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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 19:36
Au moment où j'écris ces lignes, je ne sais pas si je mettrai cet article dans la catégorie "L'Amérique" ou dans celle intitulée "C'est bon de rire parfois".

Bon, je suis un peu fainéant, donc ce sera avant tout du copié-collé d'articles lus ici et la.

Pour résumer, les lois visant à la protection de l'enfance sont aux USA extrêmement préventives et puissantes. Principalement, il existe des fichiers listant tous les criminels sexuels, consultables publiquement, qui permettent à une famille inquiète de vérifier que le monsieur qui bave dès qu'il voie fifille et qui habite en face n'a pas déjà été condamné pour touche-pipi.
Comme ça, ça a l'air bien.
Malheureusement, comme souvent, le système a ses effets pernicieux. Ainsi, certains Etats un poil rétrogrades ou politiques un rien démagogues en font des caisses et jouent avec les peurs primitives des parents, de telle sorte qu'aujourd'hui, plus de 650000 personnes se retrouvent sur les dits registres. Or, sur ces 650000 personnes, il n'y a pas que des Marc Dutroux, loin de là (voir exemples ci-dessous).
Le problème est alors double: la vie de ces gens est, pour faire simple, à peu près foutue. Ostracisés par la loi, condamnés à vie à la vindicte populaire, ils courent un risque assez grand de se faire tabasser, de perdre leur boulot, ou même de se faire lyncher. Et la vie des policiers devient dans le même temps très compliquée, puisqu'ils doivent passer un temps fou à essayer de faire un distinguo entre une personne condamnée à 17 ans pour avoir sucé son petit copain de 16 ans dans un Etat où les relations sexuelles consenties entre mineurs étaient interdites jusqu'en 2006, et un bon vieux violeur-tueur: sur les 17000 délinquants du registre Géorgien, seul un millier sont considérés très dangeureux, et environ 10000 ont été condamnées pour des faits aussi crétins que ceux présentés ci-dessous...

Quelques exemples rigolos (si on veut) donc:
- En 1996, Wendy W., joli brin de fille de 150 kilos pour 1m50, avait 17 ans. Un jour, en classe, le professeur éteint la lumière pour y diffuser une vidéo, et son voisin lui propose de profiter du noir pour lui faire une fellation. Le garçon allait avoir 16 ans - probablement l'âge de la "majorité sexuelle" dans l'Etat- trois semaines plus tard…

Wendy Whitaker fut donc accusée de “sodomy” (en Géorgie, état qui rigole pas trop avec la braguette, et dans le cadre de la loi, c'est le terme générique pour désigner les comportements sexuels déviants, i.e. en gros tout ce qui n'est pas la position du missionnaire lumières éteintes le samedi soir). Wendy a rencontré son avocat 5 minutes avant l’audience. Il l’a incitée à plaider coupable. Elle ne comprenait pas trop ce qui lui arrivait.

Wendy a été condamnée à 5 ans de prison avec sursis, et a été incarcérée un an. Elle est inscrite au registre des délinquants sexuels, de Georgie, consultable sur l’internet, où n’importe qui peut trouver son nom, sa photographie et son adresse, ainsi que le motif de sa condamnation: il y est inscrit “sodomy“, sans autre explication.

Du fait de son inscription dans le registre, Wendy n’a pas le droit d’habiter ni de travailler à moins de 300 mètres de tout endroit susceptible d’accueillir des enfants (écoles, parcs, bibliothèques, piscines…).

140 villes ont porté cette distance à 750 mètres. A Miami, une centaine de délinquants sexuels ont ainsi été contraints de se réfugier sous un pont, parce qu’ils ne peuvent pas vivre ailleurs.

Jusqu’à récemment, il était également interdit aux personnes figurant dans le registre d’habiter près d’un arrêt de bus, ce qui ne revenait à interdire aux personnes fichées d’habiter dans quelque agglomération que ce soit.

Cette interdiction a finalement sauté, mais, et après avoir acheté une maison avec son mari, un juge a découvert que l’église de son quartier accueillait occasionnellement une garderie, et elle a été contraint à déménager. Son mari a perdu son emploi dans la foulée.

Pourtant, ce qu’a fait Wendy n’est plus considéré comme un crime en Georgie : en 1998, une cour de justice a finalement autorisé les fellations (qui étaient interdites, même entre époux), et depuis 2006, les relations sexuelles entre adolescents consentants ne sont plus traitées comme des crimes. Mais la loi n’est pas rétroactive.

- Dans cinq états, le simple fait d’aller voir une prostituée suffit à y être fiché, tout comme le fait d’uriner en public, dans 13 d’entre-eux, et 29 y inscrivent également les adolescents ayant eu une relation sexuelle consentie avec un autre adolescent.

On y trouve même des personnes qui, depuis, se sont mariées avec celle ou celui avec qui ils avaient eu des relations sexuelles consenties, mais qui, prohibées par la loi, leur avaient valu d’être condamnées.

Mais aussi des adolescents qui, parce qu’ils ont reçu, ou envoyé, des “sextos” d’eux nus à leur petit(e) ami(e), y ont été condamné pour “pédo-pornographie“.

On y trouve également des parents accusés de complicité pour avoir autorisé leur adolescent, mineur, à faire l’amour: Janet Allison was found guilty of being “party to the crime of child molestation” because she let her 15-year-old daughter have sex with a boyfriend. The young couple later married. But Ms Allison will spend the rest of her life publicly branded as a sex offender.

