Petit bilan de "fin du début" de cette nouvelle expérience.
Pour l'instant, je ne suis pas fan.
Je ne parle pas ici de considérations géographiques déja évoquées précedemment, bien qu'il se confirme qu'apres 28 ans passées entre Nice et Paris, j'ai un peu de mal avec la vie a la "cambrousse" (passés les sept premiers jours ou le citadin de base se dit que ah c'est si beau la nature et on respire quand meme mieux et autres lieux communs niaiseux). Ca n'a d'ailleurs pas grand chose a voir avec les Etats-Unis, je pense que j'aurais le meme probleme si je me retrouvais a Cergy-Pontoise (tous les inconvenients d'une grande ville sans les avantages) ou l'Université du Poitou (si elle existe).
Non, c'est plutot d'un point de vue scientifique et humain que je trouve pour l'instant l'expérience un brin difficile. Ayant souhaité m'ouvrir l'esprit et donc évoluer vers une thématique différente de celle qui m'intéressait en these, je dois tout reprendre a zero. C'est un risque sans doute nécessaire pour devenir un "bon" chercheur: savoir changer d'orientation et rebondir une fois que l'on a amené une contribution non négligeable dans un domaine (attention, le "non négligeable" est ici fondamental: si on change parce qu'on était nul, ca ne compte pas). Mais je ne trouve pas ca facile.
Je n'etais pas un cador, mais dans mon petit bout de sujet a moi, apres trois ans, je savais ce que je faisais, je comprenais ce que je devais faire et j'etais indépendant (j'aime beaucoup qu'on me foute la paix quand je suis au labo). Et voila, une soutenance de these avec lechage de boules en regle plus tard (c'est assez agreable, je l'avoue, d'etre complimenté par des gars balezes, meme si ca fait partie du jeu), je me retrouve sur un nouveau sujet, auquel je ne connais rien et ne comprends pas grand chose, a devoir implorer l'aide de tous les membres du groupe des que je veux faire une manipe. Comme toujours quand on commence, les manipes foirent minutieusement les unes apres les autres.
Tout cela ne serait ma foi pas si pire si le nouveau boss, me voyant comme auréolé de mon titre de Docteur fraichement acquis, ne considérait pas comme une évidence que je vais révolutionner la science en moins de temps qu'il n'en faut pour l'ecrire. Comme si, maintenant que je suis Docteur Mix, les manipes allaient me regarder d'un autre oeil et me conduire a la publi dans Nature illico. Malheureusement, j'aimerais bien mais ca n'a pas l'air de marcher comme ca.
De plus, le post-doctorat ne dure qu'un an et des brouettes, quand la these laisse deux an et demi pour arriver quelque part.
Bref, non seulement on redevient un candide un peu bas du front, mais en plus on a la pression.
Il y a une derniere chose que je n'apprécie guere, réminiscente de la fin de these. Alors que, justement, tu as pas mal de pression pour parvenir a quelque chose "au présent", tu dois passer un temps fou a essayer de te trouver un "avenir". Pendant la rédaction de these, il fallait chercher un post-doc, visites de labos, envois de CVs etc. Pendant le post-doc, il faut essayer de se trouver un poste, donc essayer de se faire connaitre, ou tout au mois ne pas se faire oublier des quatre qui te connaissent et t'apprecient, prendre contact avec des labos (et ne pas recevoir de réponses), puis réfléchir a des nouveaux (encore) themes de recherche, batir un dossier solide, trouver un plan B etc.
En conclusion, pour l'instant je ne trouve pas ca so much fun, mais peut etre que, comme la these, ca deviendra vraiment bien apres 6 mois (quand les choses commencent a marcher, et quand l'avenir, avec un peu de chance, s'est un poil eclairci).