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Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.

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Rien à comprendre

Suite à une discussion quelque peu houleuse avec ma (future) belle-sœur, et à la lecture d’un entretien Onfray-Sarkozy par ailleurs peu intéressant, mon aimée me fit remarquer l’existence d’un argument commun chez la droite décomplexée.

Le voici, peu ou prou : lorsqu’on parle de nazisme, de terrorisme, voire simplement de violences urbaines, il est de bon ton de dire qu’ « il n’y a rien à comprendre, on ne peut pas comprendre ». Je vais tenter d’expliquer un peu ce qui se cache derrière cette massue.

Grosso merdo, cela signifie que ces gens là ne sont pas comme nous, qu’il y a d’un côté les bons (qui respectent l’ordre) et de l’autre les mauvais (on commence par brûler une poubelle ou jeter des cannettes sur des policiers, puis on finit par détourner des avions où manger des enfants juifs). Sarkozy va même plus loin dans le même entretien en évoquant des tares génétiques pour évoquer la pédophilie (lire la réponse cinglante du généticien Axel Kahn à ce sujet -certes peu partisan de notre ministre, dans Marianne il me semble).

L’autre sous-entendu de l’assertion, c’est que ceux qui essayent de comprendre sont forcément du côté des méchants (voir par exemple les déclarations tout en finesse suite aux  "émeutes" Gare du Nord).

Or, je crois pouvoir affirmer que, ne serait-ce que d’un point de vue purement sémantique « comprendre » est fort différent d’  « excuser » ou d’ « absoudre ».

On peut rechercher les causes, d’un point de vue social, psychologique, historique, économique, politique ou autres, d’actes que par ailleurs on réprouve de toute son âme.

Il me semble également important d’assumer « la banalité du mal » dont fait mention Hannah Arendt (Eichmann à Jérusalem). Il est trop facile de dire qu’en 40, nous aurions tous été résistants, que si nous avions été allemands nous aurions dénoncé la barbarie nazie, que si nous étions palestiniens nous nous opposerions à l’intifada, ou, plus proche de nous, que si nous étions jeunes des cités, nous serions des modèles de vertu pointant à l’ANPE tous les matins avec bonhomie. Certes, se dire que la « barbarie » (j'emploie ce terme générique bien qu'évidemment, les exemples pris ci-dessus n'aient rien à voir les uns avec les autres) peut potentiellement venir de chacun d’entre nous, est moins sécurisant pour le confort moral du bon citoyen, mais c’est, je le crois fermement, bien plus proche de la vérité.

Non, le mal n’est pas une tare génétique ou quelque chose qu’il faut de toute façon, refuser de comprendre. Non, chercher des explications contextuelles ne revient pas à absoudre mais permet, peut-être, un peu, d'essayer de faire en sorte que de tels actes ne se (re)produisent pas (plus).

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M
Jusqu'au Monde qui s'y met avec son edito d'aujourd'hui:"<br /> Nicolas Sarkozy n'a pas peur des mots. En bon avocat, il aime qu'ils frappent pour mieux convaincre. De même pour la rhétorique et les idées, qu'il sait d'autant plus efficaces qu'elles sont simples. Le discours qu'il a prononcé devant ses partisans à Lorient, mardi 3 avril, en offre une démonstration aussi remarquable qu'inquiétante.<br /> Déterminé à rassembler le plus largement le peuple de droite d'ici au premier tour de la présidentielle, il s'est logiquement présenté en candidat de l'autorité, de l'identité nationale, de la morale et de la volonté de "rendre à chaque Français la fierté d'être français". Nulle surprise, dès lors, à l'entendre dénoncer comme "indignes" ceux qui, "dans les médias, parmi les intellectuels et parmi la classe politique, ont pu laisser entendre que la responsabilité des récentes émeutes de la gare du Nord était imputable à la police, au prétexte qu'elle avait osé interpeller un fraudeur qui n'avait pas payé son ticket de métro". Grosse ficelle, mais succès garanti !<br /> La seconde partie de la démonstration faite par l'ancien ministre de l'intérieur est, en revanche, plus acrobatique. Il est vrai qu'il parlait à Lorient et que la pêche aux voix peut expliquer le raccourci : "Chez les marins, on ne fraude pas, on ne triche pas. Ici, quand on manifeste, quand on a recours à la violence, ce n'est jamais pour se distraire, ce n'est jamais pour nuire à autrui, c'est parce qu'on est désespéré, c'est parce qu'on n'a plus de recours et qu'on se sent condamné à la mort économique et à la mort sociale." L'allusion était transparente à l'incendie du Parlement de Bretagne, à Rennes, en 1994, déclenché par des fusées de détresse lancées par deux pêcheurs et qui avait provoqué 53,35 millions d'euros de dégâts. L'affaire avait fait l'objet d'un non-lieu en 1996.<br /> Tout Nicolas Sarkozy - ou du moins son argumentaire - est là. Dans ces oppositions binaires : l'ordre, qu'il défend, contre le désordre, que les autres autoriseraient ; la loi, qu'il protège, contre la "fraude", que les autres toléreraient ; la violence juste des marins-pêcheurs, qu'il absout, contre la "violence gratuite" de la gare du Nord, qu'il combat ; la jacquerie bien française, qu'il admet, contre les émeutes des banlieues, qu'il condamne ; le "désespoir" des uns, qu'il comprend, contre celui des autres, qu'il occulte. Bref, un monde simpliste partagé entre les bons et les méchants, jusqu'à faire le tri entre bons et mauvais émeutiers.<br /> Malheureusement, ce monde de western est aux antipodes de la complexité de la société française. Propos de campagne, dira-t-on. Sans doute. Mais qui augurent mal de la capacité à redonner aux Français le goût du vivre ensemble. Si le slogan n'avait été choisi, de longue date, par sa concurrente socialiste, on inviterait volontiers le candidat de l'UMP à réfléchir à "l'ordre juste". <br />
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M
Heureuse surprise pour mon ego boursouflé, un article similaire par Michel Onfray, suite apparemment de son entretien avec le petit Nicolas que je mentionne (je reconnais cependant que sa pensée est plus détaillée et structurée)http://michelonfray.blogs.nouvelobs.com/
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M
(avouons-le tout de même, le début de son article est un peu nul, ce ton emphatique -Sénèque face à Néron...- c'est vers le milieu que c'est intéressant, la fin retombant un peu dans les travers du début).