Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.

Publicité

Oraison funebre.

Soeur Emmanuelle est morte aujourd'hui, a moins d'un mois de son centieme anniversaire.
J'avais vu ce bout de femme tout fripé il y a quelques années dans une émission quelconque a la télé, et elle m'avait fait chialer. A 95 balais bien tassés, elle m'avait retourné le coeur. Vive d'esprit, pleine de réparties, touchante dans son évocation des bidonvilles du Caire ou elle passa 20 ans de sa vie, mais aussi lucide sur ses travers (sa petite vanité qui la poussait a se montrer dans les medias) et surtout sur les tourments du croyant, sur la folie de notre monde qui parfois fait chavirer la foi la plus authentique. Elle racontait je crois, ses prieres a Dieu, ne comprenant pas quel était le dessin divin vis a vis de ces chiffoniers. Elle évoquait aussi ses "tourments charnels" avec une grande honneteté.

C'est en l'écoutant que pour la premiere fois, moi petit athée (ou agnostique pour faire joli) me suis dit que la foi ne conduisait pas qu'a l'Inquisition, au 11 septembre, a l'excision, a l'inceste ou a la polygamie. Que la foi, ce n'était pas simplement une conception de petits bigots qui vont laver a peu de frais leur conscience en allant hypocritement anonner quelques prieres a la messe de minuit. Que les véritables représentants de la foi, ce n'était pas les Borgia, Pie 12 ou Khomeini.

La foi, chez les justes, permet de sacrifier sa vie pour ceux qui sont démunis. Sans ressentir ce sacrifice comme tel, mais au contraire le vivant comme une transcendance. Je pense que c'est un "don", meme si, comme tous les dons il doit etre entretenu par l'ascese pour s'exprimer pleinement. Ce don du sacrifice, cette vie au service des autres, semble conduire paradoxalement a un bonheur que peu d'entre nous peuvent connaitre. Malgré le pognon, les gonzesses, les bagnoles, le foot ou meme le pinard.
 
L'abbé Pierre, Soeur Emmanuelle... et leurs pairs, lorsque je les écoute ou simplement les vois, m'émeuvent profondément, et me font ressentir avec acuité mes petits travers et mes gros égoïsmes, et ceux de mes semblables.

Je ne crois malheureusement pas que le Paradis existe, mais si je me trompe il compte depuis aujourd'hui un membre de plus.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
« Qu'un homme soit riche et égoïste, c'est son affaire. Mais qu'il ose se dire chrétien et s'achète une bonne conscience en allant à la messe, cela je ne supporte pas. Et je gueule ! Qu'on relise donc saint Matthieu ! C'est révolutionnaire, saint Matthieu ! J'ai eu faim, soif, froid et tu es venu vers moi... Ce n'est pas une question de messe, mais une question d'entraide et d'amour pour les autres. »« Je sais bien que je ne fais que colmater des brèches sans ébranler l'injustice sur laquelle est bâti le monde. Mais je compte sur les jeunes. Je leur dis : ayez des diplômes, maîtrisez plusieurs langues et infiltrez-vous dans les sociétés et organisations internationales. C'est vous qui pourrez insuffler d'autres valeurs, influencer les gouvernants.»"Contrairement à ce qu'a écrit Jean-Paul Sartre, les autres, ce n'est pas l'enfer. C'est le paradis pour peu qu'il y ait de l'amour. J'ai passé vingt ans de paradis au milieu de mes chiffonniers." Soeur Emmanuelle
Répondre