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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 09:49

Comme souvent en période estivale, ce blog connaîtra une interruption plus ou moins complète d'environ 4 semaines. De toute façon, les lecteurs eux-mêmes ont autre chose à foutre, donc ça convient à tout le monde.

 

Je pars dans le berceau de mes ancêtres (par alliance), récemment popularisé par certains sportifs et un film comique de bon goût.

 

Je vous laisse deviner à l'aide des photos...

 

where

 

 

where 2

 

 

food 

 

Souces Wikimedia Commons, Dmitry A. Mottl (Creative Commons Attribution 3.0 Unported), 

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 17:14

Henri Guiano a déclaré le plus sérieusement du monde, sur I-Télé: "Si les députés sont obligés de justifier chaque dépense, alors ils ne vont plus être des députés libres."*

 

Appliquons mot pour mot ceci à la recherche: "Si les chercheurs sont obligés de justifier chaque dépense, alors ils ne vont plus être des chercheurs libres".

 

A vue de nez, ça n'a pas l'air plus con.

Par contre, entre notes d'opportunités pour rachat de matériel informatique, ordres de mission et formulaires pour se faire rembourser les tickets de RER, administratifs qui demandent à étudier le programme des congrès pour daigner procéder au remboursement ou vérifient les devis ligne par ligne même pour les marchés publics ou les financements obtenus en propre (et je ne parle pas que pour les appareillages à 100k€), ça fait un moment que la liberté n'est déjà plus une option pour nous...

 

Bref, on se marre bien avec les politiciens professionnels, toujours prompts à défendre leurs intérêts tout en expliquant en parallèle que la situation est grave et qu'il faut se serrer la ceinture.

 

 

 

* ceci à propos d'une proposition de loi bien vite enterrée, consistant à encadrer et imposer les frais de représentations des députés (6400€ brut/mois, une paille - ou, comme le dit Guiano qui n'a pas peur de l'emphase et de faire pleurer dans les chaumières: "Il n’y a pas une seule démocratie au monde où les députés ont aussi peu de moyens pour faire leur travail !").

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 12:55

Voici quelques unes des informations simples que j'essaye de faire passer à mes élèves en cours d'introduction aux polymères (sans grand succès):

 

- Les matériaux polymères sont constitués d'un grand nombre (on va dire typiquement le nombre d'Avogadro, 6.10E23 molécules) de macromolécules. On parle aussi de "chaînes polymères".

- Ces macromolécules sont le plus souvent organiques (base C, H, O, N etc). Ce sont des produits issus la plupart du temps de la synthèse chimique. Certaines (comme par exemple les protéïnes) sont cependant naturelles.

- Comme leur nom l'indique, ces macromolécules sont de grandes molécules, constituées de 1000-10000 atomes (là ou l'eau, par exemple, est constitutée de 3 atomes, l'éthanol de 9).

- Ces grandes molécules ne sont pas constituées d'enchaînements au hasard d'atomes, mais d'"unités de répétition", répétées un grand nombre de fois, et reliées entre elles par des liaisons covalentes. Ceci permet de simplifier la nomenclature, en représentant par exemple le polyéthylène par (CH2-CH2)n où (CH2-CH2) est l'unité de répétition (dérivée de l'éthylène), et n le nombre de fois où cette unité est répétée.

- On peut contrôler le nombre d'unités de répétition par le biais de la méthode de synthèse. Deux polymères avec la même structure chimique en terme d'enchaînements d'atomes (par exemple deux polyéthylènes) mais des nombres d'enchaînements (et par voie de conséquence des tailles de chaînes différentes) conduiront à des matériaux aux propriétés différentes (viscosité, par exemple).

- On ne sait pas faire de synthèse "parfaite", donc on a toujours une distribution du nombre d'unités de répétition (donc de la taille, donc de la masse des objets) autour d'une valeur moyenne. La valeur moyenne, en plus de la largeur de la distribution, influent sur les propriétés du matériau.

- En lien avec leur structure chimique, l'organisation microscopique de la majorité des polymères (dits thermoplastiques) peut être de 2 sortes: désorganisée (ou "amorphe") ou semi-organisée (ou "semi-cristalline"). Un matériau polymère ne peut être totalement cristallin, notamment à cause de la taille des objets agissant comme des "défauts" en terme d'organisation. Il est donc au mieux partiellement organisé ("semi-cristallin" = assemblage de zones "amorphes" et de "zones cristallines").

- Cette organisation implique l'existence d'une température caractéristique (amorphe: température de transition vitreuse Tg) ou de deux températures caractéristiques (semi-cristallin: température de transition vitreuse Tg + température de fusion Tf avec Tf > Tg). La valeur "absolue" de ces températures caractéristiques dépend de chaque polymère, notamment de sa structure chimique.

