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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 11:43

17. Citez un cas où l’effet de mode a détruit votre rapport à un livre.

 

Je ne lis pas spécialement de trucs à la mode, même si j'ai depuis quelques temps un peu de mal à assumer d'avoir apprécié le premier Ana Gavalda. Désarroi intellectuel post-rupture, tout ça, heureusement qu'un bon pote à qui j'avais lu un passage que j'avais trouvé beau m'avait dit à mots bien choisis que c'était de la daube pleurnicharde pleine de lieux communs.

J'ai aussi lu et apprécié Oscar et la dame rose, mais là j'ai tendance à être plus en accord avec moi-même. La suite des oeuvres d'Eric Emmanuel Schmitt m'a gavé assez vite et je m'en suis donc désintéressé. Idem pour Amélie Nothomb dont j'ai beaucoup aimé Hygiène de l'Assassin.

Sinon, je ne lirai jamais Harry Potter, voila, c'est comme ça. Et je pisse humblement à la raie de tous ceux qui me disent qu'en fait c'est vachement au-delà du phénomène moutondepanurgesque, que c'est surpuissant philosophiquement etc. Pareil pour Twilight et le Da Vinci Code.


18. Êtes-vous souvent d’accord avec les critiques ?

 

Je les consulte assez rarement, principalement parce que je suis mon propre agenda et pas celui de la rentrée littéraire.

J'aime bien lire le blog de Pierre Assouline, pas forcément pour approuver ou désapprouver, plus pour me cultiver et me donner des idées.

J'aime bien les essais critiques de David Lodge pour la même raison.

Plus généralement, j'apprécie lire les "critiques" d'écrivains faites par d'autres écrivains (Balzac, Proust l'ont fait en leur temps, plus récemment Updike, Steiner, Oates, Amis, Lodge etc). Qu'elles soient bonnes ou mauvaises, que je les approuve ou non, m'importe peu, en fait.


19. Que ressentez-vous quand vous donnez un avis négatif sur un livre ?

 

Il faut vraiment que ça me soit sorti par les yeux pour que j'en parle. Donc, ça arrive assez rarement, mais c'est une certaine forme de libération dans ces cas-là.

Mais je suis globalement moins rancunier avec un livre qu'avec un film, peut-être parce que l'un est un médium actif alors que l'autre est passif (et que donc, quand on s'est forcé à lire un livre qu'on a trouvé à chier, c'est un peu de notre faute aussi).


20. Le livre le plus intimidant que vous ayez lu.

 

En 3ème ou 4ème, le Rouge et le Noir était pas mal intimidant. En 1ère, Illusions Perdues aussi.

Entre les deux, j'ai lu pas mal de pavés de Dumas, Hugo, Walter Scott, etc, qui auraient intimidé pas mal d'ados, mais moi j'adorais, donc je ne le voyais pas comme tel.

J'ai mis beaucoup de temps à oser lire le Premier Cercle de Soljenitsyne (1000 pages police 4), et je l'ai d'ailleurs un peu regretté.

Si un jour, je lis Ulysse de Joyce, il sera dur à détrôner dans cette catégorie.


21. Nombre de livre que vous avez chez vous, empruntés à la bibliothèque, la plupart du temps.

 

Je ne suis pas sûr de piger la question, je crois qu'elle ne s'applique pas dans mon cas puisque je n'emprunte rien à la bibliothèque (voir première partie du questionnaire).

Sinon, j'ai chez moi une grosse bibliothèque (actuellement dans des cartons chez mes parents), et toujours une petite dizaine de livres "d'avance".


22. Personnage fictif préféré.

 

On va dire Jean Valjean.

Le Comte de Monte-Cristo un peu plus loin derrière.

Dans les "séries", je dirais Hercule Poirot, et ensuite Sherlock Holmes.  


23. Méchant fictif préféré.

 

Je pourrais dire Javert, qui n'est pas vraiment un méchant.

Humbert Humbert, le narrateur de Lolita, est une belle ordure.

Ca, la bête de Stephen King, a pas mal influencé mes cauchemars de pré-ado. 


24. Les livres que vous emmèneriez en vacances.

 

J'en emmène toujours. Celui que je suis en train de finir, plus deux-trois autres histoire de me laisser une petite marge de manoeuvre.

Ma "chick lit" à moi, quand je veux me délasser le cerveau parce qu'il fait trop chaud pour se prendre le chou, c'est un bon vieux polar à la Connelly (une fois par an maximum, n'abusons pas des bonnes choses). Sinon, je m'oriente vers mes écrivains "refuge", et parfois je tente d'être ambitieux, rarement avec succès.


25. La plus grosse somme d’argent que vous avez dépensez dans une librairie.

 

C'est assez constant, je fais rarement de folies. Quand je décide qu'il est temps de me racheter des bouquins, j'en prends toujours 5-6 d'un coup, des poches. Donc, j'en ai pour 30-50 euros.

Je dirais que ces achats se produisent une à deux fois par mois. Comme je lis 2-4 livres par mois en moyenne, j'essaie, quand la "liste d'attente" devient trop grande, de me contenir jusqu'à ce qu'elle ait repris des dimensions humaines. 


26. Est-ce que vous aimez garder vos livres bien rangés ?

 

Pas en ce moment, puisque j'habite dans un meublé que je compte quitter prochainement, mais habituellement, oui, plutôt.

J'avais une belle bibliothèque: il y avait toujours une dizaine de bouquins qui traînaient dans la maison, mais le reste était bien en ordre dans ses rayonnages. Je crois que ça va avec ma maniaquerie sur l'état de mes bouquins.


27. Y a-t-il des livres que vous évitez ?

 

Ceux des écrivains à la mode de la rentrée littéraire (surtout française d'ailleurs, c'est moins vrai en ce qui concerne certains auteurs anglais ou américains). En général, comme expliqué dans la première partie, les sous-genres trop catégorisés (chick lit, SF, horreur, polar etc). Ca fait déjà pas mal.


28. Citez un livre qui vous a rendu furieux(se).

 

Furieux est un bien grand mot mais j'avais écrit sur le blog un truc à propos de Saturday de McEwan, dont la lecture m'avait passablement énervé. Agréable à lire, plutôt efficace, mais à mon goût permettant surtout à l'auteur de diffuser quelques idées néocons assez gerbantes (et, quelques années après, foutrement à côté de la plaque).

Sinon, La Part de l'Autre de Schmitt (voir plus haut) m'a aussi pas mal brouté: la psychologie de comptoir et le freudisme pour les nuls pour expliquer Hitler et la Shoah, ça va bien: je pense qu'il faut autre chose qu'être mal baisé, impuissant et artiste refoulé pour devenir dictateur et le plus grand criminel de l'Histoire.

Enfin, c'est peut-être moi qui ait tort de croire que le manichéisme est une philosophie un peu limitée.


29. Un livre que vous ne vous attendiez pas à aimer.

 

Il y a pas mal de livres que je ne m'attends pas à aimer et qu'effectivement, après coup, je n'aime pas spécialement.

Puisque je l'ai mentionné plus haut: Illusions perdues, j'etais assez sceptique et je l'ai finalement lu très vite et avec beaucoup de plaisir. La trilogie (le Père Goriot, Illusions perdues, Splendeurs et misères des courtisanes) reste à l'heure actuelle tout ce que j'ai réussi à lire de Balzac. Et déjà, j'ai eu beaucoup de mal à accrocher aux deux autres.


30. Un livre que vous pensiez aimer mais finalement non.

 

J'aimais bien Zola, et j'avais donc un a priori plutôt positif sur Au bonheur des dames. Las, c'était de la chick lit avant l'heure. Et quand on est un ado boutonneux de 14 ans, 300 pages sur des nanas casse-burnes qui essayent des fringues dans les grands magasins, c'est dur. Sex and the city sans sex, imaginez l'horreur.

Dans un autre registre, j'entretiens aussi des rapports difficiles avec les livres de McEwan: c'est bien écrit, prenant, malin, mais il y a toujours quelque chose dedans qui me laisse un goût d'inachevé. C'est souvent un twist absolument pas crédible, parfois un personnage insupportable ou la diffusion de quelques idées de merde... Entre eux et moi, c'est un peu de l'amour vache.


31. Votre petit plaisir littéraire.

 

On va dire lire dans le bain. Enfin, quand je suis en possession d’une baignoire, ce qui m'arrive beaucoup moins souvent que d’être en possession d’un livre, et m’évite donc d’avoir à me dire que quand même, faudrait penser à la planète. Mais ce qui est rare est cher, justement.

