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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 08:05

Ce déjeuner à l'Arpège (84 rue de Varenne, 75007 Paris, à côté du musée Rodin, métro Varenne, site web) a eu lieu lors de l'un des sympathiques ponts du mois de mai, dont Priscilla et moi profitâmes pour fêter mon anniversaire.

 

Alain Passard n'est pas un perdreau de la veille, puisque cela fait près de 30 ans qu'il dirige l'Arpège et près de 20 que celui-ci à 3 étoiles au guide Michelin.

Toutefois, le mouvement locavore et la mouvance parisienne des néo-bistrots de chefs hipsters, à base de menu du marché au fil des saisons et de légumes oubliés cuits à basse température, lui ont donné un large supplément de visibilité au cours des dernières années, tant il apparait comme le précurseur, le pape, ou le mentor de cette plus si nouvelle vague. En effet, cela fait presque 15 ans que Passard propose une cuisine quasi-végétarienne, basé sur les légumes de ses propres jardins.

Bref, aujourd'hui, pour ouvrir son bistrot chic à Paris, il vaut certainement mieux sur son CV avoir épluché les patates chez Passard qu'avoir été chef de partie chez Bocuse. Consensus qui est en fait un amusant retournement, car au milieu des années 2000, aux débuts de sa "reconversion thématique", le maintien des 3 macarons était plutôt controversé.

 

A 12h pile, nous sommes la 2ème table à nous installer, 2 touristes chinois sont visiblement là depuis un petit moment. Plusieurs personnes nous suivent dans la foulée, le restaurant sera définitivement plein vers 13h. Clientèle assez éclectique, pas mal de couples jeunes ou moins jeunes, quelques familles, touristes, et assez peu de "déjeuners d'affaire", globalement plus de jeans chemisettes que de costards cravates.

Première chose à remarquer, la salle, d'une petite cinquantaine de couverts (plus une salle ou un salon en sous-sol, visiblement) est franchement banale. Clairement, par rapport aux 4 ou 5 autres 3 étoiles testés, ça "casse les codes" (même l'Astrance, qui ne pousse pas loin le décorum, me semble substantiellement plus chic). La moquette beige mériterait d'être changée, l'éclairage n'est pas optimal (j'ai eu le soleil dans la gueule une bonne partie du repas), et l'espace est très optimisé pour ce genre d'endroit.

 

Le menu déjeuner est à 140€, en proie à une augmentation assez régulière (120 en 2010, 130 en 2011...). A la carte et pour les menus du soir/dégustation, on est bien entendu comme dans tous les 3 étoiles parisiens autour de 300, c'est encore hors de question en ce qui me concerne.

Une fois n'est pas coutume, je n'ai pas regardé la carte des vins, épaisse, je n'en dirai donc rien, et me suis contenté d'un verre. Les choix au verre sont minimalistes (3 blancs, 3 rouges), et piquent un peu les yeux: mon verre de Savennières Domaine aux Moines 2011 était à 17 ou 18€, le prix caviste pour la bouteille étant autour de 15, et le verre pas spécialement généreusement rempli. Par rapport au prix propriété, on doit taper dans le coefficient 8-10. Il y aurait des progrès à faire de ce côté là.

 

Le menu déjeuner annonce sobrement 4 "entrées" végétariennes, 4 "plats" dont 1 poisson, 2 végétariens et 1 viande, et 2 desserts. Il y aura en fait 5 assiettes supplémentaires, sortes de "créations spontanées du jour" du chef, servies à toutes les tables en interrompant le déroulement "classique" du repas.  

 

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Après des petites tartelettes aux légumes, on commence par un sushi de betterave (plat qui ne sera pas servi aux tables arrivées après nous m'a-t-il semblé, remplacé au cours du repas par un vol au vent de légumes du jour).

 

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Ravioles potagères multicolores, consommé de petits pois: hyper parfumées, ayant chacune un goût différent, excellent.

 

Suit l'asperge blanche parfumée au laurier, oseille, que j'ai oubliée de photographier.

 

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Epinards palco fanés au beurre noisette, carotte à l'orange, citron confit. Mélange étonnant, subtil, et bien maîtrisé, manque un peu de "consistance" peut-être (le fameux fondant-croquant).

 

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Premier extra: potage foin/ail, mousse au speck (si je me souviens bien). Ca ne fait pas rêver dit comme ça, mais c'est une tuerie.

 

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Deuxième extra: un petit taboulé revisité bien sympa.

 

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Pommes de terre nouvelles au Côtes du Jura, pois gourmands (la version "chic" de ce plat, dans les autres menus, est au vin jaune). Comme quoi, il y a de la noblesse dans les patates.

 

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Troisième extra qui est visiblement un classique: tartare de betteraves au raifort/frites. Ca rappelle beaucoup un plat russe, le hareng en fourrure, sans hareng bien sûr. Ca fait beaucoup de betterave pour moi qui ne suis pas fan, mais c'est quand même pas mal.

 

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Quatrième extra: pizza de légumes (plutôt une sorte de brioche en fait) et tapenade, présentée entière à toutes les tables avant d'être ramenée en cuisine et découpée. Après les premiers plats "asiatisants" (les ravioles), le détour par la russie, on migre en Provence, encore une fois avec beaucoup de personnalité et de goût.

 

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Filet de sole de Lorient à la verveine, chou de printemps. Beau mariage un peu terre-mer, rustique et subtil, petite touche de verveine bien pensée.

 

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Cinquième extra: minestrone de légumes. On part en Italie, c'est frais, croquant, goûteux, probablement plus convenu, malgré les petits dés de chorizo pour la coloration internationale.

 

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Un autre plat signature, la jardinière arlequin et merguez végétale. Un couscous revisité, quoi. Très léger, en fait, et comme toujours beaucoup de saveurs bien intégrées.

 

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Parce qu'on a pas assez mangé, on termine par un cochon de lait farci et rôti, parfumé à la sauge, avec une mousse de brocoli. La aussi, peut-être plus convenu, mais très bon.

 

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Le dessert, millefeuille à la rhubarbe, est massif mais beaucoup plus léger que prévu. A cela, on ajoute un petit pot de crème aux pousses de pin, et plusieurs mignardises dont la fameuse tarte aux pommes, un chou à la crème etc.

 

Bilan, tout de même, 4h passées à table: comme d'autres, j'ai trouvé les desserts plutôt moins intéressants. Le reste est assez incroyable: il n'y a pas de plats qui ressortent spécifiquement, mais c'est surtout parce que le "niveau moyen" est assez exceptionnel.

C'est hyper créatif, et bien qu'on puisse éventuellement sentir la filiation, il n'y a je trouve rien de comparable avec ces assiettes devenues en peu d'années très convenues et aujourd'hui dupliquées de Paris à Copenhague (vous me direz à raison que ce n'est pas le même prix non plus: addition à 160€ avec eau minérale et café/infusion, environ 180-200€ avec un ou deux verres de vin ou peut-être une bouteille "premier prix" pour deux).