- Ces températures caractéristiques définissent les conditions de mise en oeuvre des matériaux (par le biais du passage d'un état solide vitreux à liquide visqueux, par exemple), mais aussi leurs propriétés mécaniques (module d'Young, ductilité, etc), notamment en fonction de la température d'utilisation du matériau.

 

Bref, tout ça pour faire comprendre que mon domaine d'études est à la frontière entre:

- la mécanique

- la physique (expérimentale ou théorique)

- la chimie (synthèse)

- la science des matériaux ("engineering")

voire même

- la biologie

 

Des personnes de chaque communauté travaillent sur les polymères et apportent des résultats pertinents.

La gageure est désormais, me semble-t-il, pour les "grands résultats de demain", de réussir à faire collaborer et même dans un premier temps communiquer ces personnes issues de communautés si différentes.

Un mécanicien n'a a priori pas grand chose à faire de la structure chimique ou de l'architecture microscopique de son matériau tant qu'il peut écrire des équations; un physicien va mieux prendre en compte ces aspects mais va faire des calculs approchés type "lois d'échelle" qui déplaieront au mécanicien; le chimiste n'a pas forcément envie de voir des tenseurs chaque matin; le spécialiste des procédés se contrefout le plus souvent de savoir que le produit qu'il utilise n'est pas ultra pur ou de connaître la physique des écoulements dans sa machine. Le biologiste se pose peu de questions liées à la mécanique des objets qu'il étudie.

 

 

Pour ma part, j'ai eu l'occasion au cours de mon cursus de me frotter, de plus où moins près, à presque tous ces aspects.

Inconvénient: j'ai un profil flou, "bâtard", pas forcément conforme aux canons en vigueur où, avec les évaluations AERES, h-index, et autres "critères objectifs d'excellence", on aime bien ranger les gens dans des cases bien définies.

Avantage: je parle un peu tous les langages, donc je peux faire le "tampon" entre différentes communautés, ou en tout cas essayer. Je tente de jouer cette carte, pour l'instant ça ne se passe pas trop mal.

 

Il me semble qu'il n'est que tant de développer cette approche transverse qu'on trouve assez classiquement dans la recherche US, avec les départements "Materials Science" et "Polymer Science", allant de la synthèse chimique jusqu'au "procédé", du microgramme au kilo.

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 10:01

Il est étonnant de voir comme, quand un sujet n'intéresse pas vraiment ni les médias ni le grand public*, la "comm' gouvernementale", si chahutée dans le cas contraire, est relayée sans aucune remise en question.

 

Ainsi, tout le monde ou presque répète à l'envi que "la LRU (autonomie des universités) est l'une des grandes réussites, si ce n'est LA réussite du quinquennat Sarkozy", soit à peu de choses près ce que répètent Pécresse et consorts depuis 5 ans.

Il n'est pas rare d'entendre dans les milieux non autorisés:

"Il a quand même fait des choses bien Sarko"

"Comme quoi par exemple?"

"Ben, la réforme de l'autonomie des universités".

 

Alors, je n'ai pas forcément d'analyse très poussée à proposer moi-même, car je ne vois que le petit bout de ma lorgnette (qui est déjà bien moins réjouissant que ce que l'on pourrait penser).

Mais j'aurais bien aimé que l'on relaie un peu plus la précarité galopante et les problèmes budgétaires graves de certaines petites universités, que l'on s'interroge sur l'impact réel des Bidulex et des grands chantiers, voire même les aspects vraiment positifs, et que l'on fasse une analyse un peu globale ce qui se passe, au lieu de régler en deux mots ce que, pour se donner bonne conscience deux fois par an avant de reparler des partouzes de DSK, l'on décrit comme un enjeu capital pour l'avenir du pays (je parle de la recherche et de l'innovation).

 

Mais il faut dire que les chercheurs sont inaudibles: d'une part parce qu'ils n'ouvrent pas beaucoup spontanément leur gueule (hormis Claude Allègre), et que quand ils le font ce qu'il raconte ne fait pas rêver, ni le journaleux ni le client du café du commerce qui ne voit pas pourquoi ça coûte des sous comme ça le boson de Higgs alors que ça va pas changer la bagnole et qui annone mécaniquement que les chercheurs on en trouve, les trouveurs on en cherche.

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 11:58

Gilles Simon, tennisman suisse français de son état, est au coeur d'une polémique pour avoir déclaré: " L'égalité des salaires hommes-femmes ne marche pas dans le sport. On fournit un spectacle plus attrayant que les filles. Si Rome est devenu un tournoi mixte c'est pour sauver l'épreuve féminine, je me souviens d'une finale qui avait attiré 20

 

Du coup, entre autres joueuses ulcérées, la patronne de la WTA a déclaré "A notre époque j'ai du mal à croire qu'on puisse encore penser comme ça". Quant à l'Equipe dans un article d'aujourd'hui, ils manient l'ironie en disant qu'à ce compte là, il faudrait payer au spectacle proposé ou au nombre de jeux marqués, et qu'on ne s'en sortirait pas.

