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Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.

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Racisme ordinaire.

Depuis quelques temps, le racisme beauf reprend du poil de la bête. Il est de bon ton, entre bourgeois de bonne éducation (le racisme primaire, fait essentiellement de peur de l'autre, de son inconnu, n'est plus réservé au français moyen ou à la vieille noblesse enfermée dans son 19ème siècle, mais s'est étendu à toutes les franges de la population) dire tout haut tout le mal que l'on pense des arabes.

Le politiquement correct fera juste que l'on emploiera le vague "ils" ,néanmoins très compréhensible dans ce contexte, plutôt que le désormais suranné "bougnouls" qui avait au moins le mérite de la franchise. Sans oublier le pudique terme "jeune", qui désigne rarement dans les media un petit blanc bien propret mais presque toujours un plus ou moins basané (en général le visage est flouté mais pas suffisamment pour que le doute subsiste) en survet capuche vivant en banlieue (si possible délinquant ou au moins présenté comme tel pour bien faire comprendre à mamie qu'il faut qu'elle ait PEUR).

Je ne peux m'empêcher de trembler. La jeunesse débilitante qui manifesta un soir de mai 2002 plutôt que d'aller voter quelques jours auparavant, toujours prompte dans la connerie engagée, a désormais d'autres chats à fouetter (s'assurer une place de fonctionnaire notamment) que sauver les ratons, espèce pourtant bien menacée en France.

Symbole de ce racisme ordinaire grandissant, la cité et son traitement médiatique. Les casseurs, les "racailles", sont, à la télé, toujours des arabes (ou parfois des noirs, mais ne mégottons pas, pour l'amateur de Pernault -sous forme de 13 heures ou de pastis- cela reste quelqu'un de différrrrrent). On occulte, ou tout au moins on n'insiste pas trop, sur le fait que, dans le gang des barbares, parmi les casseurs, etc, il y avait des jeunes bien blancs, qui se prénommaient Jérôme et pas Youssouf. Les humanistes sirupeux contribuent de plus, dramatiquement et malheureusement, à creuser le fossé entre la cité et le français bêtement raciste.

En effet, bien qu'il ne faille absolument pas occulter l'aspect sociologique des atrocités commises récemment dans les banlieues (jeunes filles brûlées, meurtre d'Ilan...), il ne faut pas non plus insister au point d'y trouver une excuse envers ceux qui les commettent, ce qui a pour unique conséquence de révolter (à juste titre) le bovin futur lepéniste. L'aspect sociologique me semble indéniable: si de tels actes n'arrivent qu'en banlieue (encore que les média ont ici aussi un rôle important: force est de constater qu'on parle beaucoup moins de Jean-Louis, étudiant en droit d'un quartier cossu qui assassine sa mère en lui défonçant le crâne à coups de bouteille- pourquoi?), si les jeunes de ces cités sont pour la plupart persuadées que les femelles n'ont aucun droit, si, si, si, la cité doit bien y être pour quelque chose, dans la misère qu'elle entretient, le sentiment de rejet du monde qu'elle provoque. Et cette misère sociale propre à la cité frappe tous ses habitants, aussi bien Mouloud que Charles-Henri (mais bien évidemment, il y a dans les cités une majorité de Mouloud puisque c'est là que nous les y mettons depuis 30 ans).

Pour comprendre les gestes horribles susmentionnés, il faut prendre en compte cet aspect. Mais cela ne veut pas dire que cet argument est unique ou fondamental. Mais cela ne doit bien évidemment pas servir à absoudre les auteurs de tels actes, car vouloir comprendre ne veut pas forcément dire vouloir justifier ou excuser. Simplement tenter de réfléchir à ce qui doit être fait pour que cela n'arrive plus, pour que les mentalités changent de part et d'autre. *

Et faire en sorte que le pays des droits de l'Homme ne devienne pas le pays de la Nausée.





*Pour une analogie peut-être parlante: tous les historiens spécialistes de la Shoah prennent en compte, pour tenter de comprendre et d'expliquer l'Incompréhensible, l'antisémitisme virulent qui régnait à l'époque dans la vieille Europe (voyez l'affaire Dreyfus pour ceux qui penseraient que, en France, on était mieux que les autres). Cet argument est, d'une part, un argument parmi d'autres, dont l'importance varie selon les interprétations des spécialistes, et, d'autre part, n'a jamais servi d'excuse ou de justification au IIIème Reich (sauf chez certaines personnes qu'on appelle révisionnistes, et qui ne sont pas forcément connus pour leur objectivité historique). Je reviendrai sans doute sur ce sujet complexe (mes pensées s'ordonnent difficilement pour le moment).
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