Revenons à notre repas: il y a des moments où ça s'enchaîne vite, des respirations bienvenues d'une demi-heure (on n'a pas beaucoup mangé le soir, mais finalement la quantité impressionnante passe plutôt bien). Le repas est déstructuré par rapport à ce qui est annoncé sur la carte, probablement pour faire sortir des assiettes similaires en même temps: chaque table a donc son ordre et son timing propre, ce qui ne doit pas être toujours facile à gérer pour la brigade.

Quelques mots sur le service: il maîtrise bien son sujet, peut-être un peu laconique (peu de communication au-delà de l'annonce des plats), mais l'exiguïté de la salle fait qu'ils ont tendance à se marcher un peu sur les pieds. 

Enfin, Alain Passard, qui porte beau, fait son petit tour de salle vers 15h, avec un gentil mot un peu barré pour tout le monde. J'avais entendu quelques réserves sur son comportement, parfois, mais rien de ça ici, la classe.

 

 

Petite conclusion "philosophique": 

Je reviens à mon expression "casser les codes". L'Arpège s'affranchit de presque tout ce que j'ai pu voir dans les autres 2 ou 3 étoiles. En fait, on n'est quasiment plus dans le cadre d'un repas, il s'agit d'une expérience. 

Du coup, si j'étais très riche ou faisais des affaires, et étais disposé à peser 150 kilos, autant je pourrais m'imaginer déjeuner chez Savoy ou au Ritz régulièrement (on est dans le luxe, mais avec un cadre et une structure bien connus), autant je ne pense pas que je pourrais aller à l'Arpège ne serait-ce qu'une fois par saison. On nous a demandé au début du repas si nous avions des contraintes horaires, mais au vu du déroulement du repas je ne vois vraiment pas l'intérêt d'y aller pour becqueter en 1h30.

Il y a un côté un peu "hystérique", dans cette "création" permanente (ça joue beaucoup sur le côté "atelier d'artiste"), dans ce ballet frénétique de serveurs au sein d'un espace serré pour tenter de garder le contact avec ce que produit le chef, dans ce "désordre maîtrisé sur le fil", qui fait qu'on ressort ravi mais quelque part un peu lessivé, dans un état beaucoup moins voluptueux que dans les autres grands restaurants que j'ai pu fréquenter.

Par contre, n'étant pas riche au point d'aller plus d'une fois par saison dans un gastronomique, c'est paradoxalement l'Arpège qui me ferait le plus hésiter entre y retourner (à une autre saison, pour voir ce que Passard peut faire en été, en automne, voire en hiver) ou découvrir une nouvelle maison. Un tour de force, car mon logiciel personnel me pousse plutôt vers la nouveauté que vers la répétition.

Bref, d'ici un an ou deux, le temps de se remettre, il est probable, si Dieu veut, qu'I'll be back.

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 09:09

Aujourd'hui, c'est la deadline des remplissages de dossier  PEDR, PES , PEDR (prime d'encadrement doctoral et de recherche, anciennement prime d'excellence scientifique mais le terme excellence était pour certains trop connoté droite méchante, plus sérieusement avait, en terme de communication, ce petit côté déplaisant très copéiste que le monde se divise en quelques excellents et une très large majorité de nullos. La réalité est souvent, heureusement ou malheureusement, un peu plus complexe).

 

Comme l'a dit Rachel, le dossier était une fois n'est pas coutume plutôt simple, très calqué sur celui de la PES d'ailleurs. Le document CV modèle a un peu changé sur la forme, quasiment pas sur le fond, bref, tout change mais rien ne change. 

 

Là n'est pas la question (même si j'ai enfin pris la décision de le remplir de façon exhaustive, afin qu'en cas d'échec - dont la probabilité est d'environ 100%*- cela aille au moins vite la prochaine fois).

 

Ce qui m'étonne, c'est que dans les 4 grandes cases (production, encadrement, rayonnement, responsabilités) telles que ma section CNU veut que je les remplisse, les activités d'"encadrement" ou de "direction scientifique" des chercheurs post-doctorants n'apparaissent nulle part. 

 

On m'explique que, le chercheur contractuel étant Docteur, il ne s'agit plus de "formation à la recherche" et donc que cela ne rentre pas dans la case "encadrement". 

Ok, why not, à vrai dire je serais plutôt d'accord. 

Mais je trouve quand même étrange qu'il n'y ait aucune "case" dans le dossier prévue à cet effet. Si "encadrement" ne convient pas, on peut appeler ça "direction" ou "management" ou que sais-je, il n'empêche qu'il s'agit, je trouve, d'un critère important d'évaluation. 

Ainsi, trouver 2.5k€ et parfois un bout d'idée pour recruter un M2 Recherche est comptabilisé dans l'excellence**, alors que réussir à financer un projet à hauteur de 100k€ pour recruter un chercheur en CDD pendant 2 ans ne compte pas. Ou plutôt si (on peut mettre dans les responsabilités le fait d'être partenaire responsable ANR, coordinateur d'un projet européen, etc), mais on considère alors que le seul mérite est d'avoir dégoté le fric.

Ensuite, avec le pèze, probablement qu'on recrute un type qui fait sa vie comme il veut, sans aucune interaction avec celui qui le paye?

 

Cela m'étonne d'autant plus qu'on m'explique que la thèse est un "vrai travail", donc que l'"encadrant" n'est après tout qu'un collègue/supérieur hiérarchique dont le rôle de formateur n'est pas différent de celui de tout salarié dans le privé vis-à-vis d'un nouvel arrivant. 

Du coup, je vois encore moins bien la différence dans l'"encadrement" d'un post-doctorant par rapport à celui d'un doctorant: on est le "supérieur hiérarchique", le "chef de projet" qui amène la thune, la gère, et est chargé de mener le projet à bien ou tout au moins de le faire avancer.

Bref, si l'un est symbole d'excellence, j'ai du mal à comprendre en quoi l'autre ne l'est pas. 

 

Et puis, pour revenir à mon exemple d'encadrement de Master Recherche: il est assez rare de voir sa "carrière scientifique" brisée parce qu'on a fait un stage de M2 dont le sujet était mal pensé et qui n'a pas conduit à des résultats transcendants ou une publication. Le pire, souvent, c'est d'avoir 13 au lieu de 16 en note de stage.

Un projet foireux pour un post-doctorant, eg 2 ans où il n'y a pas de résultats, pas de publications, c'est généralement la fin dans l'optique d'un poste dans le public (qui est aujourd'hui, à part l'envie de découvrir le monde et l'alternative au chômage, la seule bonne raison de faire un post-doc).