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Published by mixlamalice - dans Littérature
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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 10:31

01. Livre d’enfance préféré.

 

J'ai lu quelques bouquins jeunesse, surtout des séries, quand j'étais gamin. J'étais un gros fan de Oui-oui vers mes six ans, puis je suis passé aux Six Compagnons. Entre temps, j'ai pas mal abusé de la Comtesse de Ségur aussi. Ah, les Malheurs de Sophie...

Vers 10 ans, j'ai commencé à dévorer Agatha Christie, Sir Arthur Conan Doyle, Boileau-Narcejac, et les versions "bibliothèque verte" des grands classiques: Les Misérables, Moby Dick, etc...

Pas vraiment de livres en particulier, donc, plutôt des images visuelles de collections (le vert de la bibliothèque susmentionnée, les bouquins tous jaunes de la collection Le Masque, ...).

 

02. Livre que je suis en train de lire.

 

Paul Auster, La Trilogie New-Yorkaise.

J'avance plutôt lentement (pour cause d'activités imprévues ces derniers temps pendant mes horaires habituels de lecture), mais ça me botte bien. 


03. Quels livres réservez-vous ou faites-vous commander à la bibliothèque ?

 

Si on parle de bibliothèque type municipale: aucuns, j'achète mes bouquins. Neufs. Généralement, je n'aime pas passer mes doigts sales là où d'autres doigts sales sont passés avant moi, et ce n'est pas valable que pour les bouquins. Même s'il y a des exceptions, puisque je n'ai rien contre les CDs d'occasion. 

Plus jeune, j'empruntais pas mal de bédés (franco-belge classique) à la Médiathèque de Nice.

Si on entend libraire, idem, aucuns: je suis un flâneur, j'aime me balader au milieu des rayonnages. Je ne commande ni ne réserve de livres, même pas sur Internet. Si vraiment je cherche quelque chose et ne le trouve pas, je vais dans une autre librairie ou j'attends une prochaine occasion. De toute façon je ne lis pas de choses suffisamment "spécialisées" pour ne pas finir par tomber dessus. 


04. Une mauvaise habitude livresque…

 

J'avais déjà écrit un article sur mes habitudes de lecteur. Bonnes ou mauvaises, j'en sais rien, mais bis repetita ne placent pas toujours donc suivez le lien si vous souhaitez quelques éléments de réponse.


05. Que cherchez-vous en ce moment à la bibliothèque ?

 

Rien puisque donc je n'y vais pas.

En librairie, de façon générale, je regarde les nouveautés poche un peu au hasard, et dans les rayonnages mes écrivains "refuge" et ceux de ma "to do list". En ce moment, je cherche Train de nuit ou Other people de Martin Amis, qu'on trouvait partout il y a quelques temps et qui depuis que la Flèche du Temps a été réédité en poche, sont devenus introuvables.


06. Préférez-vous lire un seul livre à la fois ou plusieurs en même temps ?

 

Un seul à la fois. A vrai dire, je ne comprends même pas qu'on puisse lire deux choses en même temps, sauf si l'une d'elles est le journal ou un magazine.

Mais en fait, en ce qui me concerne c'est facile, le nombre de livres que je suis en train de lire est toujours de 1. J'en commence un sitôt l'autre refermé (le même jour, si j'en termine un le matin ou dans la journée, le lendemain matin si c'est le soir).


07. Est-ce que vos habitudes de lecture ont changé depuis que vous avez un blog ?

 

Non. Principalement parce que mon blog n'est pas centré sur la littérature, ni sur quoi que ce soit du reste.

Depuis que je lis des blogs, par contre, j'ai probablement un peu ouvert mes horizons littéraires (et donc plutôt perdu des habitudes).


08. Le livre le plus décevant que vous avez lu cette année.

 

Déception implique qu'on attendait beaucoup, or je n'en attendais pas grand chose, mais Le Tramway, de Claude Simon, m'a franchement brouté comme rarement (et s'il avait fait plus de 115 pages, je ne l'aurais probablement pas fini). La branlette pour la branlette, c'est toujours pas mon truc. 


09. Le livre que vous avez préféré cette année.

 

Préféré je ne sais pas, mais le livre que j'ai "dévoré" cette année, avec cette sensation de bonheur que je n'avais pas connu depuis un certain temps, cette immersion totale dans un roman, qui fait perdre la notion du temps qui passe, du monde extérieur, qui fait que vous ne regardez pas combien de pages il reste avant la fin du chapitre, s'appelle L'affaire Seymour, de Tim Lott. Un polar efficace, avec en sus une charge assez féroce contre l'Angleterre vidéo-surveillée, et un petit trip métafictionnel sympa qui donne au livre une touche originale. Je ne sais pas si c'est dû uniquement à ses mérites ou s'il correspondait parfaitement à ce que je voulais à ce moment là, mais j'ai du lire les 400 pages en trois jours.

De cet auteur, j'avais déjà bien aimé Frankie Blue, à une époque où je lisais plein de livres sur la crise des trentenaires alors que je faisais moi-même une petite crise de post-adolescence (même si à ce moment là je me voyais comme quelqu'un de super mature qui faisait sa crise de la trentaine avec 8 ans d'avance).

Sinon j'ai été beaucoup touché par Let the Great World Spin de Colum McCann, dont j'ai parlé plus en détails ailleurs. 


10. Quel est l’endroit où vous préférez lire ?

 

Dans mon pieu pour les romans. Aux chiottes pour le journal. Mais je peux lire à peu près partout (voir ci-dessous).


11. Pouvez-vous lire dans les transports en commun ?

 

Oui, sauf cas extrême de bouquin outrageusement exigeant intellectuellement. Généralement, le matin, comme j'ai la tête dans le cul, je me contente de l'Equipe. Le soir, plutôt le roman en cours (sauf si l'Equipe était vraiment dense ce jour là).


12. Cornez-vous vos livres ?

 

Non, jamais, sauf involontairement. Et c'est pour ça que je ne prête qu'extrêmement rarement de livres. Sauf à Priscilla. A qui je fais les gros yeux si elle me les abîme (ce qui fait qu'elle m'en emprunte rarement). Je les protège même dans un petit sac quand je les transporte, je n'explose pas la tranche en lisant, je ne corne pas les pages etc. Avant, je vivais très mal d'abîmer un bouquin (comme la fois où j'ai fait tomber un Stephen King dans le bain - qui de plus appartenait à mon frère, aussi maniaque que moi), maintenant je le vis mieux, mais quand même, je fais tout pour éviter*.

Je suis de nature ordinairement plutôt bordélique et prend rarement grand soin de mes possessions, sauf "culturelles": ma collection de CDs est aussi bien entretenue, bien rangée (bon, là elle est dans des cartons), etc.  


13. Ecrivez-vous dans les marges ?

 

Non, voir ci-dessus. Ca a même tendance à me faire mal si je vois quelqu'un écrire sur son bouquin dans le métro. 


14. Qu’est-ce qui vous fait aimer un livre ?

 

C'est variable. Il y a quelques années c'était l'histoire qu'il racontait uniquement qui me faisait aimer, même si paradoxalement c'était le style qui pouvait me faire abandonner rapidement un bouquin (j'avais tendance à lâcher au bout de 30 pages si je trouvais ça "dur à lire", le "dur à lire" étant éminemment subjectif, parfois même temporellement parlant: il m'arrive d'accrocher immédiatement en retentant de lire un bouquin pourtant abandonné quelques mois ou années plus tôt, exemple en ce moment même avec la Trilogie New-Yorkaise).

Maintenant, sauf exception, je finis tout livre commencé, donc ça peut être une combinaison des deux: le style pour le style m'attire rarement (voir récemment Claude Simon cité plus haut), mais j'aime souvent bien les romans fondés sur des "jeux littéraires" (Pérec, Nabokov, etc).


15. Qu’est-ce qui va faire que vous allez conseiller un livre ?

 

Rien de spécial, je conseille généralement ce que j'ai bien aimé dans les semaines précédentes. Mes goûts littéraires varient un peu, et comme tout le monde j'oublie pas mal des bouquins que j'ai lus (voir Pierre Bayard, Comment parler des livres qu'on n'a pas lus), donc il y a de grandes chances pour que je ne me souvienne pas spécialement des livres que j'ai pu recommander il y a 5 ans. Après, j'ai mon petit top à moi si on me demande vraiment du lourd...


16. Votre genre favori.

 

Le roman, tout simplement. Je lis assez peu de "sous-genres" proclamés comme tels (polars, SF, auto-fiction, aventure, etc). Même si je lis des romans qui empruntent à ces genres ou pourraient s'y voir classés.