 

Et pourtant...



Commençons par une précision: je ne suis pas de ceux qui pensent que les sportifs gagnent trop de blé et méritent le lynchage pour ça. Tant qu'il y aura des millions de connards comme moi prêts à dépenser 50 ou 100€ pour aller voir un match, 20€ par mois pour s'abonner aux chaînes diffusant leurs sports préférés, 40€ pour des maillots de leurs équipes favorites, bref, tant que le sport générera des milliards de revenus, je ne vois pas pourquoi les têtes d'affiches qui les génèrent ne croqueraient pas une partie, plutôt faible d'ailleurs, du gâteau.

Et je préfère même que les sportifs touchent le blé plutôt que les agents de joueurs, les présidents homme de paille de clubs ou de fédération, et autres parasites du système pourtant riches à en crever.

 

Je suis d'autre part tout à fait pour l'égalité salariale hommes/femmes, à compétences et fonction équivalentes, et j'admets volontiers que de ce point de vue là, il y a encore du boulot.

 

Mais si l'on se place justement dans une optique purement économique ou capitaliste, reliée si l'on veut à la "fonction" de sportif ou de sportive: il faut reconnaître que le tennis féminin génère infiniment moins de revenus que son pendant masculin. La WTA a des difficultés financières, les sponsors et diffuseurs sont franchement méfiants, le public ne se presse pas aux matchs depuis qu'il n'y a plus vraiment de "stars"*. Le fait qu'elles jouent moins longtemps (2 sets contre 3 dans les Grands Chelems) est finalement anecdotique.

 

Bref, j'ai du mal à comprendre où est le machisme là-dedans: vu que dans le cas présent les femmes ne font "pas le même boulot" en ne "rapportant pas autant", il me semble anormal qu'elles touchent les mêmes revenus.

De même que le mec moyen qui ne passe jamais le 2ème tour en tournoi ne gagnera pas autant que Federer dans sa carrière. Et de même que personne n'a à ce jour trouvé foncièrement illogique que les meilleures footballeuses gagnent 1000 fois moins que leurs homologues masculins alors qu'elles sont nettement plus sympathiques sur et en dehors du terrain (mais qui a déjà été voir ou a déjà regardé un match de L1 féminine?).

 

 

Pour généraliser, j'ai quand même l'impression que l'égalitarisme à tous crins poussent à raconter pas mal de conneries, on le voit aussi dès qu'il est question de parité.

On parle beaucoup en ce moment de l'Assemblée Nationale, qui très clairement reste aujourd'hui un repère d'homme blanc d'âge mûr.

Ok pour le constat, mais faut-il pour autant "imposer" la parité? Est-ce aussi simple que cela?

Imaginons une question similaire dans un laboratoire de recherches en sciences dures, aujourd'hui encore, de façon générale, autre repère d'homme blanc d'âge mur, en tout cas aux postes élevés.

Doit-on imposer la parité dans les recrutements PU ou DR? Mais s'il y a moins de femmes que d'hommes au niveau inférieur, MCF ou CR, cela ne revient-il pas de facto à "avantager" les femmes lors de ces recrutements? Si on impose la parité au niveau MCF/CR, on a le même problème s'il y a plus d'hommes docteurs que de femmes docteurs. Faut-il imposer la parité dans les écoles doctorales? Mais s'il y a moins de femmes que d'hommes en école d'ingénieurs ou à la fac? Etc Etc

 

En conclusion, il me semble qu'une approche top down similaire à l'affirmative action à l'américaine est inappropriée pour toutes ces questions, et qu'une approche bottom up serait plus pertinente.

 

 

 

* il n'y a plus vraiment de rivalités marquantes depuis le déclin des soeurs Williams et la retraite de Justine Hénin, qui étaient déjà loin des Graff Seles ou autres. Aucune numéro 1 mondiale ne s'est imposée sur la durée depuis probablement 5 ans, à tel point que S. Williams à mi-temps et en surpoids ou K. Clijsters revenant de 2 ans d'interruption et 1 grossesse gagne à nouveau des Grands Chelems. Les seules joueuses générant beaucoup de sponsoring, hormis Sharapova qui allie les deux, le sont plus pour leur physique que pour leur palmarès (Wozniacki, par exemple).

spectateurs. Résultat, quand toi tu veux un cours d'entraînement y en a plus".

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 16:09

Petite réflexion rapide de fin de journée:

 

Il y a une tribune publiée dans Libération d'hier, avec laquelle on peut ne pas être d'accord, mais qui énonce néanmoins, me semble-t-il, une vérité intéressante: les vingtenaires et trentenaires d'aujourd'hui n'ont, en général, pas le même rapport à l'entreprise et de façon plus globale au travail que nos parents.