Donc, en tant que "responsable hiérarchique", on a quand même une obligation de résultats: celle de publier ou faire publier, d'envoyer le post-doc en conférence pour qu'il puisse réseauter, de le recommander aux collègues, d'essayer de l'aider à trouver un emploi, pour ses candidatures etc. Et puis, scientifiquement, de lui apprendre des trucs nouveaux qui pourront lui servir et qu'il pourra valoriser: bien sûr, on peut recruter un post-doctorant pour ce qu'il a déjà fait, mais l'idée que j'avais, moi, en tant que post-doc, et qui est je pense la plus raisonnable, c'était de faire une post-formation (on appelle ça "reconversion thématique"), pas de refaire mon sujet de thèse pour un autre boss.

 

Je trouve donc étrange, ou plutôt paradoxal, que dans un système où on promeut l'excellence individuelle et où on cherche donc à valoriser des "chefs de groupe à l'américaine" et pour prendre un exemple bête, il soit mieux considéré d'encadrer 1 thésard et 3 stagiaires de M2 que d'avoir dans son groupe 1 thésard et 3 post-docs.

 

 

 

* la couleur est annoncée: dans la case encadrement, ne comptent que les thèses soutenues. Les thèses non encore soutenues sont un facteur d'appréciation. Les M2 comptent avec un ratio 0.3 par rapport à une thèse. A priori, pour ne pas avoir C, il faut au moins 1 thèse soutenue dans les 4 ans encadrée à 100% ou tout autre combinaison équivalente (4 stages de M2 à 100%, 2 stages de M2 à 100% et 1 thèse soutenue encadrée à 50%). Bref, pour les non-HDR qui ne peuvent pas encadrer de thèse à plus de 80% dans certaines écoles doctorales, 70% dans la mienne, ou 50% dans d'autres, autant dire que le C est vite arrivé (et est quasiment inévitable pendant les 4 ou 5 premières années de fonction), et devrait me concerner.

 

** il faut expliquer que quand on est dans un labo dont les enseignants gèrent tout ou partie un master recherche, on recrute facilement, même parfois sans le vouloir ("j'ai trois étudiants qui galèrent pour un stage, vous en voulez pas un?" "j'ai pas de sujet, pas de temps" "mais on s'en fout!" "j'ai pas d'argent" "c'est bon, je te le paye sur un reliquat" - je caricature mais pas tant que ça).

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 17:29

D'un côté, mon établissement nous (les enseignants-chercheurs) explique que l'activité minimale, pour obtenir des postes, en enseignement est de 192hed devant élèves. Autrement dit, toutes les activités d'enseignement autres, rebaptisées sous le vocable référentiel (jurys, responsabilités de diplômes, tutorat, direction de laboratoire, création de cours ou de formations...) n'est prise en compte qu'une fois les 192hed devant élèves effectuées.

Ainsi  on vient de sucrer dans notre équipe pédagogique 1.5 ETP en 3 ans (sur un total d'environ 10) alors que nous sommes en moyenne à plus de 250HED/an/EC MAIS environ 180 HED devant élèves et le reste en responsabilités diverses (nous sommes très impliqués dans diverses formations par apprentissage, dont un master, qui génère pas mal d'"activités de référentiel") pour lesquelles nous ne faisons strictement qu'appliquer les barêmes qui nous été soumis. On nous le justifie en nous disant que "nous ne faisons pas notre service".* 

 

Dans le même temps, on nous explique qu'il est normal que les services gestionnaires de nos conventions de recherche soient fermés 3 mois dans l'année, qu'on ait     besoin de 3 mois pour signer une convention de stage ou faire un contrat pour un post-doctorant, ou encore qu'on ait absolument besoin d'un RIB pour passer une commande à l'étranger ou qu'il soit impossible de faire un bon de commande prévisionnel chez Sigma ou VWR pour pallier les 3 mois de fermeture. J'en passe et des meilleures, comme le fait qu'aucun nouvel arrivant MCF n'ait droit à une quelconque décharge d'enseignement, par exemple.

 

Et pourtant, en parallèle, nous recevons des messages enflammés nous expliquant à quel point la recherche est prioritaire aux yeux de la direction, nous poussant à demander des primes d'excellence (ou dite "d'encadrement doctoral" aujourd'hui), s'insurgeant de l'auto-censure des personnels, mais aussi du faible taux de réussite des rares déposants**, ce qui impacte les évaluations de l'établissement par les instances. On nous explique aussi que des personnalités très importantes montent au créneau pour faire bouger des critères d'évaluation peu adaptés aux spécificités de notre bel établissement.

 

Alors, je me demande: est-ce qu'on se fout de notre gueule, ou est-ce que les directions protéiformes sont inconscientes du merdier dans lequel elles nous mettent?

 

 

* il y a d'ailleurs une autre contradiction ici puisqu'on nous demande de "rationaliser" notre enseignement (supprimer les UE doublons assurées par des départements différents, mutualiser le plus possible, fermer les formations n'attirant plus assez de monde, minimiser les doublements de tds etc). Or, on se rend compte que ceux qui "jouent le jeu" se voient reprocher l'année d'après de ne pas faire assez d'heures et se voient donc refusées leurs demandes de poste, pendant que ceux qui expliquent dès le départ que leur enseignement est génial et pensé de façon optimisée, et qu'ils ne changeront rien, récupèrent les postes.

 

** de mémoire, il y a quelques années, il y avait une dizaine de PES pour plus de 300 EC dans l'établissement. Je ne pense pas que ça ait grandement changé depuis.

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 16:23

Attention, billet tendance réac.

 

J'avais déjà évoqué cette idée dans un précédent article, mais je me demande si l'une des difficultés principales dans l'enseignement des sciences dures dans le supérieur n'est pas tout simplement la pratique, ou plutôt la maîtrise, de la langue française.

 

Mon hypothèse, c'est que les difficultés que l'on rencontre à faire passer des concepts scientifiques parfois basiques (je ne fais rien de très compliqué d'un point de vue physique ou mathématique) sont souvent liées à une "incompréhension" linguistique. Partiellement ou exclusivement, c'est une autre question...

 

Mais quand 15% environ d'une promotion (niveau M1) confond "statique" et "statistique", que cela se répète bon an mal an d'une promotion à l'autre, c'est je pense assez significatif: les deux mots se "ressemblent", mais leurs sens n'ont absolument rien en commun.

C'est un exemple parmi d'autres, j'avais mentionné dans mon article précédent la difficulté pour certains à comprendre ce qu'est une "masse volumique" alors que le nom qu'on lui donne est on ne peut plus clair.

De façon plus générale, j'ai beaucoup de mal à faire passer des notions de modèle physique, d'interpolation, d'extrapolation, de limite, d'homogénéité etc.

Je m'aperçois également que souvent, mes énoncés, en TD ou en examen, ne sont pas compris, pour des questions de syntaxe ou parfois de vocabulaire (ça vient peut-être de moi, mais généralement mes textes, sur le blog ou ailleurs, ne suscitent pas l'incompréhension de ceux de Kant). 

