Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
Bon, je ne vais pas faire ici un essai philosophique sur Diogène et l'école grecque. Je vais parler du cynisme moderne (ou tout au moins du sens moderne qu'on donne à ce mot), à savoir une immoralité consciente, assumée, voire fière d'elle-même.
Je me demande souvent si les célébrités sont cyniques ou complètement cons. Essayez, vous verrez, c'est amusant.
Par exemple, quand Matt Pokora se prend pour le "French Justin Timberlake", eh bien, j'ai des doutes. Bon, Timberlake ce n'est pas ma tasse de thé, mais c'est quand même autre chose (il suffit de regarder la moyenne d'âge du public). Un peu comme si on comparait Blanche Neige à Massacre à la Tronçonneuse. Comme, sans vouloir être offensant, quand j'entends parler M.P., je ne me sens pas transporté par sa faconde culturelle, j'ai tendance à penser (peut-être avec un brin d'élitisme) qu'il doit faire partie de la seconde catégorie.
Prenons maintenant un autre cas de figure. Notre (très, surtout depuis quelques jours) cher Président. Quand il déclare la larme à l'oeil qu'il veut être le "Président de tous les français", le "Président du pouvoir d'achat", puis qu'il annonce qu'il veut "se retirer au calme, quelques jours, pour habiter la fonction" et qu'il se barre trois jours sur un yacht à Malte, que faut-il penser? Idem, quand il annonce aux fainéants de syndicats que la réforme des retraites n'est pas négociable, que la France est en faillite, qu'il faut travailler plus pour gagner plus et qu'il s'augmente dans la foulée de 140% pour "plus de transparence dans le budget de l'Etat", je me doute. Ne se foutrait-il pas un peu de notre gueule, quand même? Car, quand on l'entend parler, quand on le voit mener sa barque, on ne peut pas soupçonner Naboléon d'être un crétin, qu'on l'aime ou pas. Il a certes un côté nouveau beauf', culte du pognon et rolex en berne, mais il sait sans doute parfaitement ce qu'il fait. Donc, j'en déduis qu'effectivement, il nous encule, bien franchement et avec le sourire (contrairement à ses prédécesseurs qui avaient au moins la décence de mettre un peu de vaseline et de faire ça en loucedé), qu'en plus on en redemande et que ça le fait rigoler. Après tout, il aurait peut-être tort de se priver.
A vous de jouer maintenant. Mais sachez que parfois, il est difficile de se faire une opinion aussi tranchée.