 

 

 

Bon, la suite sera pour plus tard (il reste 15 questions).

Au fait, puisqu'on ne se refait pas et qu'un scientifique a coutume de citer ses sources, ce petit questionnaire a été piqué sur un blog remarqué il y a peu, suite à une discussion brêve mais intense, sur un autre blog, à propos de la cinéphilie (thème sur lequel je reviendrai peut-être si le cerveau se rebranche).

 

 

 

* A savoir par exemple: la tranche des poches de la collection 10-18 (que j'aime beaucoup, tant pour l'aspect même de leurs livres que pour leur contenu éditorial) se plie extrêmement facilement... 

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 09:34

Rien de bien neuf depuis mon retour de break.

 

Les bus et RER sont encore en mode été, bien qu'il y ait plus de monde.

 

Au labo, je crois que la semaine dernière, c'était le pire: ateliers et magasins fermés, une journée avec coupure de gaz et d'électricité, pas de cantoche, pas de loge, pas d'infirmerie, les poubelles pas vidées et le ménage pas fait, toutes portes fermées... Une ambiance à la 28 jours après.

Il y a un peu plus de monde depuis lundi, mais c'est pas encore la ruche: on traverse toujours de longs couloirs sombres pour aller d'une salle de manipe à l'autre, on peut passer pas mal de temps sans croiser quelqu'un.

 

Dans notre équipe en particulier, nous ne sommes toujours que les deux post-docs, l'autre part en vacances jeudi. Un permanent vient de revenir mais ne sera là que ponctuellement cette semaine. Les thésards et autres permanents rentrent la semaine prochaine voire même celle d'après.

 

En ce qui me concerne, c'est la quille dans une semaine, donc, comme depuis un petit bout de temps, les journées ne passent pas à la vitesse de l'éclair. 

Si j'étais sérieux, je préparerais mon oral pour un congrès qui arrive finalement assez vite, mais l'ambiance me rend léthargique.

Je finis doucettement quelques manipes et un petit rapport d'activités qui, pour six mois, ne devrait pas changer la face du monde.

De toute façon, pour mon futur job, je n'ai aucune idée des enseignements qui me seront attribués, puisque je ne récupérerai pas immédiatement ceux pour lesquels on pensait me recruter (le MdC censé partir à la retraite ne part plus): même pas de préparation ou remise à niveau possible pour s'occuper un peu. Quant à mon dernier article premier auteur de mon précédent post-doc, j'en suis aussi enfin débarrassé, puisqu'il vient d'être publié.

Alors, entre une manipe et dix lignes de rapport, je glandouille sur Internet, je fais quelques démarches administratives qui me les brisent mais qui m'éviteront peut-être d'avoir à les faire quand je serai plus occupé. Et pour une fois, je ne m'échappe jamais quand quelqu'un a envie de tailler le bout de gras, fut-ce pour me parler de la météo ou de ses gamins.

 

Je pense que c'est normal (ou humain), et pas propre à l'académique, de ne pas être au top de la motivation quand un CDD se termine, qu'un autre job vous attend derrière et que vous n'avez rien à foutre pas sur le grill un dernier projet avec une deadline serrée (je suppute, hein, ça ne m'était jamais arrivé). Mais je culpabilise un peu.

 

Et je me dis que, en y réfléchissant bien, entre les auditions, le retour au pays, l'absence de Priscilla, le sujet de post-doc (sans être inintéressant, ce n'était pas scientifiquement du "cutting edge") et de toute façon sa brièveté, ça fait presque un an que je n'ai pas vraiment "fait de science".

Du coup, ça me manque: soulever une problématique intéressante, faire des manipes chiadées, les piger, essayer de pondre une analyse qui va bien, discuter, éplucher la biblio, etc. Tous ces trucs, cette stimulation intellectuelle, qui pour moi, en tout cas plus que faire des slides et des manipes de routine, regarder sa montre ou facebook, et tenter de vendre sa bonne volonté au plus -ou seul- offrant, rendent ce boulot excitant.

Et j'ai un peu peur que, peut-être, ça soit pas si facile que ça de s'y remettre.

 

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Published by mixlamalice - dans La vie de Mix
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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 15:10

(pour le titre, c'est un jeu de mots moisi en anglais, je ne suis pas allé au Blue Boy).

 

 

Bon, pendant ces dix jours à Nice, je n'ai toujours pas pu aller au Mirazur ou à l'Aromate, ni même à Aphrodite. On fait ce qu'on peut, et si j'ai pas mal mangé dehors, ce ne fut pas dans le registre gastronomique. Mais néanmoins, voici quelques adresses pas inintéressantes:

 

- Lou Pignatou: (Nice Nord, pas loin du Ray, avenue Cyrille Besset). J'aurais pu en parler dans mon article sur les intemporels, un peu dans le même style que le Gesu, même si c'est le troisième proprio depuis que j'ai commencé à fréquenter ce restaurant, à la fin des années 90. Par rapport à la grande époque, la déco (si j'ose dire) a été un peu rafraîchie, les photos autographiées de l'OGCN enlevées, deux télés rajoutées, et la carte un peu élargie.

Mais heureusement, les raviolis aux cèpes ou à l'aubergine sont toujours là, dans leur poêlon qui ne paye pas de mine, mais qui comble toujours l'amateur de pâtes que je suis. En dessert, la tarte minute (faite au four à la demande sur une pâte à pizza) est toujours là aussi. Comme c'est mon petit pélerinage, une fois par an voire moins, j'y prends toujours la même chose, mais à l'époque les pizz' avaient bonne réputation aussi.

Plat + dessert = 15 euros, l'entrée est à peu près superflue.

Bon, c'est pas un quartier où on passe par hasard le samedi soir, s'y garer est un calvaire, mais ça reste un de mes old time favorites.

 

- La  Favola: (à l'entrée du Cours Saleya). La variation niçoiso-italienne de la brasserie (avec ses soeurs jumelles, la Voglia, presqu'en face, et la Villa d'Este, dans la zone piétonne). Rien d'exceptionnel, mais des bonnes pizzas pâte fine pas trop chères (10-12 euros). Ils ont aussi des assiettes d'antipasti très copieuses, suffisantes pour un déjeuner ou pour partager à deux en entrée, et leurs pâtes ne déçoivent pas. Gros desserts pas originaux pour un sou pour ceux qui veulent s'achever. Je n'ai jamais eu de problèmes de service là-bas, même si, vu le débit, il doit pouvoir y avoir des mauvaises surprises. Pour un déjeuner sans chichis avant de retourner bosser, c'est à connaître (et c'est connu, aussi).

 

100_0004-1.jpg

Pizza Favola: pâte fine bien cuite, bon ratio fromage-coulis, bonnes aubergines pas trop grasses, touche crêmeuse de ricotta sympa. Cool. 

 

- Restaurant Alain Llorca: (La Colle sur Loup, pas loin de Saint-Paul de Vence, http://www.alainllorca.com/alain-llorca.html). Largement plus chic que le reste, même si ça reste une auberge. Alain Llorca a été étoilé au Chantecler (le restaurant du Negresco à Nice), puis double étoilé au Moulin de Mougins avant de le revendre. Il s'est ensuite un peu planté à Juan-les-Pins avant de se concentrer sur son hôtel-restaurant de la Colle.

 

 

Picture1

 

Produits du marché, viandes et légumes au feu de bois, on n'est pas dans la grande gastronomie, mais c'est bon, le cadre est enchanteur (terrasse surplombant la Côte d'Azur) et le service n'est pas mal même si on a l'impression qu'ils ne savent pas trop sur quel pied dansé (entre un peu guindé et familier un poil lourdaud).

Nous avons pris le menu déjeuner à 38 euros (formule unique "du jour"), avec ce jour là un très bon saumon fumé (morceau fumé non tranché, comme j'aime) et céleri rémoulade un peu trop "crêmeux" à mon goût. En plat, une belle entrecôte grillée, bien cuite, avec des tomates provençales pas mal, quelques patates sautées. En dessert, on se sert dans une armoire réfrigérée, du coup, préférez le tiramisu (excellent) au clafoutis (trop froid, du coup texture sableuse et non pas "élastique").

Sinon, il y a une autre formule plat unique mais avec des choses plus nobles dans les 50, qui doit changer moins souvent, et à la carte, axée grillades, on s'en tire aussi pour 50-60 euros.

En vin, au verre, un vin des Cévennes (AOP, Domaine Gournier, 2009) qui en blanc a été une belle découverte. En rouge, c'est moins intéressant et il était servi un peu trop frais.

