Une réflexion dans l'air du temps, bien qu'elle ait été écrite il y a plus de 20 ans...
La production de conneries est donc stimulée quand les occasions de s'exprimer sur une question donnée l'emportent sur la connaissance de cette question.
[...]
Des exemples très semblables naissent de la conviction très répandue dans les démocraties qu'il est de la responsabilité du citoyen d'avoir une opinion sur tout, ou du moins sur l'ensemble des questions liées à la conduite des affaires de son pays. Il va de soi que le fossée entre les opinions d'une personne et son appréhension de la réalité s'élargira encore si celle-ci estime qu'il est de sa responsabilité morale d'émettre un jugement sur les évènements et sur la situation de l'ensemble de la planète.
Harry G. Frankfurt, prof. émérite à Princeton
De l'art de dire des conneries (On bullshit)
Un petit essai assez rigolo (probablement plus en VO, car "bullshit" n'est pas facile à traduire en langue Molière). L'auteur ne semble pas dénué d'humour, puisque cet ouvrage est à l'origine un discours qu'il prononça alors qu'il était professeur invité à Yale.