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Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.

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Un air de deja vu

Il y a des bouquins, comme ca, qui ne vieillissent pas. On aurait meme l'impression qu'ils sont intemporels. Et bizarrement, assez souvent, ces bouquins la traitent de misere humaine.
Voila ce qui m'est venu a l'esprit hier en lisant "Le vaisseau des morts" de B. Traven. Cet ecrivain  de la premiere moitie du 20eme siecle un peu oublie chez nous etait pourtant le prefere d'Einstein (qui, en tant qu'instigateur de la bombe atomique, avait surement bon gout).

Quand on lit ceci: "Il y a un grand nombre de pays ou le fait d'etre sans-abri et sans ressources constitue un delit; et, par pur hasard, ce sont precisement les pays ou s'adonner a un pillage de grande envergure et ne pas se faire pincer, loin d'etre un delit, sert de marchepied pour devenir un citoyen estime."

Ou encore: "L'homme qui a emigre il y a cinq ans en Amerique et qui a obtenu hier sa nouvelle nationalite est aujourd'hui celui qui crie le plus sauvagement Fermez les frontieres ne laissez plus entrer personne. Et pourtant ce sont tous des immigrants et des fils d'immigrants, y compris le President"...

On se dit que, ecrit en 1926, la ressemblance avec la vie d'un fils d'immigre hongrois en France n'est, forcement, que fortuite, mais neanmoins troublante.

On peut ressentir les memes impressions un peu desagreables quand on compare ces quelques phrases a cet article du Monde d'aujourd'hui.

"Baba Traoré avait 29 ans. Vendredi 4 avril, ce Malien sans papiers s'est jeté dans la Marne pour échapper à un contrôle de police, et est décédé. Baba Traoré était venu en France, il y a quatre ans, pour donner un rein à sa soeur. Depuis, il travaillait clandestinement. Elisabeth Guerin a 38 ans. Entrée légalement en France pour épouser un Français, cette Béninoise n'avait qu'une carte de séjour temporaire en attendant d'avoir trois ans de mariage. Lorsque son mari est décédé, le préfet d'Indre-et-Loire a refusé de renouveller son titre de séjour - jusqu'à ce que la révélation du scandale par Le Monde l'oblige à changer de position.

Chaque jour apporte son lot d'exemples des incohérences de la politique de l'immigration. Certes, la lutte contre l'immigration clandestine et illégale est nécessaire, surtout si elle s'accompagne d'une action résolue contre les trafiquants de main-d'oeuvre, qui sont de véritables marchands d'esclaves. Mais elle ne saurait justifier tous les moyens, comme cette aberrante politique du chiffre qui entretient un climat de peur chez les sans-papiers et n'a même pas l'alibi de l'efficacité. En 2007, avec près de 23 000 "éloignements" d'étrangers, Brice Hortefeux, ministre de l'immigration et de l'identité nationale, n'a pas atteint l'objectif assigné, de 25 000. Or, dans le même temps, selon l'Insee, la France a accueilli 70 000 immigrés de plus.

Nicolas Sarkozy a fait adopter, pour la quatrième fois en quatre ans, une nouvelle loi sur l'immigration, qui définit les bases d'une immigration choisie. Le président de la République, qui s'était fait le chantre au soir de son élection des "valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d'humanisme", prétend marier fermeté et justice : on perçoit bien la première, mais on cherche en vain la seconde. Indépendamment des aspects toujours contestables de cette loi, sur les tests ADN en particulier, la maîtrise de l'immigration n'a pas mis fin aux situations kafkaïennes d'immigrés - combien sont-ils ? - qui, aujourd'hui, ne sont ni régularisables ni expulsables.
....
Pour que la nouvelle immigration choisie soit crédible, encore faut-il que la lutte contre l'immigration clandestine soit menée avec discernement et humanité. Au pays des droits de l'homme, il est révoltant de voir un homme se jeter à l'eau simplement pour échapper à la police."

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