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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 20:58

Visite chez Guy Savoy (Paris 17ème, 18 rue Troyon, à proximité de l'Arc de Triomphe, http://www.guysavoy.com/fr, fermé dimanche, lundi et au déjeuner le samedi, 3* Michelin depuis 2002) un vendredi midi pour mon anniversaire, en réservant par Internet la formule spéciale pauvre "découverte" à 110 euros*.

 

Nous arrivons à 12h pile. L'entrée est sobre, et la déco intérieure en bois foncé ambiance vaguement japonisante (enfin c'est ce que je dis dès que je vois du bois partout et un côté zen-épuré, je ne suis jamais allé au Japon) qui me rappelle le Bernardin. Il y a si je ne me trompe pas 3 salles (peut-être 2) comptant chacune une quinzaine de couverts, et en face dans la rue les salons privés pour groupes.

 

Parce qu'on est de bonne humeur et qu'on ne compte pas (trop) ce jour là, on accepte la petite coupe de champagne cuvée Guy Savoy pour commencer, qui ira avec une gentille mise en bouche au foie gras (avec du rab).

Il y a du choix dans la carte, 6 ou 7 entrées, 4-5 poissons et autant de viandes, 6-7 desserts. Les plats au caviar sur la "vraie carte" ne sont pas accessibles, mais il y a de beaux produits et même de la truffe. C'est déjà dur de choisir, on a presque peur de se planter...

 

Je ne vais pas détailler chaque plat, mais donner une impression générale, car il est difficile de trouver des mots sans se répéter quand un moment a dans sa globalité été presque parfait.

 

La cuisine de Savoy m'a simplement parlé, un peu dans la veine du Bernardin encore (de façon amusante, le Bernardin a "émigré" à NYC au milieu des années 80 mais était auparavant au 18 rue Troyon avant G. Savoy...).

C'est une cuisine "sans fioritures": cela ne veut pas dire que c'est simpliste même simple, mais qu'il y a généralement peu d'ingrédients dans un plat, et qu'ils ont tous un rôle majeur et qui semble optimisé au microgramme près. Tout paraît évident, c'est délicieux simplement, et il n'y a pas besoin de se prendre le chou pour comprendre ce que le chef a voulu faire ou exprimer (contrairement à l'Astrance, à mon goût). On oscille entre l'exceptionnel et l'excellent, que la recette fasse "classique haut de gamme" (la soupe d'artichaut) ou plus "moderne" (Saumon figé sur la glace, consommé brulant citronelle, perles de citrons - on retrouve comme chez Troisgros, où Savoy est passé, beaucoup d'acidité dans les plats de poissons, ce que j'adore).

 

Le service est de très haute tenue, ça commence un peu too much quand ils déplient eux-mêmes la serviette pour vous la mettre sur les genoux, mais il y a ensuite une vraie générosité: on nous propose de prendre deux demi-entrées si on veut goûter le "signature dish" (la soupe d'artichaut à la truffe et au parmesan, une tuerie). Après mon refus, ils m'apportent quand même une petite brioche accompagnant la soupe "pour goûter", ils insistent pour qu'on goûte de tout dans le chariot de desserts, etc. G. Savoy est présent et vient saluer les convives et leur demander si tout va bien en début et en fin de service.

Bref, plein de petites attentions que j'adore dans les vrais endroits au top, où tout client, de l'universitaire mal fringué au yuppie russe, de celui qui claque 150€ à celui qui en dépense le quadruple, est traité, simplement, comme un roi. Le sommelier est de très bon conseil aussi, jeune et sympa: les vins au verre pour accompagner le menu sont dans une gamme raisonnable (15-20 euros le verre, j'en dirai plus plus bas).

 

Untitled.png

 

Notre menu quand même: 

Aprés un joli amuse-bouche aux asperges avec une crème citronnée et une petite tartelette de saumon, Priscilla a goûté le maquereau mariné-grillé, vinaigre de cerise, gelée de radis rouge et caviar d'aubergines grillées, magnifique, et donc la soupe d'artichaut à la truffe noire et parmesan, brioche feuilletée aux truffes et beurre de truffe, parfait dosage de la truffe et de la lamelle de parmesan sur laquelle elle repose (deux premières photos ci-dessus).

On lui servira pour accompagner un Crozes Hermitage 2010 Cuvée Laurent Combier, qui m'a vraiment scotché par ses subtiles notes florales.

Pour ma part, j'opte pour le superbe (esthétiquement et gustativement, photo en bas à gauche) Merlan de ligne aux oeufs de saumon, langoustines comme un tartare, petite gelée aux citrons, avec un Riesling 2008 le Dragon, Domaine Josmeyer.

 

Ensuite, pour Priscilla, le printemps avec du veau** (filet mignon, poitrine braisée, petite galette de pieds de veau, avec des asperges), accompagné du Hautes-Côtes de Nuits "Les Dames Huguette" 2009, Domaine Dufouleur, que j'ai trouvé un poil trop boisé.

Pour moi, le saumon dont je parle plus haut, tout un spectacle. Un chef vient "cuire" le saumon, ou plutôt sa surface, devant vous sur la carboglace. Il est ensuite immergé dans un bouillon brûlant et servi dans une assiette très chaude, avec du chou pak-choi et du citron caviar (un citron fait de petites graines, comme de la grenade, très acides), déjà présent dans mon entrée. La préparation met en joie, on devient presque comme un gamin tremblant devant ses cadeaux de Noël avant qu'on l'autorise à les ouvrir, et cette impatience qui grandit gâche presque la dégustation, comme si on en attendait trop.

Servi avec un autre vin très convaincant, le vin de table de France "Barbarossa" Domaine Comte Abbatucci, corse, pour un bel accord sur l'acidité.

 

Après trois petites bouchées en pré-dessert (dont une framboise fourrée à l'avocat),

Priscilla opte pour le rhubarbe et fleurs au jus vanillé, autre "oeuvre d'art" (photo en bas à droite), et moi pour le "coco", peut-être la légère déception du repas, mon palais étant plus habitué au goût musclé des desserts "asiatiques" pour parisiens branchés qu'à la subtilité de l'eau de coco en granité. Pour accompagner, elle aura du Vouvray Moelleux 2009, Domaine de la Taille aux Loups, Jacky Blot, et moi un surprenant Jurançan Moëlleux "Cuvée de Marie Kattalin" 2007, Domaine de Souch, aux arômes lactés impressionnants.