 

On peut trouver plein de raisons à cela, mais l'une d'elles est probablement qu'il est désormais clair pour tout le monde que la "carrière à la papa", 40 ans dans la même crèmerie en arrivant relativement en haut de l'échelle quel que soit le degré d'études initial, ça n'existe plus. Même s'il y a beaucoup de monde que ça n'intéressait pas de toute façon, cela avait un côté rassurant, un peu flatteur aussi, donnant l'impression d'être "quelqu'un", comme avoir la possibilité de devenir propriétaire.

Désormais même les plus qualifiés peuvent être soumis à des périodes de chômedu, délocalisations intempestives et plus généralement accidents de carrière en tout genre.

Les entreprises en jouent souvent et font pression sur leurs salariés (mutations à intervalles réguliers qu'on ne peut pas vraiment refuser, par exemple) et ne semblent plus faire beaucoup d'efforts pour les fidéliser. La mode est plutôt au "si t'es pas content, on a 150 connards prêts à tuer pour prendre ta place ici, et dix fois plus en Roumanie" (même si ce n'est probablement pas dans le milieu des cadres sups, que je connais le mieux, que c'est le plus marqué).

Malgré tout, il semble que dans les cabinets de direction (et donc principalement parmi des gens appartenant à la génération de nos parents), on ait du mal à concevoir que cette évolution du cadre de l'entreprise s'accompagne nécessairement d'un certain "désintéressement": non, les jeunes ne considèrent plus leur gros employeur mondialisé ou leur petite start-up ultra préssurisée comme un substitut familial, et oui, ils ne s'impliquent pas autant qu'eux à leur époque dans les réunions à 19h, les déplacements le week-end, et autres contraintes, qu'on peut être heureux de faire si l'on se sent respecté et utile mais moins si l'on n'a l'impression de n'être qu'un numéro facilement interchangeable.

 

 

On retrouve un phénomène similaire dans la fonction publique. Pour ne parler que de l'Université: quand on instaure la précarité avec plus de 40% de CDDs payés au lance-pierre, que sous couvert d'économies on flique le petit personnel en faisant vérifier par 5 instances différentes chaque mission effectuée ou chaque achat de crayon papier, qu'on dégrade les conditions de travail, du chauffage à l'entretien des amphis, les hautes instances ne devraient pas s'étonner si le "sacerdoce" de la mission de fonction publique n'est plus qu'un vain mot, et que les jeunes enseignants et personnels techniques refusent désormais de résoudre des problèmes (surtout s'il s'agit de se confronter au mécontentement des "usagers") "pour la bonne cause" lorsque cela ne fait pas partie explicitement de leur service ou de leurs attributions.

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 11:20

1: "Ah Monsieur je vous ai bien prévenu qu'il fallait faire attention en remplissant le document de cotutelle, sinon je vais perdre beaucoup de temps pour le relire et vous pour le corriger".

 

"Oui, cela dit, Madame, mon collègue américain, pour remplir sa partie, l'a transmis à un personnel du staff de l'Université dont c'est le métier, alors que moi je ne suis pas juriste".

 

"Ah oui, mais Monsieur, vous comprenez aux Etats-Unis les services sont pléthoriques, nous ce n'est pas notre métier non plus de remplir pour vous ces documents administratifs, nous sommes juste là pour les valider, estimez-vous déjà heureux qu'on les relise".

 

(en fait, le métier de la personne en question semble être, au moins pour partie, de relire le document que j'ai rempli, et de m'envoyer les commentaires pour correction: là où il faudrait 10 minutes pour le faire elle-même, ou 5 pour corriger directement dans le texte mes erreurs, il lui en faut 30 pour relever les erreurs et écrire dans la marge ce qu'il faut mettre à la place. Mais je suis sans doute un béotien).  

 

2: "Monsieur vous n'avez pas mis dans le document le nom du directeur de l'Ecole Doctorale américain"

 

"Euh oui, mais ça n'existe pas là-bas donc je ne risque pas d'y arriver"

 

"Ah mais alors il faut trouver son équivalent"

 

"Certes, mais je n'ai aucune idée de qui c'est"

 

"Eh bien demandez à l'Université Américaine"

 

"Donc je leur demande de trouver qui a la responsabilité équivalente à un concept qui leur est inconnu?"

 

"Exactement" 

 

 

3: "Sinon, le doctorant arrive en septembre, il faudrait que le document soit prêt à ce moment là, donc ça veut dire fin juillet puisqu'après nous sommes en vacances, mais là ça va être difficile car on a beaucoup de choses à faire".

 

4: "Pour remplir ce paragraphe, il faudrait que vous contactiez les relations internationales".

 

 

On sent que la cotutelle est un principe bien rodé.

Le drame est que beaucoup de ces gens sont des docteurs, voire des Professeurs. 