 

Picture2-copie-1.png

Montage dégueulasse (je parle de la qualité des photos et du collage, pas de la bouffe), de haut en bas, entrée plat dessert 

 

Bon, c'est pas donné donné et pour ce prix, on peut trouver largment plus inventif et chiadé, mais en été le cadre a de la gueule et pour un repas d'affaires, ça colle (ahah) bien.

Moi j'ai bien aimé (mais j'ai pas payé, faut dire).

Maintenant, on peut trouver ça dommage qu'un chef visiblement plutôt doué se contente de "ça" et n'ait pas (plus) de figure de proue mettant mieux en valeur son talent.

 

Voila, sinon j'ai mangé un bon tartare au couteau avec pistou et parmesan (gros morceaux, assaisonnement bien dosé pour moi qui ne suis habituellement pas fan de cette variante) sur une chouette terrasse chez Grand Mère à Aix-en-Provence, et une pierrade dans la brasserie PMU spécialisée dans la choucroute Le Cintra (gastronomiquement parlant, je ne recommande pas spécialement, mais là aussi je pense qu'on a affaire à du lourd dans le domaine de l'intemporel: y a même les parasols en crépon et cure-dents sur les glaces...).

Et puis, pour finir en beauté, un petit tour au Bistrot des Halles sur le port de Saint-Laurent du Var (haut lieu des attrape-touristes de la Côte, à fuir sauf cas de force majeure), où la pizza était potable et à peu près tout le reste, du décor au service en passant par l'aïoli, d'un médiocre achevé ayant au moins le mérite de permettre de se concentrer sur la compagnie plus que sur l'assiette. Enfin, c'était dimanche, il faisait beau et on voulait bouffer dehors (cas de force majeure, donc). 

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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 09:56

Encore un article dans le genre grand-mère à moustaches, ah ma bonne dame tout va à vélo.

 

Mais quand même. Parfois, la simplicité à la française, ça vaut son pesant de cahuètes.

 

Il se trouve que, depuis à peu près trente ans, j'ai les pieds plats. Comme beaucoup de gens, mais à un degré suffisant pour qu'on m'ait opéré il y a 20 ans, et que je sois amené à porter des semelles orthopédiques depuis.

 

Pratiquement, je peux m'en passer, mais il m'arrive alors d'avoir mal aux panards pendant quelques jours après de longues sessions de marche ou de sport, douleurs qui peuvent ensuite s'étendre au dos (je dois compenser en me tenant mal).

 

Bref, rien de grave, mais aussi et surtout rien de nouveau. Et il y a peu de chances que le Saint-Esprit me répare les petons du jour au lendemain. 

 

Aux US, j'ai largement flingué mes semelles (qui ont une durée de vie d'environ un an).

J'ai donc voulu profiter de ces quelques jours de congés pour m'en refaire de nouvelles.

 

Voici la procédure:

- Une consultation chez le généraliste (22 euros), qui m'informe que j'ai les pieds plats (ah bon?), et me donne une ordonnance pour aller chez le radiologue.

- Radios des pieds, attente de trois quart d'heure pour voir le radiologue qui regarde mes radios l'air pénétré et me déclare solennellement que j'ai les pieds plats (non?). J'obtiens un rendez-vous chez l'orthopédiste après avoir versé 60 euros.

- L'orthopédiste jette lui aussi un oeil aux radios, me palpe les pieds 20 secondes, me confirme lui aussi que j'ai les pieds plats (oh my god), me demande 60 euros et me fait une ordonnance pour le podologue.

- J'imagine que le podologue me dira encore que j'ai les pieds plats avant, lui, de me faire les semelles et de me demander 60 euros ou plus, mais je ne suis pas encore arrivé à ce stade là, 10 jours de vacances ne m'ont pas permis d'aller au-delà de la troisième étape.

Bref, en gros, il m'a fallu dix jours et 150 euros pour revenir enfin à ce que je croyais être mon point de départ: je voudrais bien me faire refaire des semelles orthopédiques.

Tout de suite, je comprends mieux le concept du trou de la sécu.

 

Alors, on peut squizzer le généraliste si on est prêt à payer plus cher le radiologue et l'orthopédiste (parce que court-circuiter la procédure, ça se paye).

Mais je pense que la prochaine fois, je sortirai mes vieilles radios, et me contenterai simplement d'expliquer ma condition au généraliste et de lui demander une ordonnance pour les semelles.

En effet, l'orthopédiste, s'il fait bien son boulot, est censé indiquer au podologue les mesures pour les semelles en terme de corrections du talon et de la voûte plantaire. Comme le jean-foutre que je suis allé voir s'est contenté, pour 60 euros, de faire écrire à sa secrétaire sur l'ordonnance "bon pour des semelles orthopédiques" sans autres commentaires, il me semble qu'un généraliste peut largement en faire autant. Après, je suis sans doute mal tombé: peut-être qu'aller voir des médecins qui ne prennent pas de vacances en été, c'est pas l'idée du siècle.

 

Je me suis aussi fait refaire des lunettes: là, le système a été un peu plus malin en se doutant qu'un myope avait de bonnes chances de le rester, et que chez les adultes, la vision évolue le plus souvent assez lentement. On peut donc économiser le généraliste, et les ordonnances de l'ophtalmo sont valables 3 ans.

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 09:27

Chaque fois que je reviens à Nice, je reconnais de moins en moins la ville, même si j'apprécie toujours d'y passer quelques jours ici ou la.

 

Le tramway, les voies de circulation qui changent sans cesse, des vieux magasins qui ferment ou qui s'exilent, etc.

Après tout, c'est normal, je suis parti en 2000, 10 ans déjà. Et ces trois dernières années, je n'y suis revenu que très épisodiquement, rarement pour y flâner.

 

Heureusement, parce que je suis un indécrottable passéiste, qu'il y a aussi des bastions indémodables qui me ramènent directement à mon adolescence.

 

- Le magasin Hit, rue Lepante. Hormis le fait qu'ils ont fait un site web (http://www.hitimport.com/conditions-generales-de-vente.asp), ce disquaire indépendant, pas mal orienté métal, est resté le même au-delà de toutes mes espérances. Même devanture pas refaite, mêmes bacs à disques, et même les vendeurs, deux gros chevelus dans le plus pur style public heavy metal, n'ont pas changé depuis 15 ans (au moins). Je crois que le dernier changement chez Hit, ce fut quand ils se mirent à vendre des DVDs et de l'électro, à la toute fin des années 90.

Je peux vous dire que j'y ai traîné mes boutons d'acné et ma coupe en bois un paquet de samedi de la seconde à la prépa.

Je pense que je vais profiter de la sortie du dernier Maiden, pour les remercier d'être toujours là.

 

- Quelques restaurants ou institutions niçoises, comme Lou Pilha Leva, Fenocchio ou le restaurant du Gesu, pour ne mentionner que quelques classiques de la Vieille Ville. Oui, ici ou la, les serveurs ont changé (heureusement), la peinture a été refaite, les prix ont augmenté etc, mais dans l'ensemble, ils sont restés fidèles à eux-mêmes et les clients aussi. Dans une ville touristique et peuplée d'une bonne dose de cakous amateurs de fusion food dans des salons lounge, ça fait plaisir.

 

- Mon père et son amour impossible pour la technique moderne: je crois que le dernier appareil qu'il a réussi à faire marcher correctement est notre magnétoscope de 1988. Mais ça ne l'empêche pas d'être toujours à la pointe de la technologie. A chaque fois que je reviens, il a soit changé d'ordinateur (parce qu'il faut quand même une bête récente qui crache et 500Ga de disque dur pour faire du Word et envoyer des mails), soit un GPS qui n'est jamais allé jusqu'à la voiture, ou encore un nouveau portable à écran tactile qui fait qu'il n'est plus joignable depuis une semaine. Je ne sais pas si c'est le côté show-off niçois ou les ravages de la société de consommation, mais c'est toujours rafraîchissant.

 

- Un peu plus plus récent, et aussi un peu plus démoralisant, l'incompréhension totale de mes parents vis à vis de mon cursus professionnel. Ayant travaillé à une époque où on pouvait réussir un beau parcours professionnel avec un bac pour deux, et pas forcément imperméables aux clichés sur la thèse et les thésards, l'enseignement supérieur et la recherche, et de façon générale la fonction publique, les discussions à ce sujet sont toujours un peu délicates. Je ne parle même pas de leur faire piger ma "spécialité scientifique", mais tout simplement ce en quoi consiste, en gros, mon travail.

