La politique gouvernementale actuelle vis a vis de la recherche se clarifie (enfin pour les benets dans mon genre qui avaient encore quelques illusions).
Valérie Pécresse, citée par Le Monde:
"La recherche française, de très bonne qualité, pâtit d'une politique scientifique procédant par focalisations successives (sida, cancer, environnement...), sans vision cohérente d'ensemble".
Bon déja, je remarque que sa vision de la recherche est identique a celle du blaireau moyen: la "recherche", c'est uniquement ce qui a trait au domaine biologique, et plus spécifiquement médical. Des gens en blouse avec des pipettes et un microscope. Rien d'autre n'existe, on croirait revoir la fausse pub des Nuls. Au moins, eux faisaient rire parfois, et ils n'étaient pas ministres. Ca fait un peu de peine tout de meme. Mais a quoi pouvait-on s'attendre d'autre de la part d'une HEC-ENA (je n'ai rien contre cette caste, mais je ne suis pas sur que la vie quotidienne des laboratoires lui évoque grand chose)?
Puis, le meilleur:
Autre faiblesse : "Des retombées socio-économiques insuffisantes." D'où la volonté de fixer un cap qui "donne aux chercheurs une visibilité sur plusieurs années" et qui "mette la science au service de la société et de l'économie".
Au moins maintenant, c'est clair, plus de faux-semblants: la recherche doit etre mise au service de l'économie. Pour faire le besancenotiste primaire (mais bon, c'est peut-etre lui qui a la vision politique la plus réaliste, finalement), en gros, ça veut dire que le chercheur lambda va devenir main d'oeuvre bon marché pour Total. Oui, bon marché parce que bizarrement, question revalorisation des salaires, on ne l'entend pas trop, la mere Pécresse. Remarquez, avoir des post-docs ou thésards mieux payés que leurs encadrants, c'est une spécificité française plutot fun.
Et enfin, pour terminer sur une touche encore plus rigolote:
Dans un premier temps va être nommé un comité restreint d'une dizaine de "grandes personnalités", dont la tâche sera de répertorier les grands "défis" de la France : défis sociétaux (vieillissement, alimentation, ressources en eau), scientifiques (en biologie, en physique comme en sciences humaines), technologiques (bio et nanotechnologies, technologies de l'information) ou organisationnels (partenariats, transferts de technologie, coopération européenne). Plusieurs groupes de travail détermineront ensuite les axes de recherche permettant de répondre à chacun d'eux. Enfin, le Haut Conseil de la science et de la technologie sera consulté pour avis.
Quelle simplification. Ah, quelle belle époque que celle de la commissionite aigüe... Et puis, 10 "grandes personnalités" qui déterminent tous les grands enjeux scientifiques dans tous les domaines, faut-il se pincer? Qui osera se preter a cette mascarade a part Claude Allegre qui mendie un poste éhontément depuis un an et demi? Jack Lang, Johnny, Didier Barbelivien, Carla Bruni, Alain Finkelkraut, Alain Glucksmann, Steevy, Jean Sarkozy et Jean-François Copé... Finalement on devrait y arriver.
Notons tout de mem que le Haut Conseil de la science sera consulté pour avis. En novlangue politique, "avis consultatif", ça veut surtout dire aucun pouvoir décisionnel et c'est donc souvent signe qu'on va hachement vous écouter.
Ah la vache, j'ai hate de rentrer moi.