Il y a quelques années, j'habitais dans le quartier Reuilly-Diderot et pour me rendre à mon travail, j'empruntais le bus 57.
Souvent, je croisais, le matin, un père et sa fille, assis quasiment toujours à la même place, tout au fond.
Je ne les ai pas oubliés.
La raison principale pour laquelle ils sont restés dans ma mémoire, c'est que la jeune fille, d'une quinzaine d'années, était trisomique. Une deuxième raison était l'amour et la complicité qui semblaient relier ce père à sa fille et irradiaient autour d'eux.
Cela m'émouvait, régulièrement, même si bien sûr je ne voulais pas passer le trajet, sans-gêne, à les scruter.
Le père descendait à Gare de Lyon. Il embrassait tendrement sa fille qui continuait seule son trajet jusqu'à après mon arrêt, probablement pour se rendre à l'établissement dans lequel elle était scolarisée.
Dans une quinzaine d'années, j'espère que je serais ce père pour ma fille, arrivée il y a 3 semaines. Et qu'elle et moi partagerons une aussi belle relation.