Je me souviens par exemple d'un examen où j'avais demandé une démonstration "rigoureuse", le mot étant souligné, d'un résultat du cours. Visiblement, moins de 10% de la promo a saisi que cela voulait dire que je ne souhaitais pas la version raccourcie.

Ok, je n'enseigne ni à Ulm ni à Polytechnique, mais tout de même dans des établissements relativement reconnus à un stade où les étudiants ont déjà été un peu sélectionnés.

 

Alors je ne vais pas faire d'interprétation. Je ne vais ni faire mon Finkielkraut et dire que c'est la faute de l'immigration de masse. Une bonne partie de mes élèves est aussi terroir qu'on peut l'être. Je ne vais pas non plus faire mon Brighelli et dire que c'est la faute du pédagogisme, de l'appauvrissement de la Culture et du rap (il parait que les rappeurs américains ont plus de vocabulaire que Shakespeare, alors...). Enfin, je ne vais pas faire L. Bonod et mettre en cause Wikipédia.

 

A vrai dire, je ne sais même pas si mon constat est justifié ou si c'est juste une manifestation du syndrome du vieux con associé à celui du prof blasé. 

D'autres collègues ont-il constaté cela? Y a-t-il eu des "études" plus quantitatives sur le sujet? Si c'est avéré, y a-t-il des interprétations qui vont un peu plus loin que le café du commerce? Dois-je me mettre à faire lire Notre-Dame de Paris à mes étudiants?

 

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Published by mixlamalice - dans L'enseignement
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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 14:05

Vous n'avez peut-être pas suivi, mais il y a eu il y a quelques mois une semi-polémique entre blogueurs, journalistes-blogueurs et scientifiques-blogueurs, suite à un article de P. Barthélémy se réjouissant que le Monde étoffe son offre scientifique.

 

Tom Roud avait notamment répondu sur Twitter, avant d'en faire un article plus détaillé: "Plus de blogs sur les sciences sur lemonde.fr. Mais toujours pas (vraiment) plus de blogs de scientifiques". 

En effet, la plupart des nouveaux blogs "sponsorisés" par le Monde sont tenus par des journalistes scientifiques.

 

Marc Robinson-Réchavi (MRR) a développé l'idée sur son blog et notamment "divisé" la blogosphère scientifique en deux grandes catégories*, qui je trouve posent bien le problème:

- les blogs de science, qui généralement "vulgarisent" les résultats scientifiques, à un niveau plus ou moins complexe, et peuvent être tenus par des scientifiques, mais aussi des journalistes, des amateurs etc. Je crois que, dans l'imaginaire commun, c'est à cette catégorie que l'on pense en premier.

- les blogs de scientifiques (ou de chercheurs), qui parlent avant tout de science avec un oeil de spécialiste, mais aussi occasionnellement du monde de la science (ou de la "communauté scientifique")**.

 

Mais il me semble que cela néglige quelque peu le symétrique de la 2ème catégorie, une espèce de catégorie 2 bis: "les blogs de scientiques qui parlent avant tout de ce qu'on peut appeler, au sens large, le monde de la science (mais pas, ou rarement, de questions ou résultats scientifiques stricto sensu)"

 

Or, biais personnel, ces blogs existent et il se trouve qu'il s'agit généralement des blogs que je suis, alors que je ne lis que très peu de blogs qui vulgarisent, qu'il s'agisse de "résultats classiques" ou de présenter des travaux récents, et quel que soit le "niveau scientfiique". Je pense d'ailleurs qu'il n'y a pas forcément de plus-value quand ces blogs, qui peuvent être très bien même s'ils ne sont pas ma came, sont tenus par des scientifiques plutôt que des journalistes ou "amateurs" (sauf s'ils restent majoritairemnt très focalisés sur la spécialité du scientifique qui les écrit, comme à l'époque le blog de Ice). Les rares exceptions qui peuvent me passionner sont les articles s'intéressant aux "controverses" liées à certains résultats scientifiques (OGM, climat) car elles impliquent souvent des réflexions politiques, éducationnelles etc.

 

Ainsi, je compte dans mes lectures régulières Gaia Universitas, qui a beaucoup de similarités avec FSP que je lisais également souvent à une époque (moins depuis mon retour des USA). Etrangement, ce blog a été très peu mentionné dans ce débat sur la blogosphère scientifique, alors qu'il aborde des sujets selon moi très souvent pertinents sur le monde de l'enseignement supérieur, principalement français mais pas que, et donne surtout lieu à des riches discussions entre scientifiques sur la façon dont la science et l'enseignement se mènent et devraient se mener (la majeure partie des articles affiche régulièrement 50 à 100 commentaires, souvent de grande qualité). Je ne suis pas sûr que tout le monde soit convaincu, mais il ne fait pas de doute pour moi que c'est un blog de sciences.

 

Je mentionnerais aussi le blog de D. Monniaux. Il arrive à ce dernier de publier des billets "techniques", mais ils sont loin d'être majoritaires (et j'avoue humblement que, généralement, n'y comprenant rien, je les lis avec moins d'attention que le reste). Tom Roud, depuis qu'il blogue moins, rentrerait aussi dans cette catégorie là en faisant de moins en moins de billets "scientifiques" mais plutôt en réagissant sur l'actualité autour de la science (le pseudonymat des blogueurs scientifiques par exemple), de la politique scientifique, ou en évoquant des interrogations suite à des lectures d'ouvrages scientifiques.

Il y en a bien sûr d'autres que je consulte plus ou moins régulièrement et au fil de liens sur twitter (par exemple et de façon non exhaustive le blog d'Arthur Charpentier et ses célèbres Somewhere Else, Histoires d'universités, récemment chassé d'EducPros et qui va parfois trop loin pour moi dans les considérations de gouvernance des universités et tout simplement en termes de densité, la Vraie Vie de Laboratoire, nouveau venu spécialisé dans les anecdotes me permettant de mieux appréhender le délicieux monde des SHS, Academia Hypothèses lorsqu'il parle recrutement, Kalai Elpides il y a quelques années...).

 

Et puis il faut bien que je parle de mon blog. Est-il ou n'est-il pas un blog de science? 

Je suis scientifique (enseignant-chercheur), mais, probablement en lien avec mes biais de lecture plus haut et donc ma personnalité, je ne commente jamais de résultats scientifiques sur mon blog.

J'ai pondu 750 articles en un peu plus de 8 ans, dont au moins un tiers n'a absolument rien à voir avec la science, ni de près ni de loin (la bouffe, le ciné, les lectures, le rock, mes voyages, ma vie..., voir note **).

Dans le reste, le lien est parfois ténu, mais il y a au moins un autre tiers (et peut-être plus) des articles, donc 250, ce qui n'est pas tout à fait rien, qui parlent de sujets ayant trait à la vie scientifique, qu'il s'agisse de pédagogie, de dualité du système français d'enseignement supérieur, d'administration de la recherche, de recrutements, de financements, de budgets des universités, de fraude et de communication scientifique, de bibliométrie, de relations humaines dans les laboratoires etc.

