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Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.

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Histoire vraie?

Georges Steiner, essayiste-philosophe-universitaire spécialiste de littérature comparée américain, né en Autriche et élevé en France, raconte dans son dernier livre ''My unwritten books", sur lequel je reviendrai quand je l'aurais terminé, cette anecdote à propos du physicien J. Robert Oppenheimer (le directeur scientifique du projet Manhattan) du temps où il enseignait à Princeton.

Oppenheimer aurait déclaré à un jeune scientifique (l'un de ses thésards, l'un de ses post-docs, un jeune professeur assistant? ce n'est pas précisé): ''you are so young and already you have done so little". On pourrait traduire cela par "tu es si jeune et déjà tu as accompli si peu" (l'emploi d'already est un peu incongru ici pour mettre l'accent sur le paradoxe, qui n'en est justement pas un dans le domaine de la recherche, entre jeunesse et accomplissement).

Quoi qu'il en soit, je ne sais pas si ce sont les mots exacts du physicien, mais l'anecdote est probablement authentique.  
Et cette petite phrase s'avère bien cerner le problème: un chercheur qui ne connait pas de pic de créativité lors de ses premières années d'activité a probablement peu de chance de devenir un spécialiste reconnu (sans même parler d'un grand nom de la science) sur le tard...
Ce phénomène est j'imagine encore accentué dans le domaine de la physique théorique (ou des mathématiques): l'intelligence requise pour ces matières me semble si particulière qu'elle est presque de l'ordre de l'inné, les génies se découvrent donc très tôt.
Mais bon, rassurons-nous, ce n'est pas parce qu'Oppenheimer a brisé en deux ce pauvre gars qu'il était nécessairement une tâche (même si sur le coup il a du hésiter entre le suicide et la reconversion en pizzaïolo): les surdoués ont parfois du mal à concevoir qu'il y a tout autour d'eux des gens moins généreusement dotés en neurones, mais qui sans être des flèches, sont des gens compétents faisant bien leur boulot. 
Un labo composé uniquement de De Gennes, ça ne peut pas marcher: il faut autour des besogneux pour mettre les mains dans le cambouis, faire les expériences, bref faire tourner la barraque (ce que De Gennes avait d'ailleurs parfaitement compris et su appliquer à son labo du Collège de France). 
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C
bien vu!
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