Bon, c'est pas tout ça, je ne sais toujours pas où ranger mon article... "L'Amérique" quand même, parce qu'il y a des fois où vraiment je me dis que c'est un beau pays dont on a raison d'essayer de nous imposer le modèle.

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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 15:43

Je reviens sur ma série d'articles qui avait déclenché les passions, en m'attardant cette fois-ci sur les comportements hors du terrain des sportifs aux USA.

Amateurs de sport, vous avez sûrement plus d'une fois pensé de sportifs qu'ils étaient, en dehors du terrain où leurs talents s'exprimaient, complètement crétins, vulgaires ou immatures, et même généralisé cette opinion.
Vous avez ri, pleuré ou simplement soupiré en entendant Piquionne comparer sa situation contractuelle à de l'esclavage, en suivant les jérémiades et blessures diplomatiques de Ribéry pour aller au Real, en écoutant les justifications de Richou Gasquet concernant sa prise de coke, en suivant les frasques de Ronaldinho en boîte, etc.
Vous avez peut-être même corrélé le degré de débilité du sportif au niveau de professionalisme (i.e. notamment la quantitié de pognon impliquée) de son sport: l'exemple le plus frappant de ce lien est à mon sens le rugby. Le rugby en effet, est devenu professionnel récemment, il y a environ une dizaine d'années. La transformation s'est effectuée assez rapidement, et, outre les métamorphoses physiques spectaculaires associées, on voit désormais de plus en plus des néo-pros préparés depuis leur plus tendre enfance dont on peut entendre les rouages neuronaux crisser dès qu'ils doivent aligner trois mots. Bref, c'est presque fini le bon temps des humanistes rugbymen, des médecins ou avocats qui vous faisaient passer une interview pour du Audiard: Michalak a l'air largement aussi bourrin que Rothen, et je ne parle même pas de la rocambolesque affaire Bastareaud...

Mais si vous n'avez pas vécu aux USA, ou si vous ne suivez pas attentivement la NFL, la NBA ou la MLB, vous n'avez rien vu. Eh oui, les Etats-Unis restent le pays de la démesure, dans le meilleur comme dans le pire.
Quelques exemples au hasard:
- Michael Vick, une star montante de la ligue de football il y a quelques temps, vient de sortir de taule où il a passé presque trois ans pour avoir pratiqué dans sa cave des combats de pittbulls à mort, avec paris clandestins...
- Il va être remplacé en taule, la aussi pour deux ans, par Plaxico Burress, artisan majeur du SuperBowl gagné par les New-York Giants en 2007. Qu'a-t-il fait? Tenez-vous bien.
Il se baladait dans un établissement de nuit à New-York avec un flingue dans son survêt'. En voulant l'attraper pour une raison x ou y, il a par inadvertance appuyé sur la détente et s'est shooté la cuisse (sans gravité). Trimballer un flingue en boîte suffisait pour l'inculper, mais plus grave encore il n'avait pas de port d'armes valide...
- Il a failli être rejoint par Adam Pacman Jones, autre joueur de NFL, impliqué dans une fusillade à la sortie d'un club de strip-tease de Las Vegas où il avait été remarqué pour avoir jeté dans la foule 10000$ en billets de 1$. 
- Moins tragi-comique, je ne voudrais pas oublier de mentionner Brett Favre. Favre est l'un des meilleurs quaterbacks de l'histoire, qui, jusqu'en 2008, avait en plus la réputation du gendre idéal et du sportif fidèle à ses couleurs, celles des Green Bay Packers (chose encore plus rare aux US que chez nous) ou il a passé 17 ans. A la fin de la saison 2008, à 37 ans, âge plus que respectable surtout en NFL, il annonce sa retraite sportive, et sa carrière glorieuse (il possède quasiment tous les records personnels pour un quaterback, plus un titre de champion) va le conduire tout droit au Hall of Fame. Las, trois mois plus tard, il déclare qu'il a envie de revenir: malheureusement Green Bay avait pris acte de sa première décision et commencé à former son successeur - l'entraînement a déjà repris-. Le manager décide de ne pas changer d'avis. Brett Favre fait jouer les violons, joue au martyr à qui l'on refuse ce qui lui est simplement dû et finit par signer chez les New-York Jets où il réalise une saison moyenne, terminant notamment par quatre matchs catastrophiques qui coûtent les play-offs à son équipe. Quelques uns de ses partenaires le critiquent dans la presse pour son attitude de diva, et il reprend sa retraite à la fin de la saison 2009, il y a quatre mois. Après s'être fait opérer d'un tendon de son bras de lancer, il déclare que finalement il reconsidère un nouveau comeback. Il est alors contacté par les Minessota Vikings, l'"archrival" des Packers (ce que Barcelone est au Real Madrid, Liverpool à ManU, Galatasaray à Fenerbahce etc). Suite à une première visite, il annonce que finalement non, son bras n'est pas suffisamment rétabli. Puis finalement, cette semaine, alors que l'entraînement a une fois encore déjà repris, il signe avec les Vikings, poussant sur le banc les deux quaterbacks qui avaient commencé la présaison, et s'aliénant un bon paquet de ses anciens fans.
Niveau "drama queen", admettez que les atermoiements de Ribéry, à côté, c'est de la roupie de sansonnet.  