 

Pour les mignardises, le coup de grâce puisqu'il s'agit du chariot de glaces, sorbets, bocaux et biscuits d'autrefois, où encore une fois comme un gamin dans un magasin de jouets on pioche sans vouloir s'arrêter sous l'oeil bienveillant du maître d'hôtel.

Ce type de chariot, qu'on retrouve apparemment chez Bocuse et au Coquillage de Roellinger, est je trouve une super idée: je n'ai pas vu un client ne pas sourire et avoir les yeux qui brillent quand le chariot arrive devant la table...

Bref, avec la café, notre table est plus remplie qu'au moment du repas (glaces, macarons, guimauves, mousse au chocolat, clafoutis, etc etc), comme le montre la photo gargantuesque ci-dessous, mais nous en venons à bout...

 

DSC03433.JPG

 

L'addition passe comme une fleur***, payée en majorité par le virement de remboursement d'EDF qui a surestimé pendant 1 an notre facture de pas loin de 40%,  et nous rentrons chez nous par une belle journée de début d'été.

J'en ai tellement parlé à un copain qui avait du annuler au Plaza Athénée qu'il a changé d'avis quand il a reréservé pour aller chez Savoy; il a adoré lui aussi...

 

Prochaine étape en septembre à Paris, au Pré Catelan ou à l'Arpege probablement...

 

 

* soi-disant, "une seule table pour deux" réservée pour cette formule, genre le cadeau rare pour amateur éclairé. En fait je pense que c'est modulable selon le degré de remplissage du restaurant (nous n'étions pas les seuls ce jour là à en profiter, j'en suis presque sûr). Bref, j'avais réservé 1 mois à l'avance, mais un collègue a eu une table avec un créneau d'une semaine. Il faut dire que les plats à la carte ou les menus dégustation classiques sont à des niveaux de prix stratosphériques (comptez 300€ sans le vin).

 

* décrit par le serveur à qui on demandait plus de détails comme "le veau dans tous ses états". Il nous a refait le coup avec le dessert "texture de fraises": je sais pas si les expressions Top Chef ont pénétré jusque dans les 3 étoiles ou si c'est juste nous qui avions la dégaine de fans de Lignac...

 

*** quelques mots sur les vins tout de même: on se fait découper. La bouteille de L. Combier est autour de 14 euros chez le caviste, elle est à 68 euros chez Savoy, et le verre à 16 (si je me souviens bien), soit un bon facteur 7-8 par rapport au producteur pour la bouteille, et pas loin de 10 au verre.

Bon, les accords sont au top et le sommelier très cultivé, mais ça me fait penser à Nossiter qui conchiait Robuchon sur le sujet dans le Goût et le Pouvoir...

Disons que ça ne me dérange pas dans la mesure où je pense que Savoy ne gagne (presque) rien avec son menu à 110 euros, même si ça l'aide à remplir sa salle. Pour 200 euros tout compris (menu + coupe de champ' + 3 verres de vin + eau + café), j'ai l'impression d'avoir payé "le juste prix" si tant est que je puisse le définir pour un grand moment qui n'a, par définition, "pas vraiment de prix".

Toutefois, c'est un business model très en vogue en France, et peut-être que si le menu était à 150 et les vins moins chers, il y aurait moins de monde, mais ce n'est pas le meilleur moyen de faire baisser le prix du pinard au resto. Voir les articles d'Atabula sur la question: http://www.atabula.com/?p=2249

 

Ah, et puis les toilettes ne sont pas très classes parce qu'il faut bien pinailler.

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 13:25

On peut se demander pourquoi dans un établissement d'enseignement supérieur et de recherche, il y a un ratio personnel enseignement/recherche vs personnel administratif/technique de 1 pour 3.

 

Eh bien pour s'occuper par exemple de choses essentielles comme:

 

- passer les commandes de matériel chez des fournisseurs étrangers selon une procédure propre car le logiciel de gestion n'est prévu que pour des fournisseurs ou revendeurs français.

 

- rentrer manuellement toutes les notes de tous les examens car le logiciel utilisé pour centraliser ne sait pas exporter les fichiers excel que l'administration demande de remplir aux enseignants (qui n'ont bien évidemment pas directement la main sur le dit logiciel).

 

- trier et livrer le courrier en à peine deux semaines après réception (établissement de 1500 personnes).

 

 

 

(je n'ai pas forcément plus de détails à donner, mais ces anecdotes sont ou ont été dans une certaine mesure vraies)

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 10:37

Deadlines: entre la fin de la semaine et la fin du mois de juin.

 

- Reférer un article

- Boucler la rédaction d'un article et le soumettre

- Aider les stagiaires dans leur rédaction de rapport et préparation de soutenance

- Commencer la rédaction d'un autre papier

- Commander pour 5000€ de matos (avec ce que ça suppose d'emmerdes, de demandes de devis en palabres avec les gestionnaires)

- Recruter un post-doc

- Boucler le recrutement MCF (et notamment convaincre un des deux premiers de venir)

- Finir les cours

- Préparer et donner les derniers TPs

- Refondre un cours pour septembre

- Commencer à organiser un stage pédagogique, toujours pour septembre

- Pondre les sujets d'exam

- Corriger les dits exams

- Boucler les fiches administratives pour validation du service effectué et paiement des heures sup'

- Rendre la fiche bilan personnel pour l'évaluation AERES du labo

- Faire la même chose pour le Prof associé et l'ATER

- Renouveler l'ATER ou en chercher un nouveau

 

...

 

Bref: Vivement les vacances (et peut-être le début du mois de juillet pour faire quelques manipes).

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 11:20

Nous rentrons dans la dernière ligne droite des auditions pour les postes MCF (Maître de Conférences).

 

J'aurai probablement plus de choses à dire quand j'aurai moi-même écouté les candidats à notre poste, mais quelques mots consensuels.

 

L'audition est un exercice à part, puisqu'il faut grosso modo présenter 10 ou 15 ans de sa vie en 15 minutes.

