off assets; their forced sales would send asset prices spiraling downward, and inevitably, the entire rickety financial edifice would start to collapse. Businesses would falter, and the crisis would spill over to the “real” economy that depended on the now-collapsing financial system.

Minsky’s solution was radical and less palatable politically. Minsky argued for a “bubble-up” approach, sending money to the poor and unskilled first. The government should become the “employer of last resort,” he said, offering a job to anyone who wanted one at a set minimum wage. It would be paid to workers who would supply child care, clean streets, and provide services that would give taxpayers a visible return on their dollars. Such a program would not only help the poor and unskilled, he believed, but would put a floor beneath everyone else’s wages too, preventing salaries of more skilled workers from falling too precipitously, and sending benefits up the socioeconomic ladder.

While economists may be acknowledging some of Minsky’s points on financial instability, it’s safe to say that even liberal policymakers are still a long way from thinking about such an expanded role for the American government. If nothing else, an expensive full-employment program would veer far too close to socialism for the comfort of politicians.
"

En bref, il semble que du gros bon sens et un peu d'anthropomorphise appliqué au système capitaliste (confiance et arrogance sont des sentiments proches l'un de l'autre, et plus on a avec raison confiance en soi parce que tout réussit, plus on est susceptible de devenir arrogant et de finir par échouer) ait suffi à Minsky pour "deviner" très précisément ce qui allait se passer.
L'économie en tant que science ressemblant à mon goût tout de même un peu à la technique dite du doigt mouillé, il se peut qu'il ait simplement été chanceux, ou le seul mec un peu pessimiste au milieu de gars qui ne sentaient plus pisser après 30 ans à se gaver. 
Mais il se peut aussi bêtement qu'il ait vraiment tout compris, et que donc sa solution marche aussi. Malheureusement, c'est une solution "socialiste" donc autant dire que c'est pas demain qu'elle sera mise en oeuvre.

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