Trois ans plus tard, je crois qu'ils viennent d'assimiler que je n'étais plus vraiment un étudiant. Que j'aie réussi un concours de la fonction publique extrêmement compétitif, ce n'est par contre pas pour tout de suite: il y a quelques jours encore, ma mère m'a demandé quand est-ce que je retentais le CNRS ou que je postulais dans le privé... J'ai osé le mot tabou "fonctionnaire", il me semble que ça a payé: comme a priori ça ne changera plus pendant quelques années, j'ai bon espoir que tout finisse par s'éclaircir.

Mais malgré leur fierté suite à l'obtention de mon doctorat, je crois que mes choix de carrière leur apparaissent toujours peu compréhensibles et discutables*. C'est très certainement un peu de ma faute, puisque lorsque je les avais au téléphone ces derniers temps, c'était plus pour leur faire part d'un certain ras-le-bol généralisé que d'un enthousiasme délirant.

 

 

* même s'ils connaissent suffisamment de "jeunes" pour se rendre compte que, question boulot, les choses sont moins faciles que dans les 70's, et que même un doctorat, un diplôme d'ingénieur ou de notaire ne garantissent pas forcément une activité stable, épanouissante et rémunératrice.
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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 10:50

A partir de ce soir, coupure d'une dizaine de jours pour aller voir la famille dans le Sud.

 

Vu l'activité au labo en ce moment (permanents tous en vacances, ainsi que tous les thésards et mes contacts industriels, couloirs pas allumés, poubelles pas vidées, portes fermées à clef...), je pense que ça ve me faire du bien. Depuis quelques jours, dire que ça passe lentement est un euphémisme.

 

Si je n'ai rien de mieux à faire sur la Côte et que l'"inspiration" est là, je posterai, mais en attendant et au cas où, je vous laisse avec un petit problème dans le genre de celui sur le prix du café aux US:

 

1.Sachant qu'en période de vacances, il n'y a, le matin, qu'un RER tous les quarts d'heure se dirigeant vers le plateau et sa grande fac dessus.

2. Sachant qu'en cette même période il y a, le matin également, une navette toutes les quinze minutes qui dessert la grande fac.

3. Sachant que l'arrêt de bus est situé à 100 mètres (en descente) de l'arrêt de RER avec une bonne visibilité (e.g. si le bus est déjà à l'arrêt et prêt à vous filer sous le nez, vous le voyez).

 

Sachant tout cela, comment donc expliquer que presque tous les matins, on attende plus de 900 secondes la correspondance?

 

Indices:

- Le panneau de l'arrêt de bus censé indiquer le nombre de minutes avant l'arrivée du RER n'a jamais fonctionné en six mois.

- Le coordinateur présent pendant l'année, qui ne sert pas à grand chose malgré son talkie-walkie de compétition ("oui le bus arrive", "non, prenez pas celui-là, l'autre va arriver", "bon finalement, il arrive pas, prenez celui-là", "ah non, redescendez, ça y est il arrive"), est lui aussi en vacances.

- Il n'y a pas sur les bus, comme aux US, de numéro de téléphone affiché en gros qui encouragent l'usager à dénoncer un chauffeur indélicat.

 

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 14:43

Il y a quelques temps, j'avais recensé certaines catégories de personnes qui me sortaient par les yeux. Les bureaucrates avaient, eux, pour l'ensemble de leurs attentions à mon égard, eu droit à un article personnalisé, et à plusieurs références au fil du temps.

 

En me relisant, pas grand chose à changer, mais cette liste demande à être complétée.

 

Il faut dire que, depuis que je suis "en pratique" célibataire, ma sérénité compacte et sans fissures n'est plus ce qu'elle était.

Il y a des gens faits pour le célibat, synonyme d'éclate et d'expériences, sexuelles ou non, sans cesse renouvelées.

Et il y a des gens comme moi pour qui cet état est aussi naturel qu'un ballon de foot dans un aquarium à poulpe. Ayant été seul une partie non négligeable de ma période pubère, j'ai toujours eu l'impression qu'il me manquait un je ne sais quoi, malgré une vie plutôt agréable au jour le jour à pouvoir assez librement côtoyer des gens que j'aime et faire des choses qui me plaisent.

J'ai retrouvé ce manque, encore plus marqué, depuis que je ne vis plus avec Priscilla, qui avait comblé tous mes vides et plus encore. 

Bref, en attendant son désormais prochain, j'espère, retour, je suis rentré dans une routine qui, sans être profondément désagréable, a tendance à me rendre un brin morose et irritable. Parce que au fond, quand je suis tout seul chez moi, j'me fais chier. Et donc, les petites vexations et emmerdements du quotidien m'apparaissent en ce moment largement moins supportables qu'en sa présence apaisante. 

 

Tout ça pour dire qu'il y a pas mal de gens qui me gavent en ce moment.

 

Notamment:

 

- Ceux qui n'ont aucune notion d'"espace vital".

Je ne parle pas des théories hitlériennes, mais de cette "distance" individuelle, issue de nos instincts primaires, en deça de laquelle on a, plus ou moins consciemment (chez moi c'est très conscient) de se faire "agresser" par l'autre.

Ca a été théorisé par l'anthropologue E.T. Hall, mais l'idée, c'est qu'en gros, il y a une "distance personnelle", d'environ 80 cms, sous laquelle on ne "tolère" que les intimes (il y a d'autres sous-distances, mais je simplifie).

Et c'est pour cette raison entre autres que peu de gens kiffent le métro aux heures de pointe, et que généralement dans ces moments là la personne que vous détestez le plus est celle avec qui vous êtes en contact involontaire, même si ce n'est pas un pervers. Cette promiscuité n'est pas naturelle, vous révulse et vous irrite.

J'ai l'impression qu'à Paris, pas mal de personnes sont probablement plus évoluées que moi et semblent donc insensibles à ces considérations instinctives. Ou alors, elles sont en manque de chaleur humaine: typiquement, ceux qui viennent s'asseoir à côté de vous dans le RER ou au ciné quand celui-ci est vide. Ou encore ceux qui, pour se détendre d'une semaine de promiscuité dans les transports, les magasins, la rue, passent leur dimanche à faire une rando roller dans Paris agglutinés avec 10000 inconnus suants.

Une fois, il y a longtemps, dans une salle obscure d'une capacité de 150 personnes où nous étions facilement 7, une bonne femme est venue se foutre sur le siège à côté du mien, et je ne crois pas que c'était parce qu'elle me trouvait sexy. Ca m'avait pourri mon film, parce que je trouvais que c'était trop ouvertement malpoli, méprisant, de se lever et d'aller plus loin.

Mais maintenant, j'assume d'être un sale connard misanthrope qui apprécie fortement son pré carré. La semaine dernière j'ai donc bien fait comprendre au couple venant empiéter sur mon territoire qu'ils me les brisaient en accompagnant mon décalage d'un soupir irrité. Bizarrement, ça m'a calmé. Cela dit, ils étaient quand même casse-couilles puisque finalement, ils se sont levés 15 minutes après leur arrivée alors que le film venait de commencer, pour aller deux rangs plus bas, faisant ainsi lever une bonne dizaine de personnes. 

 

- Comme le dit une thésarde du labo, ceux "dont on a toujours l'impression qu'ils sont en train de s'excuser de vivre". Ainsi, une stagiaire dans le groupe, qui, à chaque fois qu'elle vous parle, vous fait penser que le ciel vient de lui tomber sur la tête. Moue pathétique, grimace d'excuse, front soucieux, tout le "body language" le plus insupportable. Quand elle demande un truc, on a l'impression qu'elle veut vous emprunter 100000 euros, et quand elle vient s'excuser d'avoir fait une connerie dans ses mesures, on a l'impression qu'elle vient de mettre le feu au labo.

 

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A six mois, c'est mignon. A 25 piges, ça donne envie de cogner. 

 

Elle est probablement pas très à l'aise avec les conventions sociales d'un labo, mais comme c'est poussé à l'extrême et qu'en plus elle n'est pas très dégourdie (en stage de fin d'études de son cycle ingénieur, elle est largement moins indépendante et vive que le stagiaire bénévole de L1 venu en juin), elle a fini par gonfler tout le monde, et pas que moi.

 

- Ceux pour qui tout dans la vie est d'une complexité apparemment insurmontable.

Typiquement, les personnes infoutues de suivre des indications flêchées ou un mode d'emploi (je ne parle pas de ceux qui ne comprennent pas la langue, ni du cas bien particulier des formulaires de la sécu), ou qui te demandent de l'aide, une explication mais attendent en fait surtout que tu fasses le truc à leur place.  

