Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
Retour chez Pramil (rue du Vertbois, métro Arts et Métiers), où j'avais déjeuné rapidement il n'y a pas très longtemps, cette fois pour un gros dîner entre potes.
Après avoir subi quelques déconvenues au moment de réserver dans les deux-trois restos qui m'étaient venus à l'esprit spontanément, j'ai fini par me rappeler que la configuration de Pramil pouvait peut-être se prêter à l'existence d'une grande tablée.
En effet, la première salle est toute en longueur et difficilement aménageable, mais il y a derrière la cuisine une petite salle pouvant accueillir une douzaine de couverts.
Comme c'est à deux pas de mon boulot, j'y suis passé un soir avant le service pour savoir si l'option "privatisation" de la petite salle était envisageable. Je suis tombé sur M. Pramil himself, extrêmement sympathique, qui m'a confirmé que c'était possible. Après quelques tergiversations, je l'ai rappelé pour confirmer le lendemain, en gros deux semaines avant la date en question (un samedi soir).
Sur place, le jour J, la salle avait bien été privatisée, avec une disposition rectangulaire (4-2-4-2) bien plus propice aux discussions que les plus classiques tablées 6-6. A priori, 12 couverts est le maximum possible (peut-être 14 en se serrant beaucoup).
Ce fut une super soirée, grâce aux convives bien sûr, mais le restaurant a réussi un sans-fautes.
Service nickel, discret mais réactif, adaptable (les groupes, ce n'est pas toujours une sinécure), et pas coinços. M. Pramil, presque timidement, est venu s'assurer que tout se passait bien deux ou trois fois dans la soirée.
Menu à 30 euros d'un très bon rapport qualité-prix: c'est généreux, varié, et assez inventif sans dépayser totalement ceux qui aiment le classique.
Dans les plats qui ressortent selon moi, il y a eu les St-Jacques avec cèpes, patates nouvelles et beaucoup de crème, la désossé de lapin aux artichauts poivrade et figues, ou le mille-feuilles aux marrons glacés.
Un bib gourmand bien mérité, pour autant que je puisse juger.
En se lâchant bien sur les vins (1 bouteille pour 2 plus des digestifs et des cafés - Pouilly Fumé, Irancy, Vacqueyras le Sang des Cailloux, Rivesaltes rouge...*), on est arrivé à 55 euros/tête pour 3 bonnes heures à table, et un volume sonore qui a considérablement augmenté au cours du repas.
Si je devais trouver un bémol, ce serait sur l'éclairage un peu trop tamisé à mon goût, et sur quelques desserts peut-être un poil en dessous des autres: autant dire pas grand chose.
Ce n'est pas forcément à Pramil que j'avais pensé en premier pour un resto de groupe car, contrairement à les Papilles, l'Ambassade d'Auvergne, la Cave de l'Os à moëlle (désormais Cave Schmidt) par exemple, il n'y a pas de comm' faite sur le côté "table d'hôtes" ou salle privatisable.
Mais c'est à retenir (et c'est aussi très bien pour y manger à 2 ou 4).
A noter: l'ouverture en janvier d'une boutique-cave à vins Pramil juste en face, pour acheter des objets arts de la table ou boire un verre en attendant une table. A terme peut-être, des tapas seront servis.
Et, cerise sur le gâteau, une addition sous le sceau de la Bête.
(à 12 convives, on ne peut y voir qu'un signe!).
"In the night
the fires are burning bright
the ritual has begun
Satan's work is done
6-6-6 the Number of the Beast
"
Up the Irons!
* "se lâchant": en quantité. En qualité, on a tapé dans la fourchette "basse" de la carte (bouteilles entre 25 et 35 euros). En tout, il y a une cinquantaine de références, une petite dizaine sont dans cette fourchette, la majorité étant plutôt entre 40 et 60.