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Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.

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Analogie

Non, pas de mauvais jeu de mots scabreux dans ce titre.
Simplement, je viens de terminer "Complot contre l'Amérique" de Philip Roth. L'écrivain y imagine ce que l'Amérique serait devenue durant la seconde guerre mondiale si Lindbergh, l'aviateur, antisémite notoire et icône populaire, avait accepté de se présenter à l'élection sous la bannière républicaine contre Roosevelt en 1940, et s'il avait été élu.
Roth décrit un quotidien qui devient de plus en plus insupportable pour les familles juives, une peur qui enfle sans pourtant qu'il n'y ait grand chose de concret (au moins au début) et c'est sans doute la grande force du livre, plus que s'il avait décrit une Amérique sombrant dans le totalitarisme. Jamais dans le livre la "démocratie" ne disparaît, et pourtant.
L'une des premières mesures du gouvernement Lindbergh, pour favoriser "l'intégration" des juifs à la nation américaine, est de créer un "Bureau d'assimilation", qui envoie de jeunes juifs travailler dans des bonnes familles américaines de souche, pendant les mois d'été. Sous couvert d'intégration, cette mesure crée des tensions au sein des familles juives entre parents inquiets et adolescents malléables.
Puis, dans un deuxième temps, de délocaliser des familles entières des castes ouvrière ou petite-bourgeoise de régions fortement juives (en gros, la côte est) vers des régions qui ne le sont pas (le centre). Sous couvert d'intégration, cette mesure renforce un anti-sémitisme latent avant finalement d'attiser la haine en propulsant dans des endroits assez peu ouverts à la différence des familles juives désormais sans protection d'un voisinage majoritairement juif lui aussi.

Cela me fait penser, assez fortement et de manière franchement pas très agréable, à un projet de ministère français proposé par un candidat que je ne nommerais pas, qui lui aussi parle d'identité nationale, d'intégration et de ce genre de choses, assez nauséabondes, car elles jouent sur la xénophobie (au sens littéral) et tendent à vouloir nier les différences en créeant quelque chose comme un modèle unique de bon français.

Je n'ai pas 14 ans, je n'aurais pas cru citer un jour Diam's, et Dieu sait que je me sens éloigné de cette (in)culture rap bourrée de clichés testostéronés et de ces bobos babas béats devant le look ou l'"idéologie" (même si dans idéologie il y a idée, c'est dire combien le terme est inapproprié ici) caillera, mais j'aime bien le dernier couplet de sa dernière chanson:
Ma France à moi, c'est pas la leur, celle qui vote extrême,
Celle qui s' croit au Texas, celle qui à peur de nos bandes,
Celle qui vénère Sarko, intolérante et gênante.
Celle qui regarde Julie Lescaut et regrette le temps des Choristes,
Qui laisse crever les pauvres, et met ses propres parents à l'hospice,
Non, ma France à moi c'est pas la leur qui fête le Beaujolais,
Et qui prétend s'être fait baiser par l'arrivée des immigrés,
Celle qui pue le racisme mais qui fait semblant d'être ouverte,
Cette France hypocrite qui est peut être sous ma fenêtre,
Celle qui pense que la police a toujours bien fait son travail,
Celle qui se gratte les couilles à table en regardant Laurent Gerra,
Non, c'est pas ma France à moi, cette France profonde...
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