La réussite de l'exercice se joue donc, au fil du rasoir, sur la capacité à savoir se vendre, à bien "vulgariser" pour intéresser le jury et le convaincre de vos qualités pédagogiques, tout en étant suffisamment profond scientifiquement pour ne pas donner l'impression que vous n'avez fait que survoler ou pas franchement compris ce dont vous parlez.

 

Ainsi, il est clairement déraisonnable voire rhédibitoire de vouloir être exhaustif, de parler de toutes vos expériences, toutes vos publis, tous vos projets.

C'est encore pire si cela suit l'ordre chronologique: celui-ci est ce qu'il est, mais c'est un peu comme quand on rédige un article scientifique. Personne ne raconte les manipes dans l'ordre où elles ont lieu. Il faut trouver une unité a posteriori, et ne pas hésiter à faire ressortir certaines expériences plutôt que d'autres. 

 

Déjà, tout ce qui a lieu avant la thèse est à proscrire (vous pouvez éventuellement passer quelques secondes sur le fait que vous avez fait une école d'ingénieurs, surtout si elle est prestigieuse et si ce n'est pas fréquent dans votre domaine - sans en faire des caisses non plus, hein, certains universitaires peuvent être susceptibles).

 

Concernant ses activités de recherche, surtout quand on commence à avoir du "bagage", il faut faire des choix: à mon avis, il faut se focaliser sur deux projets ou deux bouts de projets maximum, dont au moins un issu de la thèse (on vous reprochera de ne pas en parler du tout) et au moins un assez détaillé (pour montrer les compétences scientifiques).

 

Le but est de choisir celles parmi vos expériences qui se rapprochent le plus de celles du labo d'accueil (de façon directe, c'est-à-dire en terme de thématiques, ou de façon indirecte, en terme de questions scientifiques posées au sens large ou de techniques ou compétences acquises), et qui vous permettront d'introduire le mieux votre projet de recherche.

 

 

En pratique, comment faire?

 

On commence par se présenter, de façon générale avec typiquement 1 slide sur le cursus, 1 slide sur les activités d'enseignement, et 1 slide ou 2 sur les activités de recherche présentées de façon chronologique et exhaustive, en quelques mots et en mentionnant les publis et brevets.

A ce moment, on fait ressortir les deux sujets dont on va donner plus de détails en justifiant pourquoi ceux-là plutôt que les autres ("pour des questions de temps", "par rapport au projet de recherches que je compte proposer", etc - on peut aussi mentionner qu'"on ne parlera pas de tel sujet pour des raisons de confidentialité" ou autre: je pense que tout cela est apprécié).

 

Puis 2 ou 3 slides sur chaque projet (plus si on ne parle que d'un seul, mais cela me semble dangereux ou en tout cas à justifier soigneusement, sauf si bien sûr vous sortez juste de thèse), avec si possible un minimum de profondeur scientifique. Si vous perdez un peu une partie du jury vers le 10ème slide, ce n'est pas grave si vous avez réussi à les intéresser jusque là: au contraire, ça peut donner un certain cachet. 

 

Vous pouvez conclure par un bilan personnel (mon collègue aime beaucoup, moi moins, mais je n'ai pas la recette miracle).

 

Du début jusque là, compter une dizaine de minutes, puis ensuite enchaîner avec 1 slide de "projet d'enseignement": très brièvement, cela consiste à dire qu'on s'intégrera dans l'équipe pédagogique.

Si vous avez monté une manipe simple pendant votre parcours, ou travaillé sur des TPs dont vous voyez qu'ils n'existent pas dans l'équipe d'accueil, c'est souvent bien vu de dire qu'on pourra, modestement, proposer de nouveaux enseignements sur telle thématique en montant une petite manipe de coin de table (évitez par contre le "sous réserve d'acheter un profilomètre optique à 150000 euros, je ferai bien telle expérience pour des L1")*.

 

Et puis, deux ou trois slides sur le projet de recherche, dont la profondeur dépend beaucoup des desiderata de l'équipe ou du labo qui recrute...

Enfin, ne pas oublier une conclusion pour ne pas faire dans le "coïtus interruptus".

 

Comptez entre 10 et 15 slides selon leur degré de remplissage et votre mode de fonctionnement pour une audition de 15 minutes.

 

 

Les répétitions sont ici cruciales: ce n'est pas un séminaire où personne ne regardera vraiment la montre et où on ne vous en voudra pas si vous reprenez une explication ou un résultat.

On peut vous interrompre, on vous fera signe quand il reste 2 minutes etc.

Il faut maximiser le temps de parole, donc on ne peut pas vraiment se permettre de bafouiller ou revenir en arrière.

Il faut travailler les enchaînements entre slides pour que tout paraisse fluide.

 

N'hésitez pas à mettre vos chefs à contribution, ils seront normalement prêts à vous aider. Et commencez à répéter assez longtemps à l'avance (par exemple pas comme notre ATER qui veut répéter pour la première fois ce soir pour son audition de demain et qui ne nous a même pas montré ses slides avant: clairement, il ne sera pas raisonnable de lui proposer beaucoup de changement même si ce n'est pas à la hauteur).  

 

 

 

 

 

Tout avis argumenté, contradictoire ou pas, est évidemment le bienvenu en commentaire.

 

 

 

 

* bien évidemment, cela n'engage à rien: je n'ai jamais monté la manipe dont j'avais parlé pour le poste où j'ai été recruté, et personne ne m'en a jamais reparlé.

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 16:39

Après deux ans de masochisme exacerbé anticipable "right from the start", j'ai enfin décidé de faire un gros fuck à Bouygues Télécom, leurs méthodes commerciales douteuses, leurs prix dantesques, leurs petits caractères dans le contrat et leurs services commerciaux spécialisés dans le harcèlement moral*.

 

 

Profitant d'une offre spéciale, j'ai décidé de dépasser ma procrastination aigüe et de me barrer chez Darty, vu qu'on est très content de notre offre internet/télévision, pas moins chère qu'ailleurs, mais rarement victime de bugs, à peu près vraiment tout compris et avec un service après-vente plutôt compétent (le genre qui rappelle vraiment quand il te dit qu'il va le faire).

 

Chez eux, Priscilla pouvait bénéficier d'une offre 1h gratuite (ou plutôt comprise avec l'abonnement internet/télé) qui lui convient parfaitement, et moi d'une offre 2h + SMS illimités à 10 euros.

