Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
Je suis confronté depuis peu à une invention superbe, venue des Etats-Unis (ou en tout cas plus développée là-bas que chez nous, même si malheureusement ça ne semble plus pour très longtemps): la borne d'enregistrement automatique dans les comptoirs des compagnies d'aviation.
Plusieurs choses m'interpellent, car j'aime à méditer sur les sujets d'importance:
- le gain de temps est visiblement nul voire négatif. On tripote dix minutes son écran et de toute façon on finit par aller à un comptoir déposer ses bagages, sauf que l'hôtesse ne vous sort plus le billet comme avant, chose qui lui prenait 30 secondes. Cela devient beaucoup plus long qu'avant si comme dans mon cas la machine ne reconnaît ni mon passeport, ni mon numéro e-ticket, ni le scan de ma bite (pas encore), que du coup une hôtesse venant m'aider réitère à l'identique toutes les opérations que je viens d'effectuer, conclut qu'effectivement ça ne marche pas, va voir une autre hôtesse qui se rend derrière un comptoir et finit par me sortir mon billet ''à l'ancienne".
- le gain en personnel semble lui aussi nul, puisqu'il y a toujours des comptoirs avec des hôtesses derrière qui sont là pour enregistrer vos bagages comme avant, voire vérifier que le billet que la borne vient de vous pondre (si vous êtes chanceux) est correct. Puis il y a des hôtesses itinérantes chargés d'aider les handicapés ou malchanceux.
- les appareils ont du coûter un pognon fou.
Alors de deux choses l'une:
- soit ceux qui ont imposé ça pensaient vraiment avoir eu une idée géniale et dans ce cas-là il faudrait leur faire bouffer leur diplôme ès management entrepreuneurship d'Harvard plongé dans la harissa frelatée.
- soit ils savaient très bien que ça ne donnerait aucun résultat tangible. Là, c'est plus subtil. On peut par exemple penser que l'intérêt tient dans ce que la populace passe autant de temps à faire la queue mais elle est plus active et a donc moins l'occasion de s'emmerder: il y a plusieurs petites files d'attente au lieu d'une grosse, il y a le passage ou on tapote sur un écran tactile... à la fin on a quand même perdu une heure mais c'est passé plus vite. Autre hypothèse: les riches de business class ont toujours leurs comptoirs et leurs hôtesses. Du coup, ça permet de mieux marquer la différence avec les prolos qu'avant ou eux aussi avaient leurs comptoirs, même s'il y avait plus de queue. Le champagne à l'apéro ne devait plus suffire...
Bon sinon, je tiens à affirmer pour les fanas de l'auto-dénigrement à la française, que Air France, d'après mon expérience personnelle, est globalement une bonne classe au-dessus des compagnies ricaines, que ce soit American, Delta, United ou Continental (mais que les passagers ricains sont plutôt plus décontractés du gland zens lorsque des aléas surviennent). Voila.