Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
N'ayant pas réussi à obtenir de table* chez Septime, le nouveau "bistronomique" menu-unique à 50 euros faiseur de buzz de la capitale, ouvert il y a 10 jours par l'ancien chef d'Agapé et à l'époque plus jeune étoilé de France, chroniqué de façon dithyrambique 3 semaines avant son ouverture, chroniqué depuis par toute la critique qui compte - ce qui laisse supposer que peu de "vrais" clients ont pu y aller- et probablement déjà complet pour les 3 prochains mois, je voudrais vous parler d'un autre futur monument de la gastronomie, Chez Minus (la taverne du petit homme) à Capbreton, Landes.
Décoration épurée, très scandinave: grandes tables d'hôte de 8-10 personnes dans le plus pur style Emmaüs et bancs en bois clair, sobre. Les assiettes en carton, les saladiers en plastique pour y déposer les coquilles de fruits de mer et crustacés et les fameux verres duralex, donnent un côté casual qui n'est pas sans rappeler le lounge new-yorkais et le Philippe Starck old school.
La salle ouverte rend certes l'atmosphère un peu bruyante, mais donne une impression d'espace quasi planante, renforcée par les poutres apparentes et le haut plafond. Un côté "ancien hangar qui ne paye pas de mine" un peu destroy, qui devrait convaincre l'amateur parisien des "soirées squat".
Service virevoltant de jeunes demoiselles accortes passées par les meilleures maisons régionales, comme le Mega Macumba de Mérignac.
Une cuisine qui valorise le produit pour le produit, sans chichis: on pense notamment aux moules "de saison" à 8 euros 50 délicatement aillées, dans un jus de cuisson "secret" majoritairement lipidique, proprement addictif. Les sardines grillées ne sont pas en reste, comme les crevettes. Le tout est superbement dressé dans de grandes marmites imitation terre cuite. Les frites, allumettes, sont délicieusement croquantes et le Magnum Gervais en dessert est finement caramélisé pour une touche de douceur bienvenue.
On notera que la qualité n'est pas ici au détriment de la quantité, et qu'on sortira repu.
Je n'ose parler des pichets de 75cl de rosé ou de rouge à 8 euros, issus des meilleurs cépages européens.
Quant à la cuisine ouverte, elle permet d'admirer le travail de la brigade, à la Jean-François Piège.
Bref, pour 18 euros par personne, un moment simple mais pourtant pas dénué d'ambitions, idéal pour un enterrement de vie de garçon composé de 12 alcoolos en perdition, déjà très largement imbibés après 24h de marathon picole, dont un déguisé en Mario Bros**.
Mais aussi, je n'en doute pas, pour un dîner romantique ou un anniversaire de mariage.
Sans réservation, preuve d'un succès qui égale presque celui de Saturne.
Je pense qu'on en reparlera: d'après mes sources, le New-York Times devrait aussi y consacrer un article.
Pour la suite de la soirée, je recommande le Rock Food d'Hossegoor, autre lieu chic et choc, clientèle classy (adolescents en fleur et à appareils dentaires, vieux beaux typés surfeurs sur le retour ou mias de station balnéaire, businessmen cheaps en goguette qui font péter les bouteilles et le mythique Stéphane Plaza - qui a même sa page wikipédia en anglais, c'est dire s'il est famous - en guest star de choc), musique innovante et cérébrale délivrée par un DJ de classe mondiale. Bref, un must (les photos du site parlent d'elles-même, je crois).
* non mais en fait j'ai pas essayé, hein, faut pas déconner.
** le service qui en a sûrement vu d'autres fera preuve d'une patience forçant l'admiration pour la prise de commande, ça fera rire les tablées voisines, et les petits enfants voudront même être pris en photo avec Mario à l'haleine pourtant inflammable.