Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
Je viens de voir la branlée que l'équipe de France vient de se prendre a l'Euro contre la Hollande. Oui, c'est cool, c'est diffusé sur ESPN2 a la cafete de la fac donc je peux m'éclipser subrepticement pour "déjeuner" (le premier match est a 12h) ou pour '"m'acheter un coca" (le deuxieme match est a 15h).
Je ne vais pas crier haro sur le baudet Domenech, encore que certains de ses choix me paraissent discutables, notamment:
- continuer a titulariser Sagnol, qui, certes a fait une passe décisive, mais a a part cela distribué 42 centres directement dans la tribune en deux matchs. Et qui défensivement a été tres a la peine (coups francs dangereux concédés, mise dans le vent par les attaquants oranges etc)
- continuer a faire rentrer Gomis (sans parler de l'avoir sélectionné: apres Chibombda, c'est la nouvelle blagounette de Raymond), qui en 45 minutes a touché 14 ballons et en a perdu 13 sur le controle (le 14eme étant une passe en retrait pour Toulalan, arreté dans le rond central).
Ce qui m'interpelle surtout, c'est notre incapacité offensive. Elle vient pour moi, d'une raison assez simple, bien que les causes soient difficiles a déchiffrer.
En effet, ce n'est pas facile de marquer, quand, quel que soit le joueur ayant le ballon dans la zone en bleue dans le dessin ci-dessous, il se passe ceci:
-90% du temps, meme lancé, donc en bonne position potentielle de frappe, le joueur freine, hésite, s'arrete, puis fait une passe foireuse a un coéquipier arreté qui ne sait pas quoi faire du ballon.
- 8% du temps, meme lancé, le joueur freine, hésite, s'arrete, décide quand meme de frapper sans élan mais se fait contrer par un défenseur qui a eu le temps de fumer une clope avant de venir essayer de contrer le ballon.
- 1% du temps, frappe dans les nuages.
- 1% du temps, fait une frappe écrasée minable au milieu de la cage que le gardien stoppe avec la narine gauche.

Cette incapacité a prendre sa chance, non seulement de loin, mais aussi au dela des six metres, n'est pas nouvelle et me frappe constamment, surtout depuis l'introduction des nouveaux ballons (il y a quand meme plusieurs années) dont les trajectoires foireuses ont amené toutes les équipes, sauf la notre, a envoyer des pruneaux de toutes les positions (regardez les buts hollandais, allemands, anglais - ah non pas cette fois-...).
Résultat, dans ce match, pour les hollandais: 3 buts (le 4eme est une tete). Sans se poser de question, prises d'initiative dont la probabilité de réussite étaient faibles mais qui ont payé (une frappe excentrée, une reprise de volée au point de pénalty, une frappe des trente metres).
Pour qu'un français marque, il faut qu'il soit dans les six metres ou a peine derriere (zone en rouge), et que si possible il n'y ait pas de défenseur a moins de trois metres, et que le gardien soit en train de se faire soigner.
Et pourtant, il y avait moyen tant la défense hollandaise a été poreuse.
Enfin, heureusement qu'hier, pour remonter un peu le moral, il y a eu en finale NBA le plus gros retournement de l'histoire, avec les Boston Celtics revenant de l'enfer et de 20 points de déficit a 15 minutes de la fin pour l'emporter avec une défense de fer et de grosses burnes. En parlant de burnes, j'étais pret a parier, a la mi-temps (-24 points), que je m'en couperais une s'ils gagnaient ce match. Heureusement que j'ai regardé le match tout seul donc.
*Oui, j'avais du temps a perdre pour me faire chier a faire ce dessin sous powerpoint...