Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
L'une des principales raisons du reconduction de Fioraso à la tête du secrétariat d'Etat à l'Enseignement Supérieur et la Recherche, serait, selon des propos que l'on prête à Hollande, d'avoir mené quelques réformes tout en réussissant à "ne pas mettre pas les chercheurs dans la rue".
Certes, après 2 ans de mandat Hollande, c'est presqu'un exploit, mais je m'étonne que cela suffise à symboliser une réussite, tant il me semble que la population des chercheurs, peu syndiquée (les principaux efforts des syndicats universitaires concernent surtout les personnels des catégories B et C), n'est pas particulièrement adepte de ce genre de moyens de revendications.
Il n'y a guère eu, si je me souviens bien, que le mouvement assez spontané de 2004 (ayant contribué à placer l'organisation Sauvons la Recherche sur le devant de la scène, organisation peu politisée au départ avant de quasi-disparaître médiatiquement tout en devenant un beau moyen de promotion sociale pour ses meneurs).
Il y a eu quelques actions en 2007, mais surtout en 2009, d'assez forts et longs (quasiment un semestre, je crois, mais je n'étais pas sur le territoire à ce moment) blocages dans beaucoup d'universités au sujet de la loi Pécresse.
Bref, pas de quoi vraiment avoir peur de nous, et ce d'autant plus quand on voit les résultats, par exemple de la ronde infinie des obstinés.
Les universitaires sont des gens qui s'expriment (tribunes régulières personnelles ou de groupes plus ou moins organisés), souvent ai-je l'impression de façon relativement réfléchie (un biais professionnel assez général est d'au moins apprécier le factuel), mais on ne peut pas dire que les "rapports de force" soient leur point fort.
Finalement, en réunissant 12000 noms dans la pétition contre sa reconduction, Fioraso a quand même largement plus "fédéré" contre elle que d'autres grands noms du ministère, comme par exemple Wauquiez...
Alors, d'où nous vient cette réputation d'"agitateurs", que je vois ressurgir périodiquement même chez certains collègues? Y a-t-il quelque chose qui m'échappe?