 

Tout s'est à peu près bien passé, Darty s'est occupé du transfert de ligne à l'aide du numéro rio qu'on obtient facilement en appelant le 658, et notre changement d'opérateur s'est fait quelques jours plus tard avec conservation du numéro.

 

 

Sauf qu'il y a tout de même quelque chose que les blaireaux comme moi qui ne passent pas leur journée dans les

boutiques de téléphonie à changer de forfait ou de téléphone ignorent: c'est que quand tu achètes un téléphone chez Bouygues ou ailleurs, il ne t'appartient pas vraiment.

Enfin, si, mais il appartient aussi à l'opérateur, pour une raison qui m'échappe et dont la légalité me semble douteuse, dans la mesure où il le bloque pour t'empêcher de t'en servir avec un autre opérateur.

Le déblocage est gratuit certes, mais la procédure n'est pas évidente et son mode d'emploi loin d'être aisément accessible, surtout si on est en possession d'un téléphone un peu vieux.

Bref, le temps que je comprenne ce qu'il fallait faire, j'ai réussi à débloquer le téléphone de Priscilla mais entre temps j'avais "bloqué" pour de bon le mien (comme quand on fait trois codes pin): il faut en effet rentrer un code, qui n'est ni le pin ni le puc ni le numéro IMEI ou autre merde, mais un code qui s'obtient par le biais de l'opérateur, qui dépend du modèle et du numéro de série (la procédure de débloquage dépendant elle aussi du modèle).

 

Je finis par trouver sur le merveilleux site web de Bouygues que dans ce cas il faut contacter le service client, service auquel je ne peux plus accéder vu que pour avoir le droit de parler à un conseiller on me demande mon numéro, et que la migration chez Darty a tellement bien réussi qu'il a en moins de 3h visiblement disparu de la base de données. Notons qu'il n'a par contre pas disparu des bases de données des commerciaux qui continuent, deux semaines plus tard, à m'appeler en numéro masqué soir et week-end pour me proposer leurs nouveaux putains de forfaits offres spéciales.

Je retourne donc dans la boutique Place d'Italie, restée aussi horrible qu'en mon souvenir (sauf que maintenant, ça ne s'appelle plus une boutique mais un "club", ça fait plus proche des gens, que ça n'ouvre pas avant dix heures, et qu'on doit prendre un ticket comme à la sécu).

Le responsable qui était déjà là il y a deux ans et déjà plus occupé à vendre des téléphones à 650 euros à des mamies qui ne savent pas envoyer un SMS qu'à régler le problème des forfaits à 20 euros dans mon genre m'explique qu'il va envoyer le téléphone chez Nokia et que ça reviendra dans deux semaines. Et qu'il m'appellera sur mon numéro de portable pour me dire quand ça serait fait (le fait que je n'avais plus de portable vu que je venais de le lui passer ne lui semblait visiblement pas une évidence: quand je lui ai demandé ce qu'il pouvait faire pour moi, il m'a répondu de me démerder avec Darty puisque j'étais client chez eux comme si Bouygues ne m'avait pas plumé pendant de longues années et n'avait rien à voir là-dedans).

 

Passons sur les détails, j'ai réussi à récupérer un vieux téléphone en état de marche, je suis parvenu à le débloquer (on dit désimlocker dans le langage des abrutis technophiles) en passant par le numéro clientèle international de Bouygues (visiblement le seul moyen d'avoir un conseiller sans rentrer son numéro, prix d'un appel aux USA), ce qui m'a permis d'apprendre 10 jours après que mon autre téléphone m'attendait à la boutique.

 

Le lundi, après avoir patienté 40 minutes avec une dame, tenant chacun notre ticket SAV à la main pendant que tous les vendeurs s'occupaient de faire signer de nouveaux contrats aux clients qui nous passaient devant, on finit par demander un peu excédés à un jeune paumé pourquoi nous n'étions jamais appelé.

Celui-ci nous explique, dans une belle harmonie avec ce qui se fait à la SNCF ou Air France, que "ah désolé on a un problème avec le SAV, on a oublié de l'afficher et de vous prévenir bien qu'on vous voit poireauter comme deux cons depuis 1h, on peut rien faire donc revenez demain vu que vous n'avez que ça à faire".

On gueule un peu, et puis on a pas d'autre choix que de s'en aller.

J'y retourne aujourd'hui, je me tape cette fois-ci de nouveau le responsable ou vendeur star a l'air à la fois bovin et suffisant (triste combinaison). Nokia a renvoyé l'appareil sans y toucher, accompagné d'une petite notice expliquant que le désimlockage est impossible car certains circuits cruciaux, qui n'empêchent visiblement pourtant pas l'appareil de fonctionner, sont oxydés.

Le mec, flegmatique, me rend mon téléphone, me demande une petite signature; je lui demande si du coup je peux m'en servir d'autre chose que comme d'un tuteur pour mon basilic mais cela lui passe très clairement largement au-dessus de la tête. J'hésite à le lui balancer dans la gueule et me contente d'un "l'histoire aura été belle jusqu'au bout" qui lui arrache un petit sourire condescendant.

Et donc, je repars, avec un téléphone inutilisable et une petite note du directeur de la relation client me remerciant de ma confiance.

 

 

 

Tout cela ne serait pas si grave, après tout j'ai un téléphone à peu près en état de marche, Bouygues devrait bien finir par arrêter de m'appeler, et Priscilla et moi devrions économiser environ 350 euros** sur l'année grâce à ce changement d'opérateur.

 

Tout cela ne serait pas si grave si je n'avais reçu un mail de Darty, il y a quelques jours, m'informant que Bouygues Télécom vient de racheter 99,9% de Darty Télécom.

Même si les nouvelles sont pour l'instant rassurantes en terme de gestion des offres et contrats, la situation est so ironic, isn'it?

 

 

 

* il paraît d'après leur site qu'ils sont numéro 1 service clientèle, moi ça me fout vraiment les jetons... qu'est-ce que ça doit être chez SFR, Orange etc.

 

** grosso modo un déjeuner pour deux dans un 3 étoiles, ce n'est pas si mal

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 09:41

Une vision de la recherche sur projets "à l'américaine" est tout à fait légitime.