Je n'ai ici que mentionné quelques exemples de comportements affligeants en me focalisant sur la NFL: j'aurais pu également rappeler le cas O.J. Simpson, entre meurtres présumés et braquages à main armée, ou encore l'histoire de Charles Rogers. En NBA, on peut citer l'affaire Kobe Bryant et sa confession publique (un viol présumé et un adultère avoué), LeBron James faisant disparaître avec l'aide de Nike les vidéos où on le voit se faire dunker sur la tête par un lycéen lors d'un camp d'été, la bagarre générale (i.e. impliquant les joueurs ET le public) lors d'un match Detroit-Indiana il y a quelques années, Paul Pierce qui se fait poignarder dans un bar douteux etc. En MLB, je pense au transfert houleux de Manny Ramirez des Red Sox aux Dodgers, à l'affaire Alex Rodriguez-Madonna, aux photos compromettantes de Josh Hamilton etc.

Pour reprendre mon argumentaire sur le lien entre sport professionnel, sommes impliquées, et degré de débilité du sportif moyen, quelques données:
- Aux US, comme je l'ai déjà souligné, le sport universitaire est aussi populaire que le sport pro. Et même au niveau lycée ou avant, même s'ils ne sont pas encore payés, il n'est pas rare d'avoir des retransmissions sur ESPN et des stades de plusieurs milliers de personne. Bref, même si la plupart des fédérations exigent maintenant au minimum un an de fac avant que les jeunes joueurs puissent être recrutés, de facto les jeunes sportifs sont dans le bain du professionnalisme très tôt: même s'ils sortent avec un diplôme, c'est à mon avis autre chose que le "sports-études" à la française en terme de ratio quant à la pratique des deux activités. Bon, intelligence, maturité et éducation ne sont pas forcément liés, mais avoir étudié et mené une vie "normale" jusqu'à 16-18 ans c'est toujours mieux que jusqu'à 12-14.
- D'autre part, un bon joueur de base-ball gagne 1 million par mois, un bon joueur de basket environ 500000$ et probablement dans les mêmes eaux pour un footballeur. Pour les stars, ça monte à 2 millions et plus, quant aux quiches elles touchent quand même dans les 40000.
En France, le salaire moyen d'un footballeur de L1, le sport le mieux payé, est il me semble dans les 20000 euros mensuels, les meilleurs 10 fois plus. Si l'on sort de France, Cristiano Ronaldo, de loin le joueur de foot le mieux payé du monde, est le seul qui peut rivaliser avec les sommes américaines (1,5 million d'euros), même des joueurs comme Messi ou Kaka touchent presque 2 fois moins. Ne parlons pas des rugbymen, encore moins des handballeurs, volleyeurs ou autres basketteurs.
- Si le base-ball est un sport relativement "bourgeois", le basket ou le football c'est un peu l'eldorado des jeunes ghettoïsés. Mais voila, si un mec de 20 ans, qui a arrêté l'école à 14, se met à gagner 1 million de dollars mensuels et a gardé ses relations et son comportement du ghetto, ça peut facilement donner Pacman Jones. Vous me direz que c'est un peu pareil avec le foot et les banlieues chaudes, mais là encore, au risque de froisser la fierté nationale, les gangs de L.A., c'est autre chose que les frappes de Saint-Denis...

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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 17:28
L'un des joueurs les plus emblêmatiques des Red Sox, l'équipe de baseball elle-même emblêmatique de Boston, David "Big Papi" Ortiz, vient de voir sa légende écornée: un résultat anti-dopage positif datant de 2003 a récemment fait surface.
Il faut savoir qu'avant 2003, la MLB, la Ligue de baseball américaine, ne pratiquait pas de contrôles anti-dopage: devant l'explosion des statistiques et la mutation physique d'un grand nombre de joueurs, elle avait lancé une grande campagne de contrôles, censés être anonymes, pour déterminer s'il était nécessaire d'instaurer effectivement des tests anti-dopages systématiques.
Il se trouve que 104 joueurs se sont avérés être positifs, soit plus de 5% des contrôlés. Depuis 2004, la MLB a donc mis en place un programme anti-dopage (rien de bien méchant, on reste tout de même dans l'entertainment, donc il n'y a pas plus d'un ou deux contrôles par an et par joueur: quand on voit les méthodes de pointe du vélo, on se dit qu'il doit être facile de passer entre les gouttes).
Bref, pour revenir aux 104 joueurs positifs, "the List": ils n'ont jamais été suspendus et leurs noms n'étaient pas censés être révélés. Pour une raison x ou y, il y a depuis quelque temps des fuites régulières, principalement parmi les meilleurs joueurs ou ex-joueurs de la Ligue (Alex Rodriguez, Sammy Sosa...), le dernier en date étant donc David "Big Papi" Ortiz.