Ainsi un exemple avec la stagiaire (qui cumule donc bien des qualités), totalement affolée à l'idée qu'il n'y avait plus de bus et qu'elle allait devoir aller à pied à l'arrêt de RER, parce qu'elle ne connaissait pas le chemin. Bon, déjà, en 5 ans sur le plateau on aurait pu espérer qu'elle avait déjà été confrontée à un problème similaire, et penser à consulter google maps.

Mais c'est pas grave, rien de plus simple, je lui explique: tu rentres dans le parking qui est en face de l'entrée du bâtiment et tu rejoins la petite route en contrebas dudit parking. Cette petite route descend, tu suis la plus grande pente, jusqu'à ce que tu ne puisse plus (en gros, quand la route finit et qu'il y a une maison face à toi). Alors tu prends à droite, et l'arrêt est à 200m. 10 minutes de marche, presque toujours tout droit.

Après avoir répété l'explication trois fois, comme j'ai senti que le vide grandissait dans son regard déjà naturellement bovin, j'ai offert (en le regrettant avant même de le proposer, parce que je savais que ce serait un grand moment de solitude) de l'accompagner vu que j'allais pas trop tarder moi-même.

Une fois sur le chemin, elle m'avoue qu'elle n'avait pas compris et aurait sans doute pris la mauvaise route, c'est à dire la nationale qui longe le parking, entre celui-ci et le bâtiment. Bref, rien à voir avec "la petite route en contrebas du parking". Assez bouillant, je lui explique qu'au pire, à 17h30, elle n'a qu'à suivre le mouvement, puisqu'a priori les 20 mecs qui sortent des bâtiments à cette heure là et nous suivent ou nous précèdent ont de bonnes chances d'aller au RER. Elle hésite avant de me répondre qu'ils vont peut-être chercher leur bagnole. "MAIS LE PARKING EST DERRIERE NOUS PUTAIN!!!!!" "Le parking est derrière nous, presque vide, à 20m de l'entrée du bâtiment, et on est sur un chemin vicinal avec une pente de 20% à 500m du labo. Est-ce que ce que tu dis te semble logique?".

Joie, bonheur, nous sommes allés ensemble jusqu'à Denfert.

Depuis, elle a tendance à aller voir d'autres gens, cumulant l'excuse perpétuelle et l'incapacité à prendre des initiatives.

 

Dernièrement, j'ai, dans le genre, vu une petite vieille (même pas si vieille) à la Poste qui s'est déclarée incapable de comprendre comment marchait la machine pour peser sans avoir même essayé (de lire les indications sur l'écran). Elle a préféré attendre en pleurnichant dans la queue de 27 personnes (pour ne pas changer, la petite vieille se déplace aux heures de pointe) pour acheter ses deux timbres, jusqu'à ce qu'une gentille jeune fille pas blasée ne l'aide. Il y a les mêmes aux bornes Air France, par exemple.

Alors, des fois, je suis de bonne humeur et je fais une bonne action, mais souvent c'est plutôt C'est arrivé près de chez vous qui me revient à l'esprit.

 

 

- En addendum à ma petite diatribe sur les malpolis et ceux qui répondent pas aux mails (voir chronique précédente), une mention spéciale aux gens incapables de dire "merci". C'est déjà insupportable au quotidien, quand par exemple on tient une porte ou cède sa place, ça l'est encore plus quand on reçoit un mail de deux lignes sollicitant un service qui va vous demander deux heures, mais jamais de deuxième message d'une ligne signifiant "merci gars". Trop occupé, sans doute.

 

- Et puis, pour finir, as usual, un petit mot sur les lourdeurs administratives. La ce ne sont pas des personnes en particulier, plutôt un système.

Ce système qui fait que par exemple, pour disposer un badge permettant d'entrée dans le labo au mois d'août, il faut une demande signée du chef d'équipe à la directrice du labo, une validation de celle-ci ou de sa secrétaire, avant que le badge n'arrive deux semaines plus tard dans le bureau du service logistique, lequel vous prévient par mail. Ne reste ensuite plus qu'à réussir à le trouver aux heures auxquelles il travaille (pas facile), pour signer le reçu et récupérer l'objet. Et si vous avez oublié de récupérer votre badge, comme tous les maillons de la chaîne sont en vacances, bonne chance. Parce que l'avoir laissé au remplaçant, ç'aurait été trop simple.

Ce système qui fait que, pour le reclassement salarial MdC dont bénéficient les nouveaux recrutés en fonction de leurs années d'ancienneté, il faille fournir la preuve que tu as bien été docteur-moniteur, ces preuves n'ayant bien sûr pas déjà été jointes au dossier de candidature avant l'audition. D'ailleurs, pour rire, ils ne demandent pas les mêmes (le diplôme de doctorat et la lettre du CIES ne suffisent plus, il faut les contrats de travail ainsi qu'une attestation de l'employeur prouvant que tu n'as pas arrêté ton doctorat au milieu. Parce que c'est vrai que si tu as arrêté ton doctorat au milieu, tu es sûrement devenu docteur, et tu as donc pu sans problèmes obtenir le diplôme, la qualif' et passer les concours).

Quant aux contrats étrangers, ils doivent être "traduits par un traducteur assermenté" pour être acceptés...

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 09:53

Je ne sais pas si on peut qualifier l'"affaire Bettencourt" de marrante*, mais en tout cas elle a donné lieu à quelques envolées de haut niveau, souvent dans le registre "plus c'est gros, plus ça passe (ou en tout cas, ça coûte rien d'essayer).

 

Petit florilège des plus récentes**:

 

- François-Marie Banier, à qui on demandait pourquoi Liliane B. lui avait tant donné:

" Renversez la question: pourquoi lui ai-je donné mon temps, alors que j'ai des livres, des photos, des tableaux à faire?"

Je crois que c'est ma préférée, mais du même, on a aussi:

"Cette île [d’Arros], je la déteste, elle est bourrée de moustiques, elle est minuscule, et il y fait très humide", ajoutant même qu'il y avait des requins, et qu'il ne répondait jamais aux invitations de Johnny Depp quand celui-ci l'invitait dans son île.

 

- Patrice de Maistre, justifiant une tentative de retrait de 400000 euros en liquide:

"Mme Bettencourt souhaitait simplement s'acheter une bague".

 

- Maître Kiejman, après l'audition de Liliane Bettencourt, explique qu'elle a dîné avec beaucoup de politiques dans sa vie, que certains sont très ennuyeux et qu'elle ne se souvient donc que vaguement d'Eric Woerth (je ne retrouve pas le texte exact).

 

L'avocat d'E. Woerth (Maître Leborgne, un roi), qui suite à son audition, explique que celui-ci a tout nié et donc, de ce fait, balayé "tous les soupçons de conflit d'intérêt et de financement illégal". "Je compte sur vous pour que ces illusions, ces allégations, ces mensonges qui ont nourri une chronique pendant trop longtemps aient un terme".

Woerth y a-t-il répété qu'il y avait une "muraille de Chine" entre ses activités et celles de sa femme, peu de temps avant de démissionner de son poste de trésorier de l'UMP et que sa femme ait reconnu avoir "sous-estimé le conflit d'intérêts" entre l'emploi de son mari et ses fonctions chez Clymène?

 

- Il n'y ont rien dit de spécial, mais la venue du couple de l'été Florence et Eric Woerth sur le Tour pour se mêler au populo, eux les habitués des champs de course et du concours de chapeaux du Prix de Diane, valait son pesant de cacahuètes (avec un ricard, à l'ombre de la caravane).

 

- Pour la bonne bouche, on peut mentionner le "J'accuse" du Zola du 21ème siècle, Frédéric Lefèbvre, ou le lyrisme de la toujours subtile Nadine Morano: "Aujourd'hui, ce sont des méthodes des années 30" avec des sites internet qui utilisent des méthodes fascistes. J'en appelle à votre vigilance. Un jour, cela peut vous arriver d'avoir votre honneur jeté aux chiens", a-t-elle poursuivi, dénonçant "une espèce de collusion médiatico-politico-trotskyste qui essaie de jeter l'honneur d'Eric Woerth en pâture".

 

- Le mot de la fin pour Benjamin Lancar, le Bruno Julliard de droite (ce n'est pas un compliment), qui, après avoir démontré l'équivalence entre Mediapart et la presse stalinienne ("Du temps de Staline, il y avait les montages photo, en 2010, en France, il y a Mediapart, mené par... un trotskiste. CQFD"), est parti à la rencontre des "vrais français" pour promouvoir l'UMP, et nous apprend que:

"Les Français sont très éloignés du microcosme parisien. L'affaire Bettencourt, par exemple, n'intéresse pas grand-monde. Ils sont beaucoup plus nombreux à nous poser des questions sur les retraites et sur la sortie de crise. Nous avons souvent un bon accueil."