Il est suivi régulièrement par un nombre faible mais non nul de scientifiques qui ont parfois daigné faire un peu de publicité à certaines réflexions***.

Alors, quid? Comme le dit Martin Grandjean en commentaire dans l'article de MRR: je me demande si la définition d’un « blog scientifique » existe vraiment, tant la porosité de certains de ces blogs (le mien le premier) est grande avec d’autres « types » (journalisme, militantisme, commentaire d’actualité, etc…)."

 

Quoi qu'il en soit, c'est un fait, je consulte beaucoup plus de blogs de scientifiques qui ne parlent pas de science (au sens "discussion/présentation de résultats") que de "blogs de science" tels que définis plus haut. Et il me semble qu'il y a une demande (de la communauté scientifique, mais pas que****...) pour discuter de ce genre de sujets qui a été largement ignorée dans la petite polémique de l'époque. 

Pour preuve, certains de ces sujets de discussion sont parfois repris par les médias ou donnent lieu à des tribunes de scientifiques trouvant un assez large écho. Même mon blog a été "mis en avant" lors des débats parlementaires sur la qualification, c'est dire...

 

 

 

PS: Et cet article alors (le 750ème d'ailleurs)? Est-ce un "article de science" au sein d'un blog dont on ne sait toujours pas s'il est un "blog de science"?

 

 

* Il note également qu'il y a une porosité importante entre blogs des deux catégories chez les anglo-saxon (ce qu'il appelle la blogosphère), et trouve que cette "communauté" a moins pris chez les francophones malgré le rôle du Café des Sciences, de l'Agence Sciences-Presse et quelques autres.

** On "négligera" le cas extrême d'un blog de scientifique qui ne parlerait jamais de résultats scientifiques, ni de vie de la communauté. Par exemple, un blog de recettes tenu par un chercheur reste un blog de recettes et aurait du mal à rentrer dans la catégorie "blog de sciences"... les questions peuvent se poser lorsqu'un blog n'a pas de "ligne éditoriale" bien établie, comme le mien...

*** Et parfois même à celles qui n'ont rien à voir, que ce soit mon repas chez G. Savoy ou l'évolution de la voix de I. Gillian au fil des âges de Deep Purple

**** Il y a toujours beaucoup de pédagogie à faire ne serait-ce que pour expliquer le travail d'un maître de conférences, par exemple. Et je pense qu'une certaine frange de la population un minimum ouverte d'esprit est intéressée à essayer de comprendre "concrètement" ce que nous faisons, et quels sont les problèmes institutionnels ou autres que nous pouvons rencontrer.

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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 18:30

Pour l'épisode 1, voir ici.

 

J'ai donc reçu il y a quelques jours (le service de courrier interne n'est pas des plus vifs) une lettre m'informant qu'en vertu d'articles mentionnés susditement et du certificat médical produit, le directeur d'établissement décidait que je pouvais bien prendre mon congé maladie du 29 janvier au 19 février 2014.

Signé par la direction des ressources humaines, en date du 8 avril 2014.

 

Eh ouais.

 

Alors bon, on m'expliquera encore que c'est la procédure, que c'est comme ça, qu'il n'y a pas lieu de faire autrement etc etc.

Mais je continuerai encore à croire, petit poujadiste que je suis, qu'il devrait y avoir des façons plus pertinentes d'employer le temps des personnels et in fine de dépenser l'argent du contribuable.

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 14:44

Depuis que j'ai émigré rive droite dans un quartier Fooding (r) (voir mes articles "où manger à Faidherbe-Chaligny", 1, 2, 3, 4, série en court), il m'est arrivé environ autant de fois en six mois qu'au cours des 5 dernières années ce phénomène étrange qui consiste à avoir le sentiment d'être dans l'impossibilité de quitter un restaurant.

Vous savez? Vous avez mangé, tout s'est (plus ou moins) bien passé, vous avez fini et vous souhaitez partir, vous demandez l'addition et là, plus rien. Vous devenez invisible. Cela peut prendre plusieurs formes. Soit les serveurs s'agitent autour de vous sans plus vous voir, soit ils semblent disparaître complètement de votre champ de vision. Ca peut d'ailleurs se passer avant ou après qu'on vous ait donné l'addition, mais quoi qu'il en soit, impossible de payer, impossible de se barrer. On reste là comme des cons, parfois presque aussi longtemps que ce qu'a pris le temps du repas.

Je vous assure que je ne suis pas un client casse-couilles (je suis même plutôt le style à se faire marcher sur les pieds), mais j'aime bien me barrer quand j'ai décidé de me barrer, et pas quand le restaurateur décide qu'il est temps pour moi. Or, finalement, il m'arrive plus souvent de ne pas réussir à partir que d'avoir l'impression d'être foutu dehors.

J'avais déjà fait un article un peu sur le sujet, mais ne me taxez pas tout à fait de manque d'inspiration. Cela m'est vraiment arrivé très souvent ces derniers temps, et la compréhension de ce phénomène m'échappe toujours autant. Visiblement (ou alors je n'ai pas du tout été chanceux ces derniers temps), il y a un lien avec le quartier, donc probablement avec une ambiance particulière. Il me semble aussi que c'est un phénomène parisien: comme discuté dans mon article précédent, il y a beaucoup de choses à dire sur le service en province, en tout cas dans les endroits que je connais, mais je n'ai pas souvenir d'avoir remarqué ce problème là (ou alors, je suis parisien depuis trop longtemps). Pourtant, ce ne sont pas toujours exactement les mêmes situations (je vais détailler). Donc si quelqu'un a une explication rationnelle (hormis celle qui consisterait à mettre en cause notre absence totale de charisme, à Priscilla et moi), je suis preneur.

Parce qu'autant je peux comprendre l'intérêt à foutre un client dehors (ça permet d'avoir ça de moins à s'occuper, de relancer éventuellement un nouveau service à la table occupée), autant garder un client qui a fini de consommer, je ne pige pas. A moins que ce ne soit pour les serveurs un moyen de se décharger d'un peu de boulot sans se faire trop démasquer par le patron? Ou alors, le client lambda parisien aime bien rester 1h à discuter après la fin de son repas et je suis donc de ce point de vue atypique pour les serveurs?

 

La pire expérience récente de ce genre a bien sûr eu lieu au Tintilou, mais on peut évoquer la thèse de l'accident industriel. La brigade était tellement dépassée ce soir là, qu'on peut finir par penser qu'il était inévitable qu'ils ne ramènent jamais l'addition, et pire encore, alors qu'on avait fini par se lever pour aller payer au bar, qu'ils mettent 10 minutes à nous demander ce qu'on voulait (que peut-on bien vouloir au comptoir à 23h dans un restaurant dans lequel on vient de finir de manger?) puis qu'ils se montrent incapables de faire marcher la machine à carte bleue.