Les deux autres drames sont:

- l'étroitesse d'esprit des administratifs français (même les "reconvertis" qui ont pourtant probablement fait de la recherche à un moment ou à un autre) qui les empêche simplement de concevoir que tous les systèmes du monde ne sont pas exactement identiques au nôtre. Exemple type: la thèse ne dure pas partout 3 ans 0 heures 0 minutes avec suspension automatique du financement à 00h00 le dernier jour.

- que le chercheur français est au service de l'administration de la recherche (au point de devoir remplir lui-même leurs papiers et de pas trop les déranger si possible, ni trop tôt ni trop tard ni pendant les vacances scolaires) et non l'inverse.

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 15:04

Je donne des cours à des étudiants en 2ème année d'IUT, et également à des étudiants de 2ème année d'école d'ingénieurs.

Ce ne sont pas des établissements de grande renommée, surtout en ce qui concerne l'école d'ingénieurs. Les deux cursus sont "cousins" (à savoir que les cours ont lieu sur le même centre, et qu'un tiers au moins des diplômés de l'IUT poursuit dans l'école d'ingénieurs).

 

Il se trouve que ce sont des cours "d'introduction" sur un sujet qui n'est pas forcément au coeur du diplôme et jamais vraiment abordé avant, donc il y a des similitudes assez fortes entre les deux cours, même si celui d'école d'ingénieurs est un poil plus poussé (ne serait-ce que parce qu'il y a environ deux fois plus d'heures). Bref, ça ne casse pas des briques... 

Le cours est accompagné dans les deux cas d'une douzaine d'heures de travaux pratiques.

 

Eh bien, je m'étonne de constater qu'à tous points de vue, les élèves d'IUT sont meilleurs que les élèves ingénieurs:

- sur le plan "théorique", ce n'est globalement pas fameux, mais on peut plus facilement faire appel à des acquis passés (type "chimie de lycée") pour les élèves d'IUT que les pour les futurs ingénieurs. Il me semble aussi que les bac+2 font preuve d'un peu plus de "curiosité intellectuelle" que leurs grands frères un poil lobotomisés.

- sur le plan pratique, là aussi il n'y a pas photo, les élèves d'IUT étant conformes à leur réputation de "débrouillards", habitués à maniper et à prendre l'initiative facilement une fois qu'on leur a expliqué le truc. Alors que les élèves ingénieurs ont souvent un baobab dans la main, n'écoutent et donc ne mémorisent absolument rien, ce qui fait qu'il faut les surveiller en permanence et leur réexpliquer trois fois les choses les plus simples.

 

 

Quelques bases de réflexion pour expliquer ce qui ne semble pas relever de l'évidence:

- les élèves d'IUT ne sont pas encore complètement blasés par les études.

- (liée à la précédente) les élèves ingénieurs arrivés en 2ème année savent qu'à moins de vraiment abuser, ils auront leur diplôme. On est un peu dans le phénomène de "décompression" que mes profs ont probablement ressenti à mon égard à l'époque où j'étais élève ingénieur et qui est assez général (même si ces élèves là ne sont pas passées par les 3 années un peu abrutissantes et éreintantes de la prépa). Toutefois, les cours d'IUT ont lieu en juin de la 2ème année, donc ces élèves là aussi savent qu'ils iront au bout...

- un phénomène du type "nez dans le guidon" qui frapperait les élèves ingénieurs, les rendant insensibles à tout ce qui ne relève pas de l'"utilitaire immédiat", les élèves d'IUT pouvant encore apprécier d'"apprendre" des choses même s'ils s'imaginent qu'elles ne leur sont pas d'une utilité folle.

- on peut aussi invoquer d'éventuels "effets de compensation" qui deviennent de plus en plus fréquents en écoles d'ingénieurs, qui font que l'élève "moyen" visera le 7 à une matière qui l'emmerde parce qu'il sait que s'il a 14 dans la matière pipot d'à côté, type "soutenance d'émerveillement de la découverte de l'entreprise" ou "notions de management pour le conflit relationnel dans un cadre de travail", et qui n'existeraient pas autant à l'IUT. Il faudrait que je me renseigne... en tout cas il est clair qu'un certain nombre de mes élèves ingénieurs vise le 7 et non plus le 10, ce qui n'améliore pas ma moyenne d'exams...

 

L'an prochain, je croiserai pour la première fois en école d'ingénieurs des élèves que j'aurais eu en IUT: ça sera l'occasion de voir s'ils sont devenus plus nuls avec le temps, et d'affiner mes théories...

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 09:40

Petit message assez bref sur le bilan du recrutement d'un MCF dans mon équipe de recherche, car il n'y aura pas vraiment d'autres "tips from an insider" à donner.

 

 

Un petit quelque chose quand même: il n'est je pense pas idiot de se renseigner sur la composition du comité de sélection (qui est maintenant souvent donnée avec le profil du poste).

