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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 10:09

Chaque année, fin février, le nouveau Guide Rouge paraît.

 

Et chaque année, sans parler des restaurateurs qui affirment s'en foutre mais que ça fait transpirer, c'est le même raout de chroniqueurs, blogueurs, guides concurrents autour de la sortie de Bibendum.

 

Avant la parution, il y a les pronostics, avec pages facebook dédiées... ou F. Simon qui se fait la tournée des grands ducs des 2 étoiles pour se demander s'ils n'en vaudraient pas trois (n'oublions pas qu'il ne connaît pas les critères appliquées, mais bon, qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour ses lecteurs).

 

Le jour de la parution, c'est à celui qui recopiera le pdf annonçant promotions et déclassements le plus vite sur son blog ou site.

 

C'est ensuite à celui, critique confirmé, wannabe ou même simple amateur, qui se targuera d'avoir fait les meilleures prédictions (bientôt des paris en ligne comme pour le Nobel de littérature?), qui aura la formule la plus acerbe sur le "nouveau millésime": médiocre, frileux (depuis que je suis l'actualité gastronomique, il n'y a pas eu une bonne année du Guide, pour ses contempteurs obsessionnels), qui se fera le héraut de l'oublié (généralement Decoret qui mériterait sa 2ème étoile depuis plusieurs années...) et de l'injustement déchu (Besson qui perdit son étoile l'an dernier), ou au contraire le dénonciateur du protégé (Robuchon, Bocuse, Ducasse, etc), ou qui fera le récit d'un repas médiocre dans une table citée.

 

Et après, on a les analyses de fond, sur les ventes en berne, la politique expansionniste du Guide, les inspecteurs sous-payés, les enfonçages de portes ouvertes sur le fait que Michelin est une entreprise intéressée par la rentabilité de ses produits, etc.

 

Bref, le Michelin est nase, passéiste, mourant, voire déjà mort.

 

Et pourtant, toujours au-delà des chefs qui arborent fièrement leurs étoiles ou se font mousser en les rendant pour les récupérer un an plus tard, tous les "concurrents" se sentent obligés de le ressasser chaque année à la même époque. Aux US où on aime bien la psycho-socio de comptoir, on parlerait de "feeling insecure". 

Et il faut dire que ça ne coûte pas cher et que ça permet d'avoir -beaucoup- plus d'audience que d'habitude, ce qui n'est jamais, quoi qu'on en dise, totalement anodin dans les ego blogosphériques (voyez le nombre de commentaires suite à ces articles chez un blogueur lambda et comparez le au nombre moyen...). 

Mais c'est aussi parce que, hélas, les blaireaux dans mon genre qui n'achètent qu'un guide tous les 3 ans, se tournent encore vers Bibendum, même si les ventes stagnent.

Et ces mêmes blaireaux de France et d'ailleurs, lorsqu'ils veulent fêter un anniversaire de mariage ou autre chose dans un restaurant gastronomique français, c'est encore dans un étoilé qu'ils choisissent le plus souvent d'aller, et pas dans "le prix interallié du meilleur tapas à la betterave du plus beau cuisinier savamment négligé" du Fooding.

Preuve du mauvais goût de la plèbe, hélas...*

 

Pour conclure, quand un chroniqueur à la mode écrit à propos du Guide Rouge, je cite: "le Michelin fonctionne sur des critères obsolètes voire opaques hérités dune France de combines, arrangements, services, obédiences,... la liste est longue; Peut être la France tout simplement"; quand il se définit comme "sensible aux savoir-faire comme aux découvertes culinaires, n'ayant pas son pareil pour dénicher un bon produit", un puriste désinteressé "qui n'appartient qu'à lui-même, dont les obsessions du goût le mènent sans autre contrepartie que de les faire partager"; quand ce même chroniqueur parle 11 fois en un an d'un restaurant en commençant six mois avant son ouverture, qu'on l'y a vu en cuisine, qu'il mentionne de façon assez générale toujours les mêmes artisans (boulanger, boucher, ...); là, c'est bien évidemment sans contrepartie, par pur désintéressement, toujours incognito, ce n'est pas un plan comm' et ce n'est pas du tout l'hôpital qui se fout de la charité...

 

Non, y a pas, la critique gastronomique moderne, c'est vraiment autre chose.

 

Je crois que je vais aller relancer les ventes du Gros Rouge, moi.