Vouloir l'adapter de toute force au système français sans tenir compte de ses spécificités me semble néanmoins extrêmement discutable.

 

C'est par exemple (faire semblant d')ignorer l'organisation "par équipes" (équipes constituées typiquement de 2 ou 3 MCF ou CR et d'1 Prof ou DR, puis personnel technique, étudiants et contractuels) des laboratoires français, qui va à l'encontre de la vision "chercheur-manager" chef de groupe (groupe uniquement constitué d'étudiants et contractuels) en vogue dans les départements US.

Cette vision par équipes étant largement soutenue par les comités d'évaluation comme ceux de l'AERES, ce n'est pas prêt de changer. Et j'ai personnellement du mal à saisir la cohérence de tout ça. 

 

Je pourrais également parler des moyens financiers alloués qui me paraissent aussi difficilement comparables, mais je voudrais plutôt m'attarder sur les moyens humains.

 

Les filières scientifiques sont en déclin aux USA comme chez nous. Ce n'est toutefois peut-être pas aussi marqué de l'autre côté de l'Atlantique, mais surtout, la recherche américaine peut encore compter sur le flux important de "main d'oeuvre" étrangère venue se former chez ce qui est encore la destination number one pour faire de la recherche. Etudiants asiatiques ou indiens, post-docs européens, etc, c'est encore le passage obligé pour un grand nombre de scientifiques en herbe et ça suffit pour largement faire tourner la baraque. On peut supposer que les américains sont un peu la cigale de la fable, et qu'ils seront fort dépourvus lorsque les chinois et coréens auront le même matos et plein de supers profs chez eux, mais ils sont encore tranquilles pour quelques années. Et peut-être que d'ici la, la recherche et l'innovation seront redevenues des priorités dans les pays occidentaux avec pour conséquence la réaugmentation du flux d'étudiants "locaux", on peut rêver.

 

Quoi qu'il en soit, chez nous, aujourd'hui, ce n'est pas tout à fait la même donne. 

La où un jeune prof américain peut, s'il est bon, former en quelques années un groupe "constant" d'une dizaine de thésards-post-doc, une équipe française moyenne de 3 permanents peut s'estimer heureuse si elle compte en permanence en son sein un thésard et un post-doc (je parle pour ma branche ou probablement plus généralement la physique-chimie tendance expérimentale).

 

 

Pour donner un exemple concret:

Voici mon équipe actuelle détaillée: 2 MCF, 1 IR, 1 Tech, 1 ATER, 1 thésard et demi, 2 M2 partagés avec une autre équipe, 2 stagiaires de DUT. 

 

Voici une liste (probablement non exhaustive) de projets sur lesquels nous sommes aujourd'hui impliqués: 1 ANR blanche, 1 projet grand emprunt, 2 collaborations directes avec des industriels, 1 projet consortium public-privé, 1 collaboration de longue date avec un autre labo, 1 partenariat avec un institut technologique, 2 projets avec d'autres équipes de notre labo. 1 collaboration de type "Châteaubriand" vient d'être acceptée.

Sont actuellement en cours de dépôt ou d'évaluation 1 projet Institut Carnot et 1 collaboration CIFRE. Et je ne parle bien sûr pas des 2-3 projets en cours de montage ou en réflexion.

 

Les perspectives de recrutement si tout se passe bien: 1 MCF, le renouvellement de l'ATER, 1 Tech, 2 thésards + 1 doctorant américain qui passera 9 mois chez nous, 1 post-doc, et puis toujours 1 ou 2 M2 et quelques stagiaires DUT. Ce qui déjà semble juste pour mener de front et de façon pertinente tout ces projets. De plus, comme tout ne se passera pas bien, ce sera déjà beau si on a la moitié de tout ça...

 

Comme je le disais récemment, c'est ça la science moderne: je ne produis rien d'autre que des "proposals" de 2 ou 10 pages et je suis en bonne voie de stérilisation, en tout cas d'un point de vue "de terrain". Mon collègue voire l'IR également.

Certes les financements tombent. Ce qui quelque part doit prouver que ce qu'on raconte est un minimum pertinent. Et les étudiants arrivent un peu aussi, mais beaucoup moins, en tout cas pas du tout assez pour faire tourner tout ça... 

 

Mes réflexions n'empêchent personne, pas même moi, de s'agiter, mais je pense vraiment qu'on peut faire beaucoup mieux, beaucoup plus rationnel...

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 10:45

Je reprends ici le fil de mes billets "conseils aux candidats" (pour des postes de Maître de Conférences dans le cas présent): celui-ci sera basé sur quelques réflexions pratiques qui me sont venues à la suite de la première réunion de comité de sélection à laquelle je participais, servant à déterminer quels seront les candidats auditionnés.

 

Pour les premiers épisodes (avec certainement des redites), voir:

http://laviedemix.over-blog.com/article-conseils-aux-candidats-66722414.html

http://laviedemix.over-blog.com/article-conseils-aux-candidats-mcf-post-scriptum-101408959.html

 

Nous avons reçu 36 candidatures, chiffre assez classique toutes sections confondues d'après les discussions que j'ai pu avoir.

 

 

- Il faut savoir (ce qui n'est semble-t-il pas le cas d'un certain nombre de candidats) que le premier examen du dossier est effectué par la DRH (ou équivalent) de l'établissement de rattachement du poste, pour juger de la recevabilité du dossier: c'est une étape purement administrative pour vérifier que toutes les pièces telles que demandées au J.O. et sur Galaxie sont bien présentes dans le dossier. S'il manque quelque chose, le dossier n'est même pas transmis au comité de sélection, qui ne pourra rien faire pour vous.

Bref, dans notre cas, 32 candidatures étaient recevables (oui, déjà 4 éliminés sans rien faire, donc soyez vigilants...).

 

 

- Ce genre de chiffres me permet de suggérer qu'il ne sert à rien de postuler sur un poste où on est clairement hors-profil. Bon,tout est possible et on m'a reproché de décourager une étudiante du labo, mais il faut être un minimum réaliste: quand on a, disons, un profil typique "60" (section CNU mécanique, génie mécanique), on a peu de chances d'être recruté sur un poste "33" Chimie des Matériaux. En théorie, ce n'est pas impossible, mais en pratique et vu le nombre de candidatures, si le comité est un minimum cohérent, ça a peu de chances d'arriver.