 

Toutefois, nous avons aussi été confrontés à une situation similaire aux Amis de Messina (italien de qualité mais au rapport qualité-prix pas super que je n'ai pas encore chroniqué, 204 rue du Faubourg Saint-Antoine). La encore, le service n'avait, pendant toute la durée du repas, pas été complètement au top, mais m'avait semblé plutôt victime d'une difficulté en cuisine à sortir les assiettes. Nous avions été victimes, en parallèle d'un autre phénomène un peu agaçant, celui d'être, pour une raison ou une autre, visiblement catalogués "clients de seconde zone" et donc d'être servis un peu après tout le monde en dépit des ordres d'arrivée, de commande, etc.

 

Autre déconvenue chez Da Totto e Peppino (4 rue Alexandre Dumas, 75011, pas encore chroniquée), honnête pizzeria au business model assez étrange, puisque le patron nous annonce ce samedi soir, que les cuisines sont fermées, et qu'on ne peut donc commander que des pizzas. Ok, soit. Mais visiblement, les serveurs sont en congés aussi et le patron, qui se tape toutes les pizzas à faire (une bonne trentaine de couverts, donc une bonne trentaine de pizzas), n'est aidé que par une jeune femme qui ne parle pas français et qui n'a visiblement jamais assuré de service de sa vie. "Cuisine fermée" signifie aussi qu'ils ne sont pas non plus capables de couper quelques tranches de charcuterie pour patienter pendant que le mec enchaîne ses 30 pizzas... du coup, tout le monde a un peu le couteau entre les dents.

Heureusement nous sommes arrivés tôt, donc on arrive à manger dans un temps raisonnable. Par contre, on a beau demander 2 ou 3 fois l'addition à l'handicapée de service, pas de réaction. Encore une fois, au bout de 20 minutes sans qu'il ne se passe rien (ou plutôt que la "serveuse" ne gaspille une énergie folle à ne rien faire comme une poule sans tête), on finit, encore, par aller au bar où, après une petite attente, elle aussi nous demandera ce qu'on veut (la réponse n'a donc pas l'air de couler de source). Avant d'aller chercher le patron parce qu'elle ne sait pas encaisser... Celui-ci, brave homme qui a perdu 3 ans d'espérance de vie depuis le début du service, veut nous offrir le digeo pour se faire pardonner de l'arrache totale, mais on n'est à ce stade plus vraiment d'humeur (je suis déjà presque dehors, en fait).

 

Un autre service globalement longuet et à l'organisation discutable (même si très largement moins catastrophique que le cas précédent) nous a été proposé au Jodhpur Palace.

 

Mais il y a aussi des choses plus bizarres, comme à En attendant l'Or (6 rue Faidherbe), brasserie aveyronnaise à l'authenticité je pense douteuse, mais plutôt sympathique avec beaucoup d'ambiance et une carte "produits de terroir de masse" au rapport qualité-prix sans surprise. Nous y sommes allés plusieurs fois, le service est globalement efficace comme il l'est souvent dans les brasseries. Une fois néanmoins, alors que tout s'était jusque là passé dans un tempo convenable, et qu'on nous avait apporté l'addition, nous avons pu assister à une disparition totale et instantanée du service. Pour une raison qui m'échappe, plus personne ne passait à proximité de nos tables. Et quand cela se produisait, on ne nous voyait pas malgré nos gestes de plus en plus désespérés. Encore une fois, on a fini par aller payer au bar.

 

Un scénario similaire s'est produit récemment à Waly Fay (restaurant d'Afrique de l'Ouest globalement pas mal du tout, pas encore chroniqué, 6 rue Godefroy Cavaignac, 75011).

La encore, le service a été plutôt bon jusqu'à ce que l'on nous retire nos plats principaux. Certes, c'était ensuite un peu le coup de feu (visiblement, dans le quartier, le samedi soir, on bouffe vers 21h30, parce qu'on est jeunes et cools). Il a donc d'abord fallu que j'arrête un serveur pour lui subtiliser les cartes pour regarder les desserts, puis devant le peu de choix et l'attente qui commençait déjà à peser, que je fasse signe à un autre à l'autre bout de la salle pour demander l'addition, avant qu'il ne disparaisse, autant que je puisse juger, pour de bon. Un troisième nous l'a finalement apportée mais n'est pas resté pour qu'on règle (ce serait trop simple). Il a fallu réussir à entrer en contact avec un quatrième pour pouvoir régler. Du coup, nous n'avons pas, je l'avoue, signalé l'erreur en notre faveur sur la note (ils ont oublié de nous compter le pichet de pinard).

 

 

Et puis, je conclurai sur cette tentative avortée de manger un burger et boire une bière chez Patrick's, le ballon vert, 33 rue de Montreuil (75011), pub irlandais dans son jus. Nous y avons été une bonne demi-douzaine, peut-être même une petite dizaine de fois en à peine six mois: sans faire de nous des habitués, cela nous vaudrait un statut de "regulars" dans certains établissements (le patron du Negus nous a reconnu dès la deuxième fois, par exemple), mais pas ici. Pourtant, ce sont toujours les 3-4 mêmes serveurs (le patron, un vieil irlandais, n'est pas toujours là mais je pense que lui me remet, au moins vaguement). Bon, ok, c'est un grand bar, avec une clientèle de passage qui vient regarder des matchs. 

Mais la dernière fois, nous sommes devenus invisibles avant même de pouvoir commander. Pourtant, une serveuse nous a salué en rentrant. Nous ne nous sommes pas installés dans son spot, donc elle ne nous a plus calculé ensuite, et n'est apparemment pas allée jusqu'à signaler notre existence à ses colègues. Pendant quelques minutes, personne n'est passé à proximité. Puis, finalement, un serveur est venu s'enquérir d'une table proche. Il ne nous a visiblement pas vus. Il est ensuite revenu, a regardé Priscilla dans les yeux. Le jeu s'est répété une fois ou deux supplémentaire. Au bout de quinze minutes, sans signe de vie, sans bière sur la table, et sans cartes à consulter, on a donc décidé de remettre nos manteaux et de nous barrer. Personne n'a semblé s'en émouvoir.

 

Voila, ça fait quand même beaucoup, en à peine six mois.

La solution, c'est peut-être de directement aller payer au bar/comptoir (quand il y en a un)?

 

 


 
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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 09:19

J'ai vu "Les Gazelles" ce week-end, estampillé par la presse comédie française du moment, voire symbole du renouveau de la comédie française.

J'étais circonspect, mais j'en attendais quand même pas mal, ne serait-ce que parce que le casting était plutôt estampillé "nouvelles têtes élevées au stand-up" que "vieux chevaux sur le retour" et qu'on pouvait espérer un vent de fraîcheur.