Cela permet de voir s'il s'agit d'un jury de "spécialistes" du profil recherché, ou au contraire d'un jury plus "éclectique", et d'adapter un peu son discours en conséquence.

Un jury de non-spécialistes appréciera sans doute plus un côté vulgarisateur, qui pourra au contraire sembler "fumiste" à un comité de spécialistes...

Quoiqu'il en soit, faites preuve de recul sur votre parcours et ayez potassé un minimum le projet de recherches: mine de rien, le format 15 minutes permet de se faire une idée du candidat. Est-il plutôt "technicien++" ou "futur porteur de projet et de thématique" (bon, dans l'hypothèse où le labo cherche à recruter un minimum quelqu'un qui est futur porteur bien sûr, mais cela vaut-il le coup de candidater dans les labos où on vous recrute ouvertement pour faire les basses oeuvres?).

 

Ensuite, chez nous, la réponse aux questions a primé: je veux dire qu'une planche pas terrible peut être rattrapée par des réponses aux questions précises, alors que se vautrer aux questions est plus discriminant (surtout si c'est "la question évidente sur le projet de recherches qui montre que vous n'avez rien compris à ce dont vous avez parlé"). Cela dépend probablement du comité...

 

Faire preuve d'enthousiasme peut avoir de l'importance: les "personnalités" qui ressortent prennent clairement l'avantage à dossier à peu près équivalent, par rapport au candidat tétanisé qui annone devant sa présentation sans jamais regarder le comité. On recrute un peu quand même un enseignant, donc on apprécie quelqu'un un peu à l'aise devant une salle, même sous stress. Et puis quand on voit beaucoup de candidats en peu de temps, on comprend aisément qu'à la fin de la journée, on va discuter plus spontanément de ceux qui sont un tant soit peu charismatiques (c'est discutable, mais c'est une réalité, qui ne me semble pour le coup pas propre aux recrutements dans le public).  

 

 

Sinon, suite à un commentaire des articles précédents (d'Aisling, fraîchement recrutée), qui m'avait demandé de faire le bilan du classement réél par rapport au classement que j'avais imaginé: une fois tous les désistements pris en compte (4 tout de même sur 9 candidats retenus à l'audition), le classement "a priori" que je m'étais fait, puisqu'en tant que membre de l'équipe d'accueil j'avais pu voir tous les candidats pendant une demi-journée, a été effectivement à peu de choses près le classement final.

J'avais vu deux candidats ressortir, que je ne savais pas départager, et effectivement ce sont ces deux candidats qui ont "brillé" aux yeux du comité. A noter que le comité a dans son ensemble été moins hésitant que moi et a finalement vite déterminé qui était premier.

Un candidat me semblait un peu à la ramasse, pas tant scientifiquement qu'en terme de compréhension des modalités du concours, et la encore son cas a été réglé assez vite.

Il y a eu une inversion de dernière minute après pas mal de palabres entre 3ème et 4ème par rapport à ce que j'avais imaginé.

Cela dit, s'il y avait eu moins de désistements j'aurais été bien en peine d'établir un classement "a priori": 2 candidats pouvant faire figure de favoris se sont désistés, ainsi que 2 "outsiders" pouvant raisonnablement espérer être classés.

Etant membre de l'équipe d'accueil et "junior" du comité, ma voix n'a je pense pas été prépondérante même si j'ai donné mon avis.

Qu'est-ce que cela nous dit? Que les dés sont jetés d'avance, je ne crois pas, car je suis persuadé que la majorité des membres du comité n'avaient pas d'a priori sur les candidats, dans la mesure où eux ne les avaient pas vus.

Je pense que cela dit plutôt que, quand on joue le jeu en essayant de réunir un bon comité et qu'il n'y a pas de jeux de pouvoirs ou de friction interne sur le profil recherché, on peut voir beaucoup de choses en 30 minutes, en tout cas pas beaucoup moins qu'en 2h comme JF le suggérait dans les discussions précédentes (surtout s'il n'y a, comme ici, pas beaucoup de candidats). Par exemple, personne n'attendait le futur 2ème, sauf moi qui l'avait déjà vu, car son dossier, quoique bon, n'était pas spécialement ressorti pendant la première réunion. Mais, comme il a fait une très bonne audition, il a impressionné le comité comme il m'avait impressionné quand il était venu visiter le labo...

 

 

A priori le premier viendra, j'en suis très content même si quelque part je suis très peiné vis à vis du second, qui a un profil plus "atypique" mais avait l'air quelqu'un de vraiment bien humainement et professionnellement, et dont j'ai peur qu'il ne galère...

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 20:58

Visite chez Guy Savoy (Paris 17ème, 18 rue Troyon, à proximité de l'Arc de Triomphe, http://www.guysavoy.com/fr, fermé dimanche, lundi et au déjeuner le samedi, 3* Michelin depuis 2002) un vendredi midi pour mon anniversaire, en réservant par Internet la formule spéciale pauvre "découverte" à 110 euros*.