Attention à ne pas trop s'auto-censurer non plus: il sera rare de candidater sur un profil de poste où tous les mots-clefs vous correspondront parfaitement...

 

 

- J'avais dit ailleurs, et je maintiens, qu'un "changement géographique" est largement moins important qu'un "changement thématique" en ce qui concerne le parcours scientifique du candidat.

En clair, partir à San Francisco n'est pas forcément un bon calcul si vous auriez pu faire la même chose à Toulouse: il est fondamental de ne pas refaire en post-doctorat la même chose qu'en thèse, et si partir à Harvard peut-être un plus, partir à l'étranger peut vous déservir d'un point de vue pratique (notamment les visites de labo etc).

 

Par contre, il y a des limites à la sédentarisation: pour prendre un exemple concret, le comité a eu du mal à réprimer un fou rire nerveux lorsqu'elle a eu à examiner un 5ème candidat ayant fait tout son cursus, de la licence au doctorat ainsi que les 3 années de post-doc et d'ATER, à Rouen, et qui venait enfin de se décider à partir six mois au Havre ou à Douai.

En plus du reste, cela n'incite pas à crédibiliser une candidature à Strasbourg ou Paris...* 

 

Bref, partir à l'étranger n'est pas obligatoire, mais il faut tout de même bouger un minimum en France. D'autant plus que dans les villes de province, même les grandes, il y a rarement beaucoup de labos différents sur une thématique donnée. Le nombre de publis est important, mais un comité sait que si vous êtes restés six ans sur le même sujet dans la même équipe, vous avez de grandes chances d'être productif: elle préférera entendre quelqu'un qui s'est "remis en question".

 

 

- Les dossiers sont ensuite répartis au sein du comité de sélection, chaque dossier devant être expertisé par deux rapporteurs. Un rapporteur peut donc se retrouver avec typiquement 5 dossiers à expertiser, voire plus.

Ainsi, la clarté du dossier est un élément majeur que le candidat doit prendre en considération. Ce "bien rédigé" qui semble un détail est un "élément de langage" qui ressort souvent lors de la commission...

Un dossier bien rédigé ne sauvera pas une candidature trop juste, et un dossier mal écrit ne sera pas forcément rhédibitoire si le candidat est exceptionnel... mais dans les cas un peu tangents (qui composent au bout du compte la majorité des auditionnés car il n'y a pas énormément de candidats qui sortent tant que ça du lot), il peut être bon d'impressionner favorablement le rapporteur, ce qui le poussera à défendre votre dossier en vue d'une audition.

 

Je pense notamment qu'un "résumé analytique" d'une ou deux pages regroupant toutes les informations nécessaires peut-être un sacré plus. Ce n'est pas nécessairement la même chose que le CV, qui lui peut être plus long et détaillé: j'y vois plutôt un document très centré sur les informations qu'on demandera au rapporteur pendant la commission. Donc, en gros:

Etat-civil

Titre, année et lieu d'obtention du master.

Idem avec la thèse, ainsi que le nom des directeurs de thèse.

Idem avec les activités post-doctorales.

Les activités d'enseignement: nombre d'heures, matières enseignées et genres d'enseignement (TPs, TDs, projets, cours, etc). 

Les publis: le nombre, le nombre en premier auteur ou en reprint auteur, le titre des journaux. Bien distinguer les "vrais" publis de celles "juste" soumises ou pire encore, en préparation, ainsi que des publis type "proceedings" ou dans des journaux franco-français.

Les congrès, en distinguant les présentations orales du reste.

Eventuellement quelques références ou contacts en recherche et enseignement.

Et quelques mots-clefs sur les compétences scientifiques, théoriques et ou expérimentales.

Cela permet au rapporteur de faire son rapport facilement et de ne pas passer 2h à tourner et retourner les pages du rapport pour trouver les informations, ce qui finit par énerver quand on en est au 5ème.

 

Il est bien de détailler ensuite un peu plus chacun de vos projets de recherche passés, mais n'en faites pas des tartines. Moins d'un recto-verso par projet, voire un recto pour les projets de faible durée, confidentiels ou en cours.

Idem pour l'enseignement.

 

Un dossier de 8 pages tout compris paraîtra léger, mais un dossier foutoir de 75 pages ne sera pas forcément bien perçu non plus... 

 

 

- Il est quasiment indispensable de contacter l'équipe d'accueil avant l'examen des dossiers. N'attendez pas d'être convoqués à l'audition (ou pas) pour les appeler... De même, il faut appeler le responsable enseignement si celui-ci est différent du responsable scientifique.

Je suis assez surpris de me rendre compte que seuls 1 petit tiers des candidats a accompli cette démarche. Et que certains candidats "solides" n'ont pas l'air de comprendre/savoir que c'est essentiel... 

 

Que dire?

Eh bien simplement: bonjour je suis machin, j'envisage de candidater au poste truc. Je souhaiterais vous rencontrer/visiter le laboratoire, cela fait-il partie de la politique du laboratoire? Pouvez-vous m'en dire un peu plus sur le poste, les enseignements sont-ils déjà prévus, le recrutement est-il ouvert, faut-il préparer un projet de recherches/un projet d'enseignements? Etc

Il faut être prêt à se déplacer, soit avant soumission des dossiers soit avant l'audition, ou en cas d'impossibilité matérielle d'avoir un entretien téléphonique poussé pour lequel vous aurez longuement potassé vos questions.

 

Je ne vois pas quels reproches on peut vous faire d'avoir cherché à vous renseigner, même si laboratoire peut vous répondre que la politique est de ne rencontrer personne avant l'audition.

Encore une fois, un candidat excellent scientifiquement et sur le profil sera probablement repêché (mais cela pourra être retenu comme point négatif), mais cela peut s'avérer crucial, dans un cas comme dans l'autre, pour un candidat un peu borderline...

 

 

- Dans le même registre, à adapter suivant selon ce qu'on vous a raconté, il n'est je pense jamais mal de terminer par un "projet de recherches" (et d'enseignement) même basique dans le genre de celui que j'ai écrit ici: http://laviedemix.over-blog.com/article-le-mythe-du-projet-de-recherche-101556256.html

Si on vous en demande explicitement un détaillé, ça ne suffira pas et il faudra probablement prendre un contact approfondi avec la ou les équipes d'accueil.

