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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 18:31

Le (bon) physicien va s'attaquer à un problème en posant l'équation correspondante, puis en essayant de la simplifier au maximum suivant les conditions aux limites et le domaine d'application de son modèle.

Puis, par un calcul "coin de table", il va par exemple comparer 2 systèmes, l'un pour lequel il trouvera 50 x (x étant une unité quelconque), l'autre 100 x.

Ensuite, il comparera ce facteur 2 entre ces deux valeurs, en fonction des différences du système, et en tirera certaines conclusions.

 

Le numéricien va arriver, en expliquant que la simplification de l'équation est outrageuse, parfois il va rajouter que l'analytique c'est sale et que rien ne vaut une bonne grosse résolution numérique par un gros ordinateur.

Bref, il va faire ou faire faire par une machine toute une série de calculs extrêmement complexes, puis montrera qu'on trouve en vrai 49.57 et 101.37, et que donc il n'y a pas un facteur 2 entre les deux valeurs, mais un facteur 2.04. Généralement il s'arrêtera là parce que les conclusions physiques c'est pas trop son truc.

 

Je vous laisse deviner lequel, dans cet exemple caricatural, écrira éventuellement un papier qui aura un impact, ou aura un raisonnement utile à la communauté.

 

Alors, après, il y a les numériciens qui cherchent à bosser avec des physiciens parce qu'ils finissent par apprécier les vertus de "l'intuition" (ou plutôt du sens physique). Il y a aussi ceux qui penseront toujours que les physiciens sont des imposteurs en sortant tous les contre-exemples où cette approche "premier ordre" échoue dans les grandes largeurs (et il y en a). Car il est vrai qu'il y a des physiciens qui, à force d'obsession du scaling, finissent par négliger des préfacteurs pas du tout négligeables...

 

Mais bon, n'empêche, souvent, et même dans la vraie vie, un petit calcul coin de table permet de mieux poser les idées que des pages de calcul qui ne font que perdre l'auditoire...

 

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Published by mixlamalice - dans La recherche
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commentaires

magali 11/12/2013 09:12


Merci Cub, Merci Mix : tout n'est donc pas perdu !

Cub 06/12/2013 04:45


A 17 ans on est calé en rien. Les problèmes physiques de première et terminale ne demandent pas un développement mathématique très important. Dans les études supérieures c'est différent.
Impossible de résoudre des questions physiques sans un background mathématique solide (nombres complexes, résolution d'équations différencielles, traitement du signal, matrices/tenseurs etc...).
Aucun physicien n'est bon en tout niveau maths, chaque spécialité a ses outils mathématiques. S'il déteste les maths, qu'il fasse chimiste... En physique, il n'y a pas vraiment de domaine qui ne
soit pas exigeant mathématiquement, les expérimentateurs purs ça n'existe pas, il y en a juste qui sont moins doués en théorie que d'autres.

mixlamalice 06/12/2013 09:12



Pas mieux... même moi qui, "semi-chimiste", n'utilise au quotidien pas beaucoup plus que des outils mathématiques de lycée, je suis obligé de lire/reviewer/discuter avec des gens sur des choses
mathématiques un peu plus complexes (pas trop, disons niveau bac+3, et comme dit dans le comm, ce n'est pas sur "tout" un programme...)



mezoo 04/12/2013 13:41


Donc l'éventail esthétique de certaines séries comme Bing-bang theory peut vraiment aller se rhabiller. 

mixlamalice 06/12/2013 09:09



Je ne sais pas ce qui est entendu par "éventail esthétique", mais Big Bang Theory est justement plutôt bien fait (avec le côté caricatural du show en prime-time bien sûr), notamment dans sa
description des relations entre physicien théoricien - physicien expérimentateur et ingénieur (et même dans leurs rapports avec les "biologistes".



magali 04/12/2013 11:26


Mon commentaire ne va pas beaucoup élever le débat, je suis loin d'être physicienne, numéricienne, voire même théoricienne ou autre. Mais pouvez-vous m'expliquer comment une personne nulle (mais
alors archi-nulle) en maths (pour ne pas le citer, mon fils de 17 ans) peut être hyper calé en physique, chimie et autres matières plus ou moins scientifiques ? Merci pour vos explications il en
va de ma crédibilité auprès de cet enfant ! Cordialement.

Cub 03/12/2013 15:12


Je pense plutôt que ce post décrit un type de scientifiques assez spécifique, que pour l'instant je n'ai vu qu'en Europe : le numéricien pur. A savoir un type à fond dans ses programmes et ses
calculs, qui prend des équations toutes faites, et les résoud. Ce type-là ne sert pas à grand chose à mon sens. Ce qui sert à quelque chose c'est un théoricien capables de faire des calculs
numériques, des simulations. Et de préférence en collaboration avec un expérimentateur.


D'autre part, autant il est vrai qu'un théoricien va pousser à tester sa théorie avec des expériences, autant un pur numéricien qui guide des expériences ça n'a aucun intérêt, puisque ces
dernières n'auront jamais la précision suffisante pour le satisfaire. Ce qui est agaçant en revanche c'est que de nos jours le numéricien a plus ou moins pris le "pouvoir" dans le sens où il
publie nettement plus d'articles. Avoir un chiffre de plus après la virgule que son prédécesseur est de nos jours suffisant pour publier. Tout ce pognon et ce temps gaspillé est au détriment de
quelque chose qui tend à mourir à petit feu : la recherche fondamentale. Celle qui permet les plus grandes découvertes mais qui malheureusement a rarement des résultats profitables à court terme.
C'est nettement plus rentable de faire des simus et de se faire publier le plus rapidement possible, et de rajouter à la fin "ce serait intéressant d'avoir une comparaison expérimentale"...