 

Nous arrivons à 12h pile. L'entrée est sobre, et la déco intérieure en bois foncé ambiance vaguement japonisante (enfin c'est ce que je dis dès que je vois du bois partout et un côté zen-épuré, je ne suis jamais allé au Japon) qui me rappelle le Bernardin. Il y a si je ne me trompe pas 3 salles (peut-être 2) comptant chacune une quinzaine de couverts, et en face dans la rue les salons privés pour groupes.

 

Parce qu'on est de bonne humeur et qu'on ne compte pas (trop) ce jour là, on accepte la petite coupe de champagne cuvée Guy Savoy pour commencer, qui ira avec une gentille mise en bouche au foie gras (avec du rab).

Il y a du choix dans la carte, 6 ou 7 entrées, 4-5 poissons et autant de viandes, 6-7 desserts. Les plats au caviar sur la "vraie carte" ne sont pas accessibles, mais il y a de beaux produits et même de la truffe. C'est déjà dur de choisir, on a presque peur de se planter...

 

Je ne vais pas détailler chaque plat, mais donner une impression générale, car il est difficile de trouver des mots sans se répéter quand un moment a dans sa globalité été presque parfait.

 

La cuisine de Savoy m'a simplement parlé, un peu dans la veine du Bernardin encore (de façon amusante, le Bernardin a "émigré" à NYC au milieu des années 80 mais était auparavant au 18 rue Troyon avant G. Savoy...).

C'est une cuisine "sans fioritures": cela ne veut pas dire que c'est simpliste même simple, mais qu'il y a généralement peu d'ingrédients dans un plat, et qu'ils ont tous un rôle majeur et qui semble optimisé au microgramme près. Tout paraît évident, c'est délicieux simplement, et il n'y a pas besoin de se prendre le chou pour comprendre ce que le chef a voulu faire ou exprimer (contrairement à l'Astrance, à mon goût). On oscille entre l'exceptionnel et l'excellent, que la recette fasse "classique haut de gamme" (la soupe d'artichaut) ou plus "moderne" (Saumon figé sur la glace, consommé brulant citronelle, perles de citrons - on retrouve comme chez Troisgros, où Savoy est passé, beaucoup d'acidité dans les plats de poissons, ce que j'adore).

 

Le service est de très haute tenue, ça commence un peu too much quand ils déplient eux-mêmes la serviette pour vous la mettre sur les genoux, mais il y a ensuite une vraie générosité: on nous propose de prendre deux demi-entrées si on veut goûter le "signature dish" (la soupe d'artichaut à la truffe et au parmesan, une tuerie). Après mon refus, ils m'apportent quand même une petite brioche accompagnant la soupe "pour goûter", ils insistent pour qu'on goûte de tout dans le chariot de desserts, etc. G. Savoy est présent et vient saluer les convives et leur demander si tout va bien en début et en fin de service.

Bref, plein de petites attentions que j'adore dans les vrais endroits au top, où tout client, de l'universitaire mal fringué au yuppie russe, de celui qui claque 150€ à celui qui en dépense le quadruple, est traité, simplement, comme un roi. Le sommelier est de très bon conseil aussi, jeune et sympa: les vins au verre pour accompagner le menu sont dans une gamme raisonnable (15-20 euros le verre, j'en dirai plus plus bas).

 

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Notre menu quand même: 

Aprés un joli amuse-bouche aux asperges avec une crème citronnée et une petite tartelette de saumon, Priscilla a goûté le maquereau mariné-grillé, vinaigre de cerise, gelée de radis rouge et caviar d'aubergines grillées, magnifique, et donc la soupe d'artichaut à la truffe noire et parmesan, brioche feuilletée aux truffes et beurre de truffe, parfait dosage de la truffe et de la lamelle de parmesan sur laquelle elle repose (deux premières photos ci-dessus).

On lui servira pour accompagner un Crozes Hermitage 2010 Cuvée Laurent Combier, qui m'a vraiment scotché par ses subtiles notes florales.

Pour ma part, j'opte pour le superbe (esthétiquement et gustativement, photo en bas à gauche) Merlan de ligne aux oeufs de saumon, langoustines comme un tartare, petite gelée aux citrons, avec un Riesling 2008 le Dragon, Domaine Josmeyer.

 

Ensuite, pour Priscilla, le printemps avec du veau** (filet mignon, poitrine braisée, petite galette de pieds de veau, avec des asperges), accompagné du Hautes-Côtes de Nuits "Les Dames Huguette" 2009, Domaine Dufouleur, que j'ai trouvé un poil trop boisé.