Ortiz ne sera jamais suspendu, le résultat n'apparaîtra même jamais de manière officielle, et de toute façon on ne sait pas -et on ne saura pas- à quoi il a été positif: cela peut-être à l'hormone de croissance comme à la caféine...
Pourtant, c'est un peu une affaire d'état ici, sans doute parce qu'une grande majorité des gens, à ma grande surprise, était persuadée que Big Papi n'était pas un tricheur. Oh, il y a bien quelques pisse-froids, journalistes un peu plus cyniques ou fans un peu plus désabusés que la moyenne, qui n'ont pas été vraiment surpris, mais beaucoup se sont sentis trahis. 
Or, considérons les faits: Ortiz était un joueur moyen des Minessota Twins, tellement moyen qu'ils ne l'ont pas resigné en 2002. Arrivé aux Red Sox, il se mue à presque 30 ans en joueur exceptionnel, explosant tous ses records de carrière en 2003, jusqu'à battre le record de home-runs par un joueur des Red Sox en une saison en 2005 (54). En regardant les photos, on s'aperçoit également qu'il semble devenu bien plus massif. Si l'on s'intéresse à ses stats plus en détail, on s'aperçoit que, d'un joueur qui faisait beaucoup de "doubles" (coup de batte qui permet d'avancer de deux bases), il est devenu un joueur qui fait beaucoup de home-runs: bref, il a assez subitement énormément gagné en puissance, ce qui, en plein dans la funeste "steroid era", aurait probablement du rendre le public un poil plus suspicieux.
Autre fait rigolo: en 2007, le "Mitchell Report", enquête officielle de la MLB au sujet du dopage, avait mis à jour une centaine de noms de joueurs dont on peut penser qu'elle n'était pas très éloignée de la liste de 2003. A une exception près: elle ne comportait aucun nom de joueurs de Red Sox sur cette période, uniquement des anciens joueurs qui n'évoluaient plus dans la franchise au moment des faits, contre une vingtaine de joueurs des rivaux New-York Yankees . Or, le-dit Mitchell faisait partie du directoire de ces mêmes Red Sox... Pourtant, une immense majorité des fans des Red Sox (la Red Sox Nation) a réellement cru ou voulu croire que leur équipe était pure et avait battu à l'eau claire en 2004 des Yankees tous chargés à l'hormone de croissance.

De façon plus générale, il me semble que cette histoire est symbolique de quelques traits de comportement typiquement américains:
- pour commencer, un grand respect et une inclination culturelle forte pour la présomption d'innocence, couplée d'ailleurs à une grande sévérité pour les coupables avérés, comme on peut le voir dans les "scandales politiques" en tout genre. En France, il me semble que comme tout le monde ou presque est complètement blasé, on pardonne plus vite, voire, plus grave, on finit par ne même plus s'indigner. "Oui, l'Elysée a commandé avec l'argent public des sondages 300000 euros à des potes alors qu'elle aurait pu les lire pour 1 euro dans le Figaro, bon ben c'est pas joli-joli mais pfff"
- également, une forte propension à croire à l'impossible et aux belles histoires: autre exemple, le cas Lance Armstrong, le "héros américain" qui revient d'entre les morts pour devenir le plus grand cycliste de l'Histoire. Pour revenir au "Mitchell Report", j'ai tendance à croire que des faits similaires auraient mis la puce à l'oreille ou au moins fait ricaner des fans européens... 
Je ne sais pas si je dois être admiratif de cette vision du Monde qui, j'en suis sûr, peut pousser au dépassement de soi, ou si je dois me gausser d'une telle naïveté qui amène les américains à respecter et à faire confiance à des imposteurs notoires au-delà de toute évidence (je ne parle pas que de sportifs ici). 

Pour terminer sur une touche moins philosophique, mais toujours en lien avec cette histoire, j'ai lu récemment un article des Cahiers du Football sur l'inutilité des journalistes sportifs, provocateur et plutôt rigolo. Je n'ai pu m'empêcher de penser que l'auteur ferait mieux de ne jamais venir vivre aux USA, où le phénomène du "parler de sport pour ne rien dire" est infiniment plus développé qu'en France, d'une part parce qu'il y a quatre sports majeurs, d'autre part parce que certains de ces sports ont une saison qui compte quasiment un match par jour. Donc, les "on refait le match", ce n'est pas une fois par semaine à minuit, mais une fois par jour dès la fin du match de baseball ou de basket. Depuis une semaine, je ne sais combien d'heures de discussion ont été perdues à imaginer ce que Big Papi allait dire pour sa défense ce samedi, et les implications potentielles de cette interview qui n'a pas encore eu lieu... Il y a également sur espn.com des colonnes quoitidiennes sur n'importe quoi touchant de près, ou parfois même de loin, au sport: j'ai un faible particuler pour celles de Bill Simmons, surnommé modestement "the sports guy", qui, tel un Pierre Ménès à la puissance 10, raconte tout et son contraire en un flux si torrentiel que tout le monde oublie au fur et à mesure les conneries qu'il a bien pu écrire quelques semaines auparavant. Ainsi, au sujet de David Ortiz, lorsque celui-ci, il y a quelques mois, avait connu une baisse de rendement inquiétante, il avait écrit, sur plusieurs pages, quelque chose qu'on peut résumer en "je ne pense pas que Big Papi soit dopé, je pense juste qu'il est fini parce qu'il est trop vieux". Deux mois plus tard, Ortiz revenait à des statistiques conformes à son statut, et encore un peu après, l'histoire du test positif apparaissait...
Mais, contrairement au journaliste des Cahiers du Football, c'est ça que j'aime bien dans le sport: quand on s'y intéresse et qu'on en parle, c'est un peu comme la politique. Quel que soit son degré d'éducation, sa connaissance du sujet, son intelligence, on en vient rapidement à exprimer des arguments similaires à ceux du pilier de PMU. Une humble preuve que nous appartenons tous à la même espèce, en quelque sorte.
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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 17:52
Aux US encore plus qu'en France me semble-t-il, le symbole de la réussite, l'idéal du vulgum pecus, c'est d'être propriétaire.
Et, si possible, là aussi de façon plus marquée qu'en France, d'être propriétaire d'un maison individuelle, avec un jardin.
Bref, de vivre à la campagne, ou dans les zones pavillonnaires de banlieue. De toute façon, hormis de très rares exceptions (New-York, Boston, San Francisco, un peu Chicago peut-être), les centre-villes sont des centres d'affaires et personne n'y vit (à part les hobos).