 

 

Sources: Le Monde, L'Express, LCI, etc.

 

 

* Jamais très loin de la farce ou du bon gros vaudeville, j'y vois tout de même une force tragique pour ce qu'elle révèle sur les politiciens et la politique "à la papa" visiblement toujours de mise en France.

 

** Tiens, je devrais postuler comme pigiste au Post.

 

Absolument rien à voir, mais j'aime beaucoup cette chanson.
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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 10:43

Au menu de ce mois de juillet, un vieux (on ne peut plus) classique, un bistrot-gastro qui a fait la une il y a déjà plus de cinq ans, et l'"annexe" d'un grand chef.

 

 

- La Biche au bois:  (Gare de Lyon, 12ème arrondissement). Le 12ème, c'est pas la grosse chouille au niveau restos. Le Janissaire, le Trou Gascon, éventuellement le Quincy... et donc, la Biche au bois.

L'un de mes rapports qualité-prix préférés de la capitale il y a quelques années, quand le menu entrée-plat-fromage-dessert était à 23 euros. A l'époque, ils avaient un bib gourmand on ne peut plus mérité.

C'était un peu la quintessence du bistrot (pas du tout gastro): des plats de terroir, du gibier en saison, des portions généreuses, un plateau de fromages démentiel (leur chèvre poivré reste l'une de mes "madeleines" récentes) des serveurs en tablier chambreurs, une ambiance survoltée avec 50 couverts dans 20m2, une clientèle hétéroclite de titis parisiens, d'hommes d'affaires rougeauds, et de touristes, et un patron qui n'hésitait pas à repasser les plats ou offrir le digeo à l'occasion. Trois services le soir en semaine, fermé le week-end.

 

J'y suis retourné il y a peu, 4-5 ans plus tard, avec des anciens collègues américains, de passage deux jours sur Paris, à qui je voulais montrer du bon gros classique hors du temps. Ils n'ont pas été déçus, moi non plus car ça n'a pas beaucoup changé.

Les prix ont augmenté (26,5 euros maintenant), la salle s'est un peu agrandie en rognant sur le resto d'à côté. Mais les serveurs sont les mêmes, et la carte aussi.

 

Bon, il faut avouer que leur créneau culinaire est plus adapté au climat rigoureux de la fin de l'automne ou de l'hiver qu'à la canicule de début juillet (et aussi parce que le gibier est leur spécialité), mais c'est pas vraiment de leur faute.

Au menu de ce soir, de la salade niçoise hérétique (avec des haricots verts), de la terrine sympa sans être exceptionnelle, un coq au vin tip-top pour les courageux, un bon faux-filet frites pour les autres, le même plateau de fromages bien faits qu'avant, et des desserts comme on n'ose plus en faire (crême caramel, mousse au chocolat, île flottante, et une tarte maison). Avec une bouteille de côtes-du-rhône lambda autour de 20 euros.

Un peu plus de 30 euros par tête tout compris.

L'ambiance était moins "hectic" que dans mon souvenir, peut-être parce que la salle s'est agrandie, peut-être aussi parce que nous sommes venus tôt ou que nous étions mi-juillet.

 

Comme les prix ont subi une inflation de 15%, et qu'en parallèle, de plus en plus de restos parisiens proposent de la cuisine inventive, maligne dans le cadre de menus sous la barre des 30 euros (voir par exemple ci-dessous), je ne sais pas si je le rangerai comme avant tout en haut de ma liste de bons plans.

Mais ça en reste un, dans son genre démodé (ou "amodé"), surtout en saison pour la cassolette de biche ou le civet de sanglier.

Ils ont perdu leur bibendum gourmand et ne sont plus trop référencés, sans qu'il y ait d'autres raisons, à mon avis, que de rester au goût du jour en proposant des adresses "neuves".

 

- Le Pré Verre: (8 rue Thénard, entre Saint-Michel et le Collège de France, 5ème arrondissement, www.lepreverre.com/fr/ - super site web, soit dit en passant, c'est suffisamment rare en France pour être souligné). Table ouverte fin 2003 (je crois), "the place to be" en 2006-2007. Eux aussi ont perdu leur bib gourmand, mais restent parmi les chouchous du Fooding.

J'aime bien aller dans les restos qui ne font plus la une depuis 2-3 ans. D'une parce qu'à Paris, les restos à la mode sont souvent des bistrots chics, et que je me refuse de ne serait-ce qu'essayer de réserver quatre mois à l'avance pour manger du porc au chou, du thon à la plancha ou une soupe de potimarron. De deux parce que s'ils sont toujours là plusieurs années après, c'est qu'ils étaient vraiment le haut du panier et qu'ils ont, on peut l'espérer, trouvé leur rythme de croisière. Même si les foodies à la pointe, tels des Zemmour de la gastronomie, vous diront toujours que "c'était mieux avant".

La dernière raison et pas la moindre, c'est que j'étais à l'étranger pendant deux ans, donc ma wish-list de 2010 n'est finalement pas très différente de celle de 2007.

Bref.

 

Le Pré Verre n'est pas non plus devenu totalement has been, au contraire le succès ne se dément pas: la réservation reste obligatoire, les bobos et les touristes américains affluent, et ils ont pu ouvrir une deuxième enseigne à Tokyo. C'est juste qu'on en parle moins. Et que les derniers échos sont moins flatteurs (cuisine en berne depuis l'ouverture de celui de Tokyo, service pas aimable etc).

 

"Cuisine et vins d'auteurs", ils aiment enfoncer les portes ouvertes, comme à l'Ourcine: pour faire plus clair, le "concept" ici, c'est de retravailler les "classiques" français avec des épices ou un twist orientaux ou moyen-orientaux.

 

Le menu est à 28euros50, il n'y a pas de suppléments, ça fait plaisir. A la carte, ça ne présente pas un grand intérêt puisque ce sont les mêmes plats et que "plat-dessert" ou "entrée-plat" vous seront facturés seulement 2-3 euros de moins que le menu complet.

Voici ce qu'on mange actuellement: http://www.lepreverre.com/fr/paris/menus-cartes-paris.html

Pour notre part, nous avons goûté en entrée à la crème froide de crustacés et rillettes de maquereau, excellente selon l'intéressée, à l'aubergine confite et pastèque grillée à l'échalotte, un mélange inattendu mais très réussi, et l'escabèche de sardines au ngo gai, le plat le plus "classique" du lot. Toutes les entrées amenaient une fraîcheur agréable par cette saison.

En plat, très bon espadon au pavot bleu (graine ressemblant un peu au sésame) avec des artichauts et des pommes de terre sautées, une fricassée de poulet et avocats au gingembre pas mal mais qui n'a pas convaincu totalement, et un superbe cochon de lait fondant et chou croquant aux épices: après le coq au vin, je voulais enchaîner avec un autre plat de saison, mais c'était étonnament léger, avec une délicieuse sauce crémeuse et légèrement relevée.

 

cochon-chou-croquant.jpg

Le cochon fondant et chou croquant (photo tirée du site du restaurant) 

 

En dessert, une truffade de chocolat noir - glace mélasse et des fraises marinées au persil qui ont plu à leurs destinataires (même si dans le genre, l'association fraises-basilic me semble meilleure), et pour moi un crumble d'abricots glace aubergines qui ne portait pas franchement bien son nom (demi-abricots rôtis parsemés d'un peu de chapelure) mais qui valait le coup, surtout pour la bonne association douce-amère avec la glace aux aubergines.

Une bouteille de bourgueil "les vingt lieux dits" 2008 à 27 euros (environ dix euros à l'unité chez un caviste) bien fruité et léger.

 

Un chouette moment avec une cuisine somme toute originale et dans l'ensemble réussie, copieuse ce qui ne gâche rien, et un service quasi-sans faute même dans la salle du sous-sol (finalement peut-être plus peinard que celle d'en haut), pour 35 euros/tête tout compris là aussi. Sans que ce soit péjoratif, je dirais que c'est un peu "Ze Kitchen Galerie du pauvre".

Je suis content d'avoir enfin découvert ce resto, et que les dernières critiques pas terribles ne m'aient pas refroidi.

J'y retournerai.