 

Las, je crois finalement qu'un bon vieux Onteniente avec Cornillac aurait été préférable pour mon ulcère.

 

On retrouve tous les défauts de la comédie française en général, à savoir notamment un gros manque de "rythme comique". La réalisation confond vitesse et précipitation, à savoir que les rares moments qui pourraient être comiques sont annihilés par un montage ultra-speed qui ne laisse pas le temps de percuter (certes, c'est un peu différent des réalisations mollassonnes habituelles, mais niveau rythme ce n'est pas vraiment plus ça). Les acteurs ne sont pas toujours non plus très efficaces dans la transmission des punchlines (on parlait de C. Chamoux comme d'une révélation, elle ne m'a pas scotché, loin de là). La scène d'introduction pour expliquer le "pétage de plombs" du personnage principal est par exemple étendue sur 15 minutes histoire de bien surligner tout ce qu'il y a d'"insupportable" dans sa petite vie: on veut être sûr que le spectateur, toujours un peu concon, comprenne bien.

Malheureusement, on retrouve aussi, plus généralement, tous les défauts d'un cinéma français qui me broute, le "déconnecté" qui se regarde le nombril en s'adressant avant tout à lui-même. 

Mon principal grief a ainsi été de n'avoir aucune empathie pour aucun des personnages, même les soi-disant paumés, même les soi-disant losers. Les seuls personnages potentiellement sympathiques sont des 3èmes rôles à 4 répliques dans le film.

J'hésite à me discréditer avec le "point bobo", mais voila, tous ces trentenaires parisiens vivent dans des lofts-ateliers d'artiste, les chômeurs dans des 30m2 sous les toits et les employés de Pôle Emploi dans des appartements leur permettant d'organiser une petite fête pour 50 personnes. Il y a des grosses bibliothèques chargées de bouquins dans tous les apparts. Une bonne partie de l'intrigue touche aussi à l'achat d'un appartement (avec terrasse dans le 18ème et vue sur le Sacré-Coeur, visiblement), de l'apport personnel, du taux du prêt etc, hachement rock'n'roll comme humour. Ensuite, c'est sans doute dû à mon éducation de petit-bourgeois, mais quand l'"héroïne", aussi paumée soit-elle, invite sans prévenir un mec pour baiser chez la nana où elle crèche alors qu'elle est censée garder son gamin, ça ne me fait pas vraiment rire. Le fait qu'en plus elle s'énerve contre sa copine qui les surprend en train de forniquer devant le dit gamin, encore moins. 

La "critique sociale" sous-jacente ferait également hurler si elle était le fruit de Laurent Gerra ou Christian Clavier: les chômeurs sont des glandeurs qui passent leurs week-ends au surf à Hossegor en attendant de voir tomber les allocs, les employés de Pôle Emploi sont soit des dépressifs, soit des pipelettes qui passent leur temps à bavasser en se racontant leurs histoires de cul plutôt que de s'occuper des chômeurs. Ce n'est peut-être pas voulu, mais c'est néanmoins, je trouve, un peu déplaisant. 

Même les caméos (Balasko, Karmann, Benchetrit) semblent là pour cocher la case "j'ai des amis dans le milieu du show-bizz" tant ils n'apportent rien de pertinent au récit, ni de comique, dans le récit.

 

Bon, je pourrais continuer longtemps, mais ça ne me fera pas regretter les comédies américaines, pourtant rarement exemptes de défauts (tendance forte à l'humour pipi-caca - bon, de ce point de vue là je peux être très bon public- et aux "happy ends bien-pensants"), mais qui ont au moins, la plupart du temps, le sens du comique de situation, du rythme, et des bons acteurs. Plus spécifiquement même, dans le genre film de copines, on est très loin de Mes Meilleures Amies, avec les excellentes K. Wiig et M. McCarthy.

 

Les spectateurs dans la salle n'avaient peut-être pas les mêmes griefs que moi, mais il faut quand même admettre que ça a très peu rigolé dans la salle, ce qui est toujours un peu inquiétant pour une comédie. Finalement, le moment le plus drôle fut quand une petite vieille du public s'est levé deux fois pendant la séance pour changer de place en engueulant à moitié deux adolescentes accusées d'être des "bouffeuses de pop-corn".

 

Cela dit, j'aurais aussi du me douter de quelque chose si j'avais regardé allociné plus en détails: quand les critiques spectateurs sont très décorrélées des critiques presse, il y a souvent un loup. J'aurais du aussi me méfier quand Première a fait référence à ce qu'ils définissent comme l'"excellent" Radiostars, film vu à la téloche récemment et que j'ai trouvé d'une platitude sans nom et dont je me demande bien où étaient situés les "ressorts comiques".

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 07:51

Le blog a eu 8 ans mi-décembre.

Peu de temps après, il a passé les 200000 pages vues (203863 aujourd'hui), suivi de près par la barre des 100000 visiteurs (100660 aujourd'hui).

Le plus gros mois a eu 4998 pages visitées (mars 2013). Ca peut encore être battu en mars 2014, faites un effort. Les mois classiques sont autour de 4000 pages visitées.

En gros, 80 visiteurs par jour.

745 articles. 1768 commentaires.

 

Bref, on est plus près du journal des matériaux polonais que de Nature (certains blogs ont mes chiffres mensuels au quotidien), mais ce "carnet de route" foutoir, mi-perso-mi-boulot-mi-hobbies, est toujours là.

Certains dans la communauté blog food le connaissent, idem pour la communauté scientifique, ça me va, même si le cul multi-chaises dessert probablement parfois le propos ou tout au moins sa diffusion (on aime bien les cases).

 

Donc pas d'intention d'arrêter, même si ça fait bien longtemps que je ne m'impose pas vraiment de calendrier de publication régulier (j'essaie quand même d'écrire un truc tous les 10 jours maximum).

 

Après, moi qui aime bien les comptes ronds, je ne vois pas vraiment ceux que je peux atteindre prochainement... ok, 750 articles dans quelques semaines, mais 1000 semble bien loin. Idem pour 2000 commentaires.   

Quant aux 200000 visiteurs, à ce rythme là, même dans sa version "accelerée" actuelle, il faudra quelque chose comme 4 ans.

Bon, on va déjà essayer d'atteindre les 10 ans d'existence pour le blog.

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 15:53

Faidherbe-Chaligny, à cheval entre le 11ème et le 12ème arrondissement est, de façon un peu inexplicable, l'un des coins de la capitale présentant le plus de restos "connus" (et potentiellement intéressants) au mètre carré.

 

Dans les deux premiers épisodes, j'avais parlé "bistrots"Dans le troisième, de cuisine africaine.

 

Après une petite pause meublée par des articles branchés "recherche", je reprends donc mes chroniques gastronomiques du quartier. Cette fois, direction (façon de parler) l'Asie.