Cette introduction faite, j'en viens à ma remarque du jour, qui ne révolutionnera probablement pas la blogosphère, mais qui me semble suffisamment pertinente pour un vendredi de juillet:
Donc, tout américain qui a un tant soit peu réussi aura sa petite maison à lui, surtout dans la Pioneer Valley où on n'est pas trop confronté à des problèmes de surpopulation.
Ce qui m'interpelle, c'est que, malgré tout l'espace disponible, quasiment toutes ces maisons sont alignées le long des routes qui traversent la région. Quand je dis "alignées le long des routes", ce n'est pas une figure de style: les maisons sont vraiment construites à 5 mètres de la route.
Dans cet ordre: route, maison, jardin.
Connement, de mon point de vue de néophyte - je suis un pur citadin - j'aurais pensé que le bon sens était: route, jardin, maison. Voire, route, chemin, jardin, maison.
Surtout que la route de campagne ricaine, c'est plus proche de la nationale que du chemin vicinal.

Alors, y-a-t-il des règles d'urbanisme très strictes? Je ne suis pas sûr, on entrevoit parfois des habitations un peu "isolées".
Ou est-ce simplement parce qu'en Amérique, il ne faut jamais s'éloigner trop des bagnoles et du bitume, symboles de la civilisation américaine? Et pouvoir être bercé jour et nuit, même au fond de la cambrouse par le bruit mélodieux des pick-ups. Et pouvoir soi-même prendre la route à tout moment, sans perdre un instant. 

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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 00:15
Tout a commencé lundi ou mardi dernier.
Notre boss était en vacances: j'ai reçu un mail d'une thésarde m'annonçant que le group meeting serait donc avancé à jeudi, au lieu du vendredi habituel, afin d'accomoder "ceux qui avaient quelque chose de prévu pour le week-end du 4 juillet". Le lendemain, j'ai appris que la fac était officiellement fermée le vendredi 3 juillet, veille de la fête nationale (nouvelle preuve du pragmatisme américain vis-à-vis des jours fériés). Bien sûr, les thésards et post-docs sont toujours les bienvenus s'ils veulent venir bosser, mais le combo boss absent-fac fermée m'a amené à intuiter qu'il n'y aurait pas grand monde de mon groupe au labo ce jour là. Comme de son côté, Priscilla avait également la journée off, nous avons décidé de nous bouger le fion et de faire un peu de tourisme.
Après quelques hésitations, réflexions au niveau du temps de transport et du coût du week-end, nous nous décidons pour Montréal où je réserve un hôtel et un resto huppé pour le samedi soir (Toqué!, expérience bouleversifiante à laquelle je consacrerai un autre article), le tout sans trop de difficultés malgré la "short notice".  
Nous partons le vendredi matin avec ma poubelle (je parle de ma voiture, pas de Priscilla, voyons) et arrivons sans souci majeur, à part une traversée du Vermont quelque peu lénifiante et une attente de quasiment une heure à la frontière, en milieu d'après-midi à Montréal.

D'un point de vue purement architectural, je dois avouer que je n'ai pas été ébloui. Montréal ressemble à une grosse ville nord-américaine quelconque, sans la grandeur majestueuse de New-York City ou Chicago, et sans le côté un peu "'rétro" de Boston. Il y a bien le quartier du Vieux-Montréal pour la touche old school, mais je l'ai trouvé un rien kitsch, type Bercy-Village, cette impression étant rehaussée par la surabondance d'échoppes à souvenirs type porte-clefs et autres bonnets de trappeurs d'une part, et de restos trop visiblement pour gogos d'autre part. Il faut dire aussi que le beau temps n'était pas vraiment au rendez-vous et n'a pas vraiment contribué à parer la ville de ses plus beaux atours.

Ceci dit, le charme de la ville vient en partie de la différence entre cette urbanisation totalement américaine et le mode de vie, la culture de ses habitants, qui ne le sont pas:
- c'est la seule ville de type nord-américaine (bigs buildings, grandes artères bourrées de 4*4) où la langue généralement parlée est le français. Même si on entend aussi dans la rue beaucoup d'anglais, et, d'ailleurs, d'autres langues. Cela a d'ailleurs un côté schizophrénique un peu déroutant: par exemple, les rues, les menus au resto, le cinéma, tout cela est en français. Mais dans les librairies, on ne trouve quasiment que des livres anglais.

- c'est également la seule ville de type nord-américaine où la "way of life" est indéniablement "européenne": je n'avais encore jamais vu des trottoirs de downtown aussi bondés de piétons depuis que j'ai quitté la France, à part peut-être sur Broadway (sauf qu'à Montréal ce sont majoritairement des locaux et pas des touristes japonais). Un bon nombre de montréalais se ballade également à vélo, chose que je n'ai pas tenté, car malgré les pistes cyclables, je n'ai pas trop confiance face à la largeur des rues, le nombre de hummers, et la conduite elle aussi assez européenne, i.e. pour le moins "musclée", des habitants. On note aussi la forte presence de boulangeries, charcuteries et autres epiceries, qui me rendent immediatement nostalgique.
En ce qui concerne la "nightlife", on est même carrément sur un rythme latin: nous nous sommes fait jeter de plusieurs restos de la rue Saint-Denis - rue aussi animée que la version française, mais ici plus pour ses bars et restos branchouilles que pour ses putes - à 21h passés un vendredi soir, avec pas d'espoir avant 22h30-23h. Le samedi à Toqué!, nous avons fini de manger à 1h du mat'. Il paraît que, en Amérique du Nord, Montréal a une réputation de "city that never sleeps" au même titre que La Nouvelle-Orléans.
Deux autres choses un peu étonnantes, en tout cas pas franchement typiquement américaines: sur la rue Sainte-Catherine, l'artère commerçante de la ville, on trouve alternativement des centres commerciaux et des magasins de mode d'une part, et des strips clubs ou des sex-shops d'autre part (Priscilla n'a pas voulu rentrer, on ne peut pas dire qu'elle soit très aventurière dans l'âme). L'autre chose que j'ai remarquée, c'est qu'il y a beaucoup de clodos ou pochtrons, comme dans la plupart des villes d'Europe, comparativement à Boston ou même New-York. Dans le même genre, j'ai redécouvert à Montréal "la bande de jeunes", vous savez, ces gamins, généralement pas méchants, qui passent leurs journées à zoner en groupe aux alentours des artères de métro où des centres commerciaux. Je n'en ai encore jamais vu aux US, et je n'y avais d'ailleurs pas prêté attention jusqu'à ce que j'en croise à tous les coins de rue à Montréal.  