 

- Sensing: (6ème arrondissement, métro Vavin, www.restaurantsensing.com/). Le second resto de Guy Martin à Paris (Le Grand Véfour), un peu dans la même gamme que le Chiberta (le second resto de Guy Savoy). Il existe également une enseigne à Boston que j'avais bien aimée (mais répétons-le, Boston n'est pas forcément une "grande" ville pour les foodivores.

 

J'ai été invité pour un nouveau déjeuner blogueurs par F. Nègre, que je remercie donc encore une fois. Ainsi que, bien sûr, l'équipe de Guy Martin.

 

Nous sommes une douzaine, placés dans un espace privatisé à l'étage, qui permet d'être confortablement entre nous mais pas de goûter pleinement l'ambiance du restaurant. La décoration, de bon goût mais pas excessivement chaleureuse, me fait penser que c'est plus un lieu d'affaires qu'un endroit pour les rendez-vous romantiques.

 

Nous commençons par une coupe de champagne Taittinger (la famille propriétaire du Grand Véfour, si je ne m'abuse).

En amuse-bouches, nous aurons un velouté de petits pois à la menthe (délicat et frais même si la gelée de menthe au fond ne m'a pas franchement enthousiasmé), du haddock en feuille de brick bon quoiqu'un peu délicat à manger, et un excellent "granité" de foie gras et magret de canard fumé (qu'on retrouve, comme à Boston, proposés en entrée sous forme de "snackings).

En entrée, nous dégustons un "tourteau en carapace et écume, brioche noire au beurre d'algues".

Le tourteau est préparé et servi dans sa carapace. C'est superbe et délicieux. L'écume est servie séparément dans une terrine et ne m'a pas semblé d'un intérêt flagrant, la brioche noire au beurre d'algues est par contre un plaisir coupable avec un goût de trop peu.

En plat, nous avons droit au "carré de cochon de Vallegrain rôti, artichauts et poitrine poivrée à la truffe d'été".

La encore, le dressage est superbe et le plat est gustativement parlant très réussi. Le cochon de Vallegrain est une race élevée en plein air près de Chartres: la pièce est extrêmement tendre, parfaitement cuite (sous vide) et peu grasse. La truffe d'été est plutôt simplement décorative, les artichauts sont agréables même si je ne pense pas que du bien de ce légume. Il y a également des petites tomates confites délicieuses et quelques olivettes qui donnent à ce plat une jolie touche méditerrannéenne.

En dessert, la "rhubarbe pochée, blanc manger et sorbet aux fruits du moment (framboises, en l'occurence)". Un énoncé et un visuel un rien complexes, mais le résultat est délicat et rafraîchissant.

Nous boirons au cours de tout le repas un Mâcon 2009 (désolé, je n'ai pas noté le producteur) que je n'ai pas trouvé génialement en accord avec le tourteau, mais qui accompagnait bien le cochon.

Service très pro, qui nous remettra à chacun une brochure détaillant le restaurant, sa philosophie, et sa carte.

 

Pendant le café/mignardises, nous avons droit à la visite du sympathique chef, Rémi Van Peteghem, 33 ans, déjà en place depuis l'ouverture il y a 3 ans, après avoir travaillé avec Guy Martin ainsi qu'à Ledoyen et Lasserre, entre autres. Il a été élu Jeune Talent Iles de France 2008 par le Gault et Millau.

Il nous explique ensuite la "philosophie" du lieu: au-delà du concept imaginé par le propriétaire Guy Martin, le chef est totalement libre de s'exprimer et de bâtir "sa" carte.

Cela explique pour moi la différence assez grande avec le Sensing Boston: contrairement à, par exemple, l'Atelier de Robuchon, on n'est pas tout à fait dans l'esprit "chaîne de luxe" (même si ça ne joue pas tout à fait dans la même catégorie non plus).

Pour comparer rapidement les deux, j'ai senti plus de maîtrise, d'homogénéité dans la cuisine de M. Van Peteghem que dans celle de M. Barbin. Il faut dire qu'il y a quelques années d'expérience de plus, et que le Sensing Paris semble être maintenant parfaitement rodé, alors que le Sensing Boston était encore un work in progress lorsque j'y suis allé.

La discussion enchaîne ensuite sur ses fournisseurs.

Un moment toujours agréable que de parler avec un chef passionné.

 

Le menu complet du midi est à 35 euros, il y a un menu un peu plus chiadé avec les boissons comprises à 55 euros, qui correspond plus à ce que nous avons eu. Au dîner, ce menu boissons comprises adapté (avec fromages et dessert) est à 75 euros, le menu dégustation à 95 euros, 140 avec l'accord mets-vins. A la carte, comptez une soixantaine d'euros sans les boissons.

Au vu de la maîtrise technique et de la qualité des ingrédients et des préparations, c'est un rapport qualité-prix tout à fait correct, et dans le quartier Montparnasse, il n'y a pas grand chose dans ce créneau depuis la fermeture du Montparnasse 25.   

 

Pour apprécier des photos de ce repas*, vous pouvez aller lire ici. Ou bientôt, ou .

 

 

 

Et pour conclure, quelques mots sur le drame qui m'a frappé ensuite. Attention, âmes sensibles s'abstenir.

Fabien, organisateur de luxe, avait en fait vu les choses en grand avec une découverte en trois parties de l'univers de Guy Martin: le mardi, Sensing, le jeudi, le Grand Véfour, le vendredi, l'atelier cuisine de Guy Martin.

Suite à une confusion ou une incompréhension, peu importe, je n'avais reçu que le mail pour Sensing et Fabien croyait que je n'étais pas disponible pour le Grand Véfour.

Bon, je travaille dans la recherche publique: pour un déjeuner de ce calibre, sauf cas vraiment exceptionnel de manipe qui ne peut pas attendre (genre un créneau de neutrons réservé un an à l'avance au CEA), je peux toujours me libérer. 

Bref, Fabien me dit qu'il va voir, et qu'il m'envoie un mail si je peux venir.

Hélas, je ne reçois pas de mail, j'en déduis que la liste d'invités est bouclée. Comme je ne connais pas encore Fabien très bien non plus, je n'ai pas osé faire le reloud et l'appeler pour lui demander "bon alors, c'est vraiment sûr sûr sûr qu'il n'y a pas de place?". Après tout, je ne fais pas vraiment partie des blogueurs "gastronomiques" et encore moins des blogueurs influents. Et puis (voir plus bas), j'ai eu d'autres préoccupations au même moment.

Me voila donc jeudi midi à manger à la cafète de la grande fac une ratatouille surgelée, un peu déçu mais me disant que bon, c'est comme ça.

Vers 14h, je reçois un SMS de Chrisos qui me demande pourquoi je ne suis pas au Grand Véfour.

Et là, c'est le drame. 

En fait, j'étais invité, mais pour une raison qui m'échappe, le mail n'est jamais arrivé jusqu'à ma boîte, une boîte perso réservée au blog et souvent spammée mais qui généralement fonctionne.

Et donc, en plus de, du coup, vachement mal digérer la ratatouille surgelée et pleurer cette occasion perdue, je m'aperçois que je suis passé pour un affreux malpoli, puisque j'étais attendu et n'ai, forcément, pas prévenu de mon absence. Or, autant être désagréable avec les gens qui m'agacent ne me dérange absolument pas, faire preuve, même involontairement, de malpolitesse, est l'une de mes hantises: je m'énerve suffisamment contre ceux qui font preuve de discourtoisie pour essayer d'être irréprochable de ce point de vue.

Quelques explications et excuses plus tard, cela semble pardonné, mais en ce qui me concerne, je maudis toujours hotmail.

Un récit de ce que j'ai raté (pour faire court, 3 heures de pur bonheur) ici et .

Quant à l'Atelier, j'ai cette fois du décliner, puisque le vendredi en question était le dernier jour où mes chefs étaient au labo avant mon départ (4 semaines de vacances, 2 semaines de workshop en Corse, dure la vie). Eh bon, fallait quand même faire un petit plan de travail histoire de ne pas faire qu'attendre la fiche de paye à la fin du mois...

 

Bon voila, quand on n'a pas de problèmes plus graves dans la vie, c'est que tout ne va pas si mal. Quand au même moment un pote fait un AVC et passe 10 jours à l'hosto, ça aide à relativiser aussi.

Comme on dit, une prochaine fois peut-être (pas l'AVC, hein, le Grand Véfour)...

 

 

 

* je me suis enfin acheté un appareil photo, pour être désormais au niveau du "blogueur gastronomique" de base. Par contre, pour les grandes occasions: vous attendez pas à trouver des photos du tartare du Havane Café.

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Published by mixlamalice - dans Restos
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