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Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.

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Choix cornélien

L'une des premières choses qui m'a frappé, voire choqué en vivant ici, et dont j'ai déjà un peu parlé, ce sont tous ces petits boulots pas très gratifiants (ramasseurs de poubelle, manutentionnaires ou remplisseurs de sacs au supermarché, préposés au nettoyage de la cafète de la fac...) effectués par des mongolos, trisomiques, autistes, handicapés mentaux ou physiques, et autres Forrest Gump. Des fois aussi par des vieux dont la date de péremption est largement dépassée, mais je ne m'y attarderais pas pour cette fois.

Pourquoi ça me choque? Eh bien, avec ma bonne conscience à la française, j'y vois là l'exploitation à moindres frais de personnes qui auraient avant tout besoin de soins pour leur faire faire les boulots de merde dont personne ne veut.
Désolé, quand je vois un mec avec un seul bras ou qui bavoche me remplir mon chariot de courses, ça me fait un peu honte et je préférerais le faire moi-même comme un grand garçon, plutôt que de faire le flambi bouffi de graisses insaturées n'ayant même plus la décence de porter lui même ses affaires.

Cependant, un pote qui vit ici depuis plus longtemps que moi, qui a donc eu le temps de s'habituer ou qui est plus pragmatique, me faisait remarquer ceci: Est-ce vraiment mieux en France, où on leur file une pension de misère leur permettant tout juste de subsister, tout en les parquant du mieux possible pour que le commun des mortels n'ait pas trop à les croiser?
Il n'a pas tout à fait tort: d'ailleurs, une association à laquelle mon père participe (il y en a probablement d'autres) a pour but de collaborer avec diverses entreprises pour trouver un travail à ceux des mongolos qui peuvent être indépendants et éxécuter des tâches simples. Il paraît que les intégrer au "monde réel" les rend beaucoup plus heureux que de rester cloîtrés dans un centre, ce qu'on n'a pas trop de peine à imaginer.

Alors voila, je suis dans le doute: cynisme déplacé, ou volonté d'intégration par le travail? Ou les deux en même temps, imbriqués dans quelque chose de délicat à juger?
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C
Arbeit macht frei, n'est-ce pas?Mongolo n'est pas très politiquement correct.je pense que les deux approches se défendent et que la meilleure solution est entre les deux.l'intégration et le fait de traiter les personnes "différentes", parce que, finalement on peut remplacer mongolos par négos, bougnouls, comme les autres est un très bon point.tout en restant raisonnable : pas pratique d'exiger d'un cul de jatte de porter tes cartons jusqu'à la voiture.
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M
<br /> <br /> Pour le politiquement correct, désolé j'ai été fortement influencé par les frères Farelly (ce qu'ils disent pour justifier qu'ils aiment bien se moquer des handicapés - mentaux ou physiques - est<br /> plutôt pas mal, faudrait que je retrouve l'interview de Première). <br /> <br /> Pour le coup du mec avec un bras paralysé qui me remplissait mes sacs de course, c'est du vécu. D'où je pense, un petit côté cynique quand même dans le système américain: il n'y a pas que de<br /> la philanthropie derrière. L'autre chose qui renforce cette opinion, c'est que tu peux parler d'intégration quand ce genre de boulot est tenu par des handicapés, mais quand il est tenu par<br /> des noirs ou des supers-vieux, c'est plus difficile à tenir, comme raisonnement.<br /> <br /> Enfin voila, à la base je voulais dire que si la religion du billet vert sans morale n'était pas ma tasse de thé, le côté bonne conscience hypocrite gauche caviar à la française, vers lequel<br /> je tends naturellement, n'était pas forcément le top non plus. Une sorte de remise en question, grâce aux mongolos... <br /> <br /> PS: dans l'autobiographie de Hoess le commandant d'Auschwitz responsable de l'installation de la devise de Arbeit Macht Frei à l'entrée du camp, il explique grosso modo qu'il trouvait juste la<br /> devise sympa mais qu'il n'y avait aucun sens caché à y voir. Dans le reste du texte, on s'aperçoit que c'est un homme tellement médiocre qu'on se dit que c'est possible. Pourtant,<br /> tellement d'analyses ont été effectuées sur cette devise... Parfois la portée des mots dépasse largement leur auteur, bref. <br /> Le travail ne rend pas libre à mon sens, ce serait plutôt le contraire. Par contre c'est un facteur d'intégration indéniable. Donc dans la mesure ou on souhaite faire partie intégrante de la<br /> société, il me semble qu'il faut travailler. Après si on a les moyens et l'envie de choisir la liberté, on fait comme Brel ou Antoine, on s'achète un bateau et on se casse dans des îles<br /> reculées fourrer de l'indigène et boire du rhum. <br /> <br /> <br /> <br />