En bref, ce fut un week-end enrichissant, et la ville, même si pas très jolie a mes yeux, propose plusieurs quartiers très animés, très cosmopolites, où il fait bon déambuler: la rue Saint-Denis, le Village - le quartier gay, qui m'a rappelé Ptown: je trouve les quartiers gays américains, quand ils existent, toujours sympa: on y voit des looks et boutiques improbables, et surtout tout le monde a l'air content de vivre et d'être là, ça met la pêche même si ça ne me donne pas la banane - le Vieux-Montréal malgré tout, et même le downtown. La ville souterraine, une espèce de centre commercial géant qui communique entre les principaux quartiers du downtown et les stations de métro, créee pour pallier les grands froids, vaut aussi le coup d'oeil (pas longtemps si vous êtes un peu claustro, plus si vous êtes shopaholic).
Ce qui ne gâche rien, nous sommes tombés pendant le festival du jazz.
Et puis, si l'occasion se présente, rien que pour pouvoir dîner de nouveau à Toqué!, je reviendrai sans hésiter.

Section "guide du routard bourgeois":
De façon pratique, les hôtels sont assez peu chers même dans le downtown: nous nous en sommes tirés à 125 dollars US par nuit pour une grande chambre pour deux dans un hôtel bien situé, en utilisant les sites comparatifs comme cheaptickets ou orbitz. Les parkings pour ceux qui viennent en voiture sont nombreux et eux aussi plutôt bon marché, environ 10 dollars la journée, un peu moins le week-end (attention, comme partout en Amérique du Nord, c'est assez facile de se paumer tant les panneaux de signalisation sont mal foutus).
La bouffe est par contre pas donnée même en fréquentant les bistrots: d'ailleurs, comparativement, les restos haut de gamme sont plutôt pas chers, ce sont les restos plus "casuals" qui reviennent cher, un peu comme aux US, comparativement à la France. Le bon plan, je dirais, est de se baffrer avec un petit-déj "brunch", qu'on peut trouver un peu partout pour une quinzaine de dollars canadien (1 dollar canadien ~ 0,9 dollar US) pour tenir la journée, et de se faire plaisir le soir, en partageant éventuellement un sandwich dans l'après-midi. Je dirais que le week-end, la réservation est obligatoire dans les restos côtés, au moins pour les horaires habituels, de 19h à 22h.
 Bilan du week-end, de vendredi après-midi à dimanche après-midi, tout compris: 500 dollars US par personne, sachant que Toqué nous est revenu à presque 200 dollars US chacun. 

Pour finir, deux photos "panoramiques", prises du Mont-Royal (le Central Park montréalais, en plus pentu) et du Vieux-Port.




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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 15:15
Tant que je suis à parler bouffe, Priscilla m'a fait remarquer quelque chose d'intéressant ce week-end, que je ne m'explique pas vraiment même après mûre réflexion.

Il y a aux US moult émissions estampillées "télé-réalité" basées sur la cuisine:
Hell's Kitchen de Gordon Ramsay où il choisit parmi un pool de candidat, après plusieurs semaines de challenges se déroulant dans une vraie station de restaurant, le meilleur chef. Une autre émission sur le même principe mais avec des épreuves individuelles, où le jury est composé des plus grands chefs américiains. Il y a aussi une émission animée par le chef Todd English (de Boston), une série où Gordon Ramsay, toujours lui, conseille des propriétaires de restos au bord de la faillite.
Et puis des choses plus axées documentaire, telle cette émission à la PetitRenaud mais où le présentateur nous emmène dans les meilleurs "pig-out joints" des US (restos où on peut se bafrer, comme cet estaminet de Boston qui sert des burgers de 2 kilos avec 2 kilos de frites... j'en ai récemment vu un spécialisé dans la friture, qui faisait notamment frire pâtes et pizzas: j'ai immédiatement zappé avant de vomir).
Il y en a certainement des dizaines d'autres.

