Ou on ferait mieux de rester couché, ouais. Pour une fois qu'une expression populaire détient un fond de vérité.
Tout a commencé tot ce matin:
A sept heures, alors que je vais prendre le métro, premiere étape de mon long périple pour rentrer chez moi après un week-end bostonien, je m'arrete comme a l'accoutumée au Dunkin' Donuts (chaine dégueu de breakfast) sur mon chemin pour y prendre une cup de jus de chaussettes (black coffee) et un journal, histoire de garder les yeux ouverts pendant la demi-heure ronronnante de tchouk-tchouk a travers les bois de la banlieue bostonienne. Il y a toujours un peu de monde, mais la, paf, queue de dix personnes. Et une seule serveuse, contre deux habituellement. J'hesite a repartir illico, mais bon, j'ai vraiment besoin du choc psychologique du café (vu la couleur et l'arome de leur café "noir", le coup de fouet est plus psychosomatique qu'autre chose). Du coup, 15 minutes de perdues et un métro qui me passe sous le nez pile quand j'arrive a la station.
Jusque la rien de bien grave, le métro suivant arrive rapidement. En plus la ligne est réparée et je n'ai pas a me farcir de correspondance avec le bus (un accident la semaine derniere a fait un mort et quelques blessés et a causé la fermeture temporaire d'une partie de la ligne, partie comprenant la station ou je laisse ma bagnole. Le transit était effectué par des bus).
Je finis donc par retrouver ma berline surpuissante et ses 1.2 chevaux.
Deuxieme accroc: apres une grosse heure de route jusque la sans encombre, je me suis retrouvé bloqué a Belchertown, ville trépidante du Western Mass d'au moins 1000 habitants, pour cause de route principale en travaux (et aussi d'inefficacité totale des fonctionnaires de police chargés d'assurer la circulation).
Bref, une bonne demi-heure pour passer ce "bouchon" de meme pas 1km, et une arrivée au labo sur les coups de 10h30.
Cela dit, je ne me doutais pas a ce moment la que je venais de vivre les prémices de ce qu'on appelle dans le milieu des losers une journée de merde.
Typiquement, une journée de merde, c'est quand sur a peine plus de deux heures de manipe, vous foirez lamentablement 75% de vos essais (en faisant des erreurs expérimentales qu'en temps normal vous commettez une fois sur 100). C'est quand, enfin, les 25% d'essais que, par miracle, vous avez réussi a ne pas faire capoter contredisent les résultats de la semaine passée qui s'annonçaient prometteurs et qui finalement sont probablement des artefacts.
Une variante: quand vous faites de la chimie, la journée de merde c'est quand vous renversez par terre le produit que vous avez mis trois semaines a synthétiser et que vous pétez dans la foulée trois ustensiles de verrerie a 1000 euros piece en moins de deux heures de temps.
Généralement, quand ça se passe comme ça, au bout d'un moment je finis par me rappeler que parfois, il faut savoir perdre, et j'arrete tout simplement pour la journée.
Ce que j'ai fait aujourd'hui.
Tellement blasé que je ne me suis meme pas énervé quand l'ascenseur s'est refermé pile devant moi, alors que je retournais, vaincu, a mon bureau pour y glander en paix une heure avant de rentrer, histoire de resourcer un peu un moral en stéphane.
Que va-t-il m'arriver ce soir?
La journée de merde est-elle elle meme annonciatrice d'une semaine de merde?
Quel suspens.