 

Nouilles, 1 rue Faidherbe: cantine chinoise (région Gansu, au nord nord-ouest du pays), où comme son nom l'indique, on y mange des nouilles faites maison. La baie vitrée (généralement un peu couverte de buée) permet d'ailleurs de voir le cuistot s'activer, tirant, étirant, effilochant, frappant, une grosse boule de pâte.

Les soupes de nouilles autour de 8-9€ ne sont pas trop mal, même si je trouve le bouillon un peu clair, et que dans le genre je préfère celles de Délices de Shandong. Les nouilles sautées sont elles autour de 11€. Pas mal de monde le midi, il faut dire qu'il y a quelque chose comme 8 places assises et un comptoir de 3 places, déco spéciale Ikea premier prix (et peut-être une salle au sous-sol mais je n'ai pas eu envie d'aller voir car je ne suis pas spécialement branché déjeuner à la cave). Ils font aussi à emporter.

Le soir, ce n'est probablement pas très excitant niveau ambiance...

 

Power Tsang, 218 rue du Faubourg Saint-Antoine (du côté 12ème donc): cuisine tibétaine ici. C'est tenu par un frère et une soeur (je crois), ainsi que la boutique de fringues en peau de yaks attenante, où ils font de constants aller-retours. Une autre cantoche à l'aspect pas très engageant, mais où l'on peut déguster des "momos", gros raviolis à la pâte épaisse qui rappellent beaucoup les mantis kazakhs (sauf pour la forme, en demi-lune et non en paté). Autant dire que ça me met dans de bonnes dispositions en jouant sur ma fibre nostalgique. Ca se mange frit, en vapeur, ou en soupe. La soupe est vraiment goûteuse, avec des légumes frais et trois ou quatre momos bien consistants (j'apprécie une bonne soupe le midi, de temps en temps), la aussi environ 8€, avec un thé offert. Ils ont une espèce de formule autour de 10€.

A mon avis, il ne faut pas vraiment aller plus loin que ça dans la carte (les pâtes tibétaines sont par exemple en fait de simples spaghettis, servis avec quelques lamelles de poivrons et une sauce intéressante, mais qui ne justifie pas l'ensemble à mon sens), et éviter le soir où ce n'est vraiment pas folichon. 

 

 

 

Un peu plus ambitieux, on trouve 

 

Fashion Délice, 13 rue d'Aligre (la rue du fameux marché, là aussi côté 12ème et un peu plus près du métro Ledru-Rollin, site web): cuisine chinoise du Shandong cette fois (sud-est de Pékin). Ils font aussi pas mal de pâtes dans ce coin là de la Chine, et, devinez ce que j'ai goûté, oui, une soupe. Avec un petit pain vapeur. Qui encore une fois ne m'a pas fait oublier celle de Délices (moins goûteuse, moins copieuse et pas moins chère). Après, ça mériterait quand même que je pousse la comparaison un peu plus loin maintenant que je maîtrise bien la carte des Délices de Shandong. Fashion Délices  c'est un tout petit peu plus cher (compter quelque chose comme 20 à 30€ pour un full meal), un peu plus "chic" aussi (malgré la similitude entre les noms, les cartes et les photos des plats, ça ne paraît pas être le même proprio). A noter, la carte des vins est un peu travaillée, en partenariat avec l'un des cavistes du coin.

A retester.

 

Viet Café, 53 rue de Montreuil (plutôt du côté Rue des Boulets, 11ème): restaurant vietnamien (ah bon) qui ne paye pas de mine de l'extérieur, mais à l'intérieur assez soigné (tout est relatif, hein). Cuisine ouverte, vitrée. Beaucoup de monde le midi, tellement que la formule à 11€ n'existe plus, en tout cas le jour où j'y étais (il y a par contre encore une formule à emporter, à 10 ou 11 si je me rappelle bien). A la carte, les bo-bun (ce mélange de nouilles, légumes, herbes fraîches, avec une sauce aigre-douce et divers morceaux de viande ou nems que l'on mélange dans un grand bol) sont encore une fois à 11€ où un peu plus selon ce que vous mettez dedans. Ils sont très copieux, parfumés, et avec un goût qui m'a semblé un peu plus personnel que ceux que j'ai pu goûter habituellement. Bien sûr, les autres classiques (soupe de nouilles pho, comme quoi je peux aussi varier) sont également là. Il faut que je repasse devant un soir voir s'il y a du monde ou pas (voire même savoir si c'est ouvert), mais si c'est le cas, je retesterai là aussi.

 

 

Un peu plus loin et catégorie semi-chic, je conclurai avec

 

Jodhpur Palace, 42 allée Vivaldi (métro Mongallet, 12ème, quelque chose comme 15mns de marche de Faidherbe-Chaligny). Site web.

L'un des rares restaurants indiens mentionnés dans le Michelin (je ne sais pas si c'est significatif, je le signale simplement), dont les prix sont plus "raisonnables" (menu à 26€ ou à 30, prix similaires à la carte sans dessert, mais les desserts indiens ne m'emballent jamais vraiment) que le plus connu Yugaraj. 

La cuisine est axée sur les spécialités du nord de l'Inde, curries, tandoories, birianis, qui sont celles que l'on connaît le mieux. 

Le samossa est un peu gros mais il est assez croquant ce qui est toujours agréable (la friture réchauffée 6 fois...), le murgh tikka (blanc de poulet mariné cuit au tandoor) n'a pas grand chose de très emballant. Butter chicken et agneau korma étaient tous les deux de bonne qualité, autant que je puisse juger (je ne suis jamais allé en Inde et je dois manger indien 4 fois par an).

La déco est plutôt plus sobre qu'à l'accoutumée (dommage pour cette statue d'éléphant d'Afrique et non d'Asie...).

Le service se veut chic mais c'était un peu longuet et pas hyper bien organisé ce soir là**. 

Ca reste pas mal dans l'ensemble, il est toujours bon de connaître un indien "milieu de gamme plus" dans son quartier.

 

 

 

 

* qui a d'ailleurs racheté un buffet chinois un peu plus bas et l'a transformé pour ouvrir Aux Délices de Confucius au 68 boulevard de l'Hôpital, qui est donc devenue la nouvelle maison mère avec la même carte qu'avant aux Délices (c'est juste beaucoup plus grand et un peu moins cantoche semi-cradingue). Les Délices sont actuellement fermés pour travaux et rouvriront bientôt pour devenir un "bar à dumplings", si j'ai bien compris.

 

** le resto est grand et nous étions dans une portion pas forcément très visible et "passante"; il y a aussi le serveur qui débarrasse qui nous a dit qu'il ne faisait pas la prise de commande, mais qu'il appelait son collègue, ce genre de choses; bref on a passé 1h30 à table pour entrée plat, ça manquait un peu de peps. Après quelques mois je finis par conclure que c'est assez fréquent dans le quartier (j'aurai l'occasion d'y revenir).

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