Pour moi, le saumon dont je parle plus haut, tout un spectacle. Un chef vient "cuire" le saumon, ou plutôt sa surface, devant vous sur la carboglace. Il est ensuite immergé dans un bouillon brûlant et servi dans une assiette très chaude, avec du chou pak-choi et du citron caviar (un citron fait de petites graines, comme de la grenade, très acides), déjà présent dans mon entrée. La préparation met en joie, on devient presque comme un gamin tremblant devant ses cadeaux de Noël avant qu'on l'autorise à les ouvrir, et cette impatience qui grandit gâche presque la dégustation, comme si on en attendait trop.

Servi avec un autre vin très convaincant, le vin de table de France "Barbarossa" Domaine Comte Abbatucci, corse, pour un bel accord sur l'acidité.

 

Après trois petites bouchées en pré-dessert (dont une framboise fourrée à l'avocat),

Priscilla opte pour le rhubarbe et fleurs au jus vanillé, autre "oeuvre d'art" (photo en bas à droite), et moi pour le "coco", peut-être la légère déception du repas, mon palais étant plus habitué au goût musclé des desserts "asiatiques" pour parisiens branchés qu'à la subtilité de l'eau de coco en granité. Pour accompagner, elle aura du Vouvray Moelleux 2009, Domaine de la Taille aux Loups, Jacky Blot, et moi un surprenant Jurançan Moëlleux "Cuvée de Marie Kattalin" 2007, Domaine de Souch, aux arômes lactés impressionnants.

 

Pour les mignardises, le coup de grâce puisqu'il s'agit du chariot de glaces, sorbets, bocaux et biscuits d'autrefois, où encore une fois comme un gamin dans un magasin de jouets on pioche sans vouloir s'arrêter sous l'oeil bienveillant du maître d'hôtel.

Ce type de chariot, qu'on retrouve apparemment chez Bocuse et au Coquillage de Roellinger, est je trouve une super idée: je n'ai pas vu un client ne pas sourire et avoir les yeux qui brillent quand le chariot arrive devant la table...

Bref, avec la café, notre table est plus remplie qu'au moment du repas (glaces, macarons, guimauves, mousse au chocolat, clafoutis, etc etc), comme le montre la photo gargantuesque ci-dessous, mais nous en venons à bout...

 

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L'addition passe comme une fleur***, payée en majorité par le virement de remboursement d'EDF qui a surestimé pendant 1 an notre facture de pas loin de 40%,  et nous rentrons chez nous par une belle journée de début d'été.

J'en ai tellement parlé à un copain qui avait du annuler au Plaza Athénée qu'il a changé d'avis quand il a reréservé pour aller chez Savoy; il a adoré lui aussi...

 

Prochaine étape en septembre à Paris, au Pré Catelan ou à l'Arpege probablement...

 

 

* soi-disant, "une seule table pour deux" réservée pour cette formule, genre le cadeau rare pour amateur éclairé. En fait je pense que c'est modulable selon le degré de remplissage du restaurant (nous n'étions pas les seuls ce jour là à en profiter, j'en suis presque sûr). Bref, j'avais réservé 1 mois à l'avance, mais un collègue a eu une table avec un créneau d'une semaine. Il faut dire que les plats à la carte ou les menus dégustation classiques sont à des niveaux de prix stratosphériques (comptez 300€ sans le vin).

 

* décrit par le serveur à qui on demandait plus de détails comme "le veau dans tous ses états". Il nous a refait le coup avec le dessert "texture de fraises": je sais pas si les expressions Top Chef ont pénétré jusque dans les 3 étoiles ou si c'est juste nous qui avions la dégaine de fans de Lignac...

 

*** quelques mots sur les vins tout de même: on se fait découper. La bouteille de L. Combier est autour de 14 euros chez le caviste, elle est à 68 euros chez Savoy, et le verre à 16 (si je me souviens bien), soit un bon facteur 7-8 par rapport au producteur pour la bouteille, et pas loin de 10 au verre.

Bon, les accords sont au top et le sommelier très cultivé, mais ça me fait penser à Nossiter qui conchiait Robuchon sur le sujet dans le Goût et le Pouvoir...

Disons que ça ne me dérange pas dans la mesure où je pense que Savoy ne gagne (presque) rien avec son menu à 110 euros, même si ça l'aide à remplir sa salle. Pour 200 euros tout compris (menu + coupe de champ' + 3 verres de vin + eau + café), j'ai l'impression d'avoir payé "le juste prix" si tant est que je puisse le définir pour un grand moment qui n'a, par définition, "pas vraiment de prix".

Toutefois, c'est un business model très en vogue en France, et peut-être que si le menu était à 150 et les vins moins chers, il y aurait moins de monde, mais ce n'est pas le meilleur moyen de faire baisser le prix du pinard au resto. Voir les articles d'Atabula sur la question: http://www.atabula.com/?p=2249

 

Ah, et puis les toilettes ne sont pas très classes parce qu'il faut bien pinailler.

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Published by mixlamalice - dans Restos
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