Par contre, si on vous dit que ce n'est pas forcément nécessaire, qu'on reste vague en vous disant que ça "pourra être apprécié" ou même qu'on vous dit qu'il n'y en a pas besoin, personne, je pense, ne vous en vous en voudra d'avoir tenté de vous projeter, en 2-3 pages, dans le futur poste que vous serez peut-être appelé à occuper pendant 40 ans.

 

- Pensez aux détails pratiques: communiquez une adresse française (typiquement celle des parents) pour l'envoi éventuel de la convocation par recommandé... si vous avez plusieurs auditions et que vous êtes post-doc au Japon, il y a de bonnes chances que vous ne receviez jamais la dernière, par exemple.

 

 

 

De façon générale, le but est d'essayer de faciliter le plus possible la vie des rapporteurs, qui sont a priori ceux qui vous soutiendront le plus (car ils seront les seuls à avoir lu dans le détail votre dossier), et également la vôtre.

 

Dans quelques semaines, la deuxième partie: l'audition. Qui, dans le cas où le poste est ouvert, est souvent prédominante.

 

 

 

 

 

* Paris, de par le nombre d'instituts, labos, universités, centres de recherche etc, est un peu une exception à cette règle: on peut avoir un dossier crédible en n'étant jamais sorti de la région parisienne.

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 10:38

J'ai récemment acheté une bouteille de vieux vin à Priscilla, plus parce que je trouvais l'idée de cadeau sympa et originale que parce que j'espérais vraiment me régaler. Cela dit, sait-on jamais?

 

L'idée, ainsi que l'endroit où acheter la bouteille, me sont venus à la lecture du blog Une femme des vins, qui comme un certain nombre de bons blogs, a deux défauts: il n'est pas assez mis à jour, et je ne le lis pas suffisamment.

 

La boutique en question se situe dans le 5ème arrondissement, sur la place de l'ancienne Ecole Polytechnique, où on trouve également Christophe.

Il s'agit de De Vinis Ilustribus, tenue par L. Michelin, et spécialisée dans les vieux millésimes.

 

Le premier contact (ou son absence) fut un peu douloureux, puisque, me déplaçant pendant ma pause déjeuner, après avoir vérifié que cela correspondait bien aux heures d'ouverture, j'arrivai devant la boutique pour trouver porte close avec un petit panneau écrit à la main "je reviens dans pas longtemps, vous pouvez me joindre au - suivait un numéro de portable tombant directement sur le répondeur-".

Mon sang désormais américanisé, donc habitué au fait que le client est quand même un peu roi ou en tout cas pas qu'un portefeuilles sur pattes qui ne doit pas trop la ramener *, ne fit qu'un tour, mais je décidai de repasser malgré tout, une fois calmé quelques heures plus tard.

Bien m'en a pris, puisque M. Michelin est en fait très gentil, commerçant, et ne compte pas son temps avec le client tout en étant de bon conseil. Soulignons aussi un très bon site web, plutôt joli, ergonomique et bien mis à jour, ce qui n'est toujours pas si fréquent dans le commerce "à la française".**

 

 

Pour des raisons que la décence et ma bonne éducation m'empêchent de préciser ici, je souhaitais acheter une bouteille de 1979.

Dans mon budget (la centaine d'euros maximum***), il y avait trois choix possibles: un Pomerol Château La Pointe, un Saint-Estèphe Les Ormes de Pez (le seul que je connaissais de nom et pour en avoir bu un millésime récent à l'Atelier Robuchon à NYC, à un prix prohibitif), et un Chassagne Montrachet Rodet.

Néophyte des vieux millésimes, je me suis dit qu'un Bordeaux, a priori plus "puissant", aurait gardé pour les sens débutants davantage de choses 15 ans après son "pic de forme" qu'un Bourgogne.

Je m'orientais plutôt vers les Ormes du Pez, mais M. Michelin me dit que la rive droite avait produit de meilleurs vins cette année là.

Donc va pour le Pomerol Château la Pointe 1979.

 

Nous l'avons ouvert récemment, accompagné pour le match la suite du repas d'un Château Lascombes, 2ème Cru Classé Margaux 2005.

J'avais trouvé cette bouteille rangée à la verticale dans un placard à vaisselle de mes parents qui ignoraient tout de son existence et de sa provenance (probablement ramenée par un ami riche ou un client de mon frangin et oubliée lors d'un dîner...) et, offensé de cette indifférente maltraitance envers une orpheline, l'avait donc recueillie chez moi.

 

DSC03395.JPG

 

 

Nous avons donc bu le Pomerol à l'apéro, en suivant les conseils de M. Michelin: remontée de la cave 24h avant, et laissée verticale pour permettre le dépôt. Ouverte au moment de la dégustation (les vins vieux ont des arômes fins qui ne supportent pas forcément bien le carafage).

Voici ce que dit la RVF dit du domaine la Pointe: "Cru de vieille réputation, il a fortement progressé depuis quelques millésimes. En revance, il faut se méfier des millésimes antérieurs à 89."

Bon, dommage, mais on va le boire quand même.

A l'oeil, belle couleur rubis tirant quelque peu sur l'ocre, translucide, qui trahit l'âge.

Au nez, il y a encore beaucoup de choses: les côtés "alcooleux" et "boisé" ont complètement disparu. C'est très compoté, fruits rouges confits (pour moi, confiture de groseille). C'est "gourmand", comme on dirait chez Top Chef.

En bouche, les mêmes tonalités se retrouvent, mais très légères. Les saveurs sont subtiles, s'estompent rapidement aussi, on sent que le vin est "past his prime" mais cela reste très agréable.

Quelques tranches de beaufort jeune pour accompagner s'avèrent déjà trop puissantes, la tarte aux poireaux (aux arômes très confits également, version revisitée d'après mes vagues souvenirs d'une recette de M. Rostang dans les Escapades de Petitrenaud) fera un meilleur accord, mais c'est seul que le vin se dégustera le mieux.

Une belle surprise, assez loin de ce que je m'imaginais (les arômes de "sous-bois" dont on parle souvent, souvent assez désagréables pour les non-initiés).

 

 

Nous avons enchaîné le Margaux, ouvert 3h avant mais pas carafé (my bad) avec un risotto aux cêpes, à base de ceux séchés ramenés de Florence (les champignons séchés sont, je trouve, un bon investissement car ils permettent de bien parfumer sauces pour pâtes ou risottos).

Voici ce qu'en dit la RVF: "Racheté par Colony Capital en 2001 - les philanthropes qui se sont occupés aussi du PSG avant les qataris, ndMix- un travail considérable a été accompli et le cru a retrouvé une forme de sérénité. Les vins affichent un caractère très moderne, richement boisé et parfois un peu extrait, mais ils évoluent bien".

2005 est censé être une grande année, mais la bouteille a été gardée dans des conditions déplorables, ce qui m'a poussé à l'ouvrir sans trop attendre.

Pour le coup, je suis assez d'accord avec la RVF (ils seront contents de le savoir).

La couleur est "pourpre profond", le nez très riche, très boisé.

A la bouche, la note vanillée très poussée et très caractéristique domine presque tout, je pense que c'est ce qu'ils appellent le "caractère très moderne et richement boisé".

Ca se boit bien, vu que ce n'est pas très compliqué à comprendre.

Ces vins sont à l'oenologie ce que le burger-frites est à la gastronomie (dans les deux cas, ça vient des américains): la sanctification du goût "adolescent", facile. Rien n'est sous-entendu, tout ce qui plaît est là, souligné à la truelle, et mélangé en grandes quantités pour procurer un plaisir immédiat et régressif.

Et on a beau en faire des versions à 50 euros plutôt qu'à 5, le fond du problème ne change pas.

C'est ce que je trouve un peu dommage dans ces vins: l'amateur pas trop éclairé que je suis ne verra pas beaucoup de différences entre un merlot californien ou un malbec argentin bien dans les canons du moment à 10$ et un vin comme celui-ci qui doit coûter pas loin de 100 euros.

C'est probablement ce qui plaît aux "buveurs d'étiquette": pas de surprises, même le risque d'en avoir une bonne. Mais le plaisir de pouvoir montrer qu'on a claqué un bras dans une bouteille (un peu comme la semaine russe à Courchevel, où les prix doublent pour leur permettre de payer plus cher que le voisin pour le même objet).

 

 

Cela fait quelques années que j'achète une ou deux caisses par an de bordeaux en primeur: je ne sais pas trop si je dois continuer, tant ce type de vins semble s'être répandu. Plus le temps passe, plus je me dis que Mondovino de Nossiter n'est sans doute pas si caricatural que ça...

Qu'en pensez-vous? Avez-vous des noms de domaines qui échappent encore à cette uniformisation du goût?

 

 

 

 

 

* et que donc, quand on est censé être ouvert, on ne ferme pas le rideau pour aller boire un canon avec un copain de passage ou Dieu sait quoi. 

 

** le magasin organise également en son sein des dégustations de vieux vins de temps à autre, cela peut faire une bonne soirée... j'essaierai de m'en souvenir.

 

*** pour mes lecteurs de la France qui souffre et qui s'offusqueraient: ceci étant un cadeau, ce n'est pas le prix habituel que j'accepte de dépenser dans une bouteille... généralement j'aime bien en acheter au moins 3 (dans ce cas là moins de 100 euros les 3) ou une caisse (et alors la caisse doit valoir moins de 150 euros). Sur la cinquantaine de bouteilles en ma possession, une dizaine doit coûter une trentaine d'euros pièce.

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 14:49

Pour Bruno Le Maire, "Le vrai travail, ça veut dire les gens qui prennent leur voiture le matin pour se rendre dans leur entreprise, leur usine, leur exploitation, qui travaillent toute la journée, rentrent le soir et ont encore mille choses à faire pour leur famille, pour eux-mêmes, pour gérer leur foyer." 

 

Pour Nicolas Sarkozy, le vrai travail, c'est celui de "ceux qui sont exposés, qui souffrent, et qui ne veulent plus que quand on ne travaille pas on puisse gagner plus que quand on travaille".

 

 

Personnellement, je ne possède pas de voiture (et n'ai même pas l'intention d'en acheter une prochainement), je marche 10 petites minutes pour prendre le métro et me rendre dans un Grand Etablissement, organisme public.

Le soir, n'ayant pas de famille, je me contente de faire à manger pour Priscilla et moi-même, activité qui me détend et que je ne vois pas comme une contrainte de "gestion du foyer". J'ai même le temps d'avoir un blog et de lire des livres.

Ma carrière, peu susceptible de connaître des accélérations fulgurantes est aussi, reconnaissons-le, peu exposée.

J'aime plutôt mon boulot, en tout cas il ne me cause pas de "souffrance", même les semaines où j'y consacre 50h ou une partie de mon week-end.

Il n'est peut-être pas très bien payé comparativement à ce que gagnent certains de mes compagnons d'étude et en considérant le coût de la vie à Paris, mais mon revenu se situe dans les 15% des plus gros salaires en France.

J'ai du mal à supporter le niveau de vie d'héritiers comme Lagardère ou Bettencourt, ou de rémoras humains à la Banier, mais je ne pense pas que c'est à eux que faisait allusion le Président quand il disait que le vrai travailleur ne veut plus que quand on ne travaille pas on puisse gagner plus que quand on travaille.

 

Bref, il faut se rendre à l'évidence, je ne qualifie pas à l'appellation labélisée "vrai travailleur".

 

En même temps, je ne me déplace pas non plus aux manifestations du 1er mai.

 

 

Un autre faux travailleur (we are legion): http://david.monniaux.free.fr/dotclear/index.php/post/2012/04/24/Je-ne-suis-pas-un-vrai-travailleur#comments

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 09:30
Je ne suis plus si jeune (mais je l'étais trop quand les Bérus chantaient), et l'argumentaire, un rien simpliste, n'est peut-être hélas pas si vrai que ça.
Cela dit, un peu de nostalgie, de naïveté et de spontanéïté, parfois, ça libère (même si pour le "plus jamais 20%", c'est raté: plus de 20 ans après, les choses n'ont pas vraiment changé - si, on trouve plus d'excuses aujourd'hui).
 
 
 
Et puis, pour la bonne bouche, celle-là:
 
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