Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
Il m'arrive d'avoir à travailler (en clair, faire des manipes) avec certains collègues.
Premier écueil, fixer un jour. Il est strictement impossible d'obtenir du collègue en question de faire une manipe au pied levé, ou le lendemain. Il vous expliquera, entre deux mails et une tasse de café, qu'il a un programme surchargé, avant de vous accorder, après moult palabres, un créneau de son temps si précieux dans les deux semaines.
Arrive le jour dit. Et là, deuxième écueil: lancer la manipe. "Bon, on y va là?" "Attends faut que je réfléchisse" "bon d'accord". Résultat, 11 heures du matin, toujours rien de fait. Finalement, après avoir procédé à quelques réglages préliminaires, il est déjà l'heure de déjeuner. "On s'y remet à 15h, parce que là je voudrais aller faire mon jogging"... Super.
Si les gens bossent comme ça en solo, je m'interroge.
D'une part, je pense qu'à un certain moment, il faut cesser de s'interroger AVANT la manipe, parce qu'en général il y a déjà largement de quoi s'interroger après, lors de l'interprétation. Bref, autant la faire et on discutera après.
D'autre part, je pense qu'il est nécessaire de planifier et de réfléchier à ce que l'on va faire un peu AVANT de le faire et pas seulement au moment où on le fait. J'essaie dans la mesure du possible et bien évidemment cela ne prend pas en compte les impondérables, de déterminer les manipes que je vais faire d'une semaine sur l'autre, avec un planning relativement précis jour par jour. Comme cela, je sais quel jour je vais devoir arriver plus tôt, quel jour je vais devoir partir plus tard, et quel jour je peux glandouiller. Cela permet assez souvent d'éviter les mauvaises surprises, et surtout cela permet, sur une journée de 8 heures, d'avoir 8 heures relativement efficaces, plutôt que 10 heures où il en a fallu 2 pour se mettre en route, et avec 2 autres d'atermoiements au milieu et 1 heure de pause clope-café-jogging-caca-je ne sais quoi.
Je ne cherche pas à me poser en exemple (beaucoup de mes lecteurs pensent, peut-être à raison, que je suis un glandeur. Pour ma part, j'aime à penser que je bosse efficace. Je suis sûr que ça en fait sourire certains, en ce moment), ni à cracher sur le travail des autres, mais ces problèmes d'organisation m'agacent un brin, parfois.