 

 

 

 

* même les critiques sont souvent contraints d'admettre que dans le très haut de gamme (deux ou trois étoiles), il n'y a que très peu d'erreurs... les débats sans fin sur "machin qui en a deux en vaut trois et réciproquement" n'étant pas, à proprement parler, des erreurs. D'ailleurs, eux aussi fréquentent assidûment ces tables, parce que l'indignation ne va pas jusqu'à se priver de repas à 300 euros, surtout en notes de frais... 

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Published by mixlamalice - dans Autour de la gastronomie
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commentaires

Didier 22/03/2011 10:10



Moi aussi quand j'étais "djeune" je critiquais le Michelin...En 2011, le Gault-Millau, depuis son rachat, est devenu n'importe quoi, le Fooding est quand même très biaisé
copinage-branchouille...et on est quand même rarement déçu par les étoilés Michelin.


Dans les cités mais non étoilés c'est moins clair, on se demande pouquoi certains sont là, par rapport à leur voisin au moins aussi bon qui n'y est pas...


Après, c'est aussi une question de gouts culinaires, je suppose. Il y a 30 ans, il me semble que les cuisines étaient plus "homogènes" que maintenant, où il est difficile de comparer un bouchon
lyonnais et une cuisine japonisante...



mixlamalice 22/03/2011 11:10



Le Fooding, loin d'être exempt des défauts qu'il villipende chez le Michelin (ce serait même plutôt plus prononcé, ou au moins plus visible) est je pense un bon guide, mais il présente le défaut
assez majeur, classique en France, d'être réservé uniquement aux parisiens. Toujours uniquement pour les parisiens, le petit Lebey des bistrots est pas mal...


Mais sur le territoire, oui, le Guide Rouge reste la référence... et effectivement, chez les deux-trois étoiles on est quand même à de très rares exceptions près dans le registre des valeurs très
sûres de la gastronomie française. Je dois avouer que je suis assez partisan du système de notation très vague, qui permet de faire cohabiter Bocuse et Gagnaire: au "client" de décider s'il opte
pour le classique gravé dans le marbre ou la créativité débridée; c'est beaucoup mieux que les notes au quart de point (comme Parker avec le pinard) qui souhaitent donner une idée d'absolu là où
il y a énormément de subjectivité...*


Il y a sûrement des mono-étoilés sur lesquels on peut ergoter, et effectivement dans les cités, on se demande parfois un peu pourquoi... mais le guide parfait n'existe de toute façon pas.


Notamment du fait de la multiplicité des goûts, et de, comme tu le signales, la "mondialisation" de la gastronomie. Le Michelin s'est ouvert aux tables "modernes" en France (Ze Kitchen Galery,
Yam'Tcha, etc)... à l'étranger il a parfois du mal à saisir les spécificités du pays: aux US, à NYC, le New York Times reste encore la référence dans le domaine de la critique, et le Michelin
n'est que loin derrière, pas forcément mieux considéré que le Zagat qui n'est pourtant guère qu'un annuaire géant...



François 22/03/2011 09:54



Entre F. Simon et Petitrenaud, faut-il paraître auto-satisfait et vaniteux quand on s'exprime pour être critique culinaire dans les médias ?



mixlamalice 22/03/2011 10:53



Je crois que c'est plus général: pour être homme de media en France, il faut le plus souvent paraître auto-satisfait et vaniteux... synonyme: germanopratin pur jus... la quintessence étant BHL.



Chrisos 21/03/2011 22:03



ce n'est pas gentil de dire du mal de l'"Excellent" Bruno Verjus!



mixlamalice 21/03/2011 23:00



Ouh la, je ne nomme personne, moi... et je ne dis pas de mal, je remets juste modestement en doute certaines affirmations... :)



docadn 21/03/2011 19:05



Salut Mix,


Bon, t'en a mis du temps à le sortir ce tome II !! Comme échangé il y a peu, pas mal en phase avec ta synthèse... Les "BHL de la fourchette" devraient se laver le cul avant de pointer du doigt
(sale) celui des autres !!



mixlamalice 21/03/2011 23:02



Oui, je ne savais pas si le jeu en valait la chandelle, mais la 25ème chronique sur le même resto en six mois quand il y en a 10000 rien qu'à Paris a été un peu la goutte d'eau. Un week-end Ikea
et un lundi à préparer le TP de polycondensation m'ont mis dans le bon (ou mauvais) modjo...