Quelques remarques donc:
- ces émissions passent certes beaucoup sur l'équivalent de Cuisine TV mais sont néanmoins très présentes sur les chaînes principales, comme la Fox (Hell's Kitchen), alors que chez nous, il n'y a pas grand chose (rien) dans ce créneau: Cyril Lignac, Robuchon etc, ce sont des émissions plus classiques où le spectateur "apprend" des recettes, Petitrenaud est axé sur les produits et les producteurs... Il me semble qu'on peut voir la version anglaise de Hell's Kitchen quelque part sur le câble mais on ne peut pas dire que ça déchaîne les passions.
- ces programmes plaisent beaucoup (sinon ils ne passeraient pas, la télé américaine n'est pas une entreprise philanthropique), pourtant l'américain moyen ne cuisine pas énormément ni n'est du genre à considèrer la restauration comme un art. Un exemple: les colocs de Priscilla sont friands de ce genre de shows, au point de les enregistrer. A ma connaissance, ils ne sont pas très branchés restos, et ils font certes un peu de cuisine, mais ça se limite souvent à faire mariner puis rôtir de la barbaque. Je ne les ai jamais vu faire une vinaigrette ou une sauce tomate, voire éplucher des légumes.
J'ai donc un peu de mal à comprendre quel plaisir ils (et j'imagine la majorité des spectateurs) éprouvent à regarder ces émissions "élection du meilleur chef" alors qu'ils n'ont aucun intérêt particulier pour tout ce qui touche à la cuisine. Est-ce le concept même de la télé-réalité, tellement fascinant qu'il peut-être décliné sur tous les modes et fonctionner quand même? Est-ce une sorte de plaisir de substitution, je regarde ces plats minutieusement crées et je les imagine dans ma bouche au lieu de ces nems chauffés au micro-ondes?
Est-ce qu'il y a quelque chose qui m'échappe?
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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 18:45
Le concept des Woo Girls est encore très largement une exception culturelle américaine, même s'il tend à se répandre dans la Vieille Europe, au grand dam des misanthropes de mon acabit, qui ne sont pas près de changer d'avis.

Popularisé, ou initié par la série Sex and the City, il a été récemment moqué dans un très bon épisode de How I Met Your Mother.

Ci-dessous, le résumé, en inglish:
" Robin starts hanging out with a coworker of Lily’s who is a Woo Girl (those girls you see in bars and clubs who are always yelling “whooooooo”).

Everyone has seen these Woo Girls. They are all over bars, clubs, weddings, anywhere there is alcohol and music, there is some girl with her arms in the air yelling it. Some men like them, as they tend to get a little rowdy and the rest of us roll our eyes.
Lily didn't really fit in with the Woo girls and she felt that the others dispised her because she is married and in consequence not fun anymore. Robin explained to Lily that, in fact, she has everything the Woo Girls wanted. "Look at them and listen to what their 'woos' are really saying," Robin told her. They looked at the girls, with subtitles explaining their "woos."
One girl's woo said, "I cry in the shower." Another said, "I've never been on a second date." And one more said, "What if I never get to be a mom?!""
"

Bref, pour les non-bilingues, les "Woo Girls", ce sont des jeunes femmes, qui, grâce à 40 années de combat pour la libération de la femme, ont gagné le droit de devenir aussi cons que les mecs, le sont devenues et l'assument: le samedi soir, elles se retrouvent en bande, s'habillent en putes, se maquillent comme des voitures volées, vont dans les bars se beurrer, parler fort de bites et de chaussures, draguer les mecs et se faire tringler.

Il se trouve qu'hier soir, au concert d'Aerosmith (60 ans et la pêche, mais par contre la cocaïne a un effet qui s'estompe rapidement, donc c'est 1h30 chrono), j'étais placé à côté de deux "Woo Girls". Dans How I met your mother, au moins, elles sont bien gaulées, malheureusement la réalité est souvent plus cruelle, et j'avais donc près de moi deux semi-steacks, le pire étant que visiblement elles se prenaient pour Scarlett Johanson.
Ainsi au bout de cinq minutes, la plus proche de moi, sous prétexte d'interpeller un passant qui passait, se penche ostensiblement et place son fion, largement exposé grâce à la magie du jean taille basse, ainsi que le string remontant jusqu'au sous-tif qui va avec, à 10 cms de mon visage. Alors bon, je l'admets, un joli petit cul qui s'offre pourrait ne pas me laisser insensible. Mais un rôti de porc mal ficelé, désolé, ça me laisse froid. 
Pendant presque tout le concert, elle s'est ensuite évertuée à faire tourner ses cheveux, shaker ses boobs tout en cambrant éhontément son boule, en beuglant des woos bien stridents (mais comment les américaines font-ellse pour avoir la voix si haut perchée?), en tentant d'alpaguer les mecs qui nous passaient devant pour aller acheter une bière ou pisser (nous étions proches de l'allée centrale).
Avec un succès nul. Ben oui, les cochonnes moches finissent toujours par lever un gus pas trop regardant sur la marchandise, qui a envie de tirer sa crampe sous l'effet de psychotropes divers quand la soirée s'éternise. Mais là, les mecs étaient trop sobres. Et puis, ils étaient surtout là pour le concert et donc pas trop en mode "ce soir je fourre", ce qu'elle n'avait pas du saisir.  
Dépitée, elle a fini par se rasseoir et attendre calmement la fin du show.

Et j'ai pu enfin retrouver ma sérénité compacte et habituellement sans fissures, qui avait été pendant un temps un peu ébranlée.
Il n'y a bien qu'elle qui l'a été.  

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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 18:49
Il y a dans le Campus Center de la fac diverses "food courts".

La "food court", c'est cet espace fleurant bon un mélange d'huiles diverses, qu'on retrouve dans tous les centres "commerciaux" ou "culturels" américains (malls, aéroports, aires d'autoroute, facs, la frontière entre culturel et commercial est ici assez mince...) où l'obèse moyen peut assouvir son besoin irrépréssible et incessant de sucre et de graisses insaturées dans l'une des multiples chaînes fast-food, du McDo au fast-food chinois en passant par Pizza Gino's et Taco Bell.

A la fac, on trouve donc tous ces styles de bouffe, et au milieu quelques trucs un peu plus healthy, sandwiches préparés minute à la Subway (pas forcément healthy, ça dépend ce qu'on met dedans mais au moins ça laisse le choix), salades sous vide à l'absence totale de goût identique à celle qu'on pourrait vous servir dans un vol transatlantique, ou encore soupes de nouilles viets phô avec des légumes.

L'appel à la surconsommation s'étend même (ou plutôt surtout) à ces espaces, puisqu'il y a toujours des formules pour inciter à prendre le litre de soda plutôt que le quart de litre, à prendre un paquet de chips gratos avec le sandwich, à prendre le sandwich géant plutôt que le normal vu que c'est 5% plus cher pour 50% de bouffe en plus, etc. Dans ce dernier cas d'ailleurs, après un an de lutte, j'ai fini par succomber: le méga sandwich induit une léthargie qui a le mérite de faire passer rapidement l'après-midi. Quand on émerge il est déjà 16h.

Et puis, il y a des gars dont les plateaux m'écoeurent rien qu'à les regarder: le combo pizza-barquette de frites m'a par exemple marqué. De même que le mec qui a pris un paquet de chips pour accompagner sa barquette de frites. A moins que ça ne soit l'inverse.
En ce qui concerne la pizza, la façon américaine de manger une "slice" est d'ailleurs en adéquation avec l'idée qu'ils se font du repas (rapide, fonctionnel, j'suis un homme pressé, bouffer du burger ou du homard de toute façon on fait caca pareil): on plie le triangle de pizza en deux, ce qui permet de l'achever en quatre bouchées énormes, 1m30 chrono, et sans se tâcher.

Heureusement, un certain nombre d'étudiants du labo sont plus "awares" et s'amènent donc leur propre bouffe: tartines de peanut butter accompagnées de cheerios ou de pringles, voila un mélange appétissant, et surtout un déjeuner sain.
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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 18:32
Sachant que:
- 1 shot d'espresso vaut 1.25 $
- 2 shots d'espresso valent 1.75 $
- 3 shots d'espresso valent 3 $ mais que le shot supplémentaire vaut 0.5 $.
- 1 americano vaut 1.65 $
- 1 americano est constitué de 2 shots d'espresso et de 25 cls d'eau chaude

Combien vaut le litre d'eau?





Tout ça pour dire que ça fait 1 an que je vais presque tous les jours au même comptoir à café dégueu de la fac, que je prends toujours la même chose, mais que le prix oscille entre 0.95 $ et 3.15 $...
Parce que le shot d'espresso, avec 25 cls de flotte, de la crême half-half, de la cannelle, du caramel, le tout frappé, ça a un prix fixe et ça s'appelle caramelado frappucinno (va fanculo).
Mais 3 shots d'espresso (obligé de prendre 3 shots pour avoir plus d'une demi-gorgée de café), c'est une demande tellement iconoclaste chez un vendeur de café américain lambda, que ce n'est pas repertorié dans la caisse automatique... Du coup, le prix dépend uniquement de ma gueule du jour et des rouages neuronaux de la caissière.
Moi, j'ai fini par lâcher l'affaire.


Au-delà de l'anecdote, j'ai lu récemment l'interview d'un pâtissier américain vivant à Paris depuis 6 ans qui disait sans rire que le café en France était horrible, bien pire que le café américain, et que de plus, les français, toujours contents d'eux, ignoraient à quel point leur café était dégueulasse.
Franchement, je ne sais pas ce qu'il entend par café: s'il entend le bol d'eau bouillante vaguement marron dont la fonction principale est de réchauffer, sûr, on a du retard. Mais personnellement, autant le mug de café insipide le matin ça peut passer, autant après déjeuner ou dîner j'adhère pas (attention, au restaurant, à tout hasard, précisez bien que c'est un espresso que vous voulez si vous commandez du café. La probabilité que vous vous retrouviez dans le cas contraire avec une énorme tasse de jus de chaussettes est non négligeable, même dans les restos "crypto-européens").
Si donc par contre il entend, comme moi, café égal, par défaut, espresso, je ne sais pas où il boit son café aux US, mais clairement pas aux mêmes endroits que moi. Que le café français au bar du coin soit souvent pas terros, je ne le nie pas, ne serait-ce que parce que le tenancier utilise fréquemment un bon vieux robusta leader price bien amer. Mais au moins, les machines à espresso sont d'une qualité suffisante pour sortir un truc qui a la bonne texture et un goût de café (même mauvais).
Ici, très rares sont les endroits avec des vraies bonnes machines, le café sera donc presque toujours flottard, sans le côté un peu crêmeux, la petite mousse, qui font le charme de l'espresso. Et même dans les coffee shops bobos peuplés de barbus post-70's qui bossent sur leur laptop, les bartenders se croient obligés de vous préparer des espressos à l'"espagnole", un truc presque solide tellement il est concentré, trois gouttes tiédasses parce qu'elles ont mis dix minutes à finalement sortir du percolateur, qui manqueront vous déchausser les dents et dont rien que la couleur vous donnera des insomnies...
Bref, I miss French coffee.
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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 01:05
Depuis le 11 septembre, New-York a mis en place des moyens extraordinaires pour le "plus jamais ça".
En exclusivité, la dernière machine de guerre dissuasive du NYPD (New-York Police Department) qui sillonne Manhattan:


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