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Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.

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Des hauts mais surtout débat.

L'une des inventions les plus pitoyables de l'intelligence humaine: le débat d'idées.

Preuve encore une fois hier soir, à propos, bien sûr, du CPE, sur France 2.

Les rares personnes constructives, posées, et réfléchies, et ce quelle que soit leur position, ne sont de toute façon pas écoutées par la majorité de débiles présents. Je décernerais d'ailleurs la palme à la représentante syndicale des lycéens alignant les lieux communs cheguevaresques version Lorie avec la fougue de ses 17 ans, et au représentant de l'UNEF et son sourire auto-satisfait de petit bourgeois propret de mes deux qui va décoiffer sa mèche dans la rue pour oublier qu'à 25 ans sa mère lui lave encore ses slips.

Je ne parlerai même pas des deux politiques présents qui n'ont pu s'empêcher, comme d'habitude, au bout de 5 minutes, de se lancer dans le classique: "oui mais nous quand on était au gouvernement, on a fait baisser d'1/3 le chômage des jeunes" "non c'est pas vrai, parce que il reste 40% de chômeurs chez les jeunes et c'est nous qu'on va les faire baisser" "Mais regardez les chiffres au lieu de leur faire dire n'importe quoi" "toi même, d'ailleurs les français ils le savent bien que vous dites des choses qu'elles sont pas vraies parce qu'on vous a battus aux dernières élections" "miroir" etc... Du haut niveau, en somme.

Plus généralement, chacun est reparti chez lui encore plus ancré dans ses convictions qu'au départ (notamment, pour les étudiants, que le gouvernement est très méchant, que les patrons sont très méchants et que leur seul but dans la vie est de licencier leurs salariés -surtout les jeunes, ah les jeunes- pour qu'ils meurent de froid et de faim dans cette société capitaliste qu'elle est pas très gentille), et a pu se féliciter d'avoir prôné le "dialogue" sans pour autant avoir, ne serait-ce qu'une minute, tenter d'écouter les autres.

Je suis allé vomir.

 

Je ne résiste pas, en appendice, à remettre ici le petit texte de Desproges intitulé sobrement non aux jeunes, et qui date, tout de même, de 1986:

«Et vous, qu'est-ce que vous avez fait pour les jeunes ? » lançait l'autre soir Jack Lang, cette frétillante endive frisée de la culture en cave, à l'intention de je ne sais plus quelle poire blette de la nouvelle sénilité parlementaire.
«Qu'est-ce que vous avez fait pour les jeunes?» Depuis trente ans, la jeunesse, c'est-à-dire la frange la plus totalement parasitaire de la population, bénéficie sous nos climats d'une dévotion frileuse qui confine à la bigoterie. Malheur à celui qui n'a rien fait pour les jeunes. c'est le péché suprême, et la marque satanique de la pédophobie est sur lui. Au fil des décennies,
le mot «jeunes» s'est imposé comme le sésame qui ouvre les voies de la bonne conscience universelle. Le mot «vieux» fait honte, au point que les cuistres humanistes qui portent la bonne parole dans les ministères l'ont remplacé par le ridicule «personne âgée», comme si ces empaffés de cabinet avaient le mépris des rides de leurs père et mère. Mais les jeunes ne sont pas devenus des « personnes non âgées ». Les jeunes sont les jeunes. Ah, le joli mot.

....Aujourd'hui, à l'âge mûr. les jeunes me sont encore plus odieux. Leurs bubons d'acné me dégoutent comme jamais.
Leurs chambres puent le pied confiné et l'incontinence pollueuse de leurs petites détresses orgasmiques. Et quand ils baisent bruyamment, c'est à côté des trous.Leur servilité sans faille aux consternantes musiques mort-nées que leur imposent les marchands de vinyle n'a d'égale que leur soumission béate au port des plus grotesques uniformes auquel les soumettent les maquignons de la fripe. Il faut remonter a l' Allemagne des années 30 pour retrouver chez des boutonneux un tel engouement collectif pour la veste à brandebourgs et le rythme des grosses caisses.
Et comment ne pas claquer ces têtes à claques devant l'irréelle sérénité de la nullité intello-culturelle qui les nimbe ? Et s'ils n'étaient que nuls, incultes et creux, par la grâce d'un quart de siècle de cretinisme marxiste scolaire, renforcé par autant de diarrhéique démission parentale, passe encore. Mais le pire est qu'ils sont fiers de leur obscurantisme, ces minables.
Ils sont fiers d'être cons.
«Jean Jaurès? C'est une rue, quoi», me disait récemment l'étron bachelier d'une voisine, laquelle et son mari. par parenthèse, acceptent de coucher par terre chez eux les soirs où leur cretin souhaite trombiner sa copine de caleçon dans le lit conjugal.
Ceci expliquant cela : il n'y a qu'un «ah» de résignation entre défection et défécation. J'entends déjà les commentaires de l'adolescentophile de bonne mise : « Tu dis ça parce que t'es en colère.
En réalité, ta propre jeunesse est morte, et tu jalouses la leur, qui vit, qui vibre et qui a les abdominaux plats, "la peau lisse et même élastique ", selon Alain Schifres, jeunologue surdoué au Nouvel Observateur. »Je m'insurge. J'affirme que je haïssais plus encore la jeunesse quand j'étais jeune moi-même. J'ai plus vomi la période yéyé analphabète de mes vingt ans que je ne conchie vos années lamentables de rock abâtardi.
La jeunesse, toutes les jeunesses. sont le temps kafkaïen où la larve humiliée, couchée sur le dos, n'a pas plus de raison de ramener sa fraise que de chances de se remettre toute seule sur ses pattes.
L'humanité est un cafard. La jeunesse est son ver blanc.
Autant que la vôtre, je renie la mienne, depuis que je l'ai vue s'échouer dans la bouffonnerie soixante-huitarde où de crapoteux universitaires grisonnants, au péril de leur prostate, grimpaient sur des estrades à theâtreux pour singer les pitreries maoïstes de leurs élèves, dont les plus impétueux sont maintenant chefs